AccueilLes trames arborescentes, outils d’écriture et de fabrique de l’histoire de l’Antiquité à la Renaissance

Les trames arborescentes, outils d’écriture et de fabrique de l’histoire de l’Antiquité à la Renaissance

"Trames arborescentes" Arborescent thining, writing tools and the manufacture of history from Antiquity to the Renaissance

Trames arborescentes - troisième journée

"Trames arborescentes" - arborescence in research, third study day

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Publié le mardi 21 février 2017 par João Fernandes

Résumé

Né en 2015, le projet Trames arborescentes a pour vocation de favoriser les rencontres de chercheurs dont l'arbre et l'arborescence sont au centre ou en périphérie des travaux. Le troisième volet de ce projet aura lieu à Poitiers le 30 mai 2017 et sera consacré aux trames arborescentes comme outils d’écriture et de fabrique de l’histoire de l’Antiquité à la Renaissance. Son objectif sera de se questionner sur la manière dont les trames arborescentes innervent, implicitement ou explicitement, les processus textuels ou visuels de restitution de l’histoire, et sur les choix méthodologiques qu’un tel recours au schéma arborescent suppose ou implique. Il sera constitué de trois séances de travail consacrées respectivement à la méthodologie historique, à l’histoire familiale et à la généalogie des savoirs.

Annonce

Poitiers, Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale, en partenariat avec le Centre d’Études Supérieures de la Renaissance, Tours

Argumentaire

Né en 2015, le projet Trames arborescentes a pour vocation de favoriser, à travers des groupes de travail et des journées d'étude, la rencontre de chercheurs dont l'arbre et l'arborescence sont au centre ou en périphérie des travaux. En 2015, un premier volet a été l’occasion d’aborder la confection et la croissance de structures arborescentes, textuelles et/ou iconographiques, dans la littérature, l’histoire de l’art et l’histoire des sciences au Moyen Âge et à l’époque moderne. En 2016, un deuxième volet a permis de réfléchir au recours aux trames arborescentes en art, littérature et sciences humaines de l’Antiquité à nos jours, en prenant soin de s’interroger sur les contournements et détournements dont le schéma arborescent peut faire l’objet et qu’il semble, en fait, souvent induire lui-même.

Un troisième volet du projet aura lieu à Poitiers le 30 mai 2017 et sera consacré aux trames arborescentes comme outils d’écriture et de fabrique de l’histoire de l’Antiquité à la Renaissance. Son objectif sera de se questionner sur la manière dont les trames arborescentes innervent, implicitement ou explicitement, les processus textuels ou visuels de restitution de l’histoire, et sur les choix méthodologiques qu’un tel recours au schéma arborescent suppose ou implique. Il sera constitué de trois séances de travail.

La première portera sur l’usage des trames arborescentes dans la démarche méthodologique d’écriture et de fabrique de l’histoire. De fait, depuis ses commencements grecs, l’histoire, historia, consiste en une investigation dans le temps et dans l’espace qui suppose l’élaboration d’une méthode d’organisation, de classement, de présentation des indices et des informations, tant au moment de leur collecte qu’au moment de leur mise en ordre textuelle et/ou iconographique. Normée, parfois codifiée, souvent imagée et transposée à des constructions schématiques, la méthode guide l’écriture et la fabrique de l’histoire autant qu’elle les définit, elle en est l’outil autant que la condition. Or, le terme même de « méthode » implique la systématisation d’un mode opératoire qui procède par étapes et par progression. Dans son sens premier, issu du grec methodos, il désigne autant le chemin à suivre que celui déjà parcouru. Ce faisant, et dès ses débuts, la méthode place la démarche d’écriture et de fabrique de l’histoire sous l’égide, réelle ou métaphorique, d’un déplacement spatio-temporel le long d’un fil directeur que le schéma arborescent, par ses qualités distributives, mnémotechniques et élévatrices, peut sous-tendre activement. De l’Antiquité à la Renaissance, il s’agira de réfléchir à la manière dont les arborescences innervent les différents processus d’écriture et de fabrique de l’histoire, et à ce qu’implique un tel usage du point de vue méthodologique. Qu’apporte à l’histoire le recours à une trame arborescente lors de sa mise en récit et/ou en image ? L’arborescence est-elle un outil pertinent pour l’historien ? Quels sont les cas dans lesquels elle est utilisée ? Remplit-elle une fonction didactique, pédagogique, politique ? Peut-elle être utilisée comme un moyen efficace pour instrumentaliser l’histoire ? Fait-elle l’objet de contournements ?

