Calenda - Le calendrier des lettres et sciences humaines et sociales

Droit à la ville au Sud, expériences citadines et rationalités de gouvernement

The Right to the City in the South, everyday urban experience and rationalities of government

Derecho a la ciudad en el sur, experiencias urbanas y racionalidades de gobierno

Direito à cidade no Sul, experiências citadinas e racionalidades de governo

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Publié le mercredi 15 mars 2017 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Ce colloque international propose de travailler la notion de droit à la ville depuis les villes du Sud. Il s’attache à en restituer la portée critique et souhaite soumettre à la réflexion collective la notion de droit à la ville de fait, forgée dans le cadre d’un programme de recherche collaboratif, DALVAA. Il invite donc des participants de disciplines et d’institutions variées, à engager un dialogue sur le rôle des expériences citadines dans la mise en ordre socio-spatiale des villes du Sud. 

Annonce

Argumentaire

Colloque international : « Droit à la ville au Sud, expériences citadines et rationalités de gouvernement »

Université Paris Diderot, CESSMA, 15-16-17 novembre 2017

La notion de droit à la ville a récemment été remobilisée dans les sphères académiques et militantes en se chargeant de multiples sens (Kuymulu 2013). Les travaux en études urbaines qui la convoquent se sont multipliés depuis les années 2000. Ce regain d’intérêt s’est d’abord manifesté dans les travaux d’auteurs anglophones radicaux du Nord qui ont proposé de reprendre les théories d’Henri Lefebvre (Lefebvre 1968) pour théoriser un programme de résistance contre les transformations socio-économiques et politiques néolibérales (Purcell 2002; Harvey 2003; Mitchell 2003 ; Brenner, Marcuse, et Mayer 2009). Parallèlement, dans une perspective plus réformiste, des processus d’institutionnalisation et de codification de droits se sont enclenchés, s’appuyant explicitement sur cette notion mais lui donnant un tout autre sens. Le droit à la ville est alors saisi sous un prisme règlementaire et légal, technique et appliqué afin de promouvoir des agendas de droits sociaux pluriels et mesurables, dans une perspective « droits de l’Homme de seconde génération». Certains travaux soulignent dès lors le risque d’affadissement de la portée critique et politique de cette notion (Belda-Miquel, Peris Blanes, et Frediani 2016; Purcell 2013; Mayer 2009)

La tension entre agenda révolutionnaire et programme réformiste et le risque d’affaiblissement de la portée critique de la notion résonnent de manière particulièrement forte dans les villes du Sud. En effet, les lectures développementales de la notion de droit à la ville qui préconisent une institutionnalisation de droits y connaissent un large écho (Parnell et Pieterse 2010; Brown 2010; Zérah 2011; Aubriot et Moretto 2013). C’est à ce titre que les travaux sur les villes du Sud ont le plus abondé le débat sur cette notion. Cela s’est concrétisé notamment par l’inscription du droit à la ville dans les agendas onusiens (Jouve 2009 ; Costes 2010) ou dans des législations nationales, en particulier au Brésil (Lopez de Souza, 2009). Dans le même temps, la notion de droit à la ville a été reprise en charge par des auteurs néomarxistes, ou plus largement dans une perspective politique et critique, cela à partir du Sud. Elle vise alors à penser la montée de la participation démocratique et de formes de résistances politiques dans le contexte de l’aggravation des inégalités intra-urbaines liée à la néolibéralisation (Samara, He, et Chen 2013; Carrión et Erazo 2016).

Ces différents corpus théoriques dialoguent plus ou moins bien entre eux. En outre, ils posent la question du statut de la notion de droit à la ville, tantôt considérée comme un slogan et un programme politique qui fait l’objet de l’étude, tantôt comme une catégorie d’analyse, les deux niveaux étant le plus souvent entremêlés. Face à cette difficulté, nous proposons de remettre en travail cette notion à partir des villes du Sud en décalant sa portée critique. Nous inspirant des travaux de W. Nicholls et F. Vermeulen (2012) et de J.-A. Boudreau, N. Boucher et M. Liguori (2009) qui examinent l’influence des expériences citadines sur la conscientisation et les mobilisations politiques, nous proposons de penser le droit à la ville comme un concept analytique qui permet de penser les relations entre pratiques quotidiennes des citadins et rationalités de gouvernement. Pour ce faire, nous proposons de livrer à la discussion la notion de « droit à la ville de fait ».

