AccueilÂge d'or et décadence : une perception des sociétés du passé

Âge d'or et décadence : une perception des sociétés du passé

The Golden Ages and periods of decadence: the perception of societies in the past

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Publié le mardi 21 février 2017 par João Fernandes

Résumé

Cette journée d'études, organisée par le Centre de recherches historiques de l'Université Paris 8, sera consacrée à une réflexion à la fois historique et historiographique sur la question des âges d'or et des périodes de décadence qui correspondent souvent à des constructions personnelles ou collectives, idéalisantes ou dépréciatives, simples ou complexes, stéréotypées ou originales, menées à partir de faits tangibles ainsi que de représentations.

Annonce

Argumentaire

« Quand Rome, suivant l’heureuse expression de Pline, eut acquis à la fois le goût et le moyen de se précipiter dans le vice, aucune nation n’était plus capable que la Grèce de lui en montrer la voie et de l’y entraîner rapidement. Elle n’y manqua pas ». Cette réflexion, formulée par Gaston Colin dans son ouvrage consacré en 1905 à Rome et la Grèce de 200 à 146 avant Jésus-Christ (p. 323), suit explicitement la vision, véhiculée par des auteurs antiques et fort contestable, d’une société romaine décadente au contact de l’hellénisme à l’époque où Rome commença à intervenir militairement et diplomatiquement dans la partie orientale de la Méditerranée.

Nombreux sont les hommes qui, à titre individuel ou dans le cadre de communautés, ont produit et véhiculé des discours sur la perception qu’ils avaient non seulement de la période à laquelle ils vivaient, mais aussi de leur passé. Ces deux ensembles d’interprétations, souvent liés, résultent de constructions personnelles ou collectives, idéalisantes ou dépréciatives, simples ou complexes, stéréotypées ou originales, menées à partir de faits tangibles ainsi que de représentations.

En déterminant les buts visés par ces auteurs, en confrontant leurs points de vue et, plus généralement, les apports de l’ensemble des types de sources disponibles, qu’elles soient textuelles ou iconographiques, l’historien tente d’évaluer le degré de pertinence et d’objectivité de ces discours, et cherche également à comprendre les modalités, les causes et les enjeux culturels, économiques et/ou politiques de leur construction et de leur diffusion. Néanmoins, les chercheurs, parfois eux-mêmes influencés à leur insu, ont pu contribuer à véhiculer ces perceptions et à livrer une vision moralisante de l’histoire, comme ce fut le cas de Gaston Colin.

Ainsi est-ce une réflexion à la fois historique et historiographique qui sera menée, à partir  de cas précis et concrets, lors de cette journée d’études doctorales de l’Équipe d’accueil 1571 (« Centre de recherches historiques : histoire des pouvoirs, savoirs et sociétés »). 

Programme

8 h 45  – 9 h 00 : Accueil

9 h 00  – 9 h 10 : Ouverture de la journée, Catherine Saliou, professeur d’histoire romaine à l’Université Paris 8 et directrice de l’EA 1571

  • 9 h 10 – 9 h 20 :  Réflexions introductives sur des discours, des pratiques et des représentations, Paul Ernst, A.T.E.R. en histoire ancienne à l’Université de Caen
  • 9 h 20 – 10 h 10 : Conférence inaugurale : Théâtre grec et décadence : retour sur un problème historiographique, Brigitte Le Guen, professeur d’histoire grecque à l’Université Paris 8 

Session 1 (présidence Paul Ernst et Anne-Marie Helvétius)

  • 10 h 10 – 10 h 50 : Une histoire du progrès et de la décadence de Rome avant Montesquieu ? Les cas de Salluste et de Tite-LiveGeorgios Vassiliades, docteur en études latines de l’Université Paris 4

10 h 50 – 11 h 05 : Pause

  • 11 h 05 – 11 h 45 : Imperium sine fine et aurea aetas. Auguste, Qin Shi Huangdi et Han Gaozu, Loïc Borgies, doctorant en histoire de l’Antiquité à l’Université libre de Bruxelles
  • 11 h 45 – 12 h 25 : Les « Grands Seldjoukides » : invention par les historiens d’un âge d’or seldjoukide, Jean-David Richaud, doctorant en histoire médiévale à l’Université Paris 1

12 h 25  – 13 h 40 : Pause déjeuner 

Session 2 (présidence Benjamin Lellouch et Danielle Tartakowsky)

  •  13 h 40 – 14 h 20 : Les marchands de Millau, la guerre et le profit (seconde moitié du XIVe siècle). Contribution à une relecture de la fin du Moyen Âge en OccidentJohan Paris, doctorant en histoire médiévale à l’Université Paris 8
  • 14 h 20 – 15 h 00 : L’âge d’or de la Florence républicaine et sa chute : construction historiographique d’un mythe chez Sismondi, Marion Bertholet, doctorante en histoire médiévale et moderne à l’Université Grenoble Alpes
  • 15 h 00 – 15 h 40 : Was an artistic decline after Michelangelo’s death unavoidable ? Richard Häni, doctorant en histoire du Moyen Âge et de la Renaissance à l’Université de Bâle

15 h 40 – 15 h 55 : Pause

  • 15 h 55 – 16 h 35 : Strike a pose : « capturer » la décadence. Les mises en scène photographiques d’Eleanor Antin et de David LaChapelle, Tiphaine Annabelle Besnard, doctorante en histoire de l’artà l’Université de Pau et des Pays de l’Adour
  • 16 h 35 – 17 h 15 : Le temps des Almogavares, âge d’or de la virilité franquiste ? La concurrence des âges d’or, Bertrand Noblet, doctorant en histoire contemporaine à l’Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand) 

17 h 15 – 18 h 00 : Débat conclusif animé par Sylvain Pattieu, maître de conférences d’histoire contemporaine à l’Université Paris 8

Lieux

  • Salle G-2 - 2, rue de la Liberté
    Saint-Denis, France (93)

Dates

  • lundi 03 avril 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Âge d'or, décadence, perception, représentations

Contacts

  • Paul Ernst
    courriel : p [dot] ernst [at] neuf [dot] fr

Source de l'information

  • Paul Ernst
    courriel : p [dot] ernst [at] neuf [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Âge d'or et décadence : une perception des sociétés du passé », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 21 février 2017, http://calenda.org/395406