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Livres et confessions chrétiennes orientales

Books and eastern Christian confessions

Histoire connectée entre Empire ottoman, monde slave et Occident (XVIe-XVIIIe siècle)

The interconnections between the Ottoman Empire, the Slav world and the West (16th-18th centuries)

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Publié le mardi 06 décembre 2016 par João Fernandes

Résumé

Les Églises et communautés chrétiennes orientales connaissent toutes à des degrés divers et selon des temporalités propres, des processus semblables de définitions dogmatiques, de renforcement institutionnel et d’homogénéisation culturelle, dont l’observation alimente le débat sur la « confessionnalisation ». Mais la connaissance des langues, la spécialisation par aires culturelles, voire par confessions, ou encore un cloisonnement par traditions nationales, n’ont pas permis jusqu’alors de connecter ensemble ces différentes aires. Il s’agit désormais d’examiner les circulations entre les espaces et les échanges entre les communautés, selon des modalités complexes, dont la mise à jour permet de sortir d’une problématique réduite à une confrontation Ouest-Est. Ces journées d’études se concentreront sur les liens entre la production livresque et la définition des confessions chrétiennes

Annonce

Argumentaire

Les Églises et communautés chrétiennes orientales connaissent toutes à des degrés divers et selon des temporalités propres des processus semblables de définitions dogmatiques, de renforcement institutionnel, et d’homogénéisation culturelle, dont l’observation alimente le débat sur la « confessionnalisation ». Mais la connaissance des langues, la spécialisation par aires culturelles, voire par confessions, ou encore un cloisonnement par traditions nationales, n’ont pas permis jusqu’alors de connecter ensemble ces différentes aires. Il s’agit désormais d’examiner les circulations entre les espaces et les échanges entre les communautés, selon des modalités complexes, dont la mise à jour permet de sortir d’une problématique réduite à une confrontation Ouest/Est.

Ces journées d’études se concentreront sur les liens entre la production livresque et la définition des confessions chrétiennes. L’introduction de l’imprimerie dans ces différentes aires culturelles provoque des transformations des rapports entre oralité et usages de l’écrit, de la lecture et de l’écriture. L’essor de l’offre imprimée suscite une nouvelle demande, qui entraîne une augmentation de la production manuscrite.

Les lecteurs orientaux sont visés par la propagande catholique et protestante en langues orientales. Dès le XVIe siècle, des chrétiens orientaux collaborent le plus souvent aux ateliers d’imprimeries occidentaux et participent activement aux réseaux de diffusion de ces livres. Sur place, des imprimeries se développent soutenues financièrement par des autorités civiles et/ou ecclésiastiques, souvent motivées par un projet politique ou religieux. Un centre, comme Iaşi en Moldavie, édite grâce au soutien des voïvodes d’importants livres en grec et en arabe qui circulent largement. Les pouvoirs politiques et religieux peuvent redouter également certains ouvrages, décidant leur censure voire leur destruction.

Les genres sont variés : ouvrages de piété, hagiographies, catéchismes, Écritures, historiographie, éditions de textes scientifiques, traités de théologie etc. Ils peuvent être révélateurs des méthodes humanistes, de l’ « invention » de traditions, des aspirations à la réforme, des dynamiques d’uniformisation, des processus de disciplinement et des controverses au cours desquelles s’inventent les identités confessionnelles. Dans cette perspective, l’étude du livre liturgique est centrale : alors que Rome ambitionne de fournir des rituels « corrigés » aux Orientaux, les imprimés grecs vénitiens connaissent une large diffusion et inspirent divers projets de réforme de Moscou à Alep à partir du XVIIe siècle. L’usage de telle édition ou tel manuscrit pose aussi la question de la concurrence entre les rites des Orientaux unis et les Typika orthodoxes.

L’étude des bibliothèques, notamment monastiques, est une clé d’entrée pour analyser les choix qui président au rassemblement d’une collection et les usages des livres, en particulier l’enseignement.

De nombreux ouvrages produits et diffusés sont des traductions (ou des adaptations), dont on ne peut faire l’économie de l’étude, en s’intéressant aux traducteurs, aux intentions des commanditaires, à l’adaptation des textes. L’examen de l’objet-livre, notamment son format, fournit des renseignements sur les intentions du commanditaire, le savoir-faire du fabricant, et le public visé. Le choix des langues touche aussi aux sentiments d’appartenances confessionnelles, par la réflexion sur une langue de référence ou par l’articulation entre une langue « sacrée » et une langue vernaculaire (slavon/grec ou roumain etc., syriaque/arabe, grec/arabe, grec « vulgaire » démotique / grec antique ou liturgique, arabe dialectal / littéral etc. ; choix d’une autre écriture telle le syriaque pour écrire l’arabe dit « garshuni » etc.). Un nouveau savoir linguistique (grammaires, dictionnaires, manuels etc.) est lié aux « réformes » des Églises.

