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Traduire : un engagement politique ?

Translation and political commitment?

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Publié le mardi 15 novembre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Cette journée d'études accueillera des communications qui s’inscrivent dans une approche pluri- et transdisciplinaire : historique, littéraire, psychanalytique, philosophique, etc. afin de proposer une réflexion sur les engagements politiques des acteurs de la traduction : traducteurs, interprètes, mais aussi éditeurs ou autres professions qui travaillent sur la question de la traduction.

Annonce

Journée organisée par Florence Zhang (CRCAO) et Elise Pestre (CRPMS/ Etudes psychanalytiques)

Argumentaire

La traduction, en tant qu’elle est orientée par un contexte socio-historique, politique et subjectif, n’est pas une opération neutre. Elle implique des choix, un positionnement et un engagement du sujet. On s’interroge alors : le traducteur, traversé par ces dimensions multiples, est-il contraint, que ce soit inconsciemment ou consciemment, d’instiller une part d’idéologie lors de la réalisation de sa tâche ? Comment s’entremêlent engagement, idéologie et traduction ?

En tant qu’elle est révélatrice d’une époque et d’un contexte donné, la traduction a dévoilé à travers l’histoire, ses multiples implications dans le champ politique, en attestent les retraductions d’œuvres sacrées et canoniques. On a pu observer comment, selon les circonstances historiques et politiques du moment, la traduction d’une œuvre allait être, modifiée, servie ou desservie par des tentatives volontaires, fortuites ou tout bonnement inconscientes.

Par ailleurs, et dans un contexte politique extrême, la traduction, en tant qu’acte favorisant la circulation des idées, le déplacement, et l’altérisation du sujet par la langue de l’autre, peut représenter une menace. Sous certains régimes dictatoriaux, on a fréquemment observé comment l’original était chassé au profit d’une version conforme à l’idéologie du pouvoir en place. La pratique de la traduction y faisait l’objet d’un contrôle immodéré, voire d’une censure. L’empêchement à la traduction destiné à isoler ceux qui parlent une autre langue apparaît également comme une stratégie de pouvoir visant à regrouper des personnes en les écartant des autres, procédé ségrégatif qui vise à mieux contrôler la langue de l’étranger, et le danger qu’elle représente.

A l’heure de la globalisation, et de l’accroissement du nombre de réfugiés dans le monde, les enjeux de la traduction sont plus que jamais problématiques. Comment accueillir un étranger alors même que l’hospitalité de sa langue ne lui est pas offerte ? Au niveau des prises en charges (juridique, psychologique, médicale et sociale), comment communiquer, de quels traducteurs a-t-on besoin, et quels moyens se donne-t-on ?

Enfin, on se questionne, l’acte de traduire constitue-t-il en soi un véritable engagement politique, une forme de résistance, un acte militant ? Comment, par exemple, ne pas envisager la traduction dans une langue rare comme le tibétain sans y déceler un engagement politique ?

Cette journée d'études accueillera des communications qui s’inscrivent dans une approche pluri- et transdisciplinaire : historique, littéraire, psychanalytique, philosophique, etc. afin de proposer une réflexion sur les engagements politiques des acteurs de la traduction : traducteurs, interprètes, mais aussi éditeurs ou autres professions qui travaillent sur la question de la traduction.

Programme

Ouverture

Lieu : Halle aux Farines, salle 265E (2 rue Marguerite Duras, 75013 Paris)

  • 9h30 Conférence d’ouverture - André Markowicz (traducteur, poète, écrivain) :Partages

10h30 Pause-Café 

Traduire : Braver le temps et les océans

(Modérateur : Stéphane Feuillas)

  • 11h  Marie José D’Hoop (éditrice Belles Lettres, fondatrice collection Bibliothèque chinoise) – Contre-courant : la traduction classique critique bilingue 
  • 11h30 Annick Horiuchi (Pr, Paris Diderot, CRCAO) - L’engagement politique d’un traducteur dans le Japon prémoderne : l’exemple de Shizuki Tadao (1760-1806)
  • 12h Céline Wang (MCF, Paris Diderot,CESSMA, Université Paris Diderot) - Du contrat du peuple en chinois : les belles infidèles du Contrat social de J.-J. Rousseau 

12h30 pause

Lieu : Olympe de Gouges, salle M19 (8 Rue Albert Einstein, 75013 Paris)

14h Table ronde animée par Elise Pestre (MCF, Etudes psychanalytiques, Paris Diderot) : Subjectivités à l'épreuve du politique et déplacements dans la langue

  • Alexandra Galitzine Loumpet (CESSMA - Non-lieux de l'exil) - De la traduction errante : expériences de Calais
  • Marie-Caroline Saglio Yatzimirsky (Pr. Inalco/ CESSMA) - Crise de la traduction : l’interprète, le patient et le clinicien entre culture et politique
  • Laure Wolmark (Psychologue, COMEDE) - Politique linguistique et politique du soin : la mobilisation du Comede pour l'accès à l'interprétariat professionnel dans le secteur de la santé

16h Pause-café

Traduire sous la censure

(Modérateur : Nicolas Froeliger)

  • 16h30 Lara Maconi (chercheuse associée au Centre d'Etudes Himalayennes (CNRS), et au CRCAO) - Langue(s), littérature, traduction, acte politique et engagement politique : le cas du Tibet
  • 17h Florence Zhang (MCF - Université Paris Diderot, CRCAO) - Traduire, une question de survie : Dong Leshan, un traducteur contre le totalitarisme

Echanges avec la salle

FIN 18h

Lieux

  • Bâtiment Halle aux Farines, salle 265E | Olympe de Gouges, salle M19 - 2 rue Marguerite duras | 8 Rue Albert Einstein
    Paris, France (75013)

Dates

  • vendredi 18 novembre 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • traduction, engagement

Contacts

  • Florence Zhang
    courriel : xyunzhang [at] yahoo [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Florence Zhang
    courriel : xyunzhang [at] yahoo [dot] com

Pour citer cette annonce

« Traduire : un engagement politique ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 15 novembre 2016, http://calenda.org/384231