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Révolution et émancipation

Revolution and emancipation

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Publié le lundi 27 février 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Au sens strict, une révolution est un changement de régime politique. Elle est aussi définie par le Larousse comme un « changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d'un État, qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place, prend le pouvoir et réussit à le garder ». Mais en mettant l’État et la violence au centre de la définition, ne se prive-t-on pas de penser la diversité des moments révolutionnaires ou insurrectionnels et de leurs effets ? Que signifie « prendre » et « garder » « le » pouvoir ? De quel universel les volontés subversives se réclament-elle ? De quelles autorités, de quelles légitimités les prétentions révolutionnaires se prévalent-elles ?

Annonce

2 et 3 février 2018, Paris.

Organisateurs 

LCSP Paris 7 Diderot, CRESPPA Paris 8, Sophiapol Paris 10 Nanterre, CESPRA / EHESS, CERAPS Université Lille 2, IIAC CNRS, ICT Paris 7 Diderot, Espaces Marx.

Revue partenaire : Actuel Marx.

Argumentaire                     

Au sens strict, une révolution est un changement de régime politique. Elle est aussi définie par le Larousse comme un « changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d'un État, qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place, prend le pouvoir et réussit à le garder ». Mais en mettant l’État et la violence au centre de la définition, ne se prive-t-on pas de penser la diversité des moments révolutionnaires ou insurrectionnels et de leurs effets ? Que signifie « prendre » et « garder » « le » pouvoir ? De quel universel les volontés subversives se réclament-elle ? De quelles autorités, de quelles légitimités les prétentions révolutionnaires se prévalent-elles ?

Trois révolutions sont classiquement évoquées dans le domaine de la théorie politique : les révolutions américaine, française et bolchévique (dont on fête le centenaire en 2017). Elles ne sont assurément pas les seules : 1848 en France, la Commune de Paris (1871), la révolution chinoise, cubaine, la guerre d'Espagne ou plus près de nous la révolution zapatiste et les « révolutions par les urnes » en Amérique latine contemporaine (comme la révolution bolivarienne au Venezuela), « les printemps arabes ». Les révolutions ont été décrites, dans les sciences sociales, à partir d'une multitude de problématiques et de modalités d'explication : on a pu insister sur la singularité de certains phénomènes révolutionnaires, donc sur leurs spécificités irréductibles, ou sur les affinités profondes qui relient la plupart des révolutions, du passé et du présent ; on a pu les expliquer à partir d'un ensemble de causes ou de variables structurelles, à travers des modèles séquentiels, ou des logiques propres aux événements politiques qui les composent. Les révolutions peuvent être, par ailleurs, rapides ou lentes, précédées de signes avant-coureurs ou non, inachevées ou non, porteuses de continuités souterraines ou au contraire d'inédit. Les études postcoloniales ont par ailleurs mis en évidence que les révolutions ne sont pas une spécificité occidentale et que de multiples traditions révolutionnaires, c’est à dire de multiples manières de penser et pratiquer le changement violent d’un régime politique, ont parsemé la planète à l’âge moderne et contemporaine. L'anthropologie, de son côté, a montré que les sociétés de petite taille ne sont pas non plus exemptes de changements brusques d'organisation sociale. Les contestations politiques ne se font pas toujours au nom d'un changement de régime mais peuvent investir des formes de vie alternatives et d'autonomie radicale (ZAD, socialistes associationnistes etc.).

