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Enjeux épistémologiques des recherches sur les Bretagnes médiévales en histoire, langue et littérature

Epistemological Issues of Research on Medieval Britain and Brittany in History, Language and Literature

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Publié le lundi 20 mars 2017 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Depuis une cinquantaine d’années, le champ d’étude des Bretagnes médiévales a suscité des approches et des questionnements à la fois divergents et renouvelés. Ces changements aboutissent aujourd’hui à une situation contrastée, où de nombreux domaines du savoir paraissent en chantier, pour ne pas dire comme un champ de bataille où il semble difficile de réconcilier les résultats apparemment opposés obtenus suivant des démarches différentes. Dans quelle mesure et de quelle manière la culture populaire et l’oralité ont-elles par exemple été traitées et intégrées à ce champ de recherche ? Comment s’est-on interrogé, peut-on encore s’interroger, avec quels présupposés et dans quelle perspective, sur les origines de la légende arthurienne ou des vies de saints ? La sociolinguistique peut-elle contribuer à renouveler l’approche des langues médiévales ? Dans le domaine de l’archéologie, comment les résultats des fouilles ont-ils été analysés et interprétés et quel usage en est il fait aujourd’hui ?

Annonce

Présentation

Enjeux épistémologiques des recherches sur les Bretagnes médiévales en histoire, langue, et littérature

Brest, université de Bretagne Occidentale, 12-14 décembre 2017
CRBC (Centre de Recherche Bretonne et Celtique, EA4451) / Institut Universitaire de France

Depuis une cinquantaine d’années, le champ d’étude des Bretagnes médiévales a suscité des approches et des questionnements à la fois divergents et renouvelés. Ces changements aboutissent aujourd’hui à une situation contrastée, où de nombreux domaines du savoir paraissent en chantier, pour ne pas dire comme un champ de bataille où il semble difficile de réconcilier les résultats apparemment opposés obtenus suivant des démarches différentes. Dans quelle mesure et de quelle manière la culture populaire et l’oralité ont-elles par exemple été traitées et intégrées à ce champ de recherche ? Comment s’est-on interrogé, peut-on encore s’interroger, avec quels présupposés et dans quelle perspective, sur les origines de la légende arthurienne ou des vies de saints ? La sociolinguistique peut-elle contribuer à renouveler l’approche des langues médiévales ? Dans le domaine de l’archéologie, comment les résultats des fouilles ont-ils été analysés et interprétés et quel usage en est il fait aujourd’hui ?

Ce sont là quelques questions qui nous poussent à rassembler les disciplines qui s’intéressent aux Bretagnes médiévales, c'est-à-dire l’Armorique et les îles britanniques, pour questionner leurs fondements. En effet, que ces disciplines se consacrent uniquement à la période intermédiaire entre l’Antiquité et la Renaissance, ou qu’elles ouvrent leur  réflexion sur la représentation des espaces, des langues et des littératures des Bretagnes jusqu’à nos jours, elles semblent aujourd’hui clivées dans leurs démarches mêmes, qui font naître des résultats apparemment irréconciliables.

La période médiévale se prête particulièrement bien à une enquête épistémologique de ce type car le petit nombre de témoignages conservés laisse la place à de nombreuses ambiguïtés. C’est ce qui la rend sujette à des représentations passionnelles et idéologiques révélatrices des tensions et enjeux relatifs aux époques qui s’interrogent sur le Moyen Âge : leur éloignement et leur altérité favorisent des projections fantasmatiques qui doivent être confrontées à l’approche scientifique des disciplines. Nous souhaitons ainsi réfléchir aux rapports entre réalité et fiction, en littérature comme en histoire, ainsi qu’à la question de la construction et de la diffusion des représentations du Moyen Âge entre les spécialistes et le grand public.