Le « droit à la ville de fait » désigne un processus de mise en ordre sociale et spatiale qui se joue à l’interface entre action publique (élaboration des politiques publiques, pratiques des agents de l’Etat) et pratiques quotidiennes des citadins, en tant qu’elles construisent des routines (Morange et Spire et Morange, Spire et Planel, numéro spécial à paraître). Le « droit à la ville de fait » renvoie donc à la manière dont les citadins contribuent à construire un ordre urbain social et spatial à travers la répétition au quotidien de gestes, la consolidation de liens sociaux, l’adhésion pratique à des règles collectives, les manières d’occuper et de s’approprier l’espace...  Nous soutenons que ces conditions concrètes de la vie citadine influencent les manières d’être et de se projeter dans la ville. Le « droit à la ville de fait » implique donc de déceler ce qui, dans l’expérience de la vie citadine, conduit à la formation d’une conception normative de sa place en ville, de ce que peut et doit être l’ordre urbain, spatial, politique et social.  In fine cela interroge aussi les temporalités de ces processus et la manière dont ils s’institutionnalisent dans la durée.

Dans cet esprit, ce colloque vise à réunir des communications portant sur la dimension politique des pratiques quotidiennes des citadins. Ces dernières ont de longue date attiré l’attention des études urbaines sur les villes du Sud, qui ont par exemple étudié les ancrages urbains ou la construction de la citadinité. Ce colloque se propose de nourrir et prolonger ces travaux en questionnant la dimension politique des expériences citadines au Sud. La question de la dimension et du potentiel politique des pratiques citadines a été abordée dans les discussions sur l’affirmation d’un droit à l’informalité (Huchzermeyer 2011), à travers la dimension « insurgente » de la citoyenneté (Holston 2008), ou encore à propos des capacité d’empiètement tranquille des citadins qui les constituent en sujets politiques (Bayat 2010). Les mobilisations et les processus de conscientisation politiques ont été considérés dans leur rapport à la pluralité des expériences citadines et de la condition urbaine (Uitermark et al. 2012). Ces débats rappellent que c’est à travers leurs pratiques de l’espace urbain que les citadins font l’expérience de processus d’exclusion sociale, de relégation, de marginalisation, mais aussi d’inclusion politique et sociale, d’affirmation de formes de citoyenneté en partie locale dont le contenu reste éminemment difficile à interpréter. Autrement dit, le « droit à la ville de fait » implique de considérer les pratiques citadines dans leurs dimensions à la fois conformistes et subversives. La construction du « droit à la ville de fait » peut s’observer à partird’objets très classiques dans la littérature sur villes du sud, tels que le logement, les services, l’espace public, le commerce de rue, les lieux de la migration. Ils permettent d’appréhender les différentes formes d’interaction entre citadins et agents de l’Etat au sens large, inscrites dans la durée des vies citadines et déployées dans le quotidien. Ces formes d’interactions sont particulièrement visibles lors d’interventions étatiques : processus de régularisation, politiques migratoires et processus d’invisibilisation/visibilisation des migrants, ou de restructuration/réhabilitation des quartiers précaires. Ces moments de passage nous semblent constituer des objets d’étude privilégiés pour analyser les pistes de réflexion autour de ce « droit à la ville de fait » compris non pas comme le résultat de conflits politiques ouverts (mobilisations, luttes urbaines...) mais comme un processus d’ajustement entre expériences citadines et rationalités de gouvernement dans la production de normes.

Les contributions pourront porter sur des études de cas liées aux différentes thématiques s’inscrivant dans les débats soulevés par le droit à la ville. Les approches théoriques pourront questionner les enjeux de la mobilisation en sciences sociales de la notion de droit à la ville et de sa dimension normative. Nous porterons également attention aux contributions épistémologiques et sur la manière dont les travaux sur les villes du Sud peuvent, et à quelles conditions, s’emparer d’une notion élaborée et travaillée à partir des villes du Nord. Nous proposons d’ouvrir le colloque à des travaux sur le Nord dans la mesure où la communication comportera une dimension comparative avec les villes du Sud.

