AccueilMédias et contre-cultures

Médias et contre-cultures

Media and counter-culture

*  *  *

Publié le mardi 07 février 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Dans le cadre de son XXVIIe numéro, Les Cahiers Interdisciplinaires de Recherche en Communication Audiovisuelle se proposent d’examiner la relation entre médias et contre-cultures. Les contributeurs du présent appel à communication s’interrogeront en ce sens sur l’identité, le rôle et la place que jouent les médias dans la constitution et l’affirmation d’une démarche alternative en France et à l’International.

Annonce

Coordination

Coordonné par Zineb Majdouli et Tiphaine Zetlaoui, Université Catholique de Lille.

Argumentaire

Dans le cadre de son 27ème numéro, la revue CIRCAV se propose d’examiner la relation entre Médias et Contre-cultures. Les contributeurs du présent appel à communication s’interrogeront en ce sens sur l’identité, le rôle et la place que jouent les médias dans la constitution et l’affirmation d’une démarche alternative en France et à l’International. Nous entendons dépasser ici la définition de la notion de « contre-culture » comme l’expression d’un rapport de classe renvoyant  uniquement à des formes « de résistances aux cultures dominantes » et à des « contestations de l’ordre social » (Landrin, 2011). De nombreux travaux ont en effet montré que l’idéologie contre-culturelle, même à ses origines dans les années 60, s’est toujours fondée sur des produits et des ressources de « masse » ainsi que sur des technologies disponibles dans leur contexte (Bennett, 2012). L’hétérogénéité des pratiques sociales, des actions collectives et des origines sociodémographiques des membres  des mouvements contre-culturels remet en question leur caractère strictement anti-hégémonique (Landrin, 2011). Ainsi ce qui est considéré comme des contre-cultures peut aujourd’hui apparaitre comme des « modes de vie collectifs » qui s’apparentent plus à une diversité de pratiques - les acteurs négociant réflexivement leurs identités dans un contexte particulier (Chaney, 2004) - qu’ils ne reflètent une expérience de classe sociale.

S’intéresser aux médias comme contre-culture est précisément pertinent. En effet, les premiers mouvements dissidents américains (Beat Generation, Hippies) qui avaient pourtant une aversion pour les médias (Clarke & al., 1976) se les ont paradoxalement appropriés. En appréhendant la notion de contre-culture de manière non pas binaire (authentique vs commerciale, underground vs mainstream, critique vs récupérée (Lacroix & al., 2015)) mais dans sa complexité, nous nous poserons les questions suivantes : Quelles sont les conditions d’émergence des pratiques médiatiques alternatives ? Quelles étaient et quelles sont les stratégies, les formes, les moyens médiatiques déployés par les acteurs pour faire entendre leurs voix (Ogien, Laugier, 2013) ? En quoi les médias nouveaux (internet, mobile, médias sociaux) plus que les supports anciens (affiches, tracts, presse, radio-télévision) favoriseraient-ils en l’amplifiant (Boullier, 2016) l’expression d’une identité (parfois éclatée) contre-culturelle, alternative ? Il s’agira de mettre en avant les nombreux phénomènes de récupération, de dénaturation voire de disparition.

Premier axe : Économie des médias alternatifs

Cet axe s’intéresse aux différentes formes que revêtent les médias alternatifs du point de vue de leur économie symbolique (Sfez, 1988), de leur construction identitaire sémio-discursive (Rieffel, 2005) et de leurs modes de (auto-)régulation. L’objectif est d’examiner les signes distinctifs d’un point de vue structurel, les codes et les normes alternatifs véhiculés en interrogeant l’empreinte de cette économie symbolique sur les supports médiatiques et les messages véhiculés (médias communautaires, sites de partage en ligne…). Nous mettons également l’accent sur les contextes économiques et symboliques dans lesquels ces identités médiatiques se construisent et se manifestent comme sur les moyens et les formes (notamment managériales) utilisés par les acteurs pour asseoir leur identité et défendre leurs valeurs.

Deuxième axe : Médias et mouvements sociaux

Le second axe porte sur les actions qu’entreprennent les acteurs par le biais de supports médiatiques (anciens ou nouveaux) pour diffuser et médiatiser un mouvement social (Nuit debout, le Printemps arabe, mouvements écologistes…). L’accent est à nouveau mis ici sur la diversité des dispositifs de mobilisation médiatiques utilisés (affiches, tracts, médias participatifs, activisme électronique…) et sur les processus identitaires à l’œuvre, à travers l’usage des médias, dans l’affirmation et la promotion d’une possibilité socio-historique « autre ». L’objectif est de contextualiser ces médias politisés au service de mouvements sociaux. Les contributeurs pourront ainsi aussi bien mettre en évidence les formes d’innovation que les conservatismes, les modes d’action hétérogènes voire les « emprunts » formels transnationaux rendus actuellement possibles par le biais d’Internet. Nous pensons par exemple à la manière dont les différents mouvements contestataires lors du printemps arabe ont pu dialoguer et échanger des pratiques médiatiques via Internet transmis par leurs soutiens à l’étranger notamment issus de la société civile.