Pour ce faire, nous souhaitons engager une recherche épistémologique fondée sur l’analyse critique des connaissances sur les Moyen Âge breton et britannique, ainsi que sur les principes et méthodes diversement élaborés et appliqués dans ce domaine par le passé et jusqu’à nos jours. Les champs d’investigation privilégiés sont l’histoire, la littérature, l’archéologie, l’histoire de l’art, les langues, la linguistique et la sociolinguistique. Par nature interdisciplinaire, le projet ne saurait aboutir à un catalogue des approches et évolutions par discipline ; au contraire, nous avons pour objectif d’élaborer une histoire croisée des disciplines appliquées aux Bretagnes médiévales. Dans quelle mesure les disciplines convoquées peuvent-elles ainsi utiliser les mêmes sources, mener les mêmes questionnements ? Dans quelle mesure leurs objets d’étude sont-ils similaires ou comparables ? Jusque à quel point peut-on travailler à la confluence des différentes disciplines ? Les divergences épistémologiques ne seraient-elles pas plus fortes à l’intérieur des disciplines qu’entre elles ? L’approche épistémologique permet-elle de repousser ou bien au contraire de mieux cerner les éventuelles limites à l’interdisciplinarité ? L’analyse critique des différents domaines de la connaissance scientifique en médiévistique permet-elle d’aborder le terrain d’étude de façon totalement transdisciplinaire ?

Nous sollicitons ainsi des communications portées par des représentants de différentes disciplines, dans la perspective d’une comparaison avec le domaine d’outre-Manche, dans le champ des études sur l’espace breton au sens large : espaces géographiques, espaces représentés dans les textes et les fictions, espaces de production. Nous proposons aux intervenants de réfléchir selon ces trois grandes orientations articulées autour d’un axe dominant, défini par le questionnement sur la confusion ou bien la convergence des disciplines :

Les « Pères fondateurs omniscients » Quelles sont les méthodes, les principes et les connaissances que nous ont légués ceux que l’on peut appeler les Pères fondateurs omniscients, dont les travaux sont aujourd’hui encore reconnus, exploités ou simplement cités dans les différentes disciplines. Ainsi de Léon Fleuriot, celtisant, présenté comme un spécialiste de l’histoire médiévale de la Bretagne et qui a dirigé une Histoire littéraire et culturelle de la Bretagne[1], d’Hersart de La Villemarqué, rendu célèbre au XIXe siècle par l’écriture des chants populaires d’Armorique dans le Barzaz-Breiz, mais qui a également consacré plusieurs ouvrages à la littérature arthurienne et aux textes médiévaux composés dans différentes langues celtiques, de Ferdinand Lot, connu chez les littéraires comme le pionnier des études sur le roman du Lancelot en prose[2] et chez les historiens pour ses études sur le haut Moyen Âge franc et son admiration des méthodes allemandes… On pourra s’intéresser encore par exemple aux travaux du chanoine Falc’hun, d’Emile Ernault, de Joseph Loth, d’Edmond Faral et à leurs implications. À ce jour, des travaux de monographie ou des colloques scientifiques ont déjà permis d’approfondir l’histoire de la discipline en mesurant les apports de grandes figures de la médiévistique comme Gaston Paris[3], Joseph Bédier[4] ou Paul Zumthor[5]. Dans le domaine celtique, les travaux menés sur les collecteurs[6]ont permis de mieux comprendre le rapport entre le Moyen Âge et le nationalisme romantique. Il s’agira dans cette première perspective, d’étudier le rapport entre les disciplines convoquées dans les premières études médiévales, lesquelles ont dessiné le monde clos et secret des origines romantiques ; il s’agira corollairement d’en proposer une cartographie et d’estimer sa postérité. Quelles sont les filiations et les transmissions entre les différentes écoles et les premières générations de savants et de chercheurs ? Dans quel contexte les premières théories et recherches sur les Bretagnes médiévales ont-elles émergé ? Structurent-elles encore les différentes approches disciplinaires ?

[1] Léon Fleuriot (dir.), Histoire littéraire et culturelle de la Bretagne, Paris, Champion / Slatkine, 1987.

[2] Ferdinand Lot, Etude sur le Lancelot en prose, Paris, Champion, 1918.

[3] Ursula Bähler, Gaston Paris et la philologie romane, Genève, Droz, 2004.

[4] Alain Corbellari, Joseph Bédier, écrivain et philologue, Genève, Droz, 1997.

[5] Un colloque lui a été consacré en octobre 2015 à l’université de Paris Ouest, Nanterre-La Défense, organisé par Jean-René Valette et Idelette Muzart-Fonseca dos Santos : « Poétiques de Paul Zumthor, 1915-2015 ».