Les langues du colloque sont le français et l’anglais. Des propositions de communications en espagnol et en portugais seront examinées dans la mesure où elles peuvent être appuyées sur des supports visuels (de type diapositives) rédigés en français ou en anglais. Pour des raisons techniques et financières, il est impossible d’offrir une traduction simultanée à toutes les communications mais les organisateurs faciliteront les échanges dans les quatre langues lors des discussions collectives.

Ce colloque est le produit d’un travail sur le droit à la ville, mené depuis 2013 au laboratoire CESSMA (Centre d'Etudes en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques) par le collectif de recherche Dalvaa (https://dalvaa.hypotheses.org/). Ces travaux sont menés dans le cadre d’un programme de recherche financé par la Ville de Paris  (projets « Emergences »).

Modalités de soumission

Les propositions de communications doivent être envoyées à l’adresse suivante : colloquedalv2017@gmail.com

au plus tard le 4 mai 2017

Elles se composeront d’un titre, d’un résumé de 500 mots maximum, d’une rapide présentation du ou des auteurs (nom, affiliation, adresse électronique) et d’une bibliographie indicative

Offre de bourse

Un système de soutien financier (partiel) est proposé aux chercheurs de tous statuts, souhaitant communiquer et ne bénéficiant pas de modes de financement de la part de leur institution de rattachement. Seront prioritaires les demandes émanant de chercheurs précaires.

Comité d’organisation

  • Marianne Morange (Paris Diderot-CESSMA-IUF)
  • Sabine Planel (IRD-Imaf)
  • Aurélie Quentin (Paris Nanterre-UMR LAVUE)
  • Amandine Spire (Paris Diderot-CESSMA)

Secrétariat scientifique

  • Isabelle Nicaise, Secrétariat-Gestion CESSMA - UMR 245, Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouges, Bureau 817, Rue Albert Einstein, 75013 PARIS, France

Comité scientifique

  • Groupe de recherche DALVAA (http://dalvaa.hypotheses.org/colloque-2017)
  • Aholou Cyprien, sociologue, Université de Lomé, chef de projet CDS Greater Lome
  • Arabindoo Pushpa, architecte et urbaniste, Department of Geography, University College London
  • Ballard Richard, géographe, Gauteng City-Region Observatory/Université of the Witwatersrand Johannesburg
  • Barrera Augusto, études urbaines, Facultad latinoamericana de Ciencias Sociales, Quito
  • Cravino Cristina, anthropologue, Universidad General Sarmiento, Buenos Aires.
  • Da Cunha Neiva, anthropologue, Universidade Estadual do Rio de Janeiro, LeMetro/IFCS-UFRJ
  • Deboulet Agnès, sociologue, Université Paris 8, UMR LAVUE
  • Dorman Sara (sous réserve), sciences politiques, University of Edinburgh
  • Dupont Véronique, démographe-études urbaines,  Institut de Recherche pour le Développement, UMR CESSMA
  • Erazo Jaime, études urbaines, Facultad latinoamericana de Ciencias Sociales (Quito), Universidad Nacional Autónoma de México
  • Erdi-Lelandais Gülçin, sociologue, CNRS, UMR CITERES
  • Giglia Angela, anthropologue, Universidad Nacional Autónoma de México
  • Giorghis Fasil (sous réserve), architecte et urbaniste, Ethiopian Institute of Architecture, Building Construction and City Development, Addis Ababa University
  • Kuymulu Mehmet Bariş, études urbaines, Middle East Technical University, UNESCO, Ankara
  • Nativel Didier, historien, Université Paris Diderot, UMR CESSMA
  • Nicholls Walter, urbaniste et sociologue, University of California Irvine
  • Owusu Georges, géographe, Department of Geography and Resource Development, University of Ghana Legon
  • Pezzano Antonio, sciences politiques, Dipartimento Asia Africa e Mediterraneo, Università degli Studi di Napoli "L'Orientale"
  • Prévôt-Schapira Marie-France, géographe, Université Paris 8, UMR CREDA
  • Robinson Jennifer, géographe, Department of Geography, University College London
  • Semmoud Nora, aménagement de l’espace et urbanisme, Université François Rabelais-Tours, UMR CITERES
  • Soares Goncalves Rafael, historien et juriste, Pontifícia Universidade Católica do Rio de Janeiro
  • Zamorano-Villarreal Claudia, anthropologue, Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social, Mexico
  • Zérah Marie-Hélène, études urbaines, Institut de Recherche pour le Développement, UMR CESSMA