La deuxième séance portera sur l’usage de trames arborescentes dans la démarche de mise en récit et/ou en image de l’histoire familiale. De fait, que ce soit à travers le modèle de la généalogie ascendante, que la chrétienté occidentale tire principalement de l’arbre de Jessé, ou à travers celui de la généalogie descendante, tel qu’on peut le trouver dans les stemmata qui occupent les murs des domus romaines en hiérarchisant les membres d’une famille, de l’Antiquité à la Renaissance la trame arborescente régit la grande majorité des processus d’écriture et de fabrique de l’histoire des parentés, charnelles comme spirituelles. À travers des panoramas généraux ou des études de cas, cette deuxième séance sera l’occasion de s’interroger sur la nature, les qualités et la fonction des trames arborescentes qui sous-tendent l’imaginaire de la parenté, du lignage et de la génération. En quoi l’arborescence est-elle un outil efficace de modélisation des liens familiaux, dans le domaine de l’histoire comme aujourd’hui dans le cadre de recherches en anthropologie de la parenté ? En quoi peut-elle efficacement se superposer à d’autres procédés de schématisation d’analyse des réseaux ? Quels sont les éléments – personnages, textes, liens métastructurels – qui l’alimentent, et à quelles fins ? En quoi les racines, tronc, branches, feuilles, fleurs, fruits peuvent-ils servir de supports métaphoriques propres à rendre compte du déploiement d’une famille ? En quoi peuvent-ils être les garants de son autorité et de la légitimité de sa descendance ? En quoi peuvent-ils faire l’objet d’une instrumentalisation politique et/ou morale ? En quoi les trames arborescentes opèrent-elles comme des liens mentaux qui favorisent les associations de noms et de biens ? En quoi permettent-elles d’en tracer l’histoire ? Quels rapports les trames arborescentes favorisent-elles entre histoire et mémoire ?

Enfin, la troisième séance de travail s’attachera à l’étude des trames arborescentes dans les processus historiques de mise en place d’une généalogie des savoirs. Son objectif sera double. D’une part, il s’agira de s’interroger sur la manière dont l’arborescence peut rendre compte, matériellement ou métaphoriquement, d’une taxinomie des savoirs dont le principe est générationnel. Que permet la trame arborescente, que d’autres modèles structurels ne permettent pas, au sein d’une organisation générale des domaines de la pensée, des sciences et des techniques ? Sur quels présupposés repose-t-elle ? En quoi est-elle l’indice d’une pensée historique de la connaissance ? Lors de l’élaboration d’une généalogie des savoirs, en quoi l’usage de l’arborescence peut-il impliquer la mise en place d’une généalogie de ceux qui en ont jalonné l’histoire ? En quoi la généalogie de telles personnalités savantes agit-elle en tant que processus mnémotechnique, pédagogique, propédeutique ? Qu’en est-il de l’efficacité des trames arborescentes au sein des différents processus d’enseignement et d’apprentissage ? D’autre part, la troisième séance de travail sera l’occasion de se questionner sur la manière dont la trame arborescente à la fois produit et met en récit et/ou en image un cheminement intellectuel, qui en soi fait de l’accès au savoir un déplacement spatio-temporel dont il est possible de faire l’histoire. Outil initiatique d’investigation sur l’homme et la nature, la modélisation arborescente schématise l’apprentissage comme un processus d’élévation (du bas vers le haut) ou de progrès (de la gauche vers la droite) dont il s’agira d’étudier les avatars et les procédés. La trame arborescente peut-elle être une alternative ou un substitut à la Chaîne d’Or ? Si oui, en quoi ? Les deux objectifs convergent tous deux vers une réflexion plus générale sur la dimension historique et historiée de la mise en oeuvre généalogique du savoir, depuis le modèle pythagoricien de la connaissance perdue qu’il s’agit de retrouver par un processus de mémoire, jusqu’à la fin de l’humanisme et à l’affirmation d’une vision progressiste de l’histoire et des sciences, en passant notamment par l’organisation arborescente des arts et des sciences chère à Martianus Capella. Au sein du passage, temporel, de l’écriture d’une histoire des hommes à celle d’une histoire de l’humanité, il sera question de chercher à comprendre comment, à travers les trames arborescentes, l’investigation historique permet de définir et de justifier la place du penseur au sein d’une histoire, vaste et vertigineuse, de la pensée et de la connaissance.

Modalités pratiques d'envoi des propositions 

Les propositions de communication, d’une page maximum, doivent être envoyées

avant le 31/03/2017. 

Comité scientifique

  • Naïs Virenque (nais.virenque@univ-tours.fr)
  • Antoine Paris (antoine7.paris@wanadoo.fr)

Lieux

  • Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale
    Poitiers, France (86)

Dates

  • vendredi 31 mars 2017

Mots-clés

  • arborescence, histoire, parenté, généalogie des savoirs

Contacts

  • Naïs Virenque
    courriel : nais [dot] virenque [at] gmail [dot] com
  • Antoine Paris
    courriel : antoine7 [dot] paris [at] wanadoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Antoine Paris
    courriel : antoine7 [dot] paris [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les trames arborescentes, outils d’écriture et de fabrique de l’histoire de l’Antiquité à la Renaissance », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 21 février 2017, http://calenda.org/395451