Calenda - Le calendrier des lettres et sciences humaines et sociales

Les femmes dans l’espace public, 1800-1939

Women in the public space, 1800-1939

Grande-Bretagne, Irlande, Empire et Commonwealth

Great Britain, Ireland, Empire and Commonwealth

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Publié le jeudi 30 mars 2017 par João Fernandes

Résumé

« L’ange du foyer » est l’image la plus répandue que l’on retient des femmes britanniques au XIXe siècle. Cette image réductrice, issue du cadre littéraire, religieux, voire médical ou politique, expression d’un certain positionnement et discours idéologiques, persiste aujourd’hui encore dans l’inconscient collectif, même si elle a déjà été remise en question par la recherche en SHS, ne serait-ce que pour le début du XXe siècle. Le but de cette journée d’étude est de poursuivre ce travail amorcé et de sortir la femme victorienne et édouardienne de son « cloître » ou de sa « sphère », pour s’intéresser aux destins de celles qui occupaient l’espace public en Grande-Bretagne et, par extension, dans son Empire : militantes, exploratrices, artistes, écrivaines, sportives ou bien d’autres.

“The Angel in the House” is the image most commonly retained of British women in the nineteenth century. This reductive and repressive ideal, emerging from values propagated by the literary, religious, medical political discourses of the time, still persists today in the collective unconscious. Although this model has increasingly been questioned by researchers in the humanities, the focus has tended to be on the beginning of the 20th century. This one-day conference aims to pursue this still neglected area, bringing the Victorian and Edwardian woman further out of her “cloister” or “sphere”, and exploring the destinies of those women who occupied the public space in Great Britain, Ireland and, by extension, the Empire: activists, explorers, artists, writers and sportswomen to name but a few.

Annonce

Le 29 septembre 2017, Université de Franche-Comté, Besançon

Argumentaire 

« L’ange du foyer » est l’image la plus répandue que l’on retient des femmes britanniques au XIXe siècle. Cette image réductrice, issue du cadre littéraire, religieux, voire médical ou politique, expression d’un certain positionnement et discours idéologiques, persiste aujourd’hui encore dans l’inconscient collectif, même si elle a déjà été remise en question par la recherche en SHS, ne serait-ce que pour le début du XXe siècle.

Le but de cette Journée d’Etude est de poursuivre ce travail amorcé et de sortir la femme victorienne et édouardienne de son « cloître » ou de sa « sphère », pour s’intéresser aux destins de celles qui occupaient l’espace public en Grande-Bretagne et, par extension, dans son Empire: militantes, exploratrices, artistes, écrivaines, sportives ou bien d’autres.

Nous pourrions envisager un questionnement sur la dialectique de l'affirmation des femmes sur la place publique, qui, pour rester incomplète aujourd'hui encore, a de toute évidence été marquante durant la période que nous proposons d'examiner, avec comme repères l'accession des femmes au droit de vote et à l'université, entre autres.

On se demandera notamment si les femmes ont simplement "forcé la porte" d'un espace public exclusivement masculin, ou si elles ont aussi profité d'un glissement de certaines activités traditionnellement ouvertes aux femmes, par exemple l'activité caritative, vers la sphère politique, voire, dans quelle mesure des femmes n'ont pas provoqué une évolution du débat politique vers l'engagement humanitaire.

De même, il sera intéressant de voir comment les femmes ont pu détourner/ dépasser le clivage public/privé et les relations binaires connexes (culture/nature ; rationalité/ émotivité ; pouvoir/ moralité…) pour déployer ou mettre en avant les qualités prétendument féminines au service de leur propre affranchissement. L’argument de "pureté morale" des femmes avancée par les Suffragettes,  par exemple, avait en fait déjà servi vers 1840 aux femmes de l'Anti-Corn Law League: l'abrogation des Lois sur l'importation des grains fut défendue, non comme une revendication bassement politicienne (c’est à dire dans laquelle une femme respectable ne pouvait se commettre), mais en tant que position humanitaire.

Si ce dernier schéma se révélait prégnant dans les évolutions de cette période, il ne faudrait plus parler de l'arrivée des femmes dans l'espace public comme d'un symptôme parmi d'autres de l'ouverture de la société, mais bien comme d'un facteur ayant infléchi le cours de l'histoire sociale et politique (voir par exemple le rôle de premier ordre des femmes lors du soulèvement de Pâques 1916 en Irlande).

On pourra aussi évoquer la place de la "petite" femme dans les "ombres" de l'espace public : (prostitution, la femme ouvrière), ou bien l'idée d'un espace d'entre-deux, au seuil du public et du privé. Ceci nous permettra de ne pas nous cantonner aux femmes de la classe moyenne et aisée. Dès les années 1810, il y a par exemple des femmes de la classe ouvrière dans le Reform Movement, puis plus tard des femmes Chartistes. Bien que les « petites » femmes soient encore plus modestes ou marginales, pas littéralement "sur le devant de la scène", la précarité économique de leurs ménages les contraint à pénétrer la sphère publique du travail où certains secteurs (l’industrie textile notamment) privilégieront une main d’œuvre majoritairement féminine.

Conférencière invitée 

Florence Binard, Université Paris 7 – Paris Diderot

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Nous serions très heureux de recevoir des propositions de communication en anglais ou français.