L’arc chronologique inclut le XIXe siècle, une période de mutations politiques et religieuses profondes à l’âge des nationalismes. La production livresque connaît une croissance exponentielle et la part du livre non religieux s’accroît considérablement. L’enseignement se développe dans un contexte de concurrence scolaire. Dès lors quel rôle tient le livre dans la confessionnalisation ? 

Programme 

Jeudi 15 Décembre

09 H 30 & 12 H 30 

09h30 - Début des travaux

Séance présidée par Fabrice Jesné (École française de Rome)

Introduction

10h00, Aurélien Girard (Université de Reims Champagne-Ardenne)

Mise en situation

  • 10h30, Aleksandr Lavrov (Université Paris-Sorbonne) La Supplique de Vassilij Polozov et son séjour dans l’Empire ottoman.

L’Église romaine et la guerre du livre

11h30-12h30, Séance présidée par  Carsten Walbiner (KU Eichstätt)

  • Heleen Murre-van den Berg (Radboud Universiteit  Nijmegen) The Church of the East, Catholicism and Literary Culture in the Eastern Ottoman Provinces (1500-1800).
  • Mikael Nichanian (BnF) Résistance de l’Église arménienne d’Etchmiadzin aux ambitions vaticanes en Orient : l’imprimerie arménienne de Voskan d’Erevan, d’Amsterdam à Constantinople, de la fin du XVIIe au début du  XVIIIe siècle.

14 H 00 & 17 H 00 

14h00-15h00

Séance présidée par Tassos Anastassiadis (École française d’Athènes), 

  • Niki Papailiaki (Paris), Le « bouclier de la foi » ou comment « éteindre  les traits enflammés du malin » (Eph 6, 16). L’édition de la Targa de François Richard (Paris 1657).
  • Carsten Walbiner (KU Eichstätt), The appearance of Nieremberg’s De la diferencia entre lo temporal y eterno in Arabic (1734). A turning point in the history of printing and publication in the Arab world.

Les livres du culte orthodoxe. Enjeux et transformations

15h30-17h00

Séance présidée par Aleksandr Lavrov (Université Paris-Sorbonne)

  • Flora Kritikou (Université nationale « Kapodistria » d’Athènes), Les manuscrits musicaux post-byzantins d’origine crétoise comme témoins des échanges culturels entre Vénitiens et Grecs (XVIe-XVIIe siècle).
  • Job Getcha (Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique), L’Euchologe de Pierre Moghila et son influence sur le monde orthodoxe. 
  • Radu Paun (CNRS), La traduction en roumain du Synodikon de l’Orthodoxie (1700) : réforme liturgique ou stratagème politique ?

Vendredi 16 décembre 

09 H 30 & 12 H 30

Sur les terrains de la controverse

09h30-10h30

Séance présidée par Radu Paun (CNRS)

  • Pierre Gonneau (Université Paris-Sorbonne, EPHE) Ivan le Terrible théologien: la Dispute sur la foi avec le pasteur Jan Rokyta (1570).
  • Laurent Tatarenko (Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre européen), « Ne considérez pas cette grammaire simplement comme un livre ». Les usages de l’imprimé dans les tensions entre uniates et orthodoxes ruthènes, de (1595-1647).

11h00-12h00

Séance présidée par Girolamo Imbruglia (Université de Naples L’Orientale)

  • Jean Fathi (KU Leuven) L’évêque Yuhanna Ibn Al-Ghurayr et son atelier syriaque de Damas (1630-1670).
  • Vassa Kontouma (EPHE) Londres ou Paris ? Les affinités électives de Dosithée II de Jérusalem dans ses premiers projets éditoriaux.

14 H 00 & 17 H 30 

Érudition et réforme ecclésiastique

14h00-15h00 Séance présidée par Heleen Murre-van den Berg (Radboud Univ. Nijmegen)

  • Bernard Heyberger (EHESS-EPHE), L’enjeu du livre dans les relations confessionnelles (Antioche, XVIIe-début XVIIIe siècle).
  • Kostas Sarris (FU Berlin) Composing a non-confessional History in the age of the Greek-Orthodox confessions: The Ecclesiastical History by Meletios of Athens.

Table ronde

15h45-17h30 Avec Girolamo Imbruglia (Università degli studi di Napoli, L’Orientale), Arianna D’Ottone (Università La Sapienza, Roma), Cesare Santus (École française de Rome), Bernard Heyberger (EHESS-EPHE), Vassa Kontouma (EPHE).

Organisation

Colloque organisé par T. Anastassiadis, A. Girard, B. Heyberger, V. Kontouma

Lieux

  • Ecole française de Rome - Piazza Farnese, 67
    Rome, Italie (000186)

Dates

  • jeudi 15 décembre 2016
  • vendredi 16 décembre 2016

Mots-clés

  • confession, livre religieux, imprimerie, Europe moderne, empire ottoman, empire russe

Contacts

  • Ecole française de Rome
    courriel : secrmod [at] efrome [dot] it

Source de l'information

  • Vassa Kontouma
    courriel : vassa [dot] kontouma [at] ephe [dot] sorbonne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Livres et confessions chrétiennes orientales », Colloque, Calenda, Publié le mardi 06 décembre 2016, http://calenda.org/387920