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Qualifier la contestation

Qualifying protest - insurrection, political violence and demonstrations in 2016

Insurrection, violence politique, manifestations en 2016

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Publié le mercredi 23 novembre 2016 par João Fernandes

Résumé

Cette journée d’études est conçue comme un espace d’échange où sont présentés des outils conceptuels et méthodologiques pour appréhender des enjeux spécifiques qui font l’objet de travaux en cours portant sur les mouvements récents (contestations, occupations, assemblées, Zad).

Annonce

Argumentaire

A chaque époque ses soubresauts, ses ébranlements et ses critiques : zones à défendre, désobéissance civile, cortège de tête des manifestations contre la Loi Travail, Nuit debout, hacktivisme, dissidence, insurrection, etc. Autant d’objets actuels et souvent récents, qui ouvrent des questions irrésolues par les sciences sociales, en ce qui concerne l’articulation entre social et politique dans ces luttes, ou encore le projet de transformation sociale qui y est énoncé. Ce sont les registres multiples de la contestation, et depuis des prises parfois contradictoires (entre le réalisme et l’impossible), dont il s’agit de fournir un aperçu cartographique à travers cette journée d’étude. Ce faisant, il s’agira de préserver ouverte une double tension : tension entre qualifications scientifiques et qualifications ordinaires ; et tension entre l’ambition taxinomique du sociologue et la résistance que les matériaux de son enquête opposent à toute entreprise taxinomique.

De nombreuses lignes de clivage, de nombreux linéaments traversent l’espace français des mouvements sociaux, mais une attention particulière sera accordée aux éléments suivants durant toute la journée : la configuration actuelle des scènes protestataires, et les transformations catégorielles des contestations, de leurs acteurs, reprenant ou non des traditions critiques et politiques ; la polarisation violence / non-violence, mais également « citoyennisme » / insurrection  dans les grammaires contestataires, étant entendu que ces pôles constituent des idéaux-types entre lesquels se dessine une vaste palette de nuances intermédiaires ; l’agir contestataire, déployant des formes d’action directe, d’occupations, de récits et une relation spécifique aux ordres politiques ; la mise à l’épreuve de l’Etat, la relation aux ordres judiciaires et politiques qu’induisent ces contestations.

Cette journée d’études est conçue comme un espace d’échange où sont présentés des outils conceptuels et méthodologiques pour appréhender des enjeux spécifiques qui font l’objet de travaux en cours portant sur les mouvements récents (contestations, occupations, assemblées, Zad). Elle est ouverte à tous les doctorants et chercheurs intéressés par cet objet.

Programme

8h45-9h : Accueil des participants : Sylvaine Bulle (LabTop-CRESPPA) et Manuel Cervera-Marzal (CESPRAEHESS)

Presidence : Laurent Jeanpierre (LabTop-CRESPPA).

Discutante : Paula Vásquez Lezama (CESPRA- EHESS)

9h-10h15 : Trajectoires, linéaments de la contestation et publics

  • Julie Le Mazier (CESSP-Paris 1) : « Les militants étudiants sont-ils des jeunes comme les autres ? Regards sur la mobilisation contre la loi travail à partir d'une sociologie des syndicalistes étudiants à la fin des années 2000 »
  • Cyprien Tasset (IRIS-EHESS) : « Les investissements politiques du précariat culturel »
  • Alexandra Bidet (CMH-CNRS) et Carole Gayet-Viaud (CESDIP-CNRS) : « Enquêter sur Nuit debout » Enquête réalisée avec Stéphane Bacchioci, Pierre Blavier, Erwan Le Méner

10h15-11h30 : Réalités et ambiguïté de la démocratie radicale en 2016

  • Albert Ogien (CEMS-EHESS) : « La démocratie radicale et ses ennemis »
  • Michel Kokoreff (GTM-CRESPPA): « Des émeutes de 2005 à Nuit debout : continuités et discontinuités »- Federico Tarragoni (LCSP-Paris 7) : « Nuit debout est-il un mouvement (véritablement) populaire ? »

11h30-11h50 : Pause

11h50-13h : Echanges animés par Laurent Jeanpierre et Paula Vasquez-Lezama

14-18h :  Présidence : Olivier Remaud (CESPRA-EHESS).