Bibliographie

  • Aubriot, J., et L. Moretto. 2013. « Le droit à l’eau au Sud, un outil paradoxal pour penser le droit à la ville: entre coproduction et contestation des services urbains ». In La Ville comme bien commun: Planification urbaine et droit à la ville, édité par I. Boniburini, J. Le Maire, L. Moretto, et H. Smith, 62‑81. 9. Bruxelles : La cambre-horta.
  • Bayat, A. 2010. Life as Politics: How Ordinary People Change the Middle East. Stanford: Stanford University Press.
  • Belda-Miquel, Sergio, Jordi Peris Blanes, et Alexandre Frediani. 2016. « Institutionalization and Depoliticization of the Right to the City: Changing Scenarios for Radical Social Movements ». International Journal of Urban and Regional Research 40 (2): 321‑39. doi:10.1111/1468-2427.12382.
  • Boudreau, Julie‐Anne, Nathalie Boucher, et Marilena Liguori. 2009. « Taking the Bus Daily and Demonstrating on Sunday: Reflections on the Formation of Political Subjectivity in an Urban World ». City 13 (2‑3): 336‑46. doi:10.1080/13604810902982870.
  • Brenner, N., P. Marcuse, et M. Mayer. 2009. « Cities for people, not for profit ». City 13 (2‑3): 176‑84. doi:10.1080/13604810903020548.
  • Brown, A. 2010. e-Debate 1 Report: Taking forward the right to the cityUN-HABITAT. http://www.unhabitat.org/downloads/docs/Dialogue1.pdf.
  • Costes, L. 2010. « Le Droit à la ville de Henri Lefebvre : quel héritage politique et scientifique ? » Espaces et sociétés 140‑141 (1): 177. doi:10.3917/esp.140.0177.
  • Carrión F., Erazo J. (ed.). 2016. El derecho a la ciudad en América Latina. Visiones desde la política, México, Unam.
  • Harvey, D. 2003. « The Right to the City ». International Journal of Urban and Regional Research 27 (4): 939‑41. doi:10.1111/j.0309-1317.2003.00492.x.
  • Holston, James. 2008. Insurgent citizenship: disjunctions of democracy and modernity in Brazil. In-formation series. Princeton: Princeton University Press.
  • Huchzermeyer, Marie. 2011. Cities with « slums »: from informal settlement eradication to a right to the city in Africa. Claremont, South Africa: UCT Press.
  • Jouve, B. 2009. « Entretien avec Bernard Jouve ». Collège international de Philosophie | Rue Descartes 1 (63): 74‑95.
  • Kuymulu, M. B. 2013. « The Vortex of Rights: ‘Right to the City’ at a Crossroads ». International Journal of Urban and Regional Research 37 (3): 923‑40. doi:10.1111/1468-2427.12008.
  • Lefebvre, H. 1968. Le Droit à la ville. Economica-Anthropos (3e édition) 2009. Paris: Éditions du Seuil.
  • Mayer, Margit. 2009. « The ‘Right to the City’ in the Context of Shifting Mottos of Urban Social Movements ». City 13 (2‑3): 362‑74. doi:10.1080/13604810902982755.
  • Mitchell, Don. 2003. The Right to the City: Social Justice and the Fight for Public Space. New York: Guilford Press.
  • Morange Marianne, Spire Amandine, à paraître, « Diritto di fatto alla città ». Soggettività dei cittadini sfollati o ricollocati e riordino neoliberale dello spazio a Città del Capo e Lomé, Afriche e Orienti.
  • Morange Marianne, Planel Sabine, Spire Amandine, à paraître, " Mise en ordre et aux normes : relire le droit à la ville depuis le Sud ?", numéro spécial de la revue Métropoles
  • Nicholls Walter, Vermeulen Floris, 2012, "Right through the city: the urban basis of immigrant rights struggles in Amsterdam and Paris", in Michael Peter Smith et Michael McQuarrie (dir.), Remaking Urban Citizenship: Organizations, Institutions, and the Right to the City, Transaction Publishers.
  • Uitermark Justus, Nicholls Walter, Loopmans Maarten, 2012, "Cities and social movements: theorizing beyond the right to the city", Environment and Planning A, vol. 44, p. 2546 – 2554
  • Parnell, S., et E. Pieterse. 2010. « The ‘Right to the City’: Institutional Imperatives of a Developmental State ». International Journal of Urban and Regional Research 34 (1): 146‑62.
  • Purcell, M. 2002. « Excavating Lefebvre: The right to the city and its urban politics of the inhabitant ». Géojournal 2‑3 (58): 99‑108.
  • Purcell, Mark. 2013. « To Inhabit Well: Counterhegemonic Movements and the Right to the City ». Urban Geography 34 (4): 560‑74. doi:10.1080/02723638.2013.790638.
  • Samara, T.R., S. He, et G. Chen, éd. 2013. Locating right to the city in the global south. Vol. 43. Routledge.
  • Souza, Marcelo Lopes de. 2009. « Cities for People, Not for Profit—from a Radical‐libertarian and Latin American Perspective ». City 13 (4): 483‑92. doi:10.1080/13604810903298680.
  • Zérah, M-H. 2011. « Water and sanitation : barriers to universalization ». In Urban policies and the right to the city in India : rights, responsibilities and citizenship, édité par M-H. Zérah, V. Dupont, et St. Tawa Lama-Rewal. UNESCO & Centre de Sciences Humaines.