Troisième axe : Médias et arts contre-culturels

Le troisième axe examine l’émergence de mouvements artistiques contre-culturels  (littérature, cinéma, musique « alternatifs », « Net-Art »…) du point de vue à la fois des acteurs économiques (labels, maisons de production, d’édition indépendantes…) ainsi que des supports de communication anciens et nouveaux utilisées. Que la proposition explore ces courants artistiques historiquement ou qu’elle étudie un mouvements actuel, l’objectif comme dans les axes précédents est de mettre en avant la pluralité des acteurs, l’hétérogénéité de leurs pratiques (l’activité des amateurs, auto-organisées et déprofessionnalisées, le « Do It Yourself » comme terrain pour l’émancipation (Whiteley, 1992), les bricolages esthétiques et identitaires) ainsi que l’historicité complexe qui fonde la création et l’élaboration de leur mouvement au regard de ce qui peut être qualifié de dominant. L’objectif est évidemment d’examiner l’usage des médias au service de la promotion ou de la diffusion des objets, des œuvres ou des idées artistiques.

Modalités de soumission

Les propositions doivent être rédigées sous forme de résumés en français d’une longueur d’environ 3000 signes (espaces compris), police Times New Roman, taille 12 points, sous format Word. Afin de préserver l’anonymat des propositions, la première page doit contenir : le titre de la proposition, les noms, les coordonnées de l’auteur ou des auteurs et leur affiliation institutionnelle, ainsi que cinq mots-clés. Les pages suivantes présenteront le titre, le texte de la proposition et une courte bibliographie.

Calendrier des propositions :

  • Date limite pour la soumission des propositions : 30 mars 2017.

  • Evaluation des propositions : avril 2017.
  • Avis aux auteurs : 15 mai 2017.
  • Version finale des propositions : 15 juillet 2017.

Merci d’envoyer vos propositions à : zineb.majdouli@gmail.com ; tiphainezetlaoui@gmail.com

Numéros et projets thématiques

Monde arabophone et médias. Questions de communication, 2005, n°8.

Contre-Cultures : Théorie et Scènes. Volume ! 2012, n°1.

« Culture et contre-culture : genèses, pratiques, conceptualisations », Landrin, X., Appel à contribution, Calenda, publié le jeudi 09 juin 2011, http://calenda.org/204614.

Iconographies rebelles. Cultures et Conflits. L’Harmattan, 3013, n°91/92.

Bibliographie indicative

Allard, L., « Express yourself 2.0 ! », in Maigret, É. et Macé, É, (dir.), Penser les médiacultures, Paris, Armand Colin, 2005.

Atton, C., « Sociologie de la presse musicale alternative », Volume !, 5 :1, 2006.

Bennett, A., « Pour une réévaluation du concept de contre-culture », Volume !, 9 : 1, 2012.

Bourseiller, C., Penot-Lassagne, O. (dir.), Contre-cultures ! CNRS Éditions, 2013.

Boullier, D., Sociologie du numérique, Paris, Armand Collin, 2016.

Cardon, D., Granjon, F., Médiactivistes, Paris, SciencesPo Les Presses, 2013.

Chaney, D., « Fragmented Culture and Subculture », in Bennett, A. et Kahn Harris K. (eds.), After Subculture: Critical Studies in Contemporary Youth Culture, Basingstoke, Palgrave, 2004.

Clarke, J., Stuart H., Jefferson T., Roberts B., « Subcultures, Cultures and Class: a Theoretical Overview », in Hall, S. et Jefferson, T. (eds.), Resistance Through Rituals: Youth Subcultures in Post-War Britain, Londres, Hutchinson, 1976.

Gramsci, A., Cahiers de prison, Paris, Gallimard, 1978.

Lacroix, B., Landrin, X., Pailhès, A-M., Rolland-Diamond, C. (dir.), Les contre-cultures : Genèses, circulations, pratiques, Paris, Syllepse, 2015

Maigret É., Macé, É., Penser les médiacultures, Paris, Armand Colin, 2005.

Marcuse, H., L’homme unidimensionnel, Paris, Éd. de Minuit, 1968.

Ogien, A., Laugier, S., Pourquoi désobéir en démocratie ? Paris, La Découverte, 2010.

Rieffel, R., Que sont les médias ? Paris, Gallimard, 2005.

Sfez, L., La politique symbolique, Paris, Quadrige, 1988.

Whiteley, S., The space Between the Notes: Rock and the Counter-Culture, Londres, Routledge, 1992.

Dates

  • jeudi 30 mars 2017

Mots-clés

  • média, SIC, contre-culture

Contacts

  • Zineb Majdouli
    courriel : zineb [dot] majdouli [at] gmail [dot] com
  • Tiphaine Zetlaoui
    courriel : tiphainezetlaoui [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Zineb Majdouli
    courriel : zineb [dot] majdouli [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Médias et contre-cultures », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 07 février 2017, http://calenda.org/393200