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Peine et utopie

Sentencing and utopia

Les représentations de la sanction dans les œuvres utopiques, des temps modernes jusqu’à la fin du XXe siècle

The representation of sanctions in utopian works - from the Modern age to the late 20th century

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Publié le jeudi 26 janvier 2017 par João Fernandes

Résumé

Ce colloque propose d’interroger les ambiguïtés de l’utopie, ce « jeu destiné à stimuler l'imagination critique » (Baczko, 1978) dans une perspective historique large, afin de mesurer son influence rémanente, et peut-être puissante, sur les législations positives et les pratiques judiciaires les plus actuelles. L’utopie est-elle prisonnière des conditions d’énonciation qui bornent le débat public ou parlementaire, comme prise dans l’argile de son époque ? Ou, à l’inverse exprimant mieux que toute autre source, l’état de nos représentations sociales, parvient-elle à les dépasser ?

Annonce

Nice, les 7-8 décembre 2017

Argumentaire

Le châtiment a-t-il vraiment sa place en utopie ? A priori, la chose ne va guère de soi dans la mesure où une société parfaitement ordonnée n’a nul besoin de recourir à la peine pour organiser le contrôle social de sa population. Comme l’écrit Morelly dans sa fameuse Basiliade (1753), « les arrangements malentendus de vos sociétés causent des désordres qui ne regardent qu'elles (…) ; elles en punissent les hommes, parce qu'elles ne peuvent les rendre bons ; elles s'en délivrent ; ainsi le châtiment est une marque d'impuissance en elles ».

Toutefois, les œuvres qui forment le corpus utopique, depuis celle fondatrice de Sir Thomas More, conservent à la peine, en particulier en matière pénale, toute sa place dans le processus de régulation sociale. Dans certains récits, l’appareil judiciaire est l’une des clés de voûte du bonheur collectif. Parfois, la peine est même différenciée, selon qu’elle s’applique aux enfants de la cité radieuse ou aux étrangers. Dès lors, il faut se poser mesurer le poids du contexte politique, idéologique et même institutionnel sur la production des auteurs qui s’engagent sur les chemins de la cité idéale. La peine serait-elle un mal nécessaire, une conséquence de la nature même de l’Homme ?

L'horizon de la sanction est vaste dans nos sociétés, et ne s’entend pas uniquement de la matière pénale. Les domaines administratifs, économiques, et fiscaux participent aussi de ces interrogations. Les épisodes révolutionnaires et les réformes judiciaires ou fiscales ne sont-ils pas portés par un élan utopique ? N’y a-t-il pas une « utopie de la peine », inscrite en filigrane dans nos contrats sociaux ? L’emprisonnement, la composition pécuniaire, le travail continu comme peine, solution plébiscitée par nombre d’utopies, montrent que la recherche de lois justes s’accompagne d’une réflexion sur les modalités mêmes d’application de la sanction.

Ce colloque propose d’interroger les ambiguïtés de l’utopie, ce « jeu destiné à stimuler l'imagination critique » (Baczko, 1978) dans une perspective historique large, afin de mesurer son influence rémanente, et peut-être puissante, sur les législations positives et les pratiques judiciaires les plus actuelles. L’utopie est-elle prisonnière des conditions d’énonciation qui bornent le débat public ou parlementaire, comme prise dans l’argile de son époque ? Ou, à l’inverse exprimant mieux que toute autre source, l’état de nos représentations sociales, parvient-elle à les dépasser ?

Modalités pratiques d'envoi des propositions 

Les projets de communication devront être adressés à l’adresse suivante

avant le 31 mars 2017. 

Amale.Ziad@unice.fr
Laboratoire ERMES (EA 1198)
Faculté de Droit et Science Politique
Avenue du Doyen Louis Trotabas, 06050 - Nice

Comité scientifique 

  • Ugo Bellagamba, ERMES, MCF HDR à l’Université Nice Sophia Antipolis.
  • Stéphanie Blot-Maccagnan, ERMES, MCF HDR à l’Université Nice Sophia Antipolis.
  • Karine Deharbe, ERMES, MCF HDR à l’Université Nice Sophia Antipolis.
  • Jérôme Ferrand, CERDAP2, MCF à l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble.
  • Marc Ortolani, ERMES, Professeur à l’Université Nice Sophia Antipolis.
  • Christine Pina, ERMES, Professeure à l’Université Ni Sophia Antipolis.
  • Michel Porret, Unité d’histoire moderne, Professeur à l’Université de Genève (Suisse).
  • Pierre-Yves Quiviger, CRHI, Professeur à l’Université Nice Sophia Antipolis.

Catégories

Lieux

  • Laboratoire ERMES (EA 1198), Faculté de Droit et Science Politique - Avenue du Doyen Louis Trotabas
    Nice, France (06050)

Dates

  • vendredi 31 mars 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • peine, utopie, sanction, œuvre utopique, temps moderne, XXe siècle

Contacts

  • Amale Ziad
    courriel : amale [dot] ziad [at] unice [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Amale Ziad
    courriel : amale [dot] ziad [at] unice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Peine et utopie », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 26 janvier 2017, http://calenda.org/391620