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Muséalité du Mashup

The museality of the Mashup

Atelier de recherche sur le cinéma mashup

Research workshop of mashup cinema

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Publié le vendredi 18 novembre 2016 par João Fernandes

Résumé

Le mashup a dépassé depuis longtemps son statut de phénomène croissant, et commence à être considéré comme un héritier du found footage dans la famille du cinéma d’emprunt, ou de remploi, pour reprendre le terme de Nicole Brenez. Au départ réduit à sa pure dimension pratique – la reprise et le montage de séquences audiovisuelles dans une quête d’hommage « geek » – il a pu prouver ses capacités esthétiques grâce aux travaux d’Antonio Maria Da Silva, Julien Lahmi, Bouli Lanners ou Jean Gabriel Périot, qui ont permis d’amorcer une réflexion autour de la question de l’écriture du passé, cinématographique ou non, et de continuer les réflexions des avant-gardes sur la narration et la consommation cinématographique. Autrement dit, à partir du moment où ces reprises n’étaient plus le fait de cinéphiles amateurs mais de cinéastes expérimentés.

Annonce

Saison 2016-2017 de l'APPIA, Atelier de Prospection sur le Patrimoine et les Images Animées

Argumentaire

L'atelier de cette nouvelle saison défrichera quelques pans d’une vaste thématique : les rapports entre Mashup et patrimonialisation du cinéma, sous le titre « Muséalité du Mashup ».

La notion générale de « mashup » renvoie à un phénomène culturel de rupture des barrières traditionnelles entre autorités compétentes et amateurs éclairés que permet un environnement tel qu’internet. Ce phénomène est assimilé par Laurence Allard aux théories et attentes de réversibilité de Walter Benjamin. Cette dimension participative de la culture est favorisée par la circulation massive de l’information, se perpétuant dans la pratique du Mashup cinématographique. De par cette mobilité et une maniabilité accrue des contenus cinématographiques, puis de la dissémination des pratiques domestiques de l’image animée qui s’étendent désormais tout autant au visionnage qu’au montage, le Mashup se pose comme une pratique créative de masse. Son essence résidant dans le réemploi de matériaux cinématographiques préexistants, il peut être légitiment considérée à l’aune de la question patrimoniale. Autrement dit : en quoi cette pratique participe-t-elle de la mise en œuvre d’un processus de conservation, d’intellection et transmission du passé cinéma ? Ces missions étant celles dévolues à l’institution muséale, nous pourrions envisager comme ligne de fuite à notre réflexion la question de la « Muséalité du Mashup ».

Cette saison d’atelier s’attachera à l’étude d’un cas concret d’évolution dans la pratique de l’art sous l’ère numérique, celui du cinéma Mashup. A partir de ce fil conducteur, plusieurs piste de réflexions seront dégagées au cours des séances, embrassant les questions de circulation, d’accès aux images, de détournement, de mécaniques esthétiques cinématographiques, de ---mémoire et d’écriture du passé.

plus d'infos sur le programme sur http://appia.hypotheses.org/1008

Programme

Séance du 23 novembre

  • Séance#5 « Le Mashup, un objet cinématographique en cours de légitimation »

Rendez vous à 14h, à l’Institut d’Histoire du Temps présent (IHTP-CNRS), 59-61 rue Pouchet, Paris - salle 255

Cette séance d’introduction reviendra sur les enjeux de l’ APPIA dans sa prospection sur les rapports entre patrimonialisation et images animées, et présentera le nouvel objet à l’étude cette année : le cinéma mashup, et la problématique muséale qui lui sera progressivement appliquée.

Nous aurons comme premier invité Julien Lahmi, cinéaste et fondateur du site encyclopédique du mashup cinéma. Au travers de son expérience, de ses projets, de ses recherches et de ses initiatives autour de cet objet, nous interrogerons ses intentions, sa démarche intellectuelle, et les moyens qu’il a engagés pour légitimer le mashup, et dépasser ainsi le statut de curiosité « geek ».

En contrepoint, nous proposerons une intervention de Laurence Allard, Maitre de conférence en sciences de la communication, chercheuse à Paris 3 et enseignante à Lille 3. Intéressée par Internet et ses problématiques de partage et d’accessibilité, elle a notamment réfléchi sur la notion de mashup culturel, ce sur quoi nous reviendrons lors de cette séance, et qui nous permettra ainsi de définir un premier contour contextuel sur notre étude.

