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Les objets comme objet d'études

Objects as objects of study - apprehending materiality in the humanities and social sciences

Comment appréhender la matérialité en sciences humaines et sociales ?

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Publié le lundi 27 février 2017 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Parmi les tournants épistémologiques qui ont traversé les sciences humaines et sociales, le material turn a reçu, depuis les années 1980, un écho particulièrement vif au sein de nombreuses disciplines. Qu'il s'agisse des réflexions autour du concept de « sémiophore », des études sur la culture matérielle, ou encore des visual studies où les artefacts sont envisagés comme porteurs de significations, toutes suggèrent de dépasser l'apparente banalité des choses du quotidien. De telles approches nous engagent à reconsidérer les limites traditionnelles entre sujets et objets, autrement dit entre « humains et non humains ».

Annonce

Argumentaire

Parmi les tournants épistémologiques qui ont traversé les sciences humaines et sociales, le « material turn » a reçu, depuis les années 1980, un écho particulièrement vif au sein de nombreuses disciplines. Qu'il s'agisse des réflexions autour du concept de « sémiophore » (POMIAN, 1987), des études sur la culture matérielle (ROCHE, 1997), ou encore des « visual studies » où les artefacts sont envisagés comme porteurs de significations, toutes suggèrent de dépasser l'apparente banalité des choses du quotidien.

De telles approches nous engagent à reconsidérer les limites traditionnelles entre entre sujets et objets, autrement dit entre « humains et non humains » (HOUDART, THIERY, 2011). Certains travaux se sont caractérisés par un décentrement radical du regard : les objets y apparaissent en tant qu’acteurs à part entière de la sphère sociale, au point de se prêter à une analyse biographique, à l’instar des parcours de vie individuels (KOPYTOFF, 1986). Inversement, d’autres analyses, influencées par la grille de lecture marxiste ou les gender studies, mettent en lumière des situations de réification des sujets. Cette chosification révèle à la fois une conception totalement passive de l’objet et une vision quantifiable, mercantiliste voire essentialiste de l’individu.

Initier un « voyage dans l’épaisseur des choses », selon la formule de Francis Ponge, n’est donc pas une tâche aisée, tant l’objet — du latin objectum, « ce qui est jeté devant nous, ce que nous avons en vue » — est polysémique en fonction des approches disciplinaires et des contextes d’étude. Forts de ce constat, les jeunes chercheurs du laboratoire TELEMMe (Aix-Marseille Univ - CNRS) souhaitent interroger la notion dans la continuité des précédentes manifestations scientifiques : « Objects From Abroad » (CNRS, FNRS/NYU, 2012); « Matérialité de l'art à l'âge patrimonial XVIIIe-XXe siècle » (CNRS-IHMC, 2014), et plus récemment dans le champ des migrations : « Le parti pris des choses en sciences sociales » (EFR, 2016), « L'objet de la migration : la construction de la figure de l'exilé par les objets dans l'espace narratif » (INALCO, 2016), « Bagages et objets en migration » (TELEMMIG, 2017). À l’issue de quatre ateliers pluridisciplinaires — dont les compte-rendus sont accessibles en ligne : (http://jjctelemme.hypothèses.org/ ) — les jeunes chercheurs TELEMMe organisent une journée d'étude avec l'ambition de prolonger le questionnement sur la place in vivo, in situ et de visu de l’objet en sciences humaines et sociales, à travers trois axes de réflexion :

  • Axe 1 : Comment définir l'objet et sa matérialité ? Selon les approches considérées (historique, anthropologique, juridique, philosophique...), l'objet et les nombreux termes qui y sont associés (choses, biens, matérialité...) revêtent des natures, des formes et des usages variés que les participants sont invités à interroger.
  • Axe 2 : Quels sont les rapports et/ou les liens qu'entretiennent les individus avec les objets ? Sujet et objet ne sont pas des entités figées : leurs interactions permettent de nuancer la segmentation communément admise entre ces catégories.
  • Axe 3 : Quels sens et valeurs attacher à un objet sorti de son contexte ?  Comment le décrire, le replacer et le représenter dans son environnement ? Quelles sont les limites de ses représentations ? La symbolique, la perception et la valorisation des objets offrent des pistes d'étude multiples selon les disciplines (histoire de l'art, histoire, sociologie, géographie, archéologie...).

Modalités de soumission

Les propositions devront comporter un titre, un bref résumé de la proposition (500 mots environ) ainsi qu'une rapide présentation de l'auteur (nom, rattachement administratif, unité de recherche) et devront être envoyées avant le

lundi 27 mars

à l'adresse suivante : jeunes.chercheurs.telemme@mmsh.univ-aix.fr

La journée d'étude se tiendrale mercredi 3 mai 2017 à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme, 5 rue du château de l'horloge, 13094, Aix-en-Provence, Cedex 2.

Le repas du midi est offert aux contributeurs de la journée d'étude. En revanche les frais de transport et d'hébergement restent à la charge des participants ou de leur institution de rattachement.

Comité scientifique

  • Fabien Bartolotti, doctorant en histoire contemporaine, UMR 7303 TELEMMe (AMU-CNRS)
  • Claire Boër, doctorante en histoire moderne, UMR 7303 TELEMMe (AMU-CNRS)
  • Virginie Cerdeira, docteure en histoire moderne, chercheuse associée, UMR 7303 TELEMMe (AMU-CNRS)
  • Laure-Hélène Gouffran, docteure en histoire médiévale, chercheuse associée, UMR 7303 TELEMMe (AMU-CNRS)
  • Alexandre Mahue, doctorant en histoire des arts, UMR 7303 TELEMMe (AMU-CNRS)
  • Solène Rivoal, doctorante en histoire moderne, UMR 7303 TELEMMe (AMU-CNRS)
  • Sergi Sancho Fibla, post-doctorant en histoire médiévale, LabexMed, UMR 7303 TELEMMe (AMU-CNRS)
  • Mathilde Vignau, doctorante en géographie, UMR 7303 TELEMMe (AMU-CNRS)

Lieux

  • Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme - 5, rue du Château de l'Horloge
    Aix-en-Provence, France (13090)

Dates

  • lundi 27 mars 2017

Mots-clés

  • objets, choses, matérialité, non-humain, culture matérielle, visual studies, réification, chosification

Contacts

  • Mathilde Vignau
    courriel : jeunes [dot] chercheurs [dot] telemme [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr

Source de l'information

  • Mathilde Vignau
    courriel : jeunes [dot] chercheurs [dot] telemme [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les objets comme objet d'études », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 27 février 2017, http://calenda.org/397036