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Ritualiser, gérer, piller

Rituals, management and pillage

Rencontre autour des réouvertures de tombes et de la manipulation des ossements

Reopening tombs and the manipulation of bones

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Publié le mercredi 16 novembre 2016 par João Fernandes

Résumé

Après l’inhumation, l’intégrité de la sépulture peut être perturbée de multiples manières et notamment par l’intervention des vivants. En dépit du fait que la gestion de l’espace funéraire puisse souvent être responsable de ces bouleversements, elle n’est pas la seule raison poussant les hommes à remanier les sépultures. Selon les lieux, les périodes et les espaces d’inhumation, les motivations sont très diverses, sans qu’elles soient pour autant synonymes de destruction ou d’outrage. L’objectif de ce colloque, international et pluridisciplinaire, est d’ouvrir les discussions sur les remaniements de sépultures en s’interrogeant sur les motivations des vivants et les moyens dont dispose l’archéologue pour parvenir à leur compréhension.

Annonce

Argumentaire

Après l’inhumation, l’intégrité de la sépulture peut être perturbée de multiples manières et notamment par l’intervention des vivants. En dépit du fait que la gestion de l’espace funéraire puisse souvent être responsable de ces bouleversements, elle n’est pas la seule raison poussant les hommes à remanier les sépultures. Selon les lieux, les périodes et les espaces d’inhumation, les motivations sont très diverses, sans qu’elles soient pour autant synonymes de destruction ou d’outrage. Les professionnels de l’archéologie sont, de ce fait, régulièrement confrontés à ces remaniements dont l’interprétation est souvent fortement dépendante des conditions de fouille, des méthodes appliquées à l’étude des tombes ainsi que des connaissances apportées par d’autres types de sources (sources écrites, iconographiques, ethnographiques …).

L’objectif de la 9ème Rencontre du GAAF,  qui se déroulera du 10 au 12 mai 2017 à Poitiers, est d’ouvrir les discussions sur les remaniements de sépultures en s’interrogeant sur les motivations des vivants et les moyens dont dispose l’archéologue pour parvenir à leur compréhension. Ce colloque se veut international et pluridisciplinaire de façon à confronter les expériences, les techniques d’observations et les interprétations qui en sont faites par les archéologues. La discussion s’articulera autour de trois sessions abordant chacune un type de réouverture sépulcrale, depuis la période préhistorique jusqu’à l’époque contemporaine. Ces types, sans être exclusifs les uns des autres, regroupent les grandes actions pouvant entrainer un remaniement de sépultures, à savoir : les actions autour de la gestion de l’espace funéraire, celles démontrant une volonté de pillage et donc de reprise du mobilier dans les structures et enfin les actions interprétées comme cultuelles, souvent complexes à identifier.

Session 1 La gestion de l’espace funéraire

La question des remaniements osseux en lien avec la gestion de l’espace funéraire s’est particulièrement posée pour les monuments funéraires néolithiques, les grands ensembles médiévaux et modernes, les structures utilisées sur une longue période, ou encore les sites présentant des contraintes physiques importantes.

Pour les périodes antérieures, l’utilisation sur le long terme de certaines nécropoles a aussi parfois engendré des gestions particulières de l’espace. Malgré le fait que celles-ci n’aient pas forcément mené à des remaniements systématiques, leur existence ponctuelle pose question et permet une nouvelle approche de la mentalité des individus de ces périodes. 

D’un point de vue plus méthodologique, les travaux récents autour des cimetières de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale ouvrent de nouvelles perspectives d’études. En effet, l’analyse d’espaces funéraires provisoires, associée à des sources très récentes, conduit à de nouvelles  réflexions sur la pratique de la réinhumation des ossements. 

Session 2 Le pillage des sépultures

Cette thématique est sans doute celle qui couvre le plus grand nombre de questionnements. Le phénomène a cependant été très peu étudié, et la finalité des pillages est encore mal cernée. Ces actions, observables quelles que soient les périodes et les zones géographiques, peuvent être réalisées à différents moments après l’inhumation, par les contemporains des défunts,  qui ont une connaissance des pratiques funéraires et de ce que contient la sépulture, jusqu’aux utilisateurs de détecteurs de métaux modernes. Ces actions se déroulent autant dans de vastes nécropoles, que sur des sites archéologiques de plus petite taille. Les techniques de réouvertures sont variées, allant du plus simple outil (pelle, pioche) à des engins mécanisés (mini-pelle). 

