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Transmission - the "enduring desire to endure"

« Ce dur désir de durer »

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Publié le lundi 20 mars 2017 par Elsa Zotian

Résumé

Ce colloque a pour vocation d’apporter une contribution à la compréhension de « l’acte de transmettre » des places professionnelles dans le cas des professions patrimoniales et salariales. Cette thématique correspond à un axe privilégié des travaux du Laboratoire de sociologie et d'anthropologie (LASA), au sein duquel les chercheurs ont testé plusieurs hypothèses dans des mondes professionnels divers. L’acte de transmettre est, dans chacun de ces travaux, analysé à la lumière du paradigme maussien de l’économie du don qu’il convient de dépasser à partir de la comparaison avec des travaux conduits dans d’autres perspectives théoriques et sur d’autres terrains. Élargir le débat scientifique pour enrichir les connaissances des modalités de transmission professionnelle et former les étudiants sont les deux objectifs de ce colloque ouvert à tous.

Annonce

Colloque international de socio-anthropologie, 30 et 31 mars 2017- Amphithéâtre de la MSHE, Besançon, UBFC

Présentation

Ce colloque a pour vocation d’apporter une contribution à la compréhension de « l’acte de transmettre » des places professionnelles dans le cas des professions patrimoniales et salariales. Cette thématique correspond à un axe privilégié des travaux du LASA, au sein duquel les chercheurs ont testé plusieurs hypothèses dans des mondes professionnels divers. L’acte de transmettre est, dans chacun de ces travaux, analysé à la lumière du paradigme maussien de l’économie du don qu’il convient de dépasser à partir de la comparaison avec des travaux conduits dans d’autres perspectives théoriques et sur d’autres terrains. Élargir le débat scientifique pour enrichir les connaissances des modalités de transmission professionnelle et former les étudiants sont les deux objectifs de ce colloque ouvert à tous.

  • 1er session – Désignation du successeur : un mode d’accès à une place professionnelle

Présidence : Charles Suaud, Pr de sociologie émérite,  Université de Nantes

La désignation du successeur est, dans un certain nombre de professions, un mode d’entrée dans le métier,  notamment dans les professions dites patrimoniales (Jacques-Jouvenot D., Guigon S., Gillet M., Schepens F). Les professions non patrimoniales ont elles aussi, fait l’objet d’observation (Schepens F., Girard, Vieille Marchiset G., Helvig L.). Chacune de ces recherches s’accordent pour mettre en évidence des stratégies démographiques à l’origine de la transmission d’une place professionnelle. C’est encore le cas dans d’autres travaux, notamment ceux de Hervé Joly portant sur les modes de désignation « du dauphin » à un poste interne aux grandes entreprises. Charles Suaud dans ses travaux précurseurs sur la vocation des prêtres nous invite à réfléchir sur les conditions objectives qui encadrent le choix du métier.

Au sein du LASA, nous faisons hypothèse de la désignation comme acte premier de la transmission. Elle nous semble une condition indispensable et pour autant non suffisante. Insuffisant également le fait que le successeur désigné s’approprie cet héritage. La transmission ne s’épuise pas dans cette interaction donner-recevoir. En effet, le processus n’est achevé que lorsque le donataire devient à son tour donateur, nouvelle place qui lui permet de s’inscrire dans l’histoire familiale comme le maillon d’une lignée. Par cette inscription, qui le porte à transmettre à son tour, donc à rendre ce dont il a hérité, le nouveau donateur se soumet à un statut de récipiendaire et tente de transmettre ce qu’il a reçu.

  • 2eme session – Habilitation professionnelle

 Présidence : Gilles Vieille Marchiset, Pr. de sociologie,  Université de Strasbourg

Si la désignation fournit une « présomption de compétence » (Stroobants M.  Augustins G.), encore faut-il acquérir les savoirs nécessaires à l’activité. On sait depuis les travaux de G.Delbos et P. Jorion (1984) qu’on ne transmet pas du savoir mais du travail, et plus encore « une place professionnelle » (Jacques-Jouvenot D., Schepens F., 2007). C’est en acte que sont acquises les compétences nécessaires à la réalisation de l’activité. L’apprenant devant affronter des situations de travail problématiques et leur trouver une solution, l’art du transmetteur réside donc en partie dans sa capacité à mettre le nouveau venu face à des épreuves qu’il sera en mesure de dépasser (Stroobants M.). Une première habilitation, réalisée par les pairs, viendra attester la capacité de l’apprenant à travailler dans les règles de l’art. Une seconde habilitation, celle-ci provenant du monde professionnel, signe la reconnaissance d’un statut de professionnel (Schepens F., 2008). La compétence ne se réduit pas à un ensemble de « savoir-faire », c’est aussi la capacité à les activer.

On s’intéressera ici aux conditions de possibilité de mise en œuvre des compétences ainsi qu’à leur importance dans l’obtention/création d’une place professionnelle.