Si c’est l’histoire qui scelle, en fin de compte, la « réussite » (aussi partielle soit-elle) ou l’« échec » de la révolution, un certain nombre de questions surgissent. Que veut dire « réussir » pour une révolution ? Comment jongler entre les convictions idéologiques et programmatiques des révolutionnaires eux-mêmes et la perception du changement social profond dont la révolution est l’autre nom ? Comment analyser la part de violence et de radicalité dans la phénoménalité révolutionnaire, entendue comme prise du pouvoir ? Qu'est-ce que la violence ? Qu'est-ce que la radicalité ? Par rapport à qui, à quoi ? Quel rapport entre les phénomènes de subjectivation et les transformations plus structurelles du monde commun ? Y compris  la transition des usages des médias imprimés vers le numérique ? Dans l'émergence et la diffusion des soulèvements, quels liens entre les dynamiques des subjectivations et celles des organisations ? Par ailleurs, les révolutions peuvent être suivies de contre-révolutions ou peuvent être conservatrices : le camp de l'émancipation n'a pas le monopole de la révolution. La réaction contre-révolutionnaire est-elle inévitable ? Est-ce que l'on peut, à cet égard, distinguer les révoltes et les insurrections des révolutions ? Que peut-on tirer des expériences historiques sur ces sujets ? Que nous apprennent l'histoire, la philosophie, l'anthropologie ? En science politique de nombreux débats ont surgi autour des relations entre réformisme et révolution, débats qui se sont renforcé après les « révolutions pacifiques » en Amérique Latine. Est-il possible de faire une révolution en restant dans le système de la démocratie représentative ? Une révolution peut-elle être l'effet de l'accumulation d'un certain nombre de réformes structurelles ? Comment une révolution devient-elle hégémonique ? Pourquoi certains processus politiques choisissent-ils le mot révolution comme identité politique ?

Ce qui motive ce colloque est, au fond, de chercher à comprendre à quelles conditions, sociales, historiques et politiques, une révolution peut être le vecteur de l'émancipation. Le centenaire de la révolution russe de 1917, qui joua un si grand rôle au 20ème siècle, mais fut aussi une très grande déception, semble fort propice pour cet examen, pour lequel les organisateurs mobiliseront les éclairages de la philosophie, de la sociologie, de la science politique, de l’anthropologie politique et de l’histoire.

Le colloque se déroulera les 2 et 3 février 2018 dans un lieu encore à préciser.

Les communications proposées présenteront à la fois un point de vue théorique et un terrain empirique, de manière à pouvoir confronter ce que chacun dit depuis une situation quand il parle de "révolution". La révolution est une notion concept feuilletée et nous voudrions pour ce colloque inaugural pouvoir revisiter sur un mode critique et empirique ce feuilletage.

Modalités de soumission

Les propositions de communication feront 3000 signes maximum, elles mentionneront adresse, discipline principale et affiliation et sont à envoyer

avant le 5 mai 2017

à l'adresse suivante : revolutions2018@gmail.com

Conseil scientifique

  • Vincent Bourdeau (philosophie politique),
  • Manuel Cervera-Marzal (philosophie politique),
  • Sophie Coeuré (histoire),
  • Marie Cuillerai (philosophie politique),
  • Hugo Touzet (sociologie),
  • Christophe David (philosophie),
  • Jean-Numa Ducange (histoire),
  • Kevin Eybert (sociologie),
  • Jules Falquet (sociologie),
  • Anders Fjeld (philosophie politique),
  • Fabrice Flipo (philosophie politique),
  • Stéphane Haber (philosophie politique),
  • Laurent Jeanpierre (science politique),
  • Azadeh Kian (sociologie),
  • Matthieu Le Quang (science politique),
  • Michèle Riot-Sarcey (histoire),
  • Jean-Marc Salmon (sociologie),
  • Federico Tarragoni (sociologie),
  • Sophie Wahnich (histoire).

Dates

  • vendredi 05 mai 2017

Mots-clés

  • révolution, politique, émancipation

Contacts

  • Fabrice Flipo
    courriel : fabrice [dot] flipo [at] telecom-em [dot] eu

Source de l'information

  • Fabrice Flipo
    courriel : fabrice [dot] flipo [at] telecom-em [dot] eu

Pour citer cette annonce

« Révolution et émancipation », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 27 février 2017, http://calenda.org/396261