Discutant : Lilian Mathieu (CMW-Lyon2-ENS)

14h-15h15 : Registres de traitement de la contestation et pensée de l’Etat

  • Alessio Motta (CESSP-Paris 1) : « L’inévitable émeute. La violence collective comme institution »
  • Pierre Douillard-Lefevre ( Université Nantes) : « Prendre la rue : réflexion sur la militarisation de l’ordre et l’écologie de la résistance »
  • Anthony Pregnolato (Centre Marc Bloch, ISP-Université Paris-Ouest) : « Les enjeux de la qualification de la "violence policière" dans le mouvement contre la loi travail : conflits et alliances contre les déviances policières violentes »

15h15-15h30 : Pause

15h30-16h45 : Ecologie sociale des luttes

  • Emmanuel Ruzé (CRISSEA-Université de Picardie) : « Etude exploratoire du mouvement Nuit Debout »
  • Clement Mabi (COSTECH-Université de Compiègne) : « Contester par Internet. Radicalité politique et circulation des discours autour du cas de l'opposition à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes »
  • Bruno Frère (Université de Liège) : « Faire émerger la critique dans le monde »

16h45-17h45 : Echanges animés par Olivier Remaud et Lilian Mathieu

Pot final           

Intervenants

  • Alexandra Bidet est chargée de recherche CNRS au Centre Maurice Halbwachs. Dans le domaine de la sociologie du travail et des engagements, ou au croisement avec la sociologie économique, ses travaux portent attention aux valuations engagées dans les activités les plus concrètes.
  • Pierre Douillard-Lefevre, achève un travail de recherche en sociologie urbaine à Nantes sur la mise en concurrence des territoires, dans une perspective socio-historique. Concerné par la problématique des violences policières, il est également l'auteur de l'ouvrage L'arme à l’œil, violences d’État et militarisation de la police, Le Bord de l'eau, coll. Altérité Critique, 2016.
  • Bruno Frère est philosophe et sociologue, Professeur à l’Université de Liège. Il est l’auteur de plusieurs articles en sociologie politique et en théorie sociale.  Il a notamment publié Le Nouvel esprit solidaire (Paris, Desclée de Brouwer, 2009) et Le tournant de la théorie critique (Paris, Desclée de Brouwer, 2015).
  • Carole Gayet-Viaud est chargée de recherche CNRS au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP). Ses travaux visent à développer une approche pragmatiste des mœurs en démocratie, à partir d’enquêtes portant sur le côtoiement civil et ses épreuves.
  • Laurent Jeanpierre est professeur de science politique à l’Université Paris 8-Saint-Denis et directeur adjoint du Laboratoire Théories du politique (LabTop), composante du CRESPPA (UMR 7217, CNRS/Paris 8/Paris-Ouest). Il travaille actuellement à un ouvrage sur le traitement du possible en sciences sociales.
  • Michel Kokoreff est professeur de sociologie à Paris 8 et chercheur au CRESPPA-GTM. Il a notamment publié La Force des quartiers (Payot, 2003), Sociologie des émeutes (Payot, 2008) et Une France en mutations (Payot, 2012, avec J. Rodriguez).
  • Clément Mabi est maître de conférence à l'UTC de Compiègne en sciences de l'information et de la communication, ses recherches interrogent les questions d'expérimentation démocratique, de controverses environnementales et d'usages politiques du numérique.
  • Julie Le Mazier est docteure en science politique rattachée au CESSP. Elle a soutenu en 2015 une thèse intitulée : « Pas de mouvement sans AG » : les conditions d'appropriation de l'assemblée générale dans les mobilisations étudiantes en France (2006-2010). Ses travaux portent sur la sociologie des mobilisations, du syndicalisme et de l'engagement.
  • Lilian Mathieu est sociologue, directeur de recherche au CNRS (Centre Max Weber, ENS de Lyon) ; il a notamment publié La Démocatie protestataire (Presses de Sciences Po, 2011) et L'Espace des mouvements sociaux (Le Croquant, 2012).
