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Innovation

Appel à articles des « Cahiers de la recherche architecturale, urbaine et paysagère »

Call for articles for the Cahiers de la recherche architecturale, urbaine et paysagère journal

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Publié le mardi 21 février 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Les Cahiers de la recherche architecturale, urbaine et paysagère, initient une nouvelle formule en ligne : revue scientifique internationale, elle s’adresse aux communautés de recherche concernées par les transformations spatiales intentionnelles, quelles que soient les échelles. Les Cahiers visent à répondre aux intérêts et questionnements actuels, mais aussi à les renouveler, et ainsi ouvrir de nouvelles voies de recherche. Innover constitue le thème du premier cahier thématique de la nouvelle formule.

Annonce

Argumentaire

Notre société semble vouloir se penser largement comme innovante, en progrès. L’injonction institutionnelle à l’innovation est permanente et suscite des questionnements de la part de nombreux architectes, urbanistes, paysagistes et enseignants-chercheurs de ces disciplines. Le terme « innovation » peut véhiculer une connotation négative ; il renverrait uniquement à une production dépendante des processus industriels et de l’économie de marché.

Cependant les concepteurs revendiquent légitimement le caractère unique de chaque intervention qui peut être considérée en soi comme un prototype, l’invention étant alors vue comme une nécessité pour répondre à la situation spécifique d’un projet. Par ailleurs en tant que créateurs, ils cherchent également au nom de l’imagination et de l’oeuvre1, à contribuer au renouvellement de leurs domaines artistiques. Il n’y a finalement qu’un pas entre ces inventions et l’innovation ; elles doivent répondre à des besoins, des aspirations ou des envies qui dépassent le cadre de la commande singulière ; elles doivent trouver une expression qui véhicule du sens, qui fasse écho, et trouve son ancrage culturel contemporain.

C’est dire que la notion d’innovation suppose une appréhension sociale et culturelle des phénomènes. Le rapport des hommes à la novation s’inscrit dans un ensemble complexe que la seule économie ne suffit pas à expliquer. C’est pourquoi la transposition aux domaines de l’architecture, du paysage et de l’urbanisme d’un certain nombre d’outils constitués du management de l’innovation dans l’industrie, pose question. Ses applications classiques telles que définies par le manuel d’Oslo2 (produits, procédés, services, commercialisation et organisation) sont trop restrictives. Les termes de « produit », de « part de marché », de « client », de « performance » et d’autres, s’adaptent mal à l’architecture, qui est avant tout et par décret une expression de la culture et d’intérêt public, avant d’être un produit commercial.

Mais déjà de nouveaux modèles formalisent une décennie d’expérimentations qui sortent du cadre applicable au seul secteur marchand. L’innovation est désormais « frugale », « par intrapreneuriat », « par optimisation algorithmique », « technologique par la Recherche & Développement », « par l’usage », « open source », « par crowdsourcing », « de business model », ou encore « sociale3 ». Elle se déploie et se valide via des expérimentations in-vivo, des démonstrateurs-urbains, des laboratoires-territoires4. Bon nombre de tendances actuelles dans nos domaines se rattachent à ces catégories, qui chacune pose différemment la question des statuts du concepteur d’espaces et de l’usager ?

Au regard de ces nouveaux modes d’innover, ce numéro thématique propose d’examiner le concept d’innovation en architecture, en urbanisme et en paysage à partir de quatre grandes questions :

Qu'est ce qui est « nouveau » ?

Qu'est ce qui permet de l'affirmer ? Qui (quels groupes d'acteurs) ? Pourquoi des praticiens ou artistes (et lesquels ?) refusent ce terme d'innovation au profit de l'invention ? Quelle est la place des objets et dispositifs dits innovants au regard des dispositifs traditionnels, quelle alternative à l’innovation disruptive (Christensen) ? Qu’apportent les théories de l’innovation à l’histoire de l’architecture ? Quelles disciplines (histoire, sociologie, économie, anthropologie) pourraient servir de points d’ancrage pour construire une théorie de l’innovation qui soit spécifique de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage ? Enfin, l’innovation ne pouvant se penser en dehors des circulations et des échanges nationaux et internationaux, quelles places tiennent ces disciplines et ses praticiens dans une telle perspective ?

Les visées de l’innovation

Appliquée au domaine de la culture qui s’accommode mal du marketing, peut-on dire comme le fait Etienne Klein, que « l’innovation est une nécessité non finalisée, qui répond à une contrainte sans viser d’objectif5 » ? Les visées de l'innovation s’élargissent, autant en termes de domaines que d’échelle spatiale. Elle porte aussi bien sur un produit ou une oeuvre, de l'industrie ou de l'art, ou encore sur l’expérience même de leur fabrique. Alors que l'architecte, urbaniste, paysagiste, peut justement dépasser ce clivage de nos sociétés, comment innover avec des usages qui sont aussi des habitudes ? Les normes sociales ou techniques sont-elles des outils pour forcer l’innovation ou des freins à son développement ? Entre le respect total des usages et leur négation, quel équilibre trouver entre écouter et convaincre, entre éducation et manipulation de l’usager ? Dans quelles circonstances, avec quels acteurs la reformulation de la demande sociale en question spatiale peut-elle susciter l’innovation ?

