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Alexandrie au quotidien

Alexandria from day-to-day - the social sciences and the second Egyptian capital

Les sciences sociales face à la « deuxième capitale » d’Egypte

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Publié le mardi 06 décembre 2016 par João Fernandes

Résumé

Nous avons très peu d’éléments empiriques sur l’Alexandrie contemporaine. Cependant, la ville continue d’attirer l’attention des observateurs (médiatiques ou artistiques). On pourrait même y voir un renouveau, depuis la Révolution de 2011, et l’image construite d’Alexandrie comme « ville révolutionnaire » (Ali 2012, 2013). L’objectif de ce numéro d’Egypte/Monde arabe est donc de rassembler pour la première fois des études empiriquement fondées portant sur des objets divers mais problématisés à partir de la ville d’Alexandrie.

Annonce

Argumentaire

Nous avons très peu d’éléments empiriques sur l’Alexandrie contemporaine. En 2007, dans l’introduction à un ouvrage collectif sur les villes des provinces égyptiennes (E. Denis 2007), le géographe Eric Denis remarquait que « les villes de province égyptiennes n’existent pas ». Si, pour lui, Alexandrie pourrait éventuellement constituer une exception, il rappelait ainsi que la ville existait, certes, mais plutôt « comme un mythe méditerranéen antique et cosmopolitain ; rarement comme la métropole aux trois millions d’habitants et au devenir économique incertain qu’elle est pourtant avant tout ». Le constat est toujours d’actualité. Il est frappant de constater qu’encore aujourd’hui, hormis un texte déjà ancien du même auteur (É. Denis 1997), il existe très peu de travaux en sciences sociales traitant de la « deuxième capitale » d’Egypte, à partir de données empiriques, alors même que nombre d’auteur-e-s se sont intéressé-e-s depuis à des villes de province aux poids économique, culturel et politique bien moindre qu’Alexandrie (pour un état de la littérature El Chazli 2015).

Cependant, il n’est pas inutile de rappeler, qu’à défaut d’études empiriques, Alexandrie continue d’attirer l’attention des observateurs (médiatiques ou artistiques). On pourrait même y voir un renouveau, depuis la Révolution de 2011, et l’image construite d’Alexandrie comme « ville révolutionnaire » (Ali 2012, 2013). Mais, malgré cet intérêt, c’est le commentaire politique et journalistique qui domine pour l’instant les productions sur la ville, avec une focalisation particulière sur l’aspect « romantique » et « mythique » d’une ville enfermée dans son passé. Pourtant, dans les rares cas où la ville est étudiée, elle s’avère être un excellent analyseur des dynamiques économiques, politiques et sociales à l’œuvre dans le reste du pays ; que l’on pense au chapitre que Samer Soliman consacrait à Alexandrie dans l’ouvrage issu de sa thèse (Soliman 2011) ou bien l’ethnographie récente de Samuli Schielke (2015).

Le problème n’est d’ailleurs nullement nouveau. Ainsi, l’historien égyptien Khaled Fahmy (2004a, 2004b) note, à propos de l’historiographie moderne d’Alexandrie, comment la prégnance de certains thèmes, comme celui du cosmopolitisme, ont contribué à occulter la manière dont la majorité de la population alexandrine pouvait vivre au quotidien. L’historien considère ainsi que « tout compte rendu historique de la ville qui ne prenne en compte la majorité de ses habitants doit être, fondamentalement, incomplet ». Il propose donc de poser les jalons pour une « histoire sociale » de la ville, prenant en compte la diversité des expériences et des vécus des habitants de la ville. Le moment semble être venu de « banaliser » Alexandrie comme objet d’étude.

L’objectif de ce numéro d’Egypte/Monde arabe est donc de rassembler pour la première fois des études empiriquement fondées portant sur des objets divers mais problématisés à partir de la ville d’Alexandrie. Les contributions, en anglais, en arabe ou en français, pourront s’inscrire dans différentes (sous-)disciplines des sciences sociales, à condition de se fonder, au moins partiellement, sur un matériau empirique original. Ce numéro vise ainsi à contribuer à notre compréhension des dynamiques culturelles, économiques, politiques et sociales de l’Egypte contemporaine tout en accumulant un savoir empirique précis et novateur sur la métropole alexandrine.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les abstracts/propositions, d’une page maximum, ainsi qu’un titre provisoire et une notice biographique, sont à envoyer à youssef.elchazli@unil.ch

  • Deadline pour l’envoi des propositions d’article : 1er janvier 2017

  • Notification des propositions retenues : 1er février 2017
  • Deadline pour l’envoi d’article : 1er juillet 2017
  • Evaluations et révisions : août-septembre 2017
  • Publication : décembre 2017

Direction scientifique

Dirigé par Youssef El Chazli (UNIL/Paris 1/CEDEJ)

Catégories

Dates

  • dimanche 01 janvier 2017

Mots-clés

  • Alexandrie, Egypte, appel, contributions, sciences sociales

Contacts

  • Youssef El Chazli
    courriel : Youssef [dot] ElChazli [at] unil [dot] ch
  • Clémence Curty
    courriel : communication [at] cedej-eg [dot] org

Source de l'information

  • Youssef El Chazli
    courriel : Youssef [dot] ElChazli [at] unil [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Alexandrie au quotidien », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 06 décembre 2016, http://calenda.org/387281