AccueilLe crowdsourcing pour partager, enrichir et publier des sources patrimoniales

Le crowdsourcing pour partager, enrichir et publier des sources patrimoniales

Crowdsourcing as a means to share, enrich and publish heritage sources

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Publié le mardi 14 février 2017 par João Fernandes

Résumé

On ne peut qu’être frappé par la variété des projets de crowdsourcing dans le domaine des sciences humaines (de « Transcribe Bentham » à « Zooniverse », en passant par Wikipedia) et de leurs objets, mais également par la diversité des « foules » qui apportent leur contribution. Un grand nombre de questions se posent à ce sujet, scientifiques, sociologiques, mais aussi éthiques : est-il possible de trouver des lignes directrices communes à ces projets si divers par leurs objets, leurs objectifs, les données produites, les contributeurs impliqués ? Nous souhaitons donc, à l’occasion de ce colloque international et interdisciplinaire, confronter théories, réflexions et partages d’expérience sur ce sujet.

Annonce

Colloque international et interdisciplinaire, 18-20 octobre 2017, Université d’Angers 

Organisation

Colloque organisé par le CIRPaLL, le CERHIO (université d’Angers) et l’UMR Litt&Arts (Université Grenoble-Alpes)

Organisateurs

  • Cécile Meynard,
  • Florence Alibert,
  • Valérie Neveu,
  • Elisabeth Greslou,
  • Thomas Lebarbé

Argumentaire 

L’heure est aux sciences citoyennes ou sciences participatives, qui, le plus souvent par le biais d’outils collaboratifs en ligne, invitent un grand nombre de gens, spécialistes ou non, à offrir leurs compétences, leur créativité, leur temps de travail, pour réaliser des tâches qu’une seule personne ou un nombre réduit de personnes effectuerait dans un temps beaucoup plus long. Ce principe du crowdsourcing est appliqué dans des domaines très divers, de l’économie et de la culture contemporaine (de l’organisation de concours de design à la généalogie, en passant par la gestion d’informations en temps réel lors de crises). Et le phénomène, déjà largement  répandu dans le monde anglo-saxon, s’est étendu depuis plusieurs années dans les sciences, y compris les sciences humaines (histoire, ethnologie, muséologie…), à l’initiative d’acteurs institutionnels appartenant le plus souvent au monde des musées, des bibliothèques, des archives, et, plus récemment d’universités ou de centres de recherche (CNRS…). 

On ne peut qu’être frappé par la variété des projets (de “Transcribe Bentham” à “Zooniverse”, du projet “Transcrire” du consortium des archives des ethnologues à “Tela Botanica”, sans parler du plus célèbre d’entre tous, Wikipedia) et de leurs objets, mais également par la diversité des “foules” qui apportent leur contribution. C’est en ce sens qu’il semble intéressant de permettre à des chercheurs de tous horizons de se rencontrer. 

Un grand nombre de questions se posent en effet, scientifiques, sociologiques, mais aussi éthiques : est-il possible de trouver des lignes directrices communes à ces projets si divers par leurs objets, leurs objectifs, les données produites, les contributeurs impliqués? faut-il parler de rupture ou de continuité dans la conception des projets scientifiques? (est-il encore pertinent par exemple d’opposer serious work et serious game?) jusqu’à quel point est-il possible d’intéresser la foule et de l’associer à des projets scientifiques ? Qui sont ces passionnés et quelles sont leurs attentes ? Comment leur participation peut-elle être reconnue, valorisée, pérennisée et reconnue ? quels sont les bénéfices, les obstacles et les limites de telles collaborations ? y a-t-il encore une réelle différence entre expert et amateur ? peut-on parler d’un nouvel esclavagisme, comme certains n’hésitent pas à le faire ? Les sources en effet font l’objet d’un engouement participatif exceptionnel : indexations, transcriptions, paléographie, corrections de textes océrisés, l’utilisateur est à la fois consommateur et producteur d’informations.