  • 3èmesession – Filiation biologique : un archétype de la filiation professionnelle

Présidence : Françoise Wacquet, Directrice de recherche au CNRS

Pour analyser les processus de filiation professionnelle, la perspective adoptée ici privilégie avant tout les acteurs de l’interaction pas seulement en tant que détenteurs de savoirs ou désireux de les acquérir, mais en tant qu’ils occupent une place de prédécesseur ou de successeur dans le processus. Les liens de parenté, et notamment la relation père/fils, fonctionne comme un modèle de l’interaction entre donateur et donataire, quel que soit le contexte – familial ou non – dans lequel s’inscrivent les acteurs. Quelles différences perçoit-on entre les liens de parenté et ceux de la parenté élective ou virtuelle reconstruite entre un maitre et son élève, entre un professionnel et son apprenti dans des types d’organisation professionnelle différente. En l’absence de parenté biologique, les acteurs fabriquent-ils toujours de la parenté, comme le suggère F. Waquet à propos du monde intellectuel qu’elle étudie. La figure magistrale est-elle toujours calquée sur une figure paternelle ? Cette fabrication de la parenté inscrit donc le savoir et sa transmission dans une logique familiale que l’on soit ou non en présence d’acteurs liés par le sang. On voit alors bien comment en transmettant son savoir, le maître transmet en même temps une chaire ou un poste de professeur, mais aussi une place dans les réseaux professionnels (revues, conseils d’Université...). Cette place constitue un patrimoine au sein duquel, à l’Université comme sur une exploitation agricole, dans une petite entreprise ou dans un service hospitalier, le savoir se transmet. Il nous plaira de questionner cette interaction entre donateur et donataire dans d’autres contextes.

Programme

Jeudi 30 mars

Accueil, 8h30

9h-9h30 Introduction

« Désigner, habiliter, hériter : trois mouvements pour transmettre », Dominique Jacques-Jouvenot, Pr sociologie LASA, UBFC

9h30-12h Désignation du successeur : un mode d’accès à une place professionnelle

Présidence : Charles Suaud « Pour un usage maîtrisé du concept "nomade" de vocation dans l'analyse de l' « acte de transmettre » ». Pr de sociologie émérite, CNS, Nantes.

  • Lucile Girard, Doctorante en sociologie, CGC, UBFC « L'oral du concours d'entrée en IFSI : une sélection en négatif ».
  • Sylvie Guigon, McF en sociologie, LaSA, UBFC « Quand le maître est un pair du père : l’exemple des fromagers de coopératives. »

14h30 – 17 h : Habilitation professionnelle

Présidence : Gilles Vieille-Marchiset, Pr de sociologie UHA Strasbourg. « Devenir, se maintenir, partir. Retour sur le processus de transmission chez les dirigeantes sportives ».

  • Paul Fouilhoux, Doctorant en sociologie, LaSA, UBFC « La compétence entre profession et filière Comté : l’habilitation démonopolisée des fromagers de coopérative »
  • Laëtitia Ogorzelec-Guinchard, McF en sociologie, LaSA, UBFC, « Une habilitation professionnelle détournée : le cas des médecins-experts du sanctuaire de Lourdes »
  • Anna Rosa Favretto, Francesca Zaltron, LAB-SIA, Université du Piémont Orientale, Italie «  Savoirs experts et savoirs de sens commun : la 
construction des compétences professionnelles des pédiatres dans la relation thérapeutique »

Vendredi 31 mars

Accueil 8h30

9h-12h : Filiation biologique : un archétype de la filiation professionnelle

Présidence : Françoise Waquet, DR CNRS, Histoire, Cellf « Fabriquer de la parenté dans le monde du savoir »  

  • Maylis Sposito, Doctorante en sociologie, LaSA, UBFC
 «  Pour l’instant, c’est des filles donc la question ne se pose pas »
  • Hélène Desfontaines, McF en sociologie, Gilles Lazuech, McF en sociologie, Alain Menotti, Doctorant en sociologie, « Pourquoi les patrons pêcheurs sont toujours - ou presque - fils de patron-pêcheurs ? Qu'est ce qui se transmet ? »
  • Florent Schepens, Pr de sociologie, LaSA, UBFC, « Adopter pour inscrire dans une place professionnelle ». 

12h- 12h30 Conclusions

Lieux

  • MSHE, place de l'Arsenal
    Besançon, France (25)

Dates

  • jeudi 30 mars 2017
  • vendredi 31 mars 2017

Mots-clés

  • transmission, entreprise, famill, savoirs, groupe professionnel

Contacts

  • Florent Schepens
    courriel : florent [dot] schepens [at] univ-fcomte [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Florent Schepens
    courriel : florent [dot] schepens [at] univ-fcomte [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Transmettre », Colloque, Calenda, Publié le lundi 20 mars 2017, http://calenda.org/399241