[6] Plusieurs volumes sont parus dans la collection « Collecteurs » du CRBC, Brest, UBO, diversement consacrés à Paul Sébillot (2011), François Cadic (2011), Jacques Cambry (2008), Jean-Marie de Penguern (2008), Emile Souvestre (2006) ; Nelly Blanchard, Barzaz-Breiz, une fiction pour s’inventer, Rennes, PUR, 2006 ; Au-delà du Barzaz-Breiz, Théodore Hersart de La Villemarqué, dir. Nelly Blanchard et Fãnch Postic, Brest, CRBC, UBO, 2016.

  1. Nouveaux objets, nouvelles démarches ? Par comparaison, depuis le milieu du XXesiècle, quels sont les nouveaux objets d’étude et quelles démarches leur sont appliquées ? On observe d’une part l’apparition de nouvelles branches disciplinaires spécialisées comme l’histoire des manuscrits distincte de l’histoire des textes et, d’autre part, de nouvelles méthodes d’approche de disciplines bien établies comme le breton médiéval, pour lequel la sociolinguistique vient doubler l’étude de la langue, ou bien l’archéologie, où la génétique vient proposer de nouveaux fondements à l’analyse anthropologique des structures de parenté. Dans le domaine de  la littérature arthurienne, quels sont les apports de la nouvelle critique littéraire sur les récits de la matière de Bretagne ? Comment ont-elles fait par exemple passer au second plan la question ancienne des origines du cycle arthurien ? Les théories de la réception d’Umberto Eco[7] ou de Hans R. Jauss[8] ou bien encore la théorie des mondes possibles et des univers de fiction de Thomas Pavel[9] permettent ainsi d’aborder sous un angle renouvelé les vastes cycles arthuriens et leur « mouvance » inhérente à l’état de la tradition manuscrite. Dans quelle mesure l’étude à peine amorcée des fragments des cycles romanesques arthuriens peut-elle transformer notre regard sur des textes que l’on considère encore souvent comme clos et limités à une forme canonique davantage forgée par des choix éditoriaux ? Que pourront dès lors nous apporter les études sur les transmissions des textes et des manuscrits, au Moyen Âge et depuis le Moyen Âge, sur les contextes littéraire, culturel et historique, sur le rôle social des langues, les compétences langagières, les structures de la pensée… ?
  2. Représentations savantes et populaires. Enfin le projet a pour ambition de clarifier les relations entre les représentations érudites et populaires sur les Bretagnes médiévales depuis l’époque moderne. Comment se sont créées, transformées et diffusées les représentations savantes ? Quelles sont leurs implications dans les pratiques et conceptions populaires et culturelles au sens large ? En lien avec la figure des « Pères fondateurs omniscients », on pourra revenir sur la constitution et l’influence des sociétés savantes à la fin du XVIIIe siècle. Comment les disciplines telles que nous les concevons et pratiquons aujourd’hui se sont-elles séparées : comment est-on passé d’une confusion omnisciente à la convergence inter- et transdisciplinaire ? Pour répondre à ces questions, il sera utile de dresser l’histoire de certaines chaires, notamment la chaire de « celtique », et l’histoire de la discipline des études celtiques. Comment le patrimoine médiéval (patrimoine historique, archéologique, littéraire, linguistique…) a-t-il été perçu et approprié en fonction de ces différents champs disciplinaires ? Par qui ? Quels usages ont pu être faits de ces disciplines pour construire par exemple un mythe national breton ou gallois fondé sur un Moyen Âge fantasmé ? Les situations de part et d’autre de la Manche sont-elles comparables ?

Dans cette perspective, il nous paraît fondamental de faire apparaitre les oppositions, pour mieux analyser leurs fondements et leurs implications idéologiques, aujourd’hui encore. Nous voudrions ainsi non seulement faire le point sur la doxa dans la recherche consacrée aux Bretagnes médiévales en histoire, en langue et en littérature, mais aussi expliquer les points d’achoppement et les désaccords présents en les rattachant aux différentes écoles et  théories scientifiques.

