AccueilSur l’idée qu’on se fait de « Partager »

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Publié le jeudi 19 janvier 2017 par João Fernandes

Résumé

Depuis la nuit des temps, l’humanité essaie de se réunir pour échapper aux dangers visibles (animaux sauvages, tribus ennemis, clans hostiles, cataclysmes de toute sorte) et invisibles (esprits malins, spectres, fantasmagories...), enfin, par amour, par peur, par haine ou par devoir, - par n’importe lequel de ces « géants de l’âme » – hommes et femmes mettent en scène une mythique réunion où tous puissent partager des objectifs communs, une destinée ou une mission, un projet, pour provisoire qu’il soit, ou pour utopique que cela paraisse aux yeux des incrédules.

Annonce

XII Séminaire international de la francophonie / XII Séminaire international Brésil-Canada d’études comparées / IV Colloque international d’études comparées

Argumentaire

Depuis la nuit des temps, l’humanité essaie de se réunir pour échapper aux dangers visibles (animaux sauvages, tribus ennemis, clans hostiles, cataclysmes de toute sorte) et invisibles (esprits malins, spectres, fantasmagories...), enfin, par amour, par peur, par haine ou par devoir, - par n’importe lequel de ces « géants de l’âme » (MIRA Y LOPEZ[1]) – hommes et femmes mettent en scène une mythique réunion où tous puissent partager des objectifs communs, une destinée ou une mission, un projet, pour provisoire qu’il soit, ou pour utopique que cela paraisse aux yeux des incrédules.

Quelle civilisation humaniste aurait été possible sans cette capacité de croire que les êtres humains peuvent tracer, sous le signe de l’espoir, des projets de cohabitation où l’égoisme et l’oppression ne prévalent pas sur ce qui peut être accepté et compris comme étant le « bien commun » ? En effet, dès les premières sociétés humaines, - dont quelques tribus indigènes brésiliennes sont encore d’ emblématiques représentants, - hommes et femmes partagent les aliments, l’abri, l’éducation des enfants, chassent et pêchent ensemble, réalisent les récoltes collectivement, dans ce qu’on appelle « l’économie de l’abondance », où prévalent la justice distributive et égalitaire, ayant pour devise « un pour tous, tous pour un », même sans pouvoir assurer la liberté de leurs membres d’agir différemment de la rigide structure qui détermine les rôles sociaux qui reviennent à chaque individu : les hommes, des chasseurs, les femmes, des moissonneuses. (CLASTRES2 : 1982, VASQUEZ [2] : 2005).

Il est bien vrai que l’histoire de l’humanité, avec la rupture d’une supposée harmonie primordiale et la conséquente division des hommes avec l’apparition de l’exploration du travail, domination et esclavage, allait compromettre tout projet d’émancipation de l’humanité et la construction d’une société égalitaire. La contemporanéité nous montre la primauté de l’individualisme (BUBER : 1989[3]) comme un mode de vie, sous l’égide du plus effréné néolibéralisme, ainsi qu’on peut le constater, aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord – sous le leadership des Etats-Unis – et dans une grande partie de la planète qui s’occidentalise, qui devient dangereusement homogène, la prédominance d’un individualisme exacerbé, d’une compétition effrénée entre les hommes, avec la fomentation de clivages de plus en plus grands, rendant difficile la création de liens d’appartenance plus amples, restreignant tout au fragment, au ponctuel (FROMM[4] : 2008).

Toutefois, des hommes et des femmes de plusieurs parties du monde désirent ardemment construire de nouvelles relations sociales et interpersonnelles, essaient de refonder des pactes sociaux, dans une tentative jamais épuisée de fuir la « misère de la vie individuelle (solitude et absurde) » (ASTRUC : 2015[5]) et, de cette façon, cherchent à établir des projets de cohabitation basée sur la fraternité, sur l’égalité et sur la liberté, avec le difficile équilibre entre ces trois axes, sans lequel n’importe quelle tentative de Communauté serait compromise (TODOROV[6] : 2012).

Surmontant les barrières représentées par les clivages les plus divers qui menacent de consolider la séparation de l’humanité en ethnies, classes, groupes, catégories sociales, genres, sexes, religions, des hommes et des femmes, – convaincus que sous l’apparence de la diversité il n’existe qu’une seule et même humanité –, des hommes et des femmes essaient d’inviter leurs semblables à PARTAGER.

