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Crise et souveraineté

Crises and sovereignty

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Publié le mercredi 18 janvier 2017 par João Fernandes

Résumé

Le séminaire « Crise et souveraineté » se poursuit pour une seconde édition avec le soutien de l'École doctorale de philosophie de Paris 1, du CHSPM et de NOSOPHI. L'objectif de ce séminaire est de repenser les rapports entre les concepts de crise et de souveraineté. Nous interrogerons l’hypothèse selon laquelle, malgré l’apparence d’une universalité et d’une nécessité, la souveraineté cache en elle-même une faiblesse, à savoir le risque permanent de la crise. Nous étudierons à la fois les discontinuités entre les paradigmes de la philosophie politique, les oppositions entre doctrines, mais aussi l’ensemble des phénomènes qui manifestent une rupture de la légitimité du pouvoir.

Annonce

Argumentaire

 Le discours médiatique ne cesse de recourir à l’idée de crise pour qualifier des bouleversements qui frappent le climat et la finance. Si ce terme est ainsi employé, c’est parce qu’il désigne une rupture violente que rien ne laissait présager. En effet, la crise n’est pas simplement la modification temporaire d’un état de choses, mais plutôt une transformation si radicale qu’elle introduit un péril. Ainsi, le concept de crise, en ce qu’il qualifie des transitions brusques impliquant la disparition d’un équilibre, est particulièrement pertinent pour penser les ruptures qui affectent la souveraineté. La souveraineté, puisqu’elle désigne le caractère ultime d’une autorité, un pouvoir qui est dernier ressort, est précisément l’instance qui, dans le politique, est frappée par des tensions et doit continuellement refonder sa légitimité.

La confrontation entre les concepts de crise et de souveraineté oblige également à reconsidérer l’écroulement du théologico-politique sur lequel la modernité s’est constituée. Le XVIIe siècle est censé avoir fourni une justification du pouvoir politique libérée du théologique : le pouvoir n’est plus dérivé de Dieu mais de la volonté de l’individu. Or, un retour sur la crise sur laquelle s’est instituée la modernité permettrait de réexaminer l’étendue de cette autonomisation. Cela permettra également de faire apparaître les métaphores théologiques qui continuent de traverser les concepts de la philosophie politique.

Ainsi, ce sont ces rapports entre les concepts de crise et de souveraineté que nous souhaiterions interroger à l’occasion d’un séminaire qui se tiendra à Paris 1 de novembre 2015 à juin 2016. Nous nous interrogerons sur l’hypothèse selon laquelle, malgré l’apparence d’une universalité et d’une nécessité, la souveraineté cache en elle-même une faiblesse, à savoir le risque permanent de la crise. Nous étudierons à la fois les discontinuités entre les paradigmes de la philosophie politique, les oppositions entre doctrines, mais aussi l’ensemble des phénomènes qui manifestent une rupture de la légitimité du pouvoir. 

Ce séminaire s’articulera autour de trois axes. Le premier porte sur une problématique définitionnelle. Que désigne l’expression « crise de la souveraineté » ou « souveraineté en crise » ? L’enjeu de cette question sera de savoir ce que la crise du pouvoir nous dit sur la nature de la souveraineté. Ce rapport entre la crise et la souveraineté est-il un rapport d’opposition radicale ? En ce sens, la souveraineté serait la négation de toutes formes de crise. Y-a-t-il un simple rapport d’altérité ? La crise serait un événement que rencontre la souveraineté dans son exercice sans qu’il soit source de danger. Ou alors, y a-t-il identité ? Tout dispositif de légitimation du pouvoir serait, dans cette perspective, un réajustement constant face à une crise toujours présente au sein du politique, crise qui ne pourrait disparaître. 

Le deuxième axe consistera dans l’étude des phénomènes mettant en péril la souveraineté. Qu’en est-il de ces événements qui ont tendance à être écartés au motif qu’ils échappent au cours normal de l’exercice du pouvoir ? Il peut s’agir de la guerre interne, du terrorisme, du retour du théologico-politique, de l’écart entre représentant et représentés, du coup d’État, de la révolution, etc. Ne peut-on pas voir dans ces phénomènes, qui introduisent de la discorde au sein de la fondation du pouvoir politique, des signes indiquant l’apparition d’une autre souveraineté irréductible à celle en place ?

