AccueilLe modèle médiationniste de la technique, pour un renouveau des sciences de l’art

Le modèle médiationniste de la technique, pour un renouveau des sciences de l’art

The mediationist role of techniques, for a renewal of the sciences of art

Tétralogiques n°23

Tétralogiques n°23

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Publié le vendredi 17 février 2017 par Céline Guilleux

Résumé

C’est sous l’angle de la production d’ « objets » que la technique est envisagée en général par la réflexion savante, qui y privilégie les productions de l’ingénierie et les créations des artistes. C’est trop oublier que, proprement humaine, la technique est aussi communément partagée par tout manipulateur. Cela même est à étudier par les sciences humaines, non sous l’angle de variations sociales contingentes quoique réelles, mais d’une science qui en ferait son objet propre, en une refonte épistémologique.

Annonce

Argumentaire

La technique est presque toujours abordée sous l’angle de la production d’objets ou d’artefacts. Les discours à son sujet alternent de surcroît entre deux approches : son association aux savoirs des ingénieurs conduit à en rechercher l’explication du côté des sciences physiques, tandis que sa mise en œuvre par les artistes est prétexte à des envolées poético-métaphysiques. Il lui arrive bien sûr aussi de faire l’objet des sciences humaines, mais c’est alors le plus souvent sous l’angle de l’histoire de l’art ou de l’histoire des techniques, en privilégiant les grandes réalisations artistiques ou technologiques. Ou sous celui de l’anthropologie sociale et culturelle des usages humbles et quotidiens de différents peuples, mais toujours sous l’angle des variations sociales.

Entre les machineries des ingénieurs et les créations des artistes, il convient pourtant d’être également attentif à toute la gamme des participations communes à l’ars : les manières de se vêtir, d’écrire, de lire les images autant que de les faire, de produire comme d’écouter de la musique, d’apprêter la nourriture, d’équiper les cultes, d’habiter dehors comme dedans, morts ou vifs, de se déplacer, de manœuvrer tous les outils, etc. Proprement humaine, la technique est aussi communément partagée par tout manipulateur. Il y a autre chose à analyser que les objets qui durent et que conservent les musées, autre chose à raconter que l’histoire des technologies, celle des inventions ou des créations, les histoires de l’art ou l’archéologie, quel que soit leur intérêt par ailleurs.

La question que nous voulons poser est celle d’une science de la technique ou ergologie qui tient compte de ses déterminismes propres, des déterminismes qui sans être spécifiquement sociaux ne sont pas non plus réductibles à ceux qu’étudient les sciences physiques. Qu’il s’agisse de la façon dont la technique est théorisée ou à l’inverse fabrique de la représentation, dont elle est codifiée et partagée socialement ou à l’inverse fabrique de l’être social, de la façon dont elle est réglementée ou à l’inverse fabrique de la décision. C’est là que les dissociations proposées par le modèle de la théorie de la médiation (Gagnepain, 1981 ; Sabouraud, 1995 ; Bruneau et Balut, 1997 : Le Gall, 1998) montrent leur fécondité.

Pour son numéro 23, la revue Tétralogiques lance donc un nouvel appel à explorer la technique et ses manifestations, à partir de sa dimension ergologique. On cherchera ici, démonstrativement, à travers n’importe quel sujet précis, à explorer ces nouveaux contenus de la technique, à examiner les redéfinitions disciplinaires conséquentes et à approfondir les modèles théoriques de l’analyse.

Références

Balut P.-Y., 2013, Théorie du vêtement, Paris, L’Harmattan
Bruneau Ph. et Balut P.-Y., 1997, Artistique et archéologie, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne
Gagnepain J., 1982, Du Vouloir Dire, t. 1 « Du langage ; de l’outil », Paris, Livre et Communication
Le Gall D., 1998, Des Apraxies aux atechnies, Bruxelles, DeBoeck
Le Guennec G., 2015, La fabrication en questions. Anti-manuel de la production artistique, Rennes, Les éditions du possible
Sabouraud O., 1995, Le Langage et ses maux, Paris, Odile Jacob

Ce numéro sera publié sous la responsabilité scientifique de Pierre-Yves Balut.

Présentation de la revue

Tétralogiques est une revue à comité de lecture publiée en ligne par le Centre Interdisciplinaire d'Analyse des Processus Humains et Sociaux (CIAPHS - EA 2241) qui s’adresse à tous ceux qu’intéresse une réflexion théorique sur les sciences humaines. Elle se propose de passer outre les frontières des champs disciplinaires, produits de circonstances socio-historiques, au profit des objets scientifiques, issus de la modélisation hypothétique. Au rebours de la pluridisciplinarité, elle entend cultiver, selon le mot de son fondateur, Jean Gagnepain, l’in-discipline.

La revue, fondée en 1984, est porteuse d’un héritage : un modèle général du fonctionnement humain (dans ce qui le spécifie comme ce qui le rattache au reste du vivant), lui-même redevable d’une méthode clinique d’investigation scientifique. Inaugurée autour des troubles du langage, elle conduit à dépasser l’approche positive des phénomènes pour remonter aux principes explicatifs, et réfute la médiatique tendance au naturalisme généralisé, auquel la quantification tient toute entière lieu d’épistémologie.