Le dévoiement de certaines pratiques et méthodes d’analyse explique comment certaines interprétations erronées sur l’histoire des Bretagnes et la littérature dite de la « matière de Bretagne » ont vu le jour. Quelle est la part des représentations idéologiques et politiques propres à ces approches ? En histoire, l’intérêt du grand public continue par exemple à soutenir une production aussi pléthorique que régionaliste, malgré les entreprises épistémologiques de déconstruction des « romans nationaux ». Dans le domaine des langues celtiques et du moyen breton, la vision de langues paysannes, transmises de façon figée depuis les temps héroïques continue à dominer certains travaux. Dans le grand public, elle reste dominante, à peine écornée par l’édition d’une littérature bretonne qui parait toujours aussi inattendue[10]. Peut-on donc aujourd’hui envisager une approche critique du terrain d’étude à travers une relation plus consciente et plus distanciée avec les idéologies ? Sur ce point, il semble exister des différences aussi bien régionales que nationales : comment travaille-t-on ici et là, en France et à l’étranger, sur la Bretagne et les îles britanniques du Moyen Âge ?

[7] Umberto Eco, Lector in fabula, Milan, Bompiani, 1979, trad. Paris, Grasset, « Le Livre de Poche », 1985.

[8] Hans Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception, trad. C. Maillard, Paris, Gallimard, 1978 ; «  Littérature médiévale et théorie des genres », dans Théorie des genres, Gérard Genette et al., Paris, Seuil, Points Essais, 1986.

[9] Thomas Pavel, Fictional Worlds, London, Harvard University Press, 1986, trad. Les Univers de la fiction, Paris, Seuil, 1988.

[10] Yves le Berre et Ronan Calvez, Entre le riche et le pauvre. La littérature du breton entre 1450 et 1650, Brest Emgleo Breiz, 2012. Yves le Berre, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530 suivies de trois poèmes, Brest, CRBC, 2011.

Modalités de soumission

Les langues du colloque sont le français et l’anglais. Les actes du colloque seront publiés et les frais des intervenants (transport, hébergement, restauration) seront pris en charge.

Les propositions de communication, sous la forme d’un titre et d’un résumé d’environ 300 mots, sont à envoyer à Hélène Bouget (helene.bouget@univ-brest.fr) et/ou à Magali Coumert (magali.coumert@univ-brest.fr) au plus tard

le 30 juin 2017

Organisation

  • Hélène Bouget (MCF langue et littérature médiévales françaises), université de Bretagne Occidentale, Brest, CRBC (Centre de Recherche Bretonne et Celtique) EA 4451, Institut Universitaire de France
  • Magali Coumert (MCF histoire médiévale), université de Bretagne Occidentale, Brest, CRBC (Centre de Recherche Bretonne et Celtique) EA 4451, Institut Universitaire de France

Comité scientifique

  • Hélène BOUGET, MCF langue et littérature médiévales, CRBC, EA 4451, UBO
  • Magali COUMERT, MCF histoire médiévale, IUF / CRBC, EA 4451, UBO
  • Alain CORBELLARI, PR, littérature médiévale, Université de Neuchâtel et Université de Lausanne
  • Christine FERLAMPIN-ACHER, PR langue et littérature médiévales, CELLAM, EA 3206, Université Rennes 2
  • Yves LE BERRE, PR émérite breton / celtique, CRBC, EA 4451, UBO
  • Florian MAZEL, PR histoire médiévale, TEMPORA, EA 7468, Université Rennes 2
  • Patricia VICTORIN, PR langue et littérature médiévale, HCTI, EA 4249, Université Bretagne Sud (UBS)

Contact

  • Hélène Bouget : helene.bouget@univ-brest.fr
  • Magali Coumert : magali.coumert@univ.brest.fr

Université de Bretagne Occidentale, Faculté Victor-Segalen

Presentation

Epistemological Issues of Research on Medieval Britain and Brittany in History, Language and Literature

Symposium: Brest, University of Western Brittany, 12th to 14th December 2017

CRBC (Centre de Recherche Bretonne et Celtique, EA4451) / Institut Universitaire de France

For around the past fifty years, the field of study concerned with Medieval Britain and Brittany has given rise to both new and divergent approaches and questions. These changes have resulted in a very mixed picture today. Certain fields of knowledge appear to be under construction or reform, while others are coming under fire, a situation that bears witness to the difficulties in reconciling the apparently opposing results obtained by the different approaches. To what extent and in what way have popular culture and orality, for example, been dealt with and integrated into this field of study? What questions have been asked, what questions still need asking, with what presuppositions and in what perspective, concerning the origins of the Arthurian legend or the lives of saints? Can sociolinguistics contribute to renewing the approach taken with respect to medieval languages? How have the results of archaeological excavations been analysed and interpreted, and what use is made of them today?

