AccueilLes apories des questions de développement dans les Sciences de l’information et de la communication (SIC) en Afrique

Les apories des questions de développement dans les Sciences de l’information et de la communication (SIC) en Afrique

The aporia of development questions in IT and Communication sciences in Africa

Mélanges offerts au professeur Misse

Professor's Misse's multiple perspectives

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Publié le jeudi 02 février 2017 par João Fernandes

Résumé

À partir des terrains africains et camerounais, le professeur Misse passe une palette d’objets et de faits communicationnels au crible de la raison critique. Il fustige la prétention universaliste et unidimensionnelle d’un ensemble de concepts comme « médias de masse », « développement », « changement social », « biens culturels », « expertise en communication », « appropriations », « usages », « patrimoine », « médiations », etc. Ses démarches sont à la fois théorétiques ou puisent dans d’autres espaces disciplinaires comme l’ethnosociologie, l’économie, la sociologie. Au-delà des concepts, il interroge aussi « les appareils de communication », « les dispositifs de médiation et leur implication dans divers champs sociaux », etc. Au moment où il prend sa retraite, c’est donc un positionnement théorique et épistémologique où transparait l’inquiétude qui naît de la confusion crée par des maux derrière les mots.

Annonce

Argumentaire

Vous êtes camerounais et plus ou moins habitués des rencontres nationales et internationales des Sciences de l’information et de la communication (SIC), vous ne manquerez pas de croiser quelqu’un qui, vous demande si le Pr MISSE va bien. Au fil du temps, il est apparu que cette prévenance n’était pas une simple manière obligeante, mais davantage une marque d’estime qui s’est étendue au-delà de ses tentacules affinitaires de l’Ecole de Grenoble. Lorsqu’il démarre son itinéraire d’enseignant-chercheur en 1993 après une longue carrière de fonctionnaire dans différentes administrations, il place d’emblée ses travaux dans la tradition des écoles critiques. A partir des terrains africains et camerounais, il passe ainsi une palette d’objets et de faits communicationnels au crible de la raison critique. Il fustige la prétention universaliste et unidimensionnelle d’un ensemble de concepts comme « médias de masse », « développement », « changement social », « biens culturels », « expertise en communication », « appropriations », « usages », « patrimoine », « médiations », etc. Ses démarches sont à la fois théorétiques ou puisent dans d’autres espaces disciplinaires comme l’ethnosociologie, l’économie, la sociologie. Au-delà des concepts, il interroge aussi « les appareils de communication », « les dispositifs de médiation et leur implication dans divers champs sociaux », etc. Au moment où il prend sa retraite, c’est donc un positionnement théorique et épistémologique où transparait l’inquiétude qui naît de la confusion crée par des maux derrière les mots. A la lecture de sa production,lesformes d’implication des dispositifs communicationnels et de médiation dans les champs de pratiques, ainsi que les redevabilités imputées aux acteurs desdits dispositifs sont des pistes que les présents mélanges se proposent de continuer d’explorer à contre-champ des rationalités triomphantes. Les propositions attendues intégreront les axes suivants, sans être limitatifs

1- Médias de masse en Afrique :

Que sont devenus les médias africains depuis les indépendances ? Quelles ruptures, quelles continuités, quelles identités développées depuis les transitions des années 90 ? Les médias de masse sont entendus ici comme canaux de diffusion à large spectre de contenus informationnels, culturels, de divertissement. A la presse, la radio, la télévision, le cinéma, le livre, il faut ajouter les médias endogènes, tam-tam et autres. Il s’agira de voir comment, loin d’être de simples instruments, ils ont fait système avec les pouvoirs politiques, économiques, culturels, et sont devenus eux-mêmes des systèmes autopoïétiques complexes qui participent de la construction du réel social. En plus des technologies de diffusion elles-mêmes, une attention particulière devra être portée aux codes à partir desquels ils se déploient. Les contributions s’intéresseront aussi au fonctionnement de ce système et la manière dont il parvient, en dépit de la méfiance que les médias de masse inspirent, à imposer sa construction de la réalité à l’ensemble de la société en se décentrant des prescriptions normatives.

