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Transhumanisme(s) en question(s)

Transhumanisms in question

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Publié le mardi 13 décembre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Ce séminaire pluri-disicplinaire porte sur les questions philosophiques et éthiques portées par le courant transhumaniste. Le séminaire, composé d'un groupe pluridisciplinaire d'universitaires se concentre sur trois axes de recherche. En premier lieu, il s'agit de penser les questions liées à la subjectivité (philosophie de l'esprit, conscience, intelligence articifielle). En second lieu, les enjeux sociaux et politiques (biopolitique, démocratie, droits de l'homme, démocratie, progressisme/conservatisme, libertarianisme, néo-libéralisme). Enfin, la généalogie du courant transhumaniste est étudiée sous ses différents aspects historiques, économiques, sociologiques et philosophiques.

Annonce

Présentation

Ce séminaire pluri-disicplinaire porte sur les questions philosophiques et éthiques portées par le courant transhumaniste. Le séminaire, composé d'un groupe pluridisciplinaire d'universitaires (du doctorant au Professeur des universités), se concentre sur trois axes de recherche. En premier lieu, il s'agit de penser les questions liées à la subjectivité (philosophie de l'esprit, conscience, intelligence articifielle). En second lieu, les enjeux sociaux et politiques (biopolitique, démocratie, droits de l'homme, démocratie, progressisme/conservatisme, libertarianisme, néo-libéralisme). Enfin, la généalogie du courant transhumaniste est étudiée sous ses différents aspects historiques, économiques, sociologiques et philosophiques. Le séminaire se réunit une fois par mois

Programme

27 septembre

12h-14h

  • "Ethique et évaluation automatisée de la décision" Professeur Dominique Lambert (Université de Namur, Belgique)

26 octobre

12h-14h

  • "Les émotions artificielles existent-elles? Le regard 'une neurobiologiste" Professeur Catherine Belzung (CNRS, Université François-Rabelais, Tours)

30 novembre

12h-14h

  • "Réception du transhumanisme en France. Etat des lieux et facteurs d'explication" Marc Roux, Président de l'Association Française Transhumaniste

13 décembre

12h-14h

  • "Vers quelle transformation ultime? Réflexion théologique à propos des transhumanistes" Professeur Jean-Baptiste Lecuit (Professeur d'anthropologie théologique, Université Catholique de Lille)

25 janvier

12h-14h

  • "Les utopies du posthumain ou l'avènement des sociétés oublieuses" Guillaume fauvel (Doctorant en sciences politiques, IEP Rennes)

Avec l’essor des techniques biologiques depuis le début du XXème siècle, ce sont de nouvelles interrogations, de nouveaux terrains et enjeux qui se sont ouverts à la réflexion philosophique, et dont l’importance se trouve aujourd’hui accentuée par la frénésie des avancées technologiques et la nécessité d’en définir les cadres moraux et éthiques.

L’urgence de cette réflexion ne fait aucun doute, et répond à une série de métamorphoses politiques, sociales, morales et humaines, que les biotechnologies ne cessent d’accélérer. Or, ces biotechnologies prennent racine dans un contexte et une représentation du monde particuliers, fortement influencés par des logiques capitalistes, au sein d’une idéologie aujourd’hui fleurissante : le transhumanisme.

Doit alors être envisagée la possibilité que l’idéologie transhumaniste fasse advenir, par la collusion entre les logiques d’acteurs économico-politiques et le développement technologique,  une société de transition dominée par un techno-pouvoir et devant conduire toute entière à la réalisation d’une utopie, celle d’une post-humanité, au sein des « sociétés oublieuses ».

15 février

12h-14h

  • "Pour quoi tuer la mort? Hypercontrôle ou hyperlibértarisme?" Stanislas Desprez (Maître de conférences en philosophie, Université Catholique de Lille)

