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Le vestiaire du totalitarisme

The cloakroom of totalitarianism

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Publié le vendredi 06 janvier 2017 par João Fernandes

Résumé

Questionner le totalitarisme à partir d'une histoire du vêtement peut sembler anecdotique au regard de la complexité et de la monstruosité de ce phénomène. Pourtant, l'attention portée par les différents régimes (fascistes ou communistes) à la normalisation des conduites invite à explorer toutes les facettes de ce langage du pouvoir qui concilie police des apparences et vestiaire de la servitude. Témoin et instrument d'une volonté prométhéenne d'emprise et de contrôle, d'assujettissement et d'exclusion, mais aussi instrument de résistance et de dissidence, le vestiaire constitue un analyseur privilégié pour rendre compte des expériences totalitaires du XXe siècle.

Annonce

Argumentaire

Si l’histoire du vêtement est bien, comme l’a souligné Nicole Pellegrin, est une histoire totale - celle de la mode, de la culture matérielle et, plus largement, une  histoire sociale, politique et culturelle du paraître - elle constitue un vecteur privilégié pour éclairer les différentes facettes du totalitarisme et tenter d’en restituer la logique. Le vestiaire peut alors se lire comme un témoin et un instrument de cette volonté d’emprise et de contrôle, d’assujettissement et d’exclusion du pouvoir totalitaire sur l’ensemble du corps social (mais aussi éventuellement comme instrument de résistance et de dissidence). En effet, à travers cet objet (et par extension, le système de la mode et la culture des apparences), ce sont en effet tous les aspects du totalitarisme qui peuvent être appréhendés en privilégiant deux points d’entrée.

Le premier insistera sur le poids des représentations politiques, à travers la symbolique du vêtement mais aussi les imaginaires qu’il convoque, les idéologies et les doctrines qui le façonnent et qu’il exprime. Comment le vêtement et plus largement la mode œuvrèrent-ils à l’expression des idéologies ? Peut-on identifier, par-delà les expériences totalitaires, des invariants ou une grammaire commune dont le vestiaire serait l’expression ?

Le second évaluera le rôle du vestiaire dans les pratiques de socialisation, d’embrigadement et d’assujettissement. Le système idéologique de la mode fut-il un outil (efficace ?) favorisant l’acquiescement de la population à la domination ?

Moyen de communication non-verbale, signe d’appartenance et de solidarité mais aussi de hiérarchie et de soumission, de contestation et d’exclusion, le vêtement, objet d’histoire culturelle et sociale du politique, constitue ainsi un analyseur singulier pour rendre compte des expériences totalitaires du XXème siècle.

Si l’histoire du totalitarisme est riche de travaux historiographiques, la question du vestiaire n’a jamais fait l’objet d’une approche systématique. A la jonction de l’histoire politique et de l’histoire de la mode et du vêtement, ce projet s’insère dans une perspective pluridisciplinaire en croisant les regards d’historiens, de politistes et de sociologues ainsi que de spécialistes des mondes slaves, asiatiques et hispaniques. En sollicitant des sources hétérogènes (tant écrites qu’iconographiques), les communications pourront s’articuler autour des idées suivantes.

  • Les représentations : inventions, déclinaisons, circulations

    • Le vêtement comme langage du pouvoir totalitaire
    • La symbolique du vêtement, invariants et singularités : Vêtements (uniformes et histoire des formes, veste, col...) et  accessoires (bérets, brassards, foulards, signes et insignes).
    • Les transferts culturels et symboliques : Nationalisme et internationalisme vestimentaires - imitation et circulation (Est / Ouest) - métissage des modèles (fascisants / soviétiques / chinois).
    • Mode et idéologie 
    • Le vestiaire et la propagande : esthétique et idéologie (la mode bolchevique/ fasciste) - la haute couture comme vitrine du régime politique (l’enrôlement des créateurs et des couturiers à des fins de propagande)  –  le vestiaire du chef – Parades et parures.
    • Vêtement, genre et idéologie : le vestiaire et l’exaltation de la virilité/masculinité – la mode socialiste et l’invention de la femme bolchevique – l’égalité et l’uniformisation des apparences.
  • Les pratiques, fonctions et  enjeux : socialisation, domination, oppression

    • Le vêtement comme vecteur identitaire et communautaire : un outil de domination
    • La police vestimentaire : socialisation et régulation des apparences : la pédagogie du vêtement– Discipliner les apparences, normaliser les conduites – La promotion de l’égalité / la glorification des élites.
    • Le système de la mode au service de la domination : L’instrumentalisation de la mode et du vestiaire (des couturiers aux industries textiles) – la mode et l’appareil de production (aspects  économiques) – Esthétique et politique en économie de pénurie.
    • Le vestiaire de l’oppression et de la résistance
    • Le vestiaire des dissidences : vêtements et accessoires séditieux – vestiaire et apparences protestataires.
    • Le vestiaire de la servitude : Le vêtement comme marqueur de l’exclusion et de la persécution : L’uniforme concentrationnaire – signes et stigmates de l’assujettissement.

Conditions de soumission

Les propositions de communication, d’environ 300 mots, accompagnées d’une courte note biographique de l’auteur, sont à envoyer

avant le 15 avril 2017

à l’adresse mail suivante : francois.hourmant@univ-angers.fr

Le comité d’organisation informera les participants de la sélection au plus tard le 15 mai 2017.

28 septembre 2017 : date de la journée d’études

Comité d’évaluation

  • Bernard Bruneteau, Professeur de Science politique, Faculté de Droit et de Science politique, Université de Rennes.
  • François Hourmant, Maitre de conférences hdr en Science politique, UFR Droit, Economie, Gestion, Université d’Angers.

Lieux

  • UFR Droit, Economie, Gestion, Université d'Angers - 13 allée François Mitterrand
    Angers, France (49100)

Dates

  • jeudi 28 septembre 2017

Mots-clés

  • totalitarisme, vestiaire, mode, idéologie, propagande, genre, servitude, oppression, uniformisation, esthétique

Contacts

  • François Hourmant
    courriel : francois [dot] hourmant [at] univ-angers [dot] fr

Source de l'information

  • François Hourmant
    courriel : francois [dot] hourmant [at] univ-angers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le vestiaire du totalitarisme », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 06 janvier 2017, http://calenda.org/389024