These are some of the questions that encourage us to bring together all of the disciplines concerned with Medieval Britain and Brittany – the British Isles and Armorica – with a view to questioning their foundations. Indeed, whether these disciplines are devoted solely to the intermediate period between Antiquity and the Renaissance, or whether they extend the scope of their reflection to the representation of spaces, the languages and the literatures of these regions up to the present day, they currently seem to be divided in their very approaches, giving rise to seemingly irreconcilable results.

The medieval period lends itself particularly well to an epistemological investigation of this type, the rare remaining testimonies and accounts leaving room for numerous ambiguities. This is what makes the period so subject to passionate and ideological representations indicative of the tensions and stakes related to the eras that question the Middle Ages. Indeed, their distance and their otherness encourage fantastical and far-fetched projections that must be confronted with the scientific approach of the various disciplines. We thus wish to examine the relationships between reality and fiction, both in literature and in history, as well as the question of the construction and dissemination of representations of the Middle Ages between specialists and the general public.

To this end, we wish to initiate epistemological research based on the critical analysis of knowledge on Brittany and Great Britain during the Middle Ages, as well as on the principles and methods variously developed and applied in this field in the past and up to the present day. The specific fields of investigation concerned are history, literature, archaeology, history of art, languages, linguistics and sociolinguistics. Interdisciplinary in nature, the aim of the project is not to produce a catalogue of approaches and evolutions by discipline. On the contrary, our purpose is to draw up a cross-referenced history of the disciplines applied to Medieval Britain and Brittany. To what extent do these disciplines drEpistemological Issues of Research on Medieval Britain and Brittany in History, Language and Literatureaw on the same sources and examine the same questions? To what extent are their subjects of study similar or comparable? To what extent is it possible to work at the confluence of the different disciplines? Would epistemological divergences not be stronger within the disciplines rather than between them? Does the epistemological approach allow for pushing back or, on the contrary, better defining the potential limits of interdisciplinarity? Does the critical analysis of the various fields of scientific knowledge in the history of the Middle Ages make it possible to approach the field of study in a totally transdisciplinary way?

We are thus looking for papers presented by representatives of different disciplines, in the perspective of a comparison with work carried out in the British Isles in the field of studies on British and Breton areas in the broad sense (geographical areas, spaces represented in texts and fictions, production spaces). We suggest that the speakers base their papers on the following three key topics structured around a main theme defined by questions on the confusion or the convergence of the disciplines.

  1. The “omniscient founding fathers”. What are the methods, principles and knowledge that have been bequeathed to us by those we could refer to as the omniscient founding fathers of this field of study, whose work is still recognized, used or simply cited in the various disciplines today. Léon Fleuriot, Celtologist, considered a specialist in the medieval history of Brittany and editor of Histoire littéraire et culturelle de la Bretagne[1]; Hersart de La Villemarqué, made famous in the nineteenth century by his collection of Breton folk songs in the Barzaz Breiz, but who also devoted several books to Arthurian literature and medieval texts composed in different Celtic languages; and Ferdinand Lot, known in the literary world as a pioneer into studies on the Lancelot-Grail,[2] and among historians for his work on the Frankish Early Middle Ages and his admiration of German methods. These and other works by Canon Falc’hun, Emile Ernault, Joseph Loth or Edmond Faral, for example, could be discussed along with their implications. To date, monographs or scientific symposia have already allowed for furthering the history of the discipline by measuring the contributions of such leading historians of the Middle Ages as Gaston Paris,[3] Joseph Bédier[4] and Paul Zumthor.[5] In the field of Celtic studies, the work carried out on the “Collecteurs”[6] has allowed for better understanding the relationship between the Middle Ages and Romantic nationalism. This first perspective will involve examining the relationship between the disciplines concerned in early medieval studies, and which have depicted the closed and secret world of Romantic origins. This will also involve proposing a cartography of this world and evaluating its posterity. What are the connections between the different schools and the first generations of scholars and researchers, and what knowledge has been passed on? In what context did the first theories and research on Medieval Britain and Brittany emerge? Do they continue to structure the different disciplinary approaches today?