La thèse d’Adorno, d’inspiration foucaldienne, est que la mort de la mort est un moyen pour la société capitaliste d’asservir les individus jusque dans leur chair, l’abolition de la mort permettant de faire travailler et consommerad vitam aeternam. Le transhumanisme serait ainsi l’allié objectif du biopouvoir. Adorno en tire comme conséquence la nécessité de résister, en retrouvant sa liberté de mourir. La thèse est intéressante. Elle pourrait se compléter d’autres analyses (je pense à celles de Dany-Robert Dufour sur la publicité). Mais est-elle juste ? En tout cas, elle est contestée par des transhumanistes, qui mettent en avant la liberté de disposer de son propre corps, pour vivre ou pour mourir. S’agit-il d’une ruse de la raison, manipulant les transhumanistes à leur insu (à moins que cette reconnaissance de la liberté individuelle ne soit une manœuvre sournoise des transhumanistes, qui font semblant de ne pas être inféodés au biopouvoir) ? Si l’on veut faire une lecture charitable des transhumanistes, il faut prendre au sérieux leur appel à la liberté. Du coup, le projet de tuer la mort ne serait pas tant au service de l’hypercontrôle des individus par la société, que la revendication d’un hyperlibertarisme visant à l’effacement de la société (à moins qu’il ne s’agisse d’une tentative pour remplacer la société par l’entreprise, le GAFA se substituant à l’Etat-providence). Autre lecture possible encore (contre Besnier cette fois) : « la mort de la mort » serait pour les transhumanistes un moyen d’exister plus intensément : Kurzweil et Bostrom ne sont-ils pas les héros du XXIe siècle, dont l’histoire retiendra longtemps le nom (autre manière, traditionnelle, de ne pas mourir) ? »

21 mars

12h-14h

  • "Modifier l'être humain : l'anthropotechnie entre espoirs et risques", Jérôme Goffette (Maître de Conférences en Philosophie des Sciences, Université Claude Bernard Lyon 1)

25 avril

12h-14h

  • "Regards critiques sur le transhumanisme et la dépolitisation de la perfectibilité humaine", Nicolas Le Devédec (Professeur adjoint en sociologie, HEC Montréal, Québec)

Cette communication visera tout d'abord à montrer que le transhumanisme et l’aspiration grandissante à optimiser techniquement l’être humain et ses performances marquent un renversement historique important. Bien loin d’œuvrer en faveur d’une amélioration sociale et politique de l’être humain et de sa condition, le transhumanisme promeut une conception de la perfectibilité humaine résolument dépolitisée, centrée sur l’adaptation technoscientifique de l’être humain. Nous verrons à ce titre que le transhumanisme signe le renversement du projet d'autonomie démocratique moderne. Cette communication interrogera ensuite les liens entre l'idéal contemporain d'un humain augmenté par les technosciences et le "nouvel esprit du capitalisme", en abordant notamment l'idéologie managériale omniprésente de l'individu entrepreneur de lui-même et de son corps.

17 mai

12h-14h

  •  « L’éthique transhumaniste ». Jean-Yves Goffi (Professeur Emérite de Philosophie, Université Pierre Mendès France de Grenoble 2)

L'idéologie transhumaniste exprime probablement la forme de subjectivation la plus radicalement différente de celle auxquelles nous sommes accoutumés : au minimum, les transhumanistes revendiquent, dans une perspective libertarienne, la liberté inconditionnée pour chacun de transformer sa morphologie ; au maximum, ils envisagent le remplacement de l'humanité  carbone par une humanité silicium, l'individu existant alors à titre de flux informationnel sur des réseaux informatiques. De telles annonces, comme on pouvait s'en douter, ont été souvent condamnées au nom de l'éthique comme révélatrices d'une insupportable attitude hubristique et comme porteuses de lourdes menaces à l'endroit de “notre commune humanitéˮ .

On a moins souvent pris au sérieux l'éthique qui pourrait être celle des transhumanistes. Je me propose ici de dégager les éléments constitutifs d'une telle éthique. Je chercherai à établir qu'elle s'enracine dans plusieurs traditions philosophiques vénérables : utilitarisme, perfectionnisme, hédonisme, recherche de l'invulnérabilité, éthique de la responsabilité. Cet éclectisme même la rend extrêmement instable

Lieux

  • Université Catholique de Lille, Maison des Chercheurs, 5e étage - 60 bis boulevard Vauban
    Lille, France (59)

Dates

  • mardi 13 décembre 2016
  • mercredi 25 janvier 2017
  • mercredi 15 février 2017
  • mardi 21 mars 2017
  • mardi 25 avril 2017
  • mercredi 17 mai 2017

Mots-clés

  • transhumanisme, NBIC, ETH+, subjectivité, conscience, éthique, politique, généalogie

Contacts

  • Benjamin Bourcier
    courriel : Benjamin [dot] BOURCIER [at] univ-catholille [dot] fr

Source de l'information

  • Benjamin Bourcier
    courriel : Benjamin [dot] BOURCIER [at] univ-catholille [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Transhumanisme(s) en question(s) », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 13 décembre 2016, http://calenda.org/388467