2- Les TIC pour le développement :

L’appropriation et les usages sociaux de l’internet par les africains a préoccupé MISSE. Ce fut d’ailleurs l’objet de son mémoire complémentaire pour l’Habilitation à diriger des recherches (HDR). La problématique du rôle des dispositifs techno-communicationnels dans la production du développement est aussi ancienne que leur essor. Mais c’est à partir des années 90 que l’accent est spécifiquement mis sur les TIC (internet, téléphone portable, ordinateur, etc.) comme facteurs d’accélération du développement. A contre-champ du versant techno-euphorique ou sotériologique qui a accompagné l’avènement de l’internet par exemple, MISSE a opté pour une approche critique qui remet en cause ces nouveaux déterminismes. Les contributions de cet axe pourront s’inscrire dans l’une ou l’autre approche. Elles s’attacheront à étudier l’homo communicans camerounais, africain à la fois comme consommateur des univers numériques (consumer), et producteur de contenus dans ces univers (prosumer). Cette technologisation info-communicationnelle a-t-elle dépouillé les acteurs de leur autonomie ? Quels types de consentements, de coopérations et de résistances cette communication technicisée a-t-elle suscités ? Quel ordre politique pour le développement redessine-t-elle, notamment à travers la démocratisation des réseaux sociaux, leurs impératifs, leur agenda ? Autant de pistes que cet axe entend entre autre explorer.

3-Pratiques et stratégies de communication :

Les contributions de cet axe s’appliqueront à faire ressortir les préoccupations liées à la communication en appui aux programmes de développement que MISSE appréhende comme dispositif de rationalisation de la mise en acceptabilité de leurs contenus. Toujours d’après lui, le développement est entendu comme un problème politique, une approche de la réalisation du potentiel humain dans ses différentes dimensions dans un contexte de transformation sociétale qualificative englobant la transformation des relations inégales de pouvoir et de distribution de ressources dans la formation sociale. Cet éclairage se fera soit à partir d’études de cas, soit à partir des questionnements épistémo-théorétiques. Les pratiques de communications ici investiguées sont révélatrices de quels types de changements sociaux ? A partir de quelles grilles d’analyse les interpréter tout en ne restant pas dans la « bibliothèque coloniale » ? Ces pratiques de communication d’appui aux programmes ont-elles généré de nouvelles inégalités ou ont-elles renforcé les rapports d’exploitation et de domination existants ? Ont-elles contribué à plus de légitimation des programmes et des entrepreneurs du développement ? Ont-elles été des dispositifs pré ou co-construits, et au service de quelles formes de médiations ? Il s’agira d’en faire l’économie des signifiants en s’intéressant aux formes de paroles qu’elles ont produites, à leur circulation ainsi qu’aux pratiques discursives qu’elles ont disséminées dans les mondes sociaux et organisationnels auxquels elles étaient dédiées.

Calendrier

  • 28 février 2017 : soumission de la proposition de communication en français ou en anglais sous forme d’un résumé de 500 mots espaces compris comportant 5 mots-clés. La proposition doit être accompagnée des noms, affiliations et adresses e-mail de ou des auteur (s).

Les propositions sont à envoyer à : lacrem.labo@gmail.com

  • 28 mars 2017 : notification des résultats
  • 30 juin 2017 : soumission du texte, 45.000 signes espaces compris.
  • Octobre 2017 : parution de l’ouvrage

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les propositions et les textes seront examinés en double aveugle. Les consignes éditoriales seront données aux auteurs dont les propositions auront été retenues.

Coordination éditoriale 

 Thomas Atenga

Comité scientifique

  • Agbobli Christian, Université de Laval Canada
  • Aghi Bahi, Université d’Abidjan-Cocody, Côte-d’Ivoire
  • Atenga Thomas, Université de Douala, Cameroun
  • Balima Serge Théophile, Université de Ouagadougou, Burkina Faso
  • Boyomo Assala, ESSTIC, Université de Yaoundé II Cameroun
  • Cabedoche Bertrand, Université de Grenoble Alpes, France
  • Ekambo Jean-Chrétien, IFASIC, Kinshasa, RDC
  • noh Tanjong, Université de Buea, Cameroun
  • Kemayou Louis Roger, Université de Douala, Cameroun
  • Kiyoundou Alain, Université de Bordeaux Montaigne, France
  • Mbondji Edjenguèlè, Université de Yaoundé I, Cameroun
  • Ndiaga Loum, Université du Québec en Outaouais
  • Simo David, Université de Yaoundé I, Cameroun

Dates

  • mardi 28 février 2017

Mots-clés

  • développement, sciences de l’information et de la communication, Afrique, mélange, Misse

Contacts

  • Thomas Atenga
    courriel : thomas [dot] atenga [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Thomas Atenga
    courriel : thomas [dot] atenga [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les apories des questions de développement dans les Sciences de l’information et de la communication (SIC) en Afrique », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 02 février 2017, http://calenda.org/392624