    [1] Léon Fleuriot (ed.), Histoire littéraire et culturelle de la Bretagne, Paris, Champion / Slatkine, 1987.

    [2] Ferdinand Lot, Etude sur le Lancelot en prose, Paris, Champion, 1918.

    [3] Ursula Bähler, Gaston Paris et la philologie romane, Geneva, Droz, 2004.

    [4] Alain Corbellari, Joseph Bédier, écrivain et philologue, Geneva, Droz, 1997.

    [5] A symposium devoted to Zumthor was organized in October 2015 at Paris Nanterre University by Jean-René Valette and Idelette Muzart-Fonseca dos Santos: “Poétiques de Paul Zumthor, 1915-2015”.

    [6] Several volumes appeared in the collection “Collecteurs” published by the CRBC, Brest, UBO, variously dedicated to Paul Sébillot (2011), François Cadic (2011), Jacques Cambry (2008), Jean-Marie de Penguern (2008) and Emile Souvestre (2006); Nelly Blanchard, Barzaz-Breiz, une fiction pour s’inventer, Rennes, PUR, 2006; Au-delà du Barzaz-Breiz, Théodore Hersart de La Villemarqué, ed. Nelly Blanchard and Fãnch Postic, Brest, CRBC, UBO, 2016.

  2. New subjects, new approaches? By comparison, since the middle of the twentieth century, what new subjects of research have appeared and what approaches have been applied to them? We have notably observed the emergence of new specialized disciplinary branches, for example the history of manuscripts, which is distinct from the history of texts. There have also been new approaches to well-established disciplines such as medieval Breton, with sociolinguistics reinforcing the study of the language, or archaeology, where genetics proposes new foundations for the anthropological analysis of kinship structures. In the field of Arthurian literature, what are the contributions of new literary criticism to the narratives of the Matter of Britain? How, for example, have they placed the ancient question of the origins of the Arthurian cycle on the backburner? The reception theories of Umberto Eco[7] or Hans-Robert Jauss,[8] along with Thomas Pavel’s theory of possible and fictional worlds,[9] thus allow us to adopt a renewed perspective in our approach to the vast Arthurian cycles and their “influence” inherent to the status of manuscript tradition. To what extent can the barely initiated study of the fragments of the Arthurian literary cycle transform our understanding of texts that are still often considered as closed and limited to a canonical form that has been forged more by editorial choices? What, then, can we learn from studies on the transmission of texts and manuscripts, both during and since the Middle Ages, on the literary, cultural and historical contexts, the social role of languages, linguistic skills, structures of thought, etc.?

    [7] Umberto Eco, Lector in fabula, Milan, Bompiani, 1979, translation Paris, Grasset, “Le Livre de Poche”, 1985.

    [8] Hans-Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception, translation C. Maillard, Paris, Gallimard, 1978; “Littérature médiévale et théorie des genres”, in Théorie des genres, Gérard Genette et al., Paris, Seuil, Points Essais, 1986.

    [9] Thomas Pavel, Fictional Worlds, London, Harvard University Press, 1986, translation Les Univers de la fiction, Paris, Seuil, 1988.

