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Guerre et correspondance

War and correspondance

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Publié le mardi 21 mars 2017 par João Fernandes

Résumé

Victor Giraud, auteur d’une Histoire de la Grande Guerre, voyait dans la lettre de poilu « l’âme des combattants » ; si la première guerre mondiale a engendré une masse considérable de correspondances de guerre, ces dernières sont apparues bien plus tôt et elles trouveraient leur origine dès l’Antiquité. Comment caractériser le genre des correspondances de guerre ? Existe-t-il des traits intemporels (formels ou thématiques) ou bien la lettre s’est-elle transformée, à mesure que l’art de la guerre s’est modifié ?

Annonce

Argumentaire

Victor Giraud, auteur d’une Histoire de la Grande Guerre, voyait dans la lettre de poilu « l’âme des combattants » ; si la Première Guerre mondiale a engendré une masse considérable de correspondances de guerre, ces dernières sont apparues bien plus tôt et elles trouveraient leur origine dès l’Antiquité. Comment caractériser le genre des correspondances de guerre ? Existe-t-il des traits intemporels (formels ou thématiques) ou bien la lettre s’est-elle transformée, à mesure que l’art de la guerre s’est modifié ?

A qui écrit-on ? La correspondance peut s’inscrire dans un cadre hiérarchique : le général rend ainsi compte de son action à son prince/gouvernement ; mais elle peut également s’inscrire dans le cadre amical ou familial et il s’agit alors de rassurer ses proches. Dans les deux cas, le phénomène de censure ou d’autocensure peut apparaître. La lettre en temps de guerre est un messager bien fragile, tout concourt à perturber la communication : bien souvent l’épistolier souligne les difficultés pour conserver un lien avec la société qu’il a dû quitter et pour laquelle il est un mort en sursis, d’où un rapport particulier au temps présent et à l’avenir. Que se passe-t-il également quand le correspondant se transforme en ennemi ?

Que raconte-t-on ? L’épistolier se dérobe-t-il face aux événements qui le dépassent, en se concentrant par exemple sur le récit des batailles, des mouvements de troupes ? Dans ce cas, l’informativité prime, avec une place importante donnée à l’anecdote, la description plus ou moins marquée par la technicité. Ou bien la guerre est vécue comme une « expérience intérieure » et la lettre devient le lieu propice à l’introspection. Il s’agit moins de faire voir la guerre que la faire ressentir à son interlocuteur : la lettre mentionne alors les sensations éprouvées par un corps malmené, blessé, de même que les états d’âme, tant l’omniprésence de la mort amène à voir le monde différemment. L’urgence de la survie amène souvent à la foi ou à l’amour, et il convient de voir comment ces thèmes sont traités, entre sincérité et emploi de clichés.

Pourquoi raconte-t-on ? La lettre de guerre peut développer une rhétorique afin de mobiliser le destinataire sur le plan idéologique : la politique s’invite, notamment par la définition de valeurs communes (patrie/devoir) ou la figuration de l’ennemi, tantôt pour remettre en question ce qui est considéré comme de la propagande, tantôt pour s’arrimer davantage à un monde que la guerre détruit. De plus, les lettres sont parfois écrites dans le souci de conserver la mémoire des événements : il s’agit alors d’inscrire le temps présent de l’écriture dans le temps long de l’histoire, la lettre accédant au statut de document. Dans le cas des épistoliers artistes, jusqu’à quel point la lettre écrite en temps de guerre a-t-elle préparé une œuvre, voire s’y est substituée ?

Les communications pourront porter sur des corpus de lettres authentiques comme fictives, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, les perspectives comparatistes étant les bienvenues, de même que les autres champs disciplinaires (histoire de l’art, psychologie, sociologie).

Organisation

Le colloque, conjointement organisé par l’école militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan et l’école Navale de Lanvéoc-Poulmic, aura lieu sur les deux sites les 2 et 3 octobre 2017. Participation aux frais de déplacement sous réserve.

Comité scientifique

  • Mme Laurence Campa (PR Littérature du XXe - Nanterre),
  • Mme Anne Chamayou (PR Littérature du XVIIIe - Perpignan),
  • Mme Odile Gannier (PR de Littérature comparée - Nice),
  • M. Dessberg (MCF histoire contemporaine Sorbonne détaché à Saint-Cyr),
  • M. Kowalski (MCF histoire ancienne Sorbonne détaché à Navale).

Envoi des contributions

Les propositions de communication (maximum 300 mots) seront accompagnées d’une notice biobibliographique de l’auteur(e) et seront à adresser aux quatre adresses mentionnées ci-dessous d’ici le 31 mai. Les réponses seront communiquées mi-juin.

Contacts

  • Sandra Cureau (Saint-Cyr) sandra.cureau@st-cyr.terre-net.defense.gouv.fr
  • Anne Debrosse (Saint-Cyr) anne.debrosse@st-cyr.terre-net.defense.gouv.fr
  • Camille Kerbaol (Ecole Navale) camille.kerbaol@ecole-navale.fr
  • Mathieu Gimenez (Ecole Navale) mathieu.gimenez@ecole-navale.fr

Catégories

Lieux

  • Ecole Navale
    Brest, France (29200)
  • Ecoles militaires de Saint-Cyr-Coëtquidan
    Guer, France (56)

Dates

  • mercredi 31 mai 2017

Mots-clés

  • guerre, correspondance, histoire, littérature, censure, introspection, genre, épistolaire

Contacts

  • Camille Kerbaol
    courriel : camille [dot] kerbaol [at] ecole-navale [dot] fr
  • Mathieu Gimenez
    courriel : mathieu [dot] gimenez [at] ecole-navale [dot] fr

Source de l'information

  • Camille Kerbaol
    courriel : camille [dot] kerbaol [at] ecole-navale [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Guerre et correspondance », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 21 mars 2017, http://calenda.org/399575