Partager un moment dans lequel l’être se dévoile au regard étonné ou ému, sous la menace de l’inhumanité, comme nous le rappelle Georges Brassens dans Chanson pour l’Auvergnat. Se solidariser, secourir, sont aussi d’autres dénominations de PARTAGER. Qui peut aussi être compris comme coopérer, participer à un évènement transformateur de la vie personnelle ou sociale. Ce qui implique ce désir d’INVITER, de la même manière qu’on peut inviter à Partager du « painde la vie », comme dans la chanson brésilienne Cio da terra (Rut de la terre), ou participer à un projet de construction d’un autre ordre social, ainsi que nous le rappelle aussi Geraldo Vandré, dans sa chanson Para não dizer que não falei de flores (pour qu’on ne dise pas que je n’ai pas parlé de fleurs).

Enfin, malgré l’apparente désolation qui semble régner dans la vie sociale de cette planète qui essaie de s’occidentaliser à grands pas, suivant la mode (HELLER[7] : 2009), les mouvements sociaux, qu’on voit agiter les rues et avenues des principales villes du Brésil ou d’ailleurs, semblent indiquer que le rêve de construction de pactes sociaux ancrés sur le Respect, le Soin et la Compréhension (ainsi que la Responsabilité, autres noms de l’Amour), continuent à (re)vitaliser les énergies de jeunes et adultes (FROMM, op.cit).

Comment les Sciences Humaines – et la Littérature en particulier – ont-elles montré, parfois de façon anticipée, les tentatives infatigables d’une grande partie de l’humanité de (re)créer des liens de solidarité pour mieux partager les rêves, solutions, désirs, projets communs ?

À travers les échanges de connaissances et des savoirs, expériences, désirs et craintes, le Centre d’études en littératures et cultures franco-afro-américaines, le NEC – CENTRE D’ETUDES CANADIENNES invitent les chercheurs et chercheuses, les professeurs et professeures, les étudiants, et la communauté en général, à PARTAGER, dans la période du 12 au 14 juin 2017, au cours des XIIème SÉMINAIRE DE LA FRANCOPHONIE, XIIème SÉMINAIRE BRÉSIL-CANADA D’ÉTUDES COMPARÉES et IVème COLLOQUE INTERNATIONAL D’ÉTUDES COMPARÉES, sur le Campus de l’Université de l’Etat de Feira de Santana (Brésil)

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les propositions d’intervention sont attendues à partir du 30 octobre 2016 et

jusqu’au 15 février 2017

sur le site www.nelcfaam.wordpress.com

Pour plus de renseignements, veuillez prendre contact avec Humberto de Oliveira, svp. humbert_oliveira@uefs.br