  3. Scholarly and popular representations. Finally, the project aims to clarify the relationships between scholarly and popular representations of Medieval Britain and Brittany since the early modern period. How were the former representations created, transformed and disseminated? What are their general implications in popular and cultural practices and conceptions? In connection with the figure of the “omniscient founding fathers”, we can discuss the constitution and influence of learned societies at the end of the eighteenth century. How did the disciplines such as we understand and practice them today become separated? In other words, how did we move from omniscient confusion to inter- and transdisciplinary convergence? To answer these questions, it will be useful to trace the history of certain chairs, in particular the “Celtic” chair, and the history of the field of Celtic studies. How has medieval heritage (historical, archaeological, literary, linguistic, etc.) been perceived and appropriated depending on these different disciplinary fields? By whom? What uses have been made of these disciplines in the construction of, for example, a national Breton or Welsh myth based on a fantastical notion of the Middle Ages? Are the situations on both sides of the English Channel comparable? In this perspective, it seems fundamental to us that the papers present opposing points of view in order to better analyse their foundations and their ideological implications to this day. Our aim, therefore, is not only to discuss the doxa in the research devoted to Medieval Britain and Brittany in history, language and literature, but also to explain the stumbling blocks and the disagreements present by linking them to the different schools and different scientific theories. The misuse of certain practices and methods of analysis explains how certain erroneous interpretations of the history of Britain and Brittany and the body of medieval literature known as the Matter of Britain came about. What is the role of ideological and political representations specific to these approaches? In history, the interest on the part of the general public continues, for example, to support a production as excessive as it is regionalist, despite epistemological undertakings to deconstruct “national novels”. In the field of the Celtic languages and Middle Breton, the vision of peasant languages transmitted in a fixed way since the heroic times continues to dominate certain works. It remains dominant among the general public, barely undermined by the publishing of Breton literature, which always seems so unexpected.[10] Is it possible today to take a critical approach to the field of study through a more conscious and distanced relationship with ideologies? On this point, there seem to exist both regional and national differences: how is work being undertaken here and there, in France and abroad, on the Brittany and the British Isles of the Middle Ages? [10] Yves le Berre and Ronan Calvez, Entre le riche et le pauvre. La littérature du breton entre 1450 et 1650, Brest Emgleo Breiz, 2012. Yves le Berre, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530 suivies de trois poèmes, Brest, CRBC, 2011.

Submission guidelines

The languages of the symposium will be French and English. The proceedings will be published and the expenses incurred by the speakers (transport, accommodation, catering) will be covered.

Proposals for papers should be submitted in the form of a title and an abstract of approximately 300 words and sent to Hélène Bouget (helene.bouget@univ-brest.fr) and/or Magali Coumert (magali.coumert@univ-brest.fr)

by 30th June 2017 at the latest

Organization

Hélène Bouget (Lecturer in French Medieval Language and Literature), University of Western Brittany, Brest, CRBC (Center for Breton and Celtic Research) EA 4451, Institut Universitaire de France.

Magali Coumert (Lecturer in Medieval History), University of Western Brittany, Brest, CRBC (Center for Breton and Celtic Research) EA 4451, Institut Universitaire de France.

Scientific committee

  • Hélène BOUGET, MCF langue et littérature médiévales, CRBC, EA 4451, UBO
  • Magali COUMERT, MCF histoire médiévale, IUF / CRBC, EA 4451, UBO
  • Alain CORBELLARI, PR, littérature médiévale, Université de Neuchâtel et Université de Lausanne
  • Christine FERLAMPIN-ACHER, PR langue et littérature médiévales, CELLAM, EA 3206, Université Rennes 2
  • Yves LE BERRE, PR émérite breton / celtique, CRBC, EA 4451, UBO
  • Florian MAZEL, PR histoire médiévale, TEMPORA, EA 7468, Université Rennes 2
  • Patricia VICTORIN, PR langue et littérature médiévale, HCTI, EA 4249, Université Bretagne Sud (UBS)

Contact

  • Hélène Bouget: helene.bouget@univ-brest.fr
  • Magali Coumert: magali.coumert@univ.brest.fr

Université de Bretagne Occidentale, Faculté Victor-Segalen

Lieux

  • Faculté Victor-Segalen - 20 rue Duquesne
    Brest, France (29200)

Dates

  • vendredi 30 juin 2017

Mots-clés

  • Bretagnes médiévales, culture populaire, oralité, sociolinguistique, langues médiévales

Contacts

  • Hélène Bouget
    courriel : helene [dot] bouget [at] univ-brest [dot] fr
  • Magali Coumert
    courriel : magali [dot] coumert [at] univ-brest [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Hélène Bouget
    courriel : helene [dot] bouget [at] univ-brest [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Enjeux épistémologiques des recherches sur les Bretagnes médiévales en histoire, langue et littérature », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 20 mars 2017, http://calenda.org/399002

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