Presentation

International conference: « The Right to the City in the South, everyday urban experience and rationalities of government »

University Paris Diderot, CESSMA, 15-16-17 November 2017

The concept of the Right to the City has recently resurfaced in academic and activist circles, adopting a number of different meanings in the process (Kuymulu 2013). Research in Urban Studies addressing the issue of the Right to the City has expanded significantly since the 2000s. This renewed interest was kickstarted by radical Anglophone researchers based in the Northern hemisphere, who mobilized Henri Lefebvre's writings (Lefebvre 1968) to theorize an agenda of resistance against neoliberal socio-economic and political transformations (Purcell 2002; Harvey 2003; Mitchell 2003; Brenner, Marcuse, and Mayer 2009). In parallel, in a more reformist perspective, the institutionalization and codification of bona fide Rights explicitly modeled after the Right to the City took place, thoroughly transforming the latter in the process. As a result, the Right to the City is now also mobilized in a regulatory, legal, technical and applied frame aiming at the promotion of both plural and quantifiable social rights agendas, prefiguring the advent of a Second Generation of Human Rights. Critiques have been prompt to warn against the watering down of the critical and political dimensions of the notion brought by such an extension (Belda-Miquel, Peris Blanes, and Frediani 2016; Purcell 2013; Mayer 2009).

The tension between revolutionary agenda and reformist programme, as well as the potential watering down of the critical dimension of the notion, seem particularly visible in cities of the South. Indeed, developmental interpretations of the Right to the City recommending an institutionalization of Rights have become very popular (Parnell and Pieterse 2010; Brown 2010; Zérah 2011; Aubriot and Moretto 2013). Research on cities of the South have overwhelmingly adopted this perspective. As a direct result, the Right to the City has made its way in the agendas of international institutions such as the U.N. (Jouve 2009; Costes 2010) or in national legislations, in particular in Brazil (Lopez de Souza, 2009). At the same time, the notion of the Right to the City has been taken over by Neomarxist researchers, or more broadly researchers with a political and critical perspective, from the South. The notion in this case is mobilized to think the rise of democratic participation and forms of political resistance in a context of growing intra-urban inequalities caused by neoliberalism (Samara, He, and Chen 2013; Carrión and Erazo 2016). These various scientific productions and theoretical angles do not easily talk to or inform each other. Furthermore, the issue of the status of the Right to the City remains open: it is at times mobilized by researchers as a slogan and a political programme, at times as an analytical category, and sometimes both at the same time. Confronted to this difficulty, we propose a decentering of the critical capacity of the notion of the Right to the City, aiming at focusing on the interplay between urban policies and oridnary, everyday urban experience. Inspired by the works of W. Nicholls & F. Vermeulen (2012) and of J.-A. Boudreau, N. Boucher & M. Liguori (2009), who all take into consideration the role of ordinary city experience in the conscientization and political mobilization of city-dwellers, we want to take the Right to the City as a useful analytical concept in order to understand the relations between the daily practices of city-dwellers and rationalities of government. In this sense, we want to introduce the notion of a "De facto Right to the City".

