AccueilNaissance des cinémas militaires (1914-1930)

Naissance des cinémas militaires (1914-1930)

The birth of military cinemas (1914-1930)

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Publié le lundi 02 janvier 2017 par Céline Guilleux

Résumé

À l'occasion du centenaire de la première guerre mondiale, ce colloque a pour but d'analyser la naissance des services cinématographiques militaires qui éclosent dans le monde au tournant des années 1914-1918. Il s'agira de travailler davantage sur la genèse et l’évolution des structures spécialisées dans la production d'images animées au profit des armées et des États que sur les productions et leurs contenus.

Annonce

Argumentaire

À l'occasion du centenaire de la première guerre mondiale, ce colloque a pour but d'analyser la naissance des services cinématographiques militaires qui éclosent dans le monde au tournant des années 1914-1918. Il s'agira de travailler davantage sur la genèse et l’évolution des structures spécialisées dans la production d'images animées au profit des armées et des États que sur les productions et leurs contenus. En effet, la dimension géopolitique particulière de la guerre a généré des réponses plus ou moins rapides, et plus ou moins engagées, de la part des gouvernements impliqués dans le conflit pour réaliser des campagnes d’information, de propagande ou d'instruction par le cinématographe. L’année 1917 a, en particulier, constitué une césure dans le développement de ces cinémas militaires. Cette « année impossible » (J.J Becker), marquée par des événements majeurs tels que l’entrée en guerre des États-Unis et la sortie de la Russie, est aussi celle des questionnements après deux ans d’une guerre qui s’enlise. Les services cinématographiques militaires, stratégies de communication des armées et des États pour étayer leur discours, valoriser leur image et légitimer leur action auprès de l’opinion publique, connaissent alors, dans la plupart des pays, une réorganisation profonde afin d’accroître leur efficacité et de raviver la flamme nationale. 

Nous proposons de décliner l’histoire de ces Army Film and Press Units selon deux angles d’approche : un premier volet « institutionnel » qui se penchera sur le projet médiatique militaire, ses intentions et ses limites, et un second axe « chronologique » qui propose une étude sur le temps long, 1914-1930, permettant de croiser temps de guerre et temps de paix. À partir de ces deux axes, qui peuvent être combinés, on pourra s'intéresser à la fois à la constitution des services, au sein des armées ou en dehors (quelle est la part d’initiatives laissée aux sociétés privées ? ces services militaires sont-ils créés de toute pièce ou issus d’organisation préexistantes comme l’US Signal Corps ?), mais aussi aux conceptions de la propagande et de l'instruction militaire par le film dans les différents pays. En effet, le cinéma est alors un média tout à fait récent, dont l'engagement au service du pouvoir et/ou de l'armée a pu poser question, créant parfois des débats et ralentissant la mise en œuvre des services. Ces questionnements pourront s’élargir aux services photographiques des armées qui, par leur proximité technique, sont souvent associés aux services cinématographiques. Concernant la période de la guerre, on s'intéressera à la vie des services, à la chaîne de responsabilité civilo-militaire, aux questions de liberté de la presse et de contrôle de l’information, au rôle et au fonctionnement de la propagande (derrière le consensuel « devoir d’information » annoncé par les états-majors militaires, les objectifs ne sont-ils pas avant tout la prise de contrôle des médias et leurs (supposées) retombées propagandistes ?), mais aussi aux relations entre opérateurs, maisons d'actualités filmées, de presse illustrée et ministères. La période des années 1920 sera également intéressante à analyser ; le conflit révolu, et ses éventuelles conséquences tirées, se pose rapidement la question de l’utilité de ces services : que deviennent-ils et comment les conceptions sur le contrôle de l’information, la propagande ou l'instruction militaire sont-elles investies par les gouvernements ou les états-majors ?

Tous les pays impactés par le premier conflit mondial pourront faire l'objet de propositions, du côté de la Triple-Entente (France, Grande-Bretagne, Russie) et de ses alliés (Belgique, Japon, Belgique, Italie, Roumanie, États-Unis), de la Triple-Alliance (Allemagne, Autriche- Hongrie) et de ses alliés (Empire ottoman, Bulgarie), mais aussi des pays neutres tels que la Suisse ou l’Espagne. 

Cette approche internationale et diachronique des services cinématographiques militaires a pour objectif d’affiner l’étude de leur création, de leur évolution, de leurs fonctions et de leurs usages par (et pour) la Défense nationale et/ou l’État. Le focus sur la période 14-18 et ses répercussions dans l’entre-deux-guerres permettra de comprendre l’impact des situations politiques et militaires, des structures socio-économiques, des opinions publiques sur l’évolution de ces services militaires tout en reflétant les disparités et les tensions propres à chaque État et permettant de mieux comprendre l'histoire de la médiatisation des actions guerrières par le film et la photographie. 

En amont de ces questions, le colloque entend également s’ouvrir aux approches historiographiques et archivistiques de ces services cinématographiques des armées et de leurs productions. L’année 2017 marquera non seulement les cinquante ans de la publication du premier ouvrage sur la révolution russe de 1917 de Marc Ferro, spécialiste de la Grande Guerre, mais aussi les quarante ans de la parution de son recueil de textes Cinéma et histoire, une référence devenue la dénomination même d’une discipline nouvelle. Dans cet important tournant historiographique, où les archives filmiques (et photographiques) sont dorénavant convoquées par l’historien, quelle est la place des images des armées ? Sont-elles cantonnées aux périodes conflictuelles? Sont-elles les laissées pour compte d’une historiographie n’accordant son attention qu’au panthéon des chefs d’œuvre du septième art ? Ou, au contraire, ces images militaires nous offrent-elles une autre vision de la société ? Se pose, en lien avec cette problématique historiographique, la question de l’archivage de ces documents militaires pendant et après la guerre, de leurs différents supports matériels, de leur accès aux chercheurs ainsi que de leur (ré-)utilisation. Il nous semble intéressant, quelques décennies plus tard, de faire un état des lieux de ces questions et de révéler toute l’historicité des images des armées.

Modalités de soumission

Les propositions de communication (2000 caractères + courte présentation biographique) sont attendues

pour le 3 février 2017

aux adresses suivantes : xavier.sene@ecpad.fr; sebastiendenis@free.fr; benedicte.rochet@unamur.be.

Les communications pourront être présentées en français et en anglais. Elles seront sélectionnées par le comité scientifique, qui donnera sa réponse le 28 avril 2017. 

Comité scientifique

  • Brett BOWLES Indiana University - États-Unis
  • Hélène GUILLOT Service Historique de la Défense - France
  • Toby HAGGITH Imperial War Museum - Grande-Bretagne
  • Stéphane LAUNEY Service Historique de la Défense - France
  • Alexandre SUMPF Université de Strasbourg - France
  • Axel TIXHON Université de Namur - Belgique
  • Laurent VÉRAY Université Sorbonne-Nouvelle, Paris 3 - France

Comité d'organisation

  • Sébastien DENIS Université de Picardie Jules Verne - France
  • Bénédicte ROCHET Université de Namur - Belgique
  • Xavier SENÉ ECPAD - France

Dates

  • vendredi 03 février 2017

Mots-clés

  • cinéma militaire, première guerre mondiale, propagande, géopolitique

Contacts

  • Sébastien Denis
    courriel : sebastiendenis [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Sébastien Denis
    courriel : sebastiendenis [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Naissance des cinémas militaires (1914-1930) », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 02 janvier 2017, http://calenda.org/387848