Comité scientifique

  • ABDELAZIZ AMRAOUI – Université Cadi Ayyad, Maroc
  • ADEITALO MANOEL PINHO- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • ANTONIO GABRIEL E. SOUZA- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil AYAOVI XOLALI MOUMOUNI AGBOKE – Université de Lomé, Togo
  • ALANA DE O. FREITAS EL FAHL- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil ALAIN VUILLEMIN - Université Paris Est- Créteil / AMOPA, France ALEILTON FONSECA - Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil.
  • ALEX FABIANO JARDIM - Universidade Estadual de Montes Claros, Brésil.
  • ANA GUTU- Université Libre internationale de Moldova, Moldavie
  • ANDRE LUIZ SOUZA CARVALHO - Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil ANDREIA SILVA ARAUJO – UEFS-UFBA, Brasil
  • BEATRIZ SOUZA L. DE OLIVEIRA – Universidade do Estado da Bahia, Brésil.
  • CLAUDIO CLEDSON NOVAIS- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • CHRISTIAN MBARGA- St.Thomas university, New Fredericton, Canada
  • DANIELLE FORGET- Université d’ Ottawa, Canada
  • EFSTRATIA OKTAPODA - Université Paris 8, France
  • ELENA PRUS – Académie des Sciences de la Moldavie
  • EVILA FERREIRA OLIVEIRA - Universidade do Estado da Bahia, Brésil.
  • FABRICE GALVEZ – Universidade Federal da Bahia, Brésil
  • FAUSTIN MVOGO- Université de Yaoundé 1, Cameroun
  • FLAVIA ANINGER- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • GILTON ARAGÃO- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil HELENE BREDA- Université Paris 13, France.
  • HUMBERTO LUIZ LIMA DE OLIVEIRA- Universidade Estadual de Feira de Santana,Brésil
  • IGOR ROSSONI – Universidade Federal da Bahia, Brasil
  • IVONE MAIA- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • IRANILDES OLIVEIRA LIMA - Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • JACQUES D’ ADESKY- PUC-RIO e Universidade Estácio de Sá,Brésil
  • JEAN-PAUL BIRURU RUCINAGIZA – Université de Lubumbashi, RDC
  • JOÃO DANILO OLIVEIRA - Universidade Estadual de Feira de Santana, Brasil
  • LACY GUARACIABA MACHADO– Pontifícia universidade Católica Goiás, Brésil
  • LUCIE LEQUIN – Université Concórdia, Canada
  • LUIZ ANTONIO VALVERDE- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • MALIK NOEL-FERDINAND- Université des Antilles et de la Guyane, France
  • MARCOS TEIXEIRA DE SOUZA – IUERJ- Universidade Estácio de Sá, Brésil.
  • MARCELO FARIA- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • MARGARETE SANTOS – Universidade do Estado da Bahia, Brésil.
  • MARIA CONCEIÇÃO COSTA OLIVEIRA- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • MARIA LINA GARRIDO - Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • MARIE-ROSE ABOMO-MAURIN – Université d’ Yaoundé 1, Cameroun
  • MAURICE AMURI MPALA LUTEBELE- Université de Lubumbashi, RDC
  • MIHAELA CHAPELAN – Université « Spiru Haret », Bucarest, Roumanie
  • MOHAMMAD ZIAR – Université Azad islamique de Téhéran, Iran
  • MOUFIDA ELBEJAOUI- Université Mohammed V, Rabat, Maroc
  • NELMIRA MOREIRA- Universidade Estadual de Feira de Santana Brésil
  • NIGEL HUNTER - Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • NORMA SUELY REIS MENEZES- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • PÁL FERENCZ - Brazilian Scientific Center, Hongrie
  • PATRICIO NUNES-BARREIROS- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil PATRICK IMBERT – Université d’ Ottawa, Canada
  • REMI ASTRUC – Université de Cergy-Pontoise, France
  • RENATA JAKUBCZUK- Université Marie Curie-Skłodowska – Lublin, Pologne ROBERTO BITTENCOURT- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil
  • SEBASTIEN JOACHIN – UFPE-UEPB, Brésil
  • SERGE CANTIN- Université du Québec à Trois-Rivières, Canada
  • SERGIO LEVEMFOUS - Universidade Estadual de Santa Cruz, Brésil
  • SMAIL MAAFOUF, Université de Béjaia, Algérie
  • VAHID NEJAR MOHAMMAD- Université de Tabriz, Iran
  • VERA PEDREIRA DOS SANTOS PEPE- Universidade Estadual de Feira de Santana, Brésil

[1] MIRA Y LOPEZ, Emilio. Os Quatro gigantes da alma. São Paulo : José Olympio, 1980. 2CLASTRES, Pierre (1982), Arqueologia da violência. São Paulo : Brasiliense

[2] VÁSQUEZ, Adolfo Sanchez. Ética. Rio de Janeiro : Civilização Brasileira, 2009 .

[3] BUBER, Martin. Do dialogo e do dialógico. São Paulo : Perspectiva, 1989, Col. Debates.

[4] FROMM, Erich. El Arte de amar. Barcelona : Paidos, 2000.

[5] ASTRUC, Rémi. Nous, L’aspiration à la Communauté et les arts. Versailles :RKY, 2015.

[6] TODOROV, Tzvetan. Os inimigos íntimos da democracia. São Paulo : Companhia das Letras, 2012.

[7] HELLER, Agnes. O Cotidiano e a História. Tradução Carlos Nelson Coutinho et Leandro Konder. São Paulo : Paz e Terra, 1989,

Catégories

Lieux

  • Université d’Etat de Feira de Santana
    Feira de Santana, Brésil

Dates

  • mercredi 15 février 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • partager, littérature, philosophie, histoire

Contacts

  • Humberto de Oliveira
    courriel : humbert_oliveira [at] uefs [dot] br

Source de l'information

  • Abdelaziz Amraoui
    courriel : a [dot] amraoui [at] uca [dot] ac [dot] ma

Pour citer cette annonce

« Sur l’idée qu’on se fait de « Partager » », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 19 janvier 2017, http://calenda.org/390704