Les propositions de communication sont à envoyer à

patrice.bouche@univ-fcomte.fr (CRIT)

shirley.douliere@univ-fcomte.fr (CRIT et CLIMAS)

margaret.gillespie@univ-fcomte.fr (CRIT) 

sous forme de résumé de 300 mots maximum accompagné de 5 mots clés et d’une courte biographie (position, laboratoire, champs de recherche)

Date butoir pour l’envoi des propositions : 2 mai

Réponse au 15 mai

L’objectif est de publier une sélection des communications en anglais et /ou en français

Comité en charge de la  sélection des propositions 

  • Patrice BOUCHE , Université de Franche-Comté, CRIT (Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles, ea3224)
  • Shirley DOULIERE,Université de Franche-Comté, CRIT (Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles, ea3224) et CLIMAS (Cultures et Littératures des mondes anglophones, ea4196)
  • Margaret GILLESPIE, Université de Franche-Comté, CRIT (Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles, ea3224)
29 September 2017, Université de Franche-Comté, Besançon

Argument 

"The Angel in the House" is the image most commonly retained of British women in the nineteenth century. This reductive and repressive ideal, emerging from values propagated by the literary, religious, medical political discourses of the time, still persists today in the collective unconscious. Although this model has increasingly been questioned by researchers in the humanities, the focus has tended to be on the beginning of the 20th century.

This one-day conference aims to pursue this still neglected area, bringing the Victorian and Edwardian woman further out of her "cloister" or "sphere", and exploring the destinies of those women who occupied the public space in Great Britain, Ireland and, by extension, the Empire: activists, explorers, artists, writers and sportswomen to name but a few.

The endorsement of women in the public space, may be viewed in dialectical terms, as an ongoing process which, while it is still not complete today, was a site of increasing negotiation in the long nineteenth century, with women's right to vote and to attend university standing as two particularly noteworthy landmarks.

One important question underpinning our reflection would be whether women simply "broke into" a hitherto exclusively masculine space or if they benefitted from the evolution of some traditionally female realms—charitable institutions’ increased interest in more political concerns for instance—thereby causing a shift in the very terms of political debate towards more humanitarian ends.

Another angle of exploration might be how women were able to circumscribe or even overcome the public / private divide and the gender dualisms that sustained it (culture / nature, rationality / emotionality, power / morality and so forth) by deploying their supposedly feminine qualities in the service of their own emancipation. The argument of women’s greater "moral purity" advanced by the Suffragettes, for example, had in fact already served female members of the Anti-Corn Law League in the period around 1840: their campaign against the importation of grain was couched in pious philanthropic terms that were a far cry from “grossly” political demands that would have been deemed unsuitable for any respectable lady to articulate.

If this pattern were indeed to prove a prominent one in the course of the period under study, it might then be possible to speak of the arrival of women in the public space not just as one of a number of symptoms evidencing the gradual opening up of society, but rather as a factor that in and of itself influenced the course of social and political history (the key role played by women during the Easter Rising of 1916 would be just one example of this).

Another area of investigation would be the status of those “little” women —prostitutes, factory workers— who operated in the shadows or wings of the public space, silently and invisibly transgressing “official” Victorian ideals, or the negotiation by women of in-between spaces, on the threshold of public and private spheres. Working-class women were active in the Reform Movement from the 1810s and they would later join the Chartists. Although women from the lower or under classes were scarcely (if ever) in the public spotlight, their limited household resources often forced them to penetrate the public world of work where certain sectors (the textile industry in particular) actually recruited a predominantly female workforce.

Submission guidelines 

We welcome proposals in English or French.

Please send your abstracts to the organising committee

patrice.bouche@univ-fcomte.fr (CRIT)

shirley.douliere@univ-fcomte.fr (CRIT et CLIMAS)

margaret.gillespie@univ-fcomte.fr (CRIT) 

together with

  • 300-word maximum abstract in French or English
  • Short biographical note (academic position & affiliation, laboratory, area of research)
  • 5 key words 

Deadline for abstracts: May 2nd

Notification: May 15th

A selection of papers will be published

Scientific committee

  • Patrice BOUCHE , Université de Franche-Comté, CRIT (Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles, ea3224)
  • Shirley DOULIERE, Université de Franche-Comté, CRIT (Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles, ea3224) et CLIMAS (Cultures et Littératures des mondes anglophones, ea4196)
  • Margaret GILLESPIE, Université de Franche-Comté, CRIT (Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles, ea3224)

Lieux

  • Université de Franche-Comté, UFR SLHS - 30-32 rue Mégevand
    Besançon, France (25)

Dates

  • mardi 02 mai 2017

Mots-clés

  • femmes, espace public, Grande-Bretagne, Irlande, Empire, Commonwealth

Contacts

  • Margaret Gillespie
    courriel : margaret [dot] gillespie [at] univ-fcomte [dot] fr
  • Patrice Bouche
    courriel : patrice [dot] bouche [at] univ-fcomte [dot] fr
  • Shirley Doulière
    courriel : shirley [dot] douliere [at] univ-fcomte [dot] fr

Source de l'information

  • Margaret Gillespie
    courriel : margaret [dot] gillespie [at] univ-fcomte [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les femmes dans l’espace public, 1800-1939 », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 30 mars 2017, http://calenda.org/400719