AccueilÀ l'aune des métamorphoses institutionnelles

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Publié le jeudi 01 décembre 2016 par João Fernandes

Résumé

Depuis sa création, le groupe Traitements et Contraintes réunit une trentaine de doctorant·e·s et de jeunes chercheurs/ses d’horizons et de disciplines divers travaillant sur des institutions ou des dispositifs à la croisée du social, du judiciaire, du médical et de l’éducatif. Le pari de ce groupe de travail est de croiser une réflexion théorique sur les notions polysémiques de « traitement » et de « contrainte » et une approche empirique de dispositifs et d’institutions variés pour mieux penser les figures contemporaines de la « prise en charge » de publics considérés comme « vulnérables ». 

Annonce

Argumentaire

Depuis sa création, le groupe Traitements et Contraintes réunit une trentaine de doctorant.e.s et de jeunes chercheurs/ses d’horizons et de disciplines divers travaillant sur des institutions ou des dispositifs à la croisée du social, du judiciaire, du médical et de l’éducatif. Le pari de ce groupe de travail est de croiser une réflexion théorique sur les notions polysémiques de « traitement » et de « contrainte » et une approche empirique de dispositifs et d’institutions variés pour mieux penser les figures contemporaines de la « prise en charge » de publics considérés comme « vulnérables ».

En près de cinq ans d’existence, le groupe Traitements et Contraintes s’est diversifié, tant dans les objets étudiés par ses membres, dans les méthodes d’investigation et les théories sociologiques mobilisées, que dans les modèles nationaux envisagés. Initialement centré sur un nombre limité d’institutions fermées (prison, hôpital psychiatrique, centre de rétention administrative), il s’est ouvert à une hétérogénéité de dispositifs (armée, unités hospitalières diverses, chaînes judiciaires ou administratives, dispositifs éducatifs, d’accompagnement ou d’insertion « hors les murs »).

Quatre ans après l’organisation du colloque liminaire du groupe, la seconde édition aura pour objectif d’interroger la transformation des modèles et des formes d’intervention ou de régulation institutionnels (sociale, judiciaire, médicale, sécuritaire, etc.) à partir des travaux des membres du groupe et des réflexions menées collectivement.

Six thématiques nous ont paru fécondes pour penser la pluralité des formes de traitement et de contrainte. Le premier panel interrogera ainsi les figures de l’altérité dans des structures de soin et d’enfermement, que ces figures soient produites ou réappropriées par l’institution. Il s’agira de réfléchir aux logiques hybrides co-existant au sein de certaines institutions et à la fabrique de la « prise institutionnelle ». Le deuxième panel nous permettra de penser les reconfigurations de l’exercice du traitement et de la contrainte « hors les murs ». Entre coercition et nécessaire consentement pour s’éprouver, nous verrons comment certains dispositifs institutionnels exigent des professionnels la mise en oeuvre de techniques relationnelles et de contrôle diffuses et continues pour encadrer les libertés et endiguer les velléités de résistance. Le troisième panel sera consacré aux formes de résistance à la contrainte institutionnelle exercée sur des personnes incarcérées. Tour à tour envisagées comme des ressources pour les individus dans leur trajectoire individuelle ou comme des modalités de gestion et de contrôle qui viennent légitimer le fonctionnement des institutions, les interventions reviendront sur les ambigüités de ces formes de résistance et de leurs effets. Le quatrième panel s’intéressera aux dynamiques de subjectivation sous contrainte. Les communications s’attacheront à décrire les processus d’adaptation des personnes aux normes et catégories institutionnelles auxquelles les personnes sont sommées d’adhérer pour devenir « bénéficiaires ». Enfin, le cinquième panel sera l’occasion de réfléchir aux enjeux professionnels engendrés par les processus d’assignation identitaire. L’attention aux catégories professionnelles, en tant qu’objets de luttes, de négociations et dans le même temps d’institutionnalisation, permettra d’éclairer les rapports de force et de positionnement qui structurent les champs considérés, mais aussi les pratiques et représentations des agents.

