AccueilAvenues et avenirs de la subjectivité politique

Avenues et avenirs de la subjectivité politique

Avenues and futures for political subjectivity

85e Congrès de l’Association francophone pour le savoir (Acfas)

85th congress of the Association francophone pour le savoir (Acfas)

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Publié le mardi 21 mars 2017 par João Fernandes

Résumé

Le concept de subjectivité / subjectivation politique a essaimé depuis Foucault dans une multitude de disciplines et de terrains de pratique. Quels sont ses avantages théoriques et interprétatifs, et quelles actions transformatrices a-t-il inspirées ? La multiplication de ses usages en affaiblit-il la cohérence, et que laisse-t-il dans l’ombre ? Ce colloque entend évaluer la fécondité actuelle et les devenirs possibles de la subjectivité politique au XXIe siècle.

Annonce

Argumentaire

La philosophie politique et les sciences sociales ‘continentales’, ainsi que les idées politiques qui s’en inspirent (comme les féminismes de la 3e vague, les études postcoloniales ou subalternes), font un large usage du concept de ‘sujet’ et de ses dérivés : subjectivité, subjectivation. Il s’agit de placer au centre de la réflexion un concept du sujet compris comme une interruption, un écart, un déplacement d’un dispositif de pouvoir, qui renvoie à une pratique de la résistance, voire à une expérience de la liberté. Jouer la subjectivité/subjectivation contre le ‘sujet’ traditionnel, c’est ainsi demander de quelles possibles institutions elle est porteuse : comment la résistance s’institue-t-elle en un sujet politique, comment penser la consistance temporelle spécifique d’un processus donné de subjectivation, son institution ? Quel est aujourd’hui l’atout théorique de l’usage de la ‘subjectivité politique’ dans la pensée du pouvoir et des normes, et en quoi se distingue-t-elle d’autres propositions contemporaines, comme celles qui privilégient les concepts d’agency ou de self, davantage présentes dans le monde anglo-saxon ? Inversement, que laisse-t-elle dans l’ombre, quels en sont les limites et les effets pervers possibles ? Ce concept a par ailleurs migré dans d’autres champs du savoir, comme la sociologie, le travail social, la santé ou l’éthique du care. Enfin, il présente l’idée d’un sujet incarné (corps, affects, genres) et ancré dans des pratiques, allant du local au global : on peut donc se demander quelle est sa fécondité en regard des orientations pratiques, voire des politiques publiques qu’il est susceptible d’appuyer ou de critiquer, et aussi quels types d’identité et de vécus politiques il permet d’éclairer ou de produire.

Ce colloque entend explorer ces questions dans le triple domaine de la constitution du sujet, des dispositifs de pouvoir et des potentiels d’émancipation. Son objectif principal consiste à identifier l’origine, circonscrire les avenues actuelles et la fécondité potentielle du concept de subjectivité politique, et cela dans différents champs théoriques et pratiques. Il s’agira d’examiner et de discuter les problèmes éthiques, épistémiques, méthodologiques et politiques soulevés par ses usages dans la perspective : a) de comprendre les tensions et les conflits des transformations sociales en cours à travers la pluralité des formes de subjectivité politique qui s’y manifestent, b) d’identifier les nouvelles potentialités démocratiques et d’émancipation qui y sont en émergence, et les défis que cela pose pour l’action collective, c) de mener une réflexion interdisciplinaire et transdisciplinaire (articulations entre recherche, formation et intervention sur le terrain) renouvelée sur les rapports entre subjectivité et politique dans ce contexte.

Programme

Mercredi 10 mai 2017

8h30-8h45 Mot de bienvenue et présentation du colloque par André Duhamel

Séance 1 Ouvertures vers l’autre du sujet

 Présidence : André Duhamel

  • 8h45-9h30 Marc MAESSCHALCK - Centre de philosophie du droit, Université catholique de Louvain,  Entre désir de subjectivation et illusion identitaire. Un principe de non identité
  • 9h30-10h00 Ricardo PENAFIEL- Science politique, Université du Québec à Montréal  ‘Je est un autre’Identités sociales, intérêts communs, actions collectives et subjectivations politiques

10h00-10h15 Questions et discussion

10h15-10h30 PAUSE

  • 10h30-11h00 Thibault TRANCHANT- Philosophie, Université de Sherbrooke La philosophie politique et le sujet de la différence
  • 11h00-11h30 Jean-Cassien BILLIER- Philosophie, Université de Paris IV-Sorbonne  Responsabilité morale collective et sujet politique collectif

11h30-11h45 Questions et discussion

11h45-14h00 Dîner

Séance 2 Biopolitique et subjectivations sur le terrain

Présidence : Nicolas Bernier

  • 14h00-14h30 Christian SAINT-GERMAIN- Philosophie, Université du Québec à Montréal  La mort ‘donnée’, ultime stade de la ‘gratuité’ du modèle québécois
  • 14h30-15h00 Lina ALVAREZ VILLAREAL- Philosophie, Université catholique de Louvain  La physiocratie et la re-production du colonialisme : une lecture décoloniale de l'œuvre de Pierre-Paul Rivière de La Mercier

15h00-15h15 Questions et discussion

15h15-15h30 PAUSE

  • 15h30-16h00 Thierry GUTKNECHT- Réseau Fribourgeois de Santé Mentale (Suisse)  Du travail social à la cité, et retour, en passant par Foucault. Réflexions sur la subjectivité politique du travailleur social
  • 16h00-16h30 Carine DIERCKX- Philosophie et éthique appliquée, Université de Sherbrooke, Travail social, Université du Québec à Montréal  Pouvoirs et subjectivations : quelle portée politique de la réflexivité en travail social ?