Tétralogiques entend prendre position dans les débats scientifiques contemporains armée de ces arguments, et contribuer ainsi à l’avancée d’une anthropologie conçue comme explication générale de l’humain. Elle se propose également de susciter et d’accueillir les débats en son sein, en ouvrant ses pages à tous ceux qui seront intéressés par les problématiques suggérées par ses numéros thématiques. La revue s’adresse aux chercheurs, mais souhaite qu’y contribuent d’autres milieux professionnels chaque fois que l’occasion pourra en être créée. 

Modalités de proposition

Les propositions d'articles suivront les normes de la revue, présentées dans le document ci-dessous "tetralogiques_recommandations.pdf", et parviendront par voie électronique à la rédaction à l'adresse suivante : pur-tetralogiques@univ-rennes2.fr pour,

au plus tard, le 7 juillet 2017.

Les articles reçus sont évalués de façon anonyme par des membres du comité de rédaction, du comité scientifique ou, en fonction de la thématique, par des spécialistes extérieurs et en accord avec le responsable du numéro. Ces lecteurs rendent un avis motivé sur sa publication, ou son refus, et décident des modifications éventuelles à demander à l'auteur.

Comité scientifique

  • Pierre-Yves BALUT (Maître de conférences HDR en art et archéologie, Université Paris-Sorbonne)
  • Jean-Luc BRACKELAIRE (Professeur de psychologie, Université de Namur, Université catholique de Louvain)
  • Denis BRIAND (Professeur d'arts plastiques, Université Rennes 2)
  • Michel CHAUVIÈRE (Sociologue, Directeur de recherches au CNRS)
  • Bernard COUTY (Maître de conférences en sciences du langage retraité, Université de Besançon)
  • Jean-Yves DARTIGUENAVE (Professeur de sociologie, Université Rennes 2)
  • Philippe DE LARA (Maître de conférences HDR en science politique, Université Paris 2 Panthéon-Assas)
  • Benoît DIDIER (Professeur aux Hautes Ecoles Léonard de Vinci et Paul Henri Spaak, Bruxelles ; psychologue, service de psychiatrie aux cliniques de l'Europe - St Michel, Bruxelles)
  • Olivier DOUVILLE (Maître de conférences en psychologie, Laboratoire CRPMS, Université Paris 7 Paris-Diderot)
  • Dany-Robert DUFOUR (Philosophie, professeur des universités, Université Paris 8, ancien directeur de programme au Collège International de Philosophie)
  • Attie DUVAL (Professeur de sciences du langage retraitée, Université Rennes 2)
  • Gilles FERRÉOL (Professeur de sociologie, Université de Franche-Comté)
  • Marcel GAUCHET (Directeur d'études à l'EHESS)
  • Jean GIOT (Professeur émérite en sciences du langage, Université de Namur)
  • Roland GORI (Psychanalyste ; Professeur de psychologie et de psychopathologie cliniques à l'Université d'Aix-Marseille)
  • Michael HERMANN (Professeur de linguistique romane retraité, Université de Trèves)
  • Didier LE GALL (Professeur de psychologie, Université d’Angers ; praticien attaché au département de neurologie, CHU d’Angers)
  • Jean-Pierre LEBRUN (Psychiatre et psychanalyste, Namur, Bruxelles)
  • Gilles LIPOVETSKY (Philosophe et sociologue, Professeur à l’Université Stendhal Grenoble 3)
  • Antoine MASSON (Psychiatre, Professeur à l’Université de Namur)
  • Dominique OTTAVI (Professeur en sciences de l’éducation, Université Paris-Ouest Nanterre La Défense Paris 10)
  • Régnier PIRARD (Professeur de psychologie, Université de Nantes ; psychanalyste)
  • Jean-Claude QUENTEL (Professeur en sciences du langage, Université Rennes 2)
  • Jean-Claude SCHOTTE (Philosophe et psychanalyste, Luxembourg)
  • Pierre-Henri TAVOILLOT (Maître de conférences à l'Université Paris 4 Paris-Sorbonne ; Président du Collège de Philosophie)
  • Bernard VALADE (Professeur émérite en sociologie, Université Paris-Descartes Paris 5)

Comité de rédaction

  • Fondateur de la revue : Jean Gagnepain
  • Responsable de la publication : Jean-Yves Dartiguenave

Anciens directeurs de la revue :

  • Jean Gagnepain (1984-1994) ;
  • Jean-Yves Urien (1995-2002) ;
  • Jean-Claude Quentel (2003-2013)
  • Laurence Beaud
  • Jean-Yves Dartiguenave
  • Clément de Guibert
  • Patrice Gaborieau
  • Jean-François Garnier
  • Jean-Michel Le Bot
  • Sophie Le Coq (Université Rennes 2)
  • Marc Legrand
  • Jean-Louis Perraud (Université Rennes 1)
Coordinateur du comité de rédaction : Patrice Gaborieau
Contact : pur-tetralogiques@univ-rennes2.fr
Site de la revue : tetralogiques.fr

Dates

  • vendredi 07 juillet 2017

Mots-clés

  • faculté technique, épistémologie, anthropologie clinique

Contacts

  • Patrice Gaborieau
    courriel : pur-tetralogiques [at] univ-rennes2 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Patrice Gaborieau
    courriel : pur-tetralogiques [at] univ-rennes2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le modèle médiationniste de la technique, pour un renouveau des sciences de l’art », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 17 février 2017, http://calenda.org/395047