Merci de signaler votre présence: carnet.appia@gmail.com

plus d'infos sur http://appia.hypotheses.org/1016

Séance du 25 janvier

  • Séance#6: « La pratique du Mashup »

Le mercredi 25 janvier à 14h se tiendra la seconde séance du séminaire "Muséalité du Mashup" à l'institut d'Histoire du Temps Présent, Salle 255

Après une première séance sur l’environnement numérique et web, dont nous avons pu observer, via quelques exemples, la puissance de circulation, partage et reprise de contenus, favorisant ainsi l’émergence d’un « mashup » culturel et par extension cinématographique, nous allons désormais entrer dans le vif du sujet, sur la pratique du mashup, sous le prisme de la dimension analytique du recyclage d’images. En commentant leur oeuvre, les cinéastes et praticiens du mashup invités explorerons les méandres de leurs mémoires culturelles - mémoires au pluriel, culturelles au sens large, puisque la reprise, notamment dans l’oeuvre d’Augustin Gimel, l’un des invités, n’a pas uniquement pour objet le cinéma. Son emploi du montage, outil cinématographique et audiovisuel par excellence, illustre aussi la dimension analytique d’un réemploi d’image en mettant en relation des codes visuels et esthétiques de formes artistiques éparses - point qui sera développé par notre autre invité, Vincent Vicario.

  • Le premier invité, Vincent Vicario, est vidéaste, formateur audiovisuel, et en charge de l’atelier vidéo de l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy. Il a abordé le remploi, dans ses études en cinéma et dans sa pratique, par le biais de son pouvoir critique des images sources. Il reviendra durant son intervention sur sa propre expérience et sur ses inspirations théoriques.
  • Le second invité, Augustin Gimel, est cinéaste, et commentera son oeuvre en explorant, avec nous, la nature des images engagées, de leur relation inter-iconiques, et des relation hyper-iconiques, c’est à dire de ses propres films entre eux, et de la cohérence globale de son oeuvre - Augustin s’attachant particulièrement à ne pas opérer de scissions entre ses mashups et ses réalisations plus « classiques » (un terme entre guillemet que l’on pourra également commenter durant cette séance)

Nous vous invitons à vous inscrire à l'évènement en nous écrivant à carnet.appia@gmail.com

Lien vers notre carnet : https://appia.hypotheses.org/1035

Séance du 26 avril

14h, 59 rue Pouchet - Batiment du CNRS - Paris 17e (metro Guy Mocquet), Salle 108
  • Séance #7 : « Geste muséal du Mashup »

Le mercredi 26 avril se tiendra la troisième séance de l’atelier « Muséalité du Mashup » de la saison 2016-2017 d’APPIA. 

Les deux premières séances ont permis d’explorer l’environnement web, facteur décisif d’une accessibilité grandissante aux images, favorisant ainsi une reconfiguration des déploiements culturels, et l’émergence de la figure de l’anonyme comme producteur de discours sur les images. De ce fait, le jeu de reprise et de remontage du Mashup a pu être analysé dans sa perspective esthétique et artistique, ainsi que dans sa dimension discursive: en détournant des images, un premier travail de décortication et d’analyse s’impose à l’utilisateur - posant ainsi la question du « pourquoi ces images » (question donc de mémoire) du « comment » (question du détournement esthétique).

Cette nouvelle séance sera donc l’occasion d’explorer en profondeur la fonction muséale que peut prendre en charge le mashup : c’est-à-dire épouser la logique du geste muséal, dépassant ainsi, peut-être, la fonction de cartel. Cela sera l’objet des réflexions proposées par Barbara Le Maître, professeure à l'Université Paris 10 Nanterre, et de Stéphanie-Emmanuelle Louis, post-doctorante à l'IHTP.

Barbara Le Maître a codirigé avec Jennifer Verraes, Cinéma Muséum. Le Musée d'après le cinéma, qui a inspiré le titre de ce séminaire. Elle viendra présenter cet ouvrage collectif et sa recherche personnelle sur le thème de la muséalité du cinéma. Elle a, par ailleurs coordonné le chapitre "Access, reuse and exhibition" dans le manuel Preserving and Exhibiting Media Art. Challenges and Perspectives, où Stéphanie-Emmanuelle Louis a publié un texte sur la programmation patrimoniale comme montage. Cette séance sera l'occasion de mettre ces réflexions en perspective, sous l'angle des gestes de cinéastes notamment.

  • Barbara Le Maître, « Du film comme objet muséal au film comme geste muséal »
  • Stéphanie-Emmanuelle Louis, « Un montage patrimonial? Le mashup à l’aune des pratiques muséographiques du cinéma »

Nous vous invitons à vous inscrire à l'évènement en nous écrivant à carnet.appia@gmail.com

Lieux

  • Bâtiment du CNRS, Salle 255 - 59 rue Pouchet
    Paris, France (75017)

Dates

  • mercredi 23 novembre 2016
  • mercredi 25 janvier 2017
  • mercredi 26 avril 2017

Mots-clés

  • mashup cinéma, patrimoine, image animée, internet, humanités numériques, muséologie, montage, APPIA

Contacts

  • Alain Zind
    courriel : cm [dot] jeuvideo [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Alain Zind
    courriel : cm [dot] jeuvideo [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Muséalité du Mashup », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 18 novembre 2016, http://calenda.org/384334