This "De facto Right to the City" characterizes the process of spatial and social ordering played at the intersection between public action (the designing of public policies, the practices of agents of the state...) and urban daily practices, insofar as this interplay produces recognizable routines (Morange & Spire, forthcoming, and Morange, Spire & Planel, forthcoming). The notion of a "De facto Right to the City" aims at identifying the way city-dwellers participate in the construction of a social and spatial order in the city by means of, inter alia, the daily repetition of gestures, the consolidation of social connections, the practical compliance to collective rules, the means of occupying and appropriating space... We claim that the actual conditions of city life influence the means of existing and projecting oneself in the city. The "De facto Right to the City" forces us to identify what in urban experiences leads to the formation of a normative conception of one's place in the city, of what can and must be the urban, spatial, political and social order. In fine, it also questions the temporalities of these processes and the way they institutionalize in the long term.

The proposed conference aims at gathering researchers working on the political dimension of the daily practices of urban dwellers. Such urban practices have been on the agenda of Urban Studies scholars working in cities of the South for a long time: they have produced research on urban anchoring and integration to the city, or on the construction of citadinité (“cityness”). The conference wishes to expand these works and to question the political dimension of ordinary urban practices in the South. The issue of the dimension and of the political potential of ordinary urban practices has been explored via the emergence of a Right to Informality (Huchzermeyer 2011), via the exploration of the insurgent dimension of urban citizenship (Holston 2008), or via the analysis of the" quiet encroachment" capacities of city dwellers which establishes them as political subjects (Bayat 2010). Mobilizations and processes of political conscientization have also been explored in their relationship to the plurality of urban experience and condition (Uitermark et al. 2012). These debates remind us that it is through their practices of urban space that city dwellers experience processes of social exclusion, of relegation, of marginalization, but also of political and social integration, of assertion of forms of partly local citizenship whose exact nature is difficult to pinpoint. Simply put, the idea of a "De facto Right to the City" forces us to take into consideration urban practices in their dual dimensions of conformity and subversion.

The construction of a "De facto Right to the City" can be observed through the analysis of classic topics for research in cities of the South, such as housing, service delivery, public space, informal trading, and the places of migration. These topics can help us apprehend the various forms of interaction between city-dwellers and agents of the state taken in a broad sense. These interactions are constitutive of city lives in the long term and can be observed in daily routines. They are particularly visible on the occasion of public interventions: regularization processes, the implementation of migration policy and the accompanying invisibilization/visibilization of migrants, or the restructuring/rehabilitation of informal settlements. These particular transitional times appear as privileged and fruitful to analyze the "De facto Right to the City" understood not as an end to open political conflict mobilization, urban struggles, etc., but as a process of constant readjustments in the production of norms, between urban experiences and rationalities of government.

Proposals can consist in empirical case studies addressing the different debates around the Right to the City. They can also consist in theoretical approaches questioning for instance the issue of the mobilization of the Right to the City in Social Sciences, as well as its normative dimension. They can also consist in epistemological contributions addressing how research based on cities of the South can, and under what conditions, mobilize a notion forged and developed for cities of the North. The conference is also open to contributions from cities of the North, insofar as they specifically encompass a comparative dimension with cities of the South.

The conference will be held in French and English. Proposals originally written in Spanish and Portuguese will be selected insofar as a visual presentation (slides) in English or French is provided by the author. For technical and financial reasons, simultaneous translation will not be available during the conference but the organizers will facilitate exchanges in all four languages during the collective discussions.

Submission guidelines

This conference is part of a research project on the Right to the City hosted since 2013 by CESSMA (Centre d'Etudes en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques) by research collective Dalvaa (https://dalvaa.hypotheses.org/). The project is funded by Ville de Paris as part of their « Emergences » initiatives.

Partial funding will be available for researchers who wish to give a presentation but cannot benefit from funding from their home institution. Priority will be given to researchers holding precarious positions.

Proposals for the conference must be sent to the following address:

colloquedalv2017@gmail.com

by the 4th May 2017 at the latest

They should consist in a title, an abstract no longer than 500 words, a short presentation of the author(s) (name, home institution and position, email address) as well as a short bibliography.