  • Alessio Motta est doctorant en science politique à Paris 1/CESSP. Sa thèse porte sur les conditions de déclenchement des actions de protestation collective. Il travaille également sur le traitement social des ‘théories du complot’ et a publié récemment Discriminations et carrières, sur les discriminations chez les diplômés du supérieur.
  • Albert Ogien est sociologue, directeur de recherches au CNRS et enseignant à l'EHESS. Il est l’auteur de : L'Esprit gestionnaire (EHESS, 1995), et Désacraliser le chiffre (Quaé Editions, 2013). Il a écrit, avec Sandra Laugier, Pourquoi désobéir en démocratie? (La Découverte, 2010) et  Le Principe démocratie (La Découverte, 2014).
  • Anthony Pregnolato réalise une thèse de science politique à l’Université de Nanterre (ISP) sur l'espace des mobilisations contre les déviances policières violentes en région parisienne et en région Bruxelles-Capitale, des années 1980 à nos jours, en étudiant les conditions de possibilité des rébellions urbaines et des mobilisations non-violentes contre les déviances policières violentes.
  • Olivier Remaud est philosophe, maître de conférences à l'EHESS et directeur du CESPRA. Ses recherches actuelles portent sur le cosmopolitisme et la philosophie du sens commun. Il est l'auteur de Un monde étrange. Pour une autre approche du cosmopolitisme (Paris, PUF, 2015).
  • Emmanuel Ruzé est maître de conférences à l'Université de Picardie Jules Verne (laboratoire CRIISEA, en économie-gestion). Ses thèmes de recherche sont entre autres les communautés en ligne, les mouvements sociaux, l'économie politique, les théories des organisations et les systèmes d'information.
  • Federico Tarragoni est maître de conférences en sociologie à l’Université Paris 7-Denis Diderot. Chercheur au Laboratoire du changement social et politique (LCSP), il travaille sur le populisme en Europe et en Amérique latine, les processus de subjectivation politique et la question émancipatoire. Il vient de publier L'énigme révolutionnaire aux Prairies ordinaires.
  • Cyprien Tasset a soutenu en 2015 une thèse de sociologie menée sous la direction de Luc Boltanski, intitulée Les intellectuels précaires, genèses et réalités d'une figure critique.
  • Paula Vásquez Lezama est anthropologue, chargée de recherche au CNRS et membre du CESPRA. Ses recherches actuelles portent sur la relation entre militarisation et expression des émotions en Amérique latine. Elle est l'auteure de Le charisme ou le militarisme compassionnel (Paris, Editions de la MSH, 2014) Organisateurs
  • Sylvaine Bulle est sociologue, maitre de conférences, chercheure au LabTop-Cresppa. Ses travaux portent sur la sociologie de l’Etat, des conflits, de la violence intercommunautaire et sur les contestations radicales.
  • Manuel Cervera-Marzal est docteur en science politique et actuellement ATER à l'EHESS. Il a publié Les nouveaux désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ? (Le Bord de l'eau, 2016). Ses recherches post-doctorales portent sur les militants de Podemos et les mouvements sociaux espagnols.

Lieux

  • Amphithéâtre François Furet - 105 boulevard Raspail
    Paris, France (75)

Dates

  • vendredi 16 décembre 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • contestation, violence politique, qualifications, insurrection, manifestation

Contacts

  • Manuel Cervera-Marzal
    courriel : manolocm [at] msn [dot] com

Source de l'information

  • Manuel Cervera-Marzal
    courriel : manolocm [at] msn [dot] com

Pour citer cette annonce

« Qualifier la contestation », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 23 novembre 2016, http://calenda.org/385417