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Déprovincialiser l’histoire, réorienter la philosophie

Deprovincialising history - redirecting philosophy

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Publié le lundi 06 février 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Depuis plusieurs décennies, la notion même de philosophie de l’histoire a donné lieu à des critiques radicales élaborées tant dans les centres du système-monde que dans le Sud global. Définies comme « détachements théoriques d'idéologies pratiques […] dont la fonction essentielle consiste à reproduire les rapports de production des sociétés de classe » (Althusser, Éléments d'auto-critique) ou comme vecteurs d'une idéologie historiciste et eurocentrique gommant les différences historiques entre l’Occident et le reste du monde (Chakrabarty, Provincialiser l'Europe), les philosophies de l'histoire semblent avoir perdu toute légitimité.

Annonce

Séminaire de recherche (2ème année) sous la direction de Paul Guillibert (Université Paris Ouest, Sophiapol) et Matthieu Renault (Université Paris 8, LLCP).

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, la notion même de philosophie de l’histoire a donné lieu à des critiques radicales élaborées tant dans les centres du système-monde que dans le Sud global. Définies comme « détachements théoriques d’idéologies pratiques […] dont la fonction essentielle consiste à reproduire les rapports de production des sociétés de classe » (Althusser, Éléments d’auto-critique) ou comme vecteurs d’une idéologie historiciste et eurocentrique gommant les différences historiques entre l’Occident et le reste du monde (Chakrabarty, Provincialiser l’Europe), les philosophies de l’histoire semblent avoir perdu toute légitimité.

La formulation d’une histoire globale rompant avec l’universalisme (abstrait) de l’ « histoire du monde » (world historyWeltgeschichte), le déploiement d’une critique postcoloniale insistant sur l’irréductible hétérogénéité des histoires et contestant le « grand récit européen de la modernité », ou encore l’élaboration d’une histoire environnementale dépassant le « grand partage » de l’histoire humaine et de l’histoire naturelle, sont autant d’exemples récents qui prolongent le geste de déconstruction des philosophies de l’histoire et de l’unité du temps historique. Soucieuses de penser des temporalités fragmentées échappant au temps homogène et vide des chronologies ordinaires, ces « nouvelles » historiographies ont conduit à l’élaboration de pratiques inédites de l’histoire dont l’épistémologie reste encore à faire. C’est à cette tâche qu’entend contribuer en premier lieu ce séminaire.

Mais il s’agira également d’aller plus loin en formulant l’hypothèse que, loin de signer l’inéluctable fin des philosophies de l’histoire, ces historiographies sont en mesure de participer à leur refonte dans une perspective non-téléologique et non-eurocentrique. Elles ne le pourront néanmoins qu’à condition d’entrer en dialogue, et peut-être en conflit, avec des courants critiques qui, avant elles, se sont attachés à formuler des théories hétérodoxes de l’histoire, au premier rang desquels la tradition de pensée non-historiciste du temps historique forgée au sein du « marxisme critique » (Walter Benjamin, Ernst Bloch, Theodor Adorno, etc.) et l’historiographie anti-impérialiste et anti-raciste qui s’est efforcée non seulement de (ré)écrire l’histoire occultée des marges coloniales-raciales mais aussi de repenser l’histoire du monde depuis ces mêmes marges (W.E.B. Du Bois, C.L.R. James, Eric Williams, etc.). Ce qui est en jeu dans ce dialogue, c’est en définitive la possibilité d’une philosophie de l’histoire qui soit, enfin, à la mesure du monde.

Programme

Les séances auront lieu à l’Université Paris 8, 2 Rue de la Liberté, 93526 Saint-Denis (métro : ligne 13, station Saint-Denis Université), Modulaire J104 (derrière bât A). L’entrée est libre, sans préinscription.

Jeudi 9 février

12h/15h

  • Michèle Riot Sarcey – Penser l’histoire autrement c’est aussi accepter la subjectivité politique de l’historien ; 
  • Christiane Vollaire – Rendre l’histoire à ses acteurs : Howard Zinn

Jeudi 2 mars

12h/15h

  • Daniel Hartley – La personne, la philosophie de l’histoire et la littérature-mondiale ; 
  • Guillaume Sibertin-Blanc – De la topique à la géophilosophie : les géographies de Marx selon Jacques Rancière

Jeudi 23 mars

12h/15h

  • Antonia Birnbaum – Walter, Benjamin : Regarder le corps de l’histoire avec les yeux chargés du désir de la politique ;
  • Frédéric Monferrand – Structure du Capital et histoire du capitalisme: au-delà de la dichotomie

Jeudi 27 avril mars

12h/15h

  • Jocelyne Dakhlia – La Méditerranée à rebours ; 
  • Jairus Banaji (sous réserve) – Marxism and Merchant Capitalism

Le séminaire est en accès libre sans réservation.

Contacts

paulguillibert@gmail.com
matthieu.renault@gmail.com

Lieux

  • Modulaire J104 (derrière bât A) - 2 rue de la liberté
    Saint-Denis, France (93526)

Dates

  • jeudi 09 février 2017
  • jeudi 02 mars 2017
  • jeudi 23 mars 2017
  • jeudi 27 avril 2017

Mots-clés

  • postcolonial, marxisme

Contacts

  • Matthieu Renault
    courriel : matthieu [dot] renault [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Matthieu Renault
    courriel : matthieu [dot] renault [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Déprovincialiser l’histoire, réorienter la philosophie », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 06 février 2017, http://calenda.org/393427