Manières d’innover

Corollaire des interrogations précédentes, n'est-ce pas alors davantage dans les manières de faire qu'il faut innover ? Selon quel processus le praticien artiste, aujourd’hui courtisé par les managers de l’innovation, peut-il être positionné pour faire valoir des postures subversives et garantes d’éthique, des visions systémiques et transdisciplinaires, des cadres intellectuels (et transposables) de l’action, qui sont des ingrédients de l’innovation ? D’autre part, la cocréation, les logiques ascendantes, l’intégration de compétences toujours plus variées dans l’ensemble du processus de genèse d’espace constituent des terrains de recherche qui sont parmi les plus porteurs d’innovation. Les théories du management de l’innovation peuvent-elles être exploitées, critiquées et enrichies à partir de ces expérimentations, à penser en termes de recherche-action ? Quels nouveaux lieux physiques (fab-labs, chantiers, co-working spaces, etc.) et institutionnels (management public, pactes métropolitains de l’innovation, etc.), quelles nouvelles convergences et quels nouveaux outils génèrent-elles ?

Pédagogie pour l’innovation

Enfin, sur un plan pédagogique, la relation problématique entre savoirs et innovation est l’un des axes structurants pour penser l’enseignement. De nouvelles pédagogies émergent qui revendiquent la formation à des pratiques innovantes, autour de l’apprentissage expérientiel6, de la « matérialité digitale7 », de la conception collaborative8, etc. Les étudiants y sont souvent considérés comme des ressources d’un projet de recherche et développement. Ces situations permettent-elles de franchir l’écart persistant entre la créativité que l’on sait stimuler et la véritable posture d’innovation ? Quels sont les outils spécifiques, les stratégies pédagogiques correspondants et quels en sont les fondements théoriques ? Quels en sont les enseignants porteurs et comment présentent-ils leur action ?

Ce cahier thématique se donne ainsi pour objectif de recueillir un ensemble de travaux qui rendent compte de la diversité des modèles d’innovation pour la production d’espace, précisant leurs concepts, visées, processus, acteurs, outils et leur donnant par là un caractère opérant et enseignable. Se confrontant avec ce que le terme « innovation » porte en tant qu’instrument politique et stratégique, ces travaux ne pourront manquer d’enrichir la manière dont l’architecture, l’urbanisme et le paysage se pensent aujourd’hui aussi bien en tant que disciplines académiques qu’en tant que pratiques de la transformation du réel.

Modalités de transmission des articles

Les propositions d’articles seront envoyées par mail avant le 30 avril 2017

au secrétariat de rédaction des Cahiers de la recherche architecturale, urbaine et paysagère :  secretariat-craup@culture.gouv.fr

Pour plus d’informations, contacter Aude Clavel au 06 10 55 11 36

Les articles ne doivent pas excéder 50 000 caractères (espaces compris), bibliographie et notes incluses.

Langues acceptées : français, anglais.

Les articles doivent être accompagnés de :

  • Une notice biobibliographique entre 5 à 10 lignes (nom et prénom du ou des auteur(s), statut professionnel et/ou titres, rattachement institutionnel éventuel, thèmes de recherche, dernières publications, adresse électronique).
  • 2 résumés respectivement en français et en anglais.
  • 5 mots clefs en français et 5 mots clefs en anglais.

Instructions aux auteurs

1/ Règles générales

Italique : mots en langues étrangères par rapport à la langue utilisée, donc op. cit., ibid., cf., a priori, a posteriori…
Pas d’usage du gras (à l’exception des titres), ni de capitales (à l’exception du début des noms propres, des institutions, de l’usage des majuscules pour les titres en anglais, etc.).

2/ Corps du texte

Le texte doit être saisi dans le logiciel Word en Times New Roman, taille 12, interligne 1,5, sans mise en forme particulière, hormis les titres, intertitres, légendes et sauts de paragraphes.

3/ Citations

Les citations de moins de 3 lignes seront insérées dans le texte et mise entre guillemets.
Les citations de plus de cinq lignes seront en retrait à gauche et à droite, de taille 10 (et non 12), et sans guillemets.

