AccueilPratiques et savoirs des professionnels de santé face aux évolutions de la prise en charge en cancérologie

Pratiques et savoirs des professionnels de santé face aux évolutions de la prise en charge en cancérologie

The practices and knowledge of health professional in the face of changes in cancer care

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Publié le mardi 24 janvier 2017 par João Fernandes

Résumé

Cette journée vise à rassembler et faire discuter des jeunes chercheurs et des chercheurs confirmés en sociologie, anthropologie et psychologie autour d’un double objectif : identifier les enjeux empiriques propres à la cancérologie : nouvelles professions (biologistes, bio-informaticiens), nouveaux savoirs (génomique), nouvelles organisations (réunions de concertation pluridisciplinaire, réseaux d’expertises), réfléchir à la manière dont ces changements redéfinissent certains concepts théoriques de l’analyse des professions : segmentation professionnelle, expertises, relation médecin-patient, logiques professionnelles, représentations sociales, etc.

Annonce

Argumentaire

La prise en charge du cancer connaît depuis une dizaine années des changements majeurs tant du point de vue des traitements que des régulations institutionnelles dont elle fait l’objet.

En effet sur le plan thérapeutique de nouvelles molécules et stratégies de traitement ont vu le jour, notamment en lien avec la médecine dite personnalisée. Plus récemment, les progrès des immunothérapies ont ouvert la voie à de nouveaux espoirs pour les patients. Si certains traitements sont d’ores et déjà disponibles, la majorité d’entre eux demeurent encore à l’étape de la recherche clinique. Cette situation a pour conséquence de « brouiller » – notamment pour les patients atteints de cancer avancé ou de cancer rare – la frontière entre essais et soins.

D’un point de vue institutionnel la prise en charge du cancer connaît également de nombreux changements, qui vont dans le sens d’une reconnaissance des spécificités propres à cette (ces) pathologie(s). C’est par exemple le cas avec la labellisation de réseaux pour la prise en charge des cancers rares ou la mise en place d’une « autorisation » de soigner le cancer pour les hôpitaux1. Ces changements organisationnels s’observent aussi à un niveau plus « micro », comme par exemple avec la généralisation des réunions de concertations pluridisciplinaires (RCP) qui oblige l’ensemble des spécialités médicales impliquées dans les soins à se concerter.

L’objectif de cette journée d’étude vise à explorer les conséquences de ces changements sur les pratiques des professionnels impliqués dans la prise en charge du cancer. Par professionnel nous entendons aussi bien l’ensemble des professionnels de santé (médecins, infirmièr(e)s, aide-soignant(e)s) que les professions qui peuvent à un moment donné influencer la mise en oeuvre des traitements. Dans ce dernier cas, il peut aussi bien s’agir de biologistes que de personnes mettant en oeuvre des médecines alternatives. Pour cela, il est important d’aborder la thématique des reconfigurations professionnelles dans une perspective à la fois empirique et théorique. Tout d’abord, des études de terrain sont nécessaires pour décrire ces innovations et identifier comment elles affectent les pratiques professionnelles. Ensuite, une réflexion sur le renouvellement des cadres théoriques et analytiques est importante. En effet, loin d’être nouvelle cette question des reconfigurations professionnelles a été investie très tôt, notamment en sociologie (Parsons, 1955 ; Becker, Geer, Hughes, & Strauss, 2007 ; Merton (ed.), Reader, & Kendal, 1957), et a fait l’objet par la suite de nombreux travaux (Bucher et Strauss, 1961 ; Bucher, 1962 ; Halpern, 1992 ; Freidson, 1988). Une part conséquente de la sociologie des professions a ainsi pris pour objet d’analyse la figure du médecin (Champy, 2012). Mais cette dynamique semble s’être en partie affaiblie ces dernières années et les travaux spécifiques au champ de la cancérologie se font rares, en dehors de quelques exceptions notables (Castel et Merle, 2002 ; Castel, 2005 ; Bergeron et Castel, 2010). Ces problématiques touchent également d’autres disciplines comme la psychologie de la santé,notamment autour des thématiques de la communication entre soignant-soigné, des stratégies d’ajustement des professionnels ou de la pluralité des savoirs et représentations mobilisés.

Axes thématiques

Dans cette perspective, plusieurs thématiques pourront être abordées.

1) Tout d’abord, ces innovations posent la question des réorganisations professionnelles. En effet, de nouvelles professions jusque-là exclues de la prise en charge du cancer, comme les biologistes, peuvent se retrouver directement impliquées dans le diagnostic et/ou dans les choix thérapeutiques. D’autres professionnels, comme les anatomopathologistes, peuvent à l’inverse voir leur champ d’activité changer. On peut donc s’interroger sur les « segmentations » induites par ces innovations mais aussi sur la manière dont elles affectent l’activité quotidienne de ces professionnels.

2) Ces changements sont également associés à de nouveaux savoirs et expertises. L’arrivée de la génomique oblige par exemple les médecins à étendre leur champ de compétences. Cela pose donc la question de la manière dont ces nouvelles connaissances sont acquises et mobilisées dans le cadre de la prise en charge quotidienne des patients et la façon dont elles interagissent avec d’autres formes de connaissances.

3) Ceci nous amène à notre troisième point, qui concerne la relation aux patients. En effet, si ces innovations peuvent être lues comme étant à l’origine d’une meilleure prise en charge (RCP, réseaux d’expertise) et de nouveaux espoirs (médecine personnalisée, immunothérapies), elles peuvent également être vues comme remettant en cause l’autonomie des patients. On peut alors s’interroger sur la « place » qu’il reste au patient dans ce contexte pour prendre part et modifier les décisions médicales le concernant, mais également pour mobiliser d’autres professionnels de santé, en sollicitant par exemple un second avis.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les propositions de communication (300 mots maximum) sont attendues

pour le 10 février 2017 au plus tard

(http://canceropole-paca.com/evenements/organises-par-le-canceropole/journee-detude-pratiques-et-savoirs-des-professionnels-de-sante-face-aux-evolutions-de-la-prise-en-charge-en-cancerologie/). Les contributions de sociologie, anthropologie et psychologique seront privilégiés ainsi que celles se situant dans une perspective interdisciplinaire. Néanmoins toutes les disciplines de SHS pouvant contribuer à la thématique de cette journée d’étude sont invitées à participer.

Pour toute question complémentaire vous pouvez contacter les organisateurs scientifiques :

  • Léa restivo lea.restivo@univ-amu.fr
  • Sylvain Besle besle.sylvain@gmail.com

Les propositions retenues et le calendrier définitif seront communiqués le 3 février 2017. Les frais de déplacement pourront être pris en charge.

Comité scientifique et d'organisation

  • Léa Restivo - ATER - Aix-Marseille Université (AMU)
  • Sylvain Besle - Post-doctorant - SESSTIM UMR912 / Institut Gustave Roussy

Catégories

Lieux

  • Hôtel de Région - 27, place Jules Guesde
    Marseille, France (13)

Dates

  • vendredi 10 février 2017

Mots-clés

  • professions, cancer, cancerologie

Contacts

  • Sylvain Besle
    courriel : Besle [dot] sylvain [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Sylvain Besle
    courriel : Besle [dot] sylvain [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Pratiques et savoirs des professionnels de santé face aux évolutions de la prise en charge en cancérologie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 24 janvier 2017, http://calenda.org/392231