AccueilVilles, espaces publics et rebuts : rencontres et confrontations rurales-urbaines

Villes, espaces publics et rebuts : rencontres et confrontations rurales-urbaines

Cities, public spaces and waste - encounters and confrontations between city and countryside

7th European Conference on African Studies 2017 – Panel L18

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Publié le mercredi 11 janvier 2017 par João Fernandes

Résumé

Ce panel sera consacré à la question des déchets, des ordures, des restes et du rebut dans l’espace public des villes en Afrique. Il propose d’analyser ce phénomène par le biais de la rencontre et de la confrontation entre le rural et l’urbain et à partir d’une analyse des formes variées d’occupation et des usages conflictuels des espaces publics par des activités privées et par l’accumulation des rebuts et des dépotoirs d’ordures.

Annonce

7e Conférence européenne des études africaines, 29 Juin-1er Juillet 2017, University of Basel

Argumentaire

Ce panel sera consacré à la question des déchets, des ordures, des restes et du rebut dans l’espace public des villes en Afrique. Il propose d’analyser ce phénomène par le biais de la rencontre et de la confrontation entre le rural et l’urbain et à partir d’une analyse des formes variées d’occupation et des usages conflictuels des espaces publics par des activités privées et par l’accumulation des rebuts et des dépotoirs d’ordures.

Dans les villes africaines, les usages divers des espaces publics permettent l’observation privilégiée de la rencontre-confrontation entre le rural et l’urbain. Ce panel propose d’interroger cette rencontre-confrontation sous divers aspects, à partir d’une analyse des formes variées d’occupation et des usages conflictuels des espaces publics par des activités privées salissante, l’accumulation des rebuts et la prolifération des dépotoirs. La question du « rebut », englobe ici la thématique des « déchets domestiques », des « ordures » et des « eaux usées », ainsi que les objets qu’on abandonne ou qu’on peut réutiliser. L’analyse de leur accumulation, de leur évacuation, de leur transformation, de leur recyclage et de leur valorisation peut mettre en lumière l’imbrication d’enjeux économiques, politiques, sociaux et environnementaux insoupçonnés, au cœur de la gouvernance et du « vivre-ensemble » dans les villes africaines.

On observe depuis plusieurs décennies partout en Afrique un exode rural continu, qui déverse des flux importants de migrants vers les centres urbains. Ces « néo-citadins » ont des usages de la ville et des espaces publics qui correspondent généralement à un habitus rural. Celui-ci se trouve renforcé par leur installation dans les quartiers périphériques non lotis et non équipés des infrastructures urbaines de base (assainissement, adduction d’eau et fourniture en électricité, aménagement des marchés, etc.). Ces néo-citadins développent ainsi des usages particuliers des espaces urbains habités et des espaces publics qui s’avèrent souvent en contradiction avec la loi et les usages des citadins de longue date.

Certains chercheurs se sont demandés, à juste titre, si les pratiques actuelles des espaces publics urbains en Afrique, et les conflits fréquents qui découlent de leur confrontation, n’avaient pas pour origine une contradiction entre les modes historiques d’occupation de  l’espace et la morphologie urbaine d’origine coloniale. Dans le même ordre d’idée, on peut aujourd’hui se demander si l’afflux ininterrompu de néo-citadins d’origine rurale, venus avec des conceptions et des pratiques des espaces urbains en contradiction avec la loi et les usages des citadins de longue date ne joue pas un rôle central dans les phénomènes de dégradation et de salissement visibles dans nombre de villes du continent.

Le contexte historique apparaît en effet comme un élément structurant dans la mesure où, dans de nombreuses villes africaines, l’imposition du modèle urbain colonial a engendré des espaces publics déconnectés des « traditions » urbanistiques africaines. La confrontation entre l’urbain et le rural se fait jour par exemple dans l’organisation alvéolaire des cours des villes précoloniales ou la structure topocentrique des villages en milieu rural, mais aussi dans certaines villes dans les différences d’occupation de l’espace observables entre les quartiers aménagés en damier ( ?) par les colonisateurs et les quartiers historiques préexistants à la conquête coloniale. On observe ainsi des usages de la ville liés à la présence massive de néo-citadins, de migrants ruraux, mais aussi à des conceptions « traditionnelles » de l’habitat domestique conçu pour réunir les nombreux membres d’une famille étendue. Ces éléments d’ordre historique présentent des contradictions structurelles, qui engendrent des usages conflictuels de l’espace urbain.

La précarité économique et l’analphabétisme apparaissent aussi comme des causes majeures d’influence des modèles de comportement des citadins dans les espaces citadins. Ceux qui doivent réinventer chaque jour leurs moyens de subsister adoptent parfois des comportements rebelles aux lois et indifférents aux règles de l’urbanité et du « vivre-ensemble » en ville. Nombre des usagers de la ville, qu’ils soient citadins de longue date ou néo-citadins d’origine rurale en situation d’extrême pauvreté, subsistent en pratiquant quotidiennement une multitude de micro-activités informelles dans les espaces publics urbains dont ils remodèlent l’organisation  et structurent ses usages à leur convenance (petits commerces, artisans, réparateurs, opérateurs de transport, etc.). Ces usages des espaces publics par les plus pauvres et/ou les néo-citadins sont généralement en contradiction avec leur destination fonctionnelle initiale, vouée notamment à la circulation des véhicules, des passants et des eaux : ils sont pour eux à la fois des lieux de vie, de travail, de circulation et d’échange, mais aussi d’accueil des activités salissantes et d’évacuation des déchets.

Nous aimerions recevoir des contributions sur ce thème axées notamment sur les problèmes de gouvernance urbaine et sur la question des usages des espaces publics et des incivilités qu’ils génèrent. Quels sont les modes actuels de réutilisation des rebuts par les citadins pour survivre ? Que révèle la vie et le travail dans les tas d’ordure et les décharges publiques des ressorts économiques et symboliques de la relation des citadins aux rebuts ? Comment les rebuts et les déchets participent-ils au processus empirique de délimitation des frontières entre « public » et « privé » dans l’espace public ? Quels problèmes de gouvernance urbaine révèlent l’accumulation des rebuts et la permanence des incivilités qui y sont associées ? Par quelles pratiques les citadins compensent-ils ces défaillances et régulent-ils ces incivilités ?

Ce Panel L18, "Villes, espaces publics et rebuts" sera bilingue, français et anglais. Il se situe dans une perspective interdisciplinaire et les contributions des différentes sciences sociales (science politique, sociologie, économie, histoire, anthropologie, géographie, droit) seront les bienvenues.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Pour envoyer votre proposition de communication en français ou en anglais, cliquez sur le lien ci-dessous, puis cliquez sur le lien « propose a paper » en bas de page, à gauche.

NomadIT Conference Suite

Deadline: 18 janvier 2017

Coordination

  • Sylvie Ayimpam,
  • Emilie Guitard,
  • Jacky Bouju

Lieux

  • University of Basel
    Bâle, Confédération Suisse

Dates

  • mercredi 18 janvier 2017

Mots-clés

  • déchets, ordures, restes, rebuts, insalubrité, espace public, informel, récupération, recyclage, assainissement, gouvernance urbaine, normes pratiques, exode rural, citadinité, incivilités, néo-citadins, urbanité

Contacts

  • Sylvie Ayimpam
    courriel : ayimpam [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr
  • Jacky Bouju
    courriel : bouju [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr

Source de l'information

  • Sylvie Ayimpam
    courriel : ayimpam [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Villes, espaces publics et rebuts : rencontres et confrontations rurales-urbaines », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 11 janvier 2017, http://calenda.org/389702