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Les langues maternelles dans les couples exolingues

Mother tongues in exolingual couples

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Publié le mercredi 04 janvier 2017 par João Fernandes

Résumé

Le Cameroun compte plus de deux cents cinquante langues nationales diversement réparties sur le territoire et regroupées autour de trois grandes familles linguistiques. Ces langues ont depuis toujours cohabité avec les langues étrangères issues soit de la colonisation ou du brassage des peuples de la sous-région. Dans ce contexte de brassage des peuples et d'intégration, les mariages exogamiques naissent. La langue y subit donc des influences probables, d'où l'appel à chapitres d'ouvrage lancé avec les différents axes : langues maternelles et cadre législatif et/ou institutionnel, politique linguistique familiale, insécurité linguistique et exogamie, mixité / hybridité linguistique et exogamie, exogamie et intégration nationale.

Annonce

Argumentaire

Le Cameroun compte plus de 250 langues nationales diversement réparties sur le territoire et regroupées autour de 3 grandes familles linguistiques (niger-kordofan …). Ces langues ont depuis toujours cohabité. Avec la vague de colonisation, des langues étrangères, l’anglais et le français, après la 1re guerre mondiale ont fait leur entrée dans l’univers des langues du Cameroun.

Mais, la présence de ces langues étrangères ne s’est pas faite de la même manière selon qu’elles appartiennent à deux puissances administratives ayant chacune sa vision de la politique de gestion en matière de langues. C’est ainsi que, tandis que la grande Bretagne opte pour une politique linguistique souple de tolérance des langues nationales, la France opte pour une éradication de celles-ci.

L’avènement des indépendances sonne une nouvelle forme de gouvernance. Le passé colonial a laissé en héritage le français et l’anglais qui rentrent en concurrence avec les langues nationales notamment dans les métropoles qui nécessitent de la main d’œuvre pour leur construction. L’on assiste alors à une urbanisation galopante mue par l’attrait de la ville avec l’un de ses corolaires : l’exode rural. Les villes deviennent alors le but ultime de tout déplacement car elles attirent chaque jour des milliers de ruraux de par leur « modernité ». Sur le plan linguistique, elles agissent comme des pompes aspirant le plurilinguisme et rejetant le monolinguisme.

Par ailleurs, le vent de mondialisation qui a soufflé sur le monde n’a pas épargné les villes camerounaises. Des mutations profondes sont intervenues avec la diffusion de nouveaux modes de pensée. Le développement urbain des grandes métropoles, la mondialisation, l’exode rural, les flux migratoires, la mobilité socioéconomique et l’utilisation grandissante des nouvelles technologies de la communication ont provoqué des changements majeurs au niveau des sociétés camerounaises. C’est dans ce contexte que naît le camfranglais, parler mixte né dans ce contexte de contact culturel. En outre, la politique d’intégration nationale favorise les unions entre conjoints d’aires socio-ethniques différentes

Un foyer exolingue est donc celui au sein duquel les deux conjoints ont des langues maternelles différentes. Ces couples ont toujours fait un usage assez particulier de la langue maternelle. En effet, l’idiome utilisé pour communiquer est très souvent caractéristique des rapports de forces manifestes ou latents qui existent au sein de ces couples. Très souvent, il est observé que les enfants adoptent plus facilement la langue de la mère au détriment de celle du père, peut-être du fait que ces derniers passeraient plus de temps avec leur mère qu’avec leur père. Dans un autre cas, développant des aptitudes linguistiques en la langue du conjoint, la mère communiquera avec ses enfants en cette langue. Ceci peut également être possible dans le sens inverse. En effet, on peut observer des conjoints qui abandonnent leur langue au profit de celle de leurs épouses ; la langue de celle-ci deviendra alors celle employée pour les interactions quotidiennes au sein de la famille. Il est également observé que dans un rapport de force linguistique, les deux conjoints maintiennent chacun sa langue qu’ils transmettent à leur progéniture. Cette dernière se retrouve alors dans un environnement bilingue qu’il se doit de maîtriser. Alors, chaque jour, la question de la langue maternelle se fait de plus en plus pressante. Quelle langue maternelle pour nos enfants ?

Ce premier volume entend traiter de la problématique de la langue maternelle en situation d’exogamie au Cameroun et/ou ailleurs, à partir des axes thématiques suivants :

1- Langues maternelles et cadre législatif et/ou institutionnel

2- Politique linguistique familiale

3- Insécurité linguistique et exogamie

4- Mixité/Hybridité linguistique et exogamie

5- Exogamie et intégration nationale

Soumission

Les résumés  de 1500 caractères au maximum (espaces non inclus) qui comprendront une problématique claire, une méthodologie de collecte et de traitement des données (théorie et méthode), les résultats escomptés, un plan indicatif et 4 mots clés, seront examinés à la double aveugle. Seuls ceux qui auront été sélectionnés connaîtront un développement général en proposition pour chapitre. La validité d’un résumé n’assurant pas la validité du travail proposé, celui-ci fera également l’objet d’une évaluation à la double aveugle.

NB : les auteurs devront préciser l’axe thématique choisi.

Langue : français ou anglais

Contact : Les résumés seront envoyés à : labolingue.cne@gmail.com

Calendrier

  • Date limite de soumission : 17 mars 2017

  • Date limite de recevabilité des manuscrits après validation des résumés : 2 juin 2017
  • Date de publication : décembre 2017

Comité scientifique

  • Pr. Edmond Biloa, Université de Yaoundé I
  • Pr. Paul Zang Zang, Université de Yaoundé I
  • Pr. Clédor Nseme, Université de Yaoundé I
  • Pr. Gabriel Mba, Université de Yaoundé I
  • Pr. Germain Eba’a, Université de Yaoundé I
  • Pr. Gerard Marie Noumssi, Université de Yaoundé I
  • Pr. Jules Assoumou, Université de Douala
  • Dr. Augustin Ebongué, Université de  Buéa
  • Dr Paul Fonkoua, Université de Yaoundé 1
  • Dr. Abraham Wega Simeu, Université de Bamenda
  • Dr. Paul Roger Bassong, Université de Yaoundé I,
  • Dr. Emmanuel-Moselli Makasso, Université de Yaoundé I,
  • Dr Terence Nsai Kiwoh, Université de Buea,
  • Dr. Venant Eloundou, Université de Yaoundé I,
  • Dr. Patrick Evouna, Université de Maroua

Lieux

  • 1721 Yaoundé-Cameroun
    Yaoundé, Cameroun (237)

Dates

  • vendredi 17 mars 2017

Mots-clés

  • langue maternelle, exogamie, politique linguistique, mixité linguistique, hybridité linguistique

Contacts

  • Linguistique Laboratoire
    courriel : labolingue [dot] cne [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Linguistique Laboratoire
    courriel : labolingue [dot] cne [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les langues maternelles dans les couples exolingues », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 04 janvier 2017, http://calenda.org/388373