Face à cette diversité d’actions, qui sont généralement liées à la récupération d’objets placés pour leur valeur matérielle ou symbolique, les réflexions tourneront autour de la définition même de ce qu’est un pillage, et des différentes méthodes archéologiques permettant leur identification sur le terrain.            

Session 3 Les pratiques cultuelles

La récupération puis les manipulations d’ossements en lien avec des pratiques cultuelles sont souvent complexes à caractériser. Leur intentionnalité nous échappe souvent, faute de texte, de liturgie connue ou de grille de lecture communément adoptée. Quels sont les critères, au cours de la fouille, qui permettent d’associer des gestes relevant de la sphère rituelle à la découverte d’ossements isolés, déplacés et ou de prélèvements sur des squelettes ? 

L’approche et la gestion de la mort et des morts par les groupes humains est si complexe qu’elle ne s’arrête pas aux seules limites du funéraire et outrepassent souvent l’étanchéité prédéfinie des domaines d’études. Ainsi, l’anthropologie sociale et l’ethnologie moderne proposent aussi de nouveaux éclairages et ouvrent le champ des possibles. Ces deux disciplines mettent souvent en lumière une variété des pratiques.

Dans le cadre de cette dernière session, l’approche se veut donc pluridisciplinaire en confrontant les observations et les interprétations des archéologues, avec celles des anthropologues, des ethnologues, des sociologues, ou encore des historiens. 

Pour chacune de ces trois sessions, les communications seront axées autour de réflexions portant aussi bien sur des points méthodologiques, en précisant les outils et les observations nécessaires pour relever et analyser ces phénomènes, que sur l’apport de l’étude des réouvertures de sépultures dans la  compréhension des populations du passé et de leur rapport au mort. 

Les posters privilégieront les études de cas de façon à accompagner les questionnements soulevés au cours des communications par des exemples précis.

Modalités pratiques d'envoi des propositions 

Les propositions de communications/posters devront être adressées

avant le 25 novembre 2016

par courrier électronique. Elles devront être accompagnées d’un résumé d’une page pour les communications, et d’une-demi page pour les posters. Précisez la session.

Chaque communication aura une durée de 20 mn. Au terme de chaque session, un débat sera organisé avec tous les participants du thème.

Une présentation orale de 5 mn des posters est aussi programmée au cours de la Rencontre. 

Le comité scientifique se réunira en janvier 2017 pour sélectionner les contributions et établir le programme. 

Veuillez adresser vos propositions via les formulaires ci-joint à rencontre2017@gaaf-asso.fr   

Comité d'organisation

  • Astrid A. Noterman
  • Mathilde Cervel

Comité scientifique

  • Frédéric Adam (Inrap, Archimède UMR 7044)
  • Hélène Barrand-Emam (Antea-Archéologie, Archimède UMR 7044)
  • Fanny Chenal (Inrap, Archimède UMR 7044)
  • Valérie Delattre (Inrap, ArTeHis UMR 6298)
  • Stéphane Rottier (Pacea UMR 5199)

Contact organisation : rencontre2017@gaaf-asso.fr

  • Partenaire du colloque
  • CESCM (UMR 7302)

Organisme et lieu d'accueil du colloque

CESCM (UMR 7302) et UFR SHA, Université de Poitiers (8 rue René Descartes, 86000 Poitiers)

Lieux

  • 8 rue René Descartes
    Poitiers, France (86)

Dates

  • vendredi 25 novembre 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • archéologie funéraire, rituel, pillage, perturbation sépulcrale

Contacts

  • Gaaf
    courriel : rencontre2017 [at] gaaf-asso [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Groupe d'anthropologie et d'archéologie funéraire
    courriel : rencontre2017 [at] gaaf-asso [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Ritualiser, gérer, piller », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 16 novembre 2016, http://calenda.org/383656