4/ Références bibliographiques

Les références bibliographiques seront regroupées par ordre alphabétique de nom d’auteur en fin d’article dans une section « Bibliographie », selon le modèle suivant :
Pour un ouvrage : Prénom Nom, Titre, Ville d’édition, Maison d’édition (Collection), année de publication, page.
Pour un ouvrage collectif : Prénom Nom et Prénom Nom (dir./coord./éds./etc.), Titre, Ville d’édition, Maison d’édition, année de publication, page, ou Prénom Nom et al., Titre, Ville d’édition, Maison d’édition, année de publication, page.
Pour un chapitre d’un ouvrage collectif : Prénom Nom, Titre, dans Prénom Nom et Prénom Nom (dir./coord./éds./etc.), Titre, Ville d’édition, Maison d’édition, année de publication, page.
Pour un article de revue : Prénom Nom, « Titre de l’article », Titre de la revue, vol./n°, date, Ville d’édition, Maison d’édition, année de publication, page.
Pour une référence électronique : Prénom Nom, « Titre de l’article », Titre de la revue, vol./n°, date, [en ligne] [url], consulté le [date].

5/ Illustrations, graphiques et tableaux

Les photographies et illustrations accompagnant le texte devront être numérisées en haute définition (300 dpi) dans les formats Jpg ou Tiff. Les fichiers texte seront distincts des fichiers graphiques.
Les tableaux sont considérés comme des figures et doivent faire l’objet des mêmes consignes en matière d’intitulé de fichier, d’appel de figure, de format d’image (jpg ou tif), de taille d’image et de lisibilité.
L’auteur doit vérifier que les images/figures dont il n’est pas l’auteur sont libre de droits.
Dans le cas contraire, il doit faire la demande auprès du propriétaire de l’image/figure avant de la soumettre à la revue.
Les illustrations, graphiques et tableaux doivent être légendés de manière spécifique :
− Le titre des illustrations, précédés de « figure [n] : » ou « Tableau [n] : » doit être placé au-dessus de l’illustration.
− La légende et les crédits (source, copyright, etc.) doivent être placés sous l’illustration, sur deux lignes distinctes.

Ligne éditoriale

Inscrits dans les champs de la recherche architecturale, urbaine et paysagère, les Cahiers se sont développés à l'origine dans les laboratoires des écoles d'architecture à partir des années 1970. La revue initie aujourd’hui une nouvelle formule en ligne : revue scientifique internationale, elle s’adresse aux communautés de recherche concernées par les transformations spatiales intentionnelles, quelles que soient les échelles. Les Cahiers visent à répondre aux intérêts et questionnements actuels, mais aussi à les renouveler, et ainsi ouvrir de nouvelles voies de recherche. Trois pôles de questionnement sont plus directement visés : l’un concerne spécifiquement le registre des théories, de manière à développer les échanges et les controverses entre théories du design, du planning, de l’architecture et du paysage. Un second pôle renvoie à la matérialité de la ville, aux savoir-faire constructifs impliqués dans la transformation spatiale, mais aussi à la dimension matérielle des phénomènes de transfert et de mobilisation, régulièrement analysés dans d’autres revues sous des angles a-spatiaux. Enfin, le troisième pôle interroge le projet et sa conception, qui occupe une place toute particulière dans les sciences et pratiques de l’espace (rôles performatifs des projets, théories de la pratique). Ces trois pôles appellent à des travaux pluridisciplinaires, préoccupés de tracer des explications approfondies des transformations des environnements construits à l’âge de l’anthropocène. La production scientifique attendue renvoie aux critères usuels d’évaluation en double aveugle par les pairs. Elle sera particulièrement attentive à l’enjeu des images et du visuel dans un domaine où l’iconique peut tenir lieu de discours.

Dossiers thématiques

Les Cahiers de la recherche architecturale, urbaine et paysagère en ligne publient deux ou trois fois par an un dossier thématique composé d’une dizaine d’articles en français et en anglais, autour d’un thème prédéfini et problématisé. Un appel à article est diffusé pour chaque dossier thématique. Les propositions d’articles peuvent être rédigées en français ou en anglais. Leur évaluation se fait en double aveugle.

Rubriques

La revue en ligne dispose de 3 rubriques pour accueillir des articles au fil de l’eau, hors dossiers thématiques.
Actualités de la recherche : comptes rendus variés : thèses, habilitations à diriger des recherches (HDR), recensions d’ouvrages, d’expositions...
Matériaux de la recherche : entretiens, paroles d’acteurs, traductions, textes de référence…
Débats et controverses : jeunes chercheurs/doctorat, débats et controverses
Les propositions d’articles peuvent être rédigées en français ou en anglais. Leur évaluation se fait en double aveugle.

Dates

  • dimanche 30 avril 2017

Mots-clés

  • innovation

Contacts

  • Aude Clavel
    courriel : secretariat-craup [at] culture [dot] gouv [dot] fr

Source de l'information

  • Aude Clavel
    courriel : secretariat-craup [at] culture [dot] gouv [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Innover ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 21 février 2017, http://calenda.org/395282