Par ailleurs, quelle peut être la place des éditions de sources littéraires (textes et manuscrits), encore très restreinte dans ce paysage nouveau ? De fait, en France, en dehors des projets flaubertiens de l’Université de Rouen, universellement reconnus (sites sur les brouillons de Madame Bovary, édition du premier tome de Bouvard et Pécuchet, édition en cours de la correspondance de Flaubert), seuls quelques projets émergent à l’heure actuelle, parmi lesquels celui que l’université d’Angers a lancé autour du dossier génétique de Mon évasion de Benoîte Groult. Est-ce à dire que le crowdsourcing n’est pas forcément une solution intéressante pour les éditions littéraires en ligne ? Quelles analyses peut-on tirer du crowdsourcing dans les milieux patrimoniaux ?

Ce colloque s’inscrit ainsi dans le prolongement de la Journée d’étude “Transcription collaborative et édition numérique de manuscrits : enjeux, outils et perspectives” organisée le 16 mars 2016 par Emmanuelle De Champs (Archives nationales, site de Pierrefitte sur Seine), des réflexions du forum des archivistes Méta/morphoses, les archives bouillon de culture numérique (Troyes, 31 mars-2 avril 2016) et de la  Journée d’étude “Crowdsourcing et édition” organisée par Cécile Meynard, Elisabeth Greslou et Thomas Lebarbé (Angers, 21 octobre 2016). Il s’agira donc de la 3e grande manifestation scientifique organisée en France sur le sujet du crowdsourcing, du patrimoine et de l’édition. 

Ce colloque est organisé dans le cadre du projet NumEC qui a obtenu une subvention de l’Université d’Angers pour la mise en ligne d’une plateforme de transcription contributive des manuscrits de Benoîte Groult, couplé avec un projet de numérisation contributive, inédit en France à l’heure actuelle (en partenariat avec la Bibliothèque universitaire d’Angers). Il est organisé par le CIRPaLL (université d’Angers), en collaboration avec le CERHIO (université d’Angers) et l’UMR Litt&Arts (Université de Grenoble-Alpes) et bénéficie du soutien du consortium CAHIER (TGIR Huma-Num), en particulier du groupe de travail Crowdsourcing.

Nous souhaitons donc, à l’occasion de ce colloque international et interdisciplinaire, confronter théories, réflexions et partages d’expérience sur ce sujet encore assez neuf, qui pourra intéresser de nombreuses institutions (bibliothèques, archives, musées, universités, centres de recherche) et disciplines (ethnologie, sociologie, histoire, lettres, sciences du langage…)

Modalités pratiques d'envoi des propositions 

Les propositions de communications, d’une quinzaine de lignes maximum, accompagnées d’un CV (1 page maximum) doivent être envoyées aux organisateurs à l’adresse suivante : cecile.meynard@gmail.com

avant le 31 mars 2017.

Comité scientifique

  • Odile Farge (Ingénieure de recherche, Humanisme numérique, chercheure à la chaire UNESCO ITAN (FMSH/U. Paris 8)
  • Bénédicte Grailles (Maîtresse de conférences en archivistique, Université d’Angers)
  • Fatiha Idmhand (Professeure d’études hispaniques, Université de Poitiers, Directrice adjointe du Consortium CAHIER)
  • Ioana Galleron, Maitresse de conférences HDR, Université de Bretagne Sud 
  • Patrice Marcilloux (Professeur d’archivistique, Université d’Angers)
  • Elena Pierazzo (Professeure d’italien et humanités numériques – Université Grenoble Alpes – LUHCIE)

Lieux

  • Maison de la Recherche Germaine Tillion, Amphi Germaine Tillion - 5 bd Lavoisier
    Angers, France (49)

Dates

  • vendredi 31 mars 2017

Mots-clés

  • crowdsourcing, patrimoine, édition électronique, archive, numérisation contributive, enrichissement de sources

Contacts

  • Cécile Meynard
    courriel : cecile [dot] meynard [at] univ-angers [dot] fr

Source de l'information

  • Cécile Meynard
    courriel : cecile [dot] meynard [at] univ-angers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le crowdsourcing pour partager, enrichir et publier des sources patrimoniales », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 14 février 2017, http://calenda.org/394280