Organizing committee

  • Marianne Morange (Paris Diderot-CESSMA-IUF)
  • Sabine Planel (IRD-Imaf)
  • Aurélie Quentin (Paris Nanterre-UMR LAVUE)
  • Amandine Spire (Paris Diderot-CESSMA)

Scientific secretary

  • Isabelle Nicaise, Secrétariat-Gestion CESSMA - UMR 245, Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouges, Bureau 817, Rue Albert Einstein, 75013 PARIS, France

Scientific committee

  • DALVAA research group (https://dalvaa.hypotheses.org/colloque-2017)
  • Aholou Cyprien, sociology, University of Lomé, project manager of the Greater Lomé City Development Strategy
  • Arabindoo Pushpa, architecture and planning, Department of Geography, University College London
  • Ballard Richard, geography, Gauteng City-Region Observatory/University of the Witwatersrand-Johannesburg
  • Barrera Augusto, urban studies, Facultad latinoamericana de Ciencias Sociales, Quito
  • Cravino Cristina, anthropology, Universitad de Buenos Aires, Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Técnicas
  • Da Cunha Neiva, anthropology Universidade Estadual do Rio de Janeiro, LeMetro/IFCS-UFRJ
  • Deboulet Agnès, sociology, University Paris 8, UMR LAVUE
  • Dorman Sara (to be confirmed), political sciences, University of Edinburgh
  • Dupont Véronique, demography - urban studies,  Institut de Recherche pour le Développement, UMR CESSMA
  • Erazo Jaime, urban studies, Facultad latinoamericana de Ciencias Sociales (Quito), Universidad Autónoma Metropolitana, Mexico
  • Erdi-Lelandais Gülçin, sociology, CNRS, MSH-UMR CITERES
  • Giglia Angela, anthropology, Universidad Autónoma Metropolitana, Mexico
  • Giorghis Fasil (to be confirmed), architecture and urban planning, Ethiopian Institute of Architecture, Building Construction and City Development, Addis Ababa University
  • Kuymulu Mehmet Bariş, urban studies, Middle East Technical University, UNESCO, Ankara
  • Nativel Didier, history, University Paris Diderot, UMR CESSMA
  • Nicholls Walter, sociology, University of California Irvine
  • Owusu  Georges, geography, Department of Geography and Resource Development, University of Ghana Legon
  • Pezzano Antonio, political sciences, Dipartimento Asia Africa e Mediterraneo, Università degli Studi di Napoli "L'Orientale"
  • Prévôt-Schapira Marie-France, geography, University Paris 8, UMR CREDA
  • Robinson Jennifer, geography, Department of Geography, University College London
  • Semmoud Nora, urban planning, University François Rabelais-Tours, UMR CITERES
  • Soares Goncalves Rafael, history and legal studies, Pontifícia Universidade Católica do Rio de Janeiro
  • Zamorano-Villarreal Claudia, anthropology, Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social, Mexico
  • Zérah Marie-Hélène, urban studies, Institut de Recherche pour le Développement, UMR CESSMA

Bibliography

  • Aubriot, J., & L. Moretto. 2013. « Le droit à l’eau au Sud, un outil paradoxal pour penser le droit à la ville: entre coproduction et contestation des services urbains ». In La Ville comme bien commun: Planification urbaine et droit à la ville, I. Boniburini, J. Le Maire, L. Moretto, & H. Smith (eds.), 62‑81. 9. Bruxelles : La cambre-horta.
  • Bayat, A. 2010. Life as Politics: How Ordinary People Change the Middle East. Stanford: Stanford University Press.
  • Belda-Miquel, Sergio, Jordi Peris Blanes, & Alexandre Frediani. 2016. « Institutionalization and Depoliticization of the Right to the City: Changing Scenarios for Radical Social Movements ». International Journal of Urban and Regional Research 40 (2): 321‑39. doi:10.1111/1468-2427.12382.
  • Boudreau, Julie-Anne, Nathalie Boucher, & Marilena Liguori. 2009. « Taking the Bus Daily and Demonstrating on Sunday: Reflections on the Formation of Political Subjectivity in an Urban World ». City 13 (2‑3): 336‑46. doi:10.1080/13604810902982870.
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Lieux

  • CESSMA - Université Paris Diderot
    Paris, France (75)

Dates

  • jeudi 04 mai 2017

Mots-clés

  • droit à la ville/villes du Sud/pratiques citadines/normes

Contacts

  • Sabine Planel
    courriel : sabine [dot] planel [at] ird [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Sabine Planel
    courriel : sabine [dot] planel [at] ird [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Droit à la ville au Sud, expériences citadines et rationalités de gouvernement », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 15 mars 2017, http://calenda.org/398920