Enfin, le troisième aspect du séminaire sera historique. Il s’agira de revenir sur les différents moments qui, dans l’histoire de la philosophie politique, introduisent des ruptures de paradigmes dans la fondation de l’autorité. Nous nous pencherons, plutôt que sur des contenus de doctrine, sur les transitions entre conceptions, sur les écarts et les divergences entre auteurs quant à la légitimation du pouvoir politique. 

Calendrier

 27 janvier

17h30-19h30, Salle Cavaillès 

  • Etienne Balibar (Professeur émérite, université Paris Nanterre), « Le GFM (Global Financial Market) : nouveau souverain, quasi-souverain, ou pseudo-souverain ? »

Répondants : Mohamed Amer-Meziane (Université Paris I), Lyess Bouderbala (Université Paris I)

 3 février

17h30-19h30, Salle Cavaillès

  • Vincent Delecroix (École pratique des hautes études), « Théologies apocalyptiques de la souveraineté »

Répondants : Yann Schmitt (Université Paris I), Bernard Bourdin (ICP, Paris)

 3 mars

17h30-19h30, Salle Cavaillès

  •  John Milbank (University of Nottingham, Royaume-Uni), « Questioning the Earthly God: Sovereignty, Democracy and Mixed Government »

Répondants :Masoud Sinaeian (Université Paris I), Mohamed Amer-Meziane (Université Paris I)

 10 mars

17h-19h, Salle 216, Centre Panthéon

  • Alexandre Escudier (Sciences-Po), « Diagnostics de crise et modernité : entre sémantique historique et analyse systémique »

 Répondantes : Clotilde Nouët (Université Paris I), Claudia Cimmarusti (Université Paris I)

 24 mars

17h-19h, Salle 216, Centre Panthéon

  • Blaise Bachofen (Université de Cergy-Pontoise), « La pensée politique de J.-J. Rousseau, un discours sur l’origine et les fondements de la guerre »

Répondant : Lyess Bouderbala (Université Paris I)

 28 avril

17h-19h, Salle 216, Centre Panthéon

  • Shlomo Sand (Tel Aviv University, Israël), « Idée nationale, réalité démocratique et souveraineté en tournant »

Répondants : Bernard Bourdin (ICP, Paris), Eraldo Santos (Université Paris I)

 12 mai

(17h-19h, Salle 216, Centre Panthéon)

  • Nicolas Poirier (Université Paris Nanterre), « Canetti et la critique du pouvoir : une alternative au paradigme traditionnel de la souveraineté »

Répondante : Ludmilla Lorrain (Université Paris I)

 2 juin

(17h-19h, Salle 216, Centre Panthéon)

  • Elizabeth Phillips (University of Cambridge, Royaume-Uni), « American Theo-political »

Répondants : Masoud Sinaeian (Université Paris I)

Pour les personnes qui ne sont pas rattachées à la Sorbonne, prière de s’inscrire à l’adresse :

crise.souverainete@gmail.com

Les séances du vendredi 27 janvier, du 3 février, et du 3 mars auront lieu de 17h30 à 19h30 dans la Salle Cavaillès : UFR de Philosophie, 17 rue de la Sorbonne (escalier C, 1er étage, droite).

 Les séances du vendredi 10 mars, du 24 mars, du 28 avril, du 12 mai, et du 2 juin auront lieu de 17h à 19h dans la Salle 216Centre Panthéon : 12 place du Panthéon (/ rue Cujas).

Dates

  • vendredi 27 janvier 2017
  • vendredi 03 février 2017
  • vendredi 03 mars 2017
  • vendredi 10 mars 2017
  • vendredi 24 mars 2017
  • vendredi 28 avril 2017
  • vendredi 12 mai 2017
  • vendredi 02 juin 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • philosophie politique, théologie-politique, crise, souveraineté

Contacts

  • Lyess Bouderbala
    courriel : lyess [dot] bouderbala [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Lyess Bouderbala
    courriel : lyess [dot] bouderbala [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Crise et souveraineté », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 18 janvier 2017, http://calenda.org/391597