Programme

Jeudi 15 décembre

9h00-9h30 / Accueil et introduction générale

9h30-12h30 / Panel 1 : Construire l’altérité. Approche croisée des logiques institutionnelles en milieux fermés

  •  Camille LANCELEVEE (Iris, EHESS) et Louise TASSIN (Urmis, Nice Sophia Antipolis) : Penser l’hybridation des lieux de privation de liberté au prisme de l’asile
  •  Julien BOURDAIS (Cermes3, Paris-Descartes) et Manon VEAUDOR (CESDIP, UVSQ) : Deux regards sur la « prise institutionnelle » : le travail pluridisciplinaire, de la clinique psychiatrique ouverte à l’enceinte de la maison d’arrêt

Discutante : Delphine MOREAU (LIER, EHESS)

Animatrice : Barbara BAUDUIN (Pacte, Grenoble-Alpes, Centre Marc Bloch)

12h30-14h00 / Pause déjeuner (buffet, sur inscription)

14h00-17h00 / Panel 2 : Penser la contrainte institutionnelle hors les murs

  • Barbara BAUDUIN (Pacte, Grenoble-Alpes, Centre Marc Bloch) et Pearl MOREY (Cermes3, Iris, EHESS) : Entre contrainte bienveillante et bienveillance contraignante : l’utilisation pénale et médicosociale des bracelets électroniques mobiles
  • Xavier DE LARMINAT (CENS, Nantes) et Julie MINOC (Printemps, UVSQ, ENS-Paris) : Le guichet sans consentement

Discutant : Sébastien SAETTA (Cermes3, Paris-Descartes)

Animatrice : Valérie ICARD (CESDIP, UVSQ, Université de Picardie Jules Verne)

Vendredi 16 décembre

9h00-10h50 /Panel 3 : Résister

  •  Thibault DUCLOUX (CMH, EHESS) : Hérésies carcérales et religiosités citoyennes
  •  Chloé BRANDERS (JUR-I, UCL) : Le théâtre-action dans les lieux d’enfermement : jouer pour résister

Discutant : Nicolas FISCHER (CESDIP, CNRS)

Animatrice : Julie MINOC (Printemps, UVSQ, ENS-Paris)

10h50-11h10 Pause-café

11h10-13h00 Panel 4 : Devenir sujet sous contrainte

  •  Fernanda CRUZ RIFIOTIS (Iris, EHESS) : Devenir sujet : les expériences des jeunes sous contrat jeune majeur
  •  Yana ZDRAVKOVA (Lise, CNRS, Grhapes) : « Toute ma vie on m’a collé des étiquettes ». Articulations entre les prises en charge sanitaires, sociales et pénales dans les discours de prisonniers handicapés

Discutant : Arthur VUATTOUX (Iris, EHESS)

Animatrice : Alice GAIA (CESDIP, UVSQ)

13h00-14h30 Pause déjeuner (buffet, sur inscription)

14h30-16h20 Panel 5 : Catégoriser et assigner : un enjeu de luttes professionnelles ?

  •  Vianney SCHLEGEL (Clersé, Lille 1) : Pauvre ou malade ? Négociations et arbitrages professionnels dans la prise en charge des personnes sans domicile
  •  Angeliki DRONGITI (CRESPPA-CSU, Paris 8) : « Nous les hommes, eux les garçons ». Le jargon militaire à l’épreuve de l’identité masculine

Discutante : Caroline ARNAL (CEE, Sciences Po Paris)

Animatrice : Manon VEAUDOR (CESDIP, UVSQ)

16h20-17h00 Conclusion générale

Inscription ici

Comité d'organisation

  • Barbara BAUDUIN (Pacte, Grenoble-Alpes, Centre Marc Bloch)
  • Alice GAIA (CESDIP, UVSQ)
  • Valérie ICARD (CESDIP, UVSQ, Université de Picardie Jules Verne)
  • Julie MINOC (Printemps, UVSQ, ENS-Paris)
  • Manon VEAUDOR (CESDIP, UVSQ)

Lieux

  • MSH Paris Nord - 20, avenue George Sand
    Saint-Denis, France (93210)

Dates

  • jeudi 15 décembre 2016
  • vendredi 16 décembre 2016

Mots-clés

  • traitement, dispositif de contrainte, institution fermée, sujet dit

URLS de référence

Source de l'information

  • Alice Gaïa
    courriel : alice [dot] gaia [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« À l'aune des métamorphoses institutionnelles », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 01 décembre 2016, http://calenda.org/386595