16h30-16h45 Questions et discussion

Jeudi 11 mai 2017

Séance 3 Résistances, mobilisations et narrativité

Présidence : Diane Lamoureux

  • 8h30-9h00 Valérie DAOUST- Philosophie, Université d’Ottawa La philosophie du sujet : pertinence et inclusion
  • 9h00-9h30 Nathalie FROGNEUX - Philosophie, Université catholique de Louvain  Subjectivation en politique : le mouvement subjectivant de la résistance
  • 9h30-10h00 Jean-Philippe COBBAUT- Centre d’éthique médicale, Université catholique de Lille  Subjectivité politique et mobilisation des droits fondamentaux dans le champ du handicap

10h00-10h15 Questions et discussion

10h15-10h30 PAUSE

  • 10h30-11h00 Jacques QUINTIN- Médecine/psychiatrie, Université de Sherbrooke  De sujet mutilé à sujet créateur. Pour une politique des formes de vie
  • 11h00-11h30 Alain LOUTE - Centre d’éthique médicale, Université catholique de Lille  Éthique clinique et narrativité : le point aveugle de la subjectivation

11h30-11h45 Questions et discussion

11h45-14h00 Dîner

Séance 4 Écarts, marges et luttes

Présidence : Jacques Quintin

  • 14h00-14h30 Marie-Eveline BELINGA- Institut des études féministes et de genre, Université d’Ottawa / Philosophie, Collège de l’Outaouais Exister en tant que chercheure racisée au Québec
  • 14h30-15h00 Lourdes RODRIGUEZ DEL BARRIO- Travail social, Université de Montréal  Folie, marges et subjectivation politique. Figures plurielles écarts inattendus

15h00-15h15 Questions et discussion

15h15-15h30 PAUSE

  • 15h30-16h00 Nicolas BERNIER - Philosophie et éthique appliquée, Université de Sherbrooke   Jacques Rancière et la tentative d’émancipation politique du mouvement étudiant québécois du printemps 2012
  • 16h00-16h30 Diane Lamoureux - Science politique, Université Laval Comment devient-on sujet politique ?

16h30-16h45 Questions et discussion

Vendredi 12 mai

Séance 5 Risques et politiques du sujet : théories et pratiques

Présidence : Carine Dierckx

  • 8h30-9h00 Julie PERREAULT - Science politique, Université d’Ottawa Entre éthique et politique : le destin du sujet dans l’œuvre de Lawrence Olivier
  • 9h00-9h30 Yasmine JOUHARI- Philosophie/Institut d’éthique appliquée, Université Laval La gestion du risque à l’heure du terrorisme. Basculement du risque subjectivé au risque individualisé.
  • 9h30-10h00 David LONGTIN - Science politique, Université du Québec à Montréal Actes de véridiction, risque de violence et subjectivation politique dans le cadre des luttes socio-environnementales au Honduras (2009-2015)

10h00-10h15 Questions et discussion

10h15-10h30 PAUSE

  • 10h30-11h00 Francis DOLAN - Science politique, Université du Québec à Montréal  Les nouvelles frontières théoriques du marxisme français au tournant des années 60
  • 11h00-11h30 André DUHAMEL- Philosophie et éthique appliquée, Université de Sherbrooke Subjectivité politique de l’amour

11h30-11h45 Questions et discussion

11h45-12h00 Mot de clôture par Carine Dierckx

Responsables

  • André DUHAMEL, Université de Sherbrooke andre.duhamel@usherbrooke.ca
  • Carine DIERCKX, Université du Québec à Montréal et Université de Sherbrooke dierckx.carine@uqam.ca

Voir aussiwww.acfas.ca, colloque 307

Lieux

  • Université McGill
    Montréal, Canada

Dates

  • mercredi 10 mai 2017
  • jeudi 11 mai 2017
  • vendredi 12 mai 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • subjectivité, subjectivation, politique, Foucault, biopolitique, féminisme, narration, émancipation, résistance, travail social

Contacts

  • andré duhamel
    courriel : andre [dot] duhamel [at] usherbrooke [dot] ca
  • Carine Dierckx
    courriel : dierckx [dot] carine [at] uqam [dot] ca

Source de l'information

  • andré duhamel
    courriel : andre [dot] duhamel [at] usherbrooke [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Avenues et avenirs de la subjectivité politique », Colloque, Calenda, Publié le mardi 21 mars 2017, http://calenda.org/399530