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Le rituel culinaire

Cooking as a Ritual

Cuisine et culture dans le monde globalisé du XXIe siècle

Cuisine and culture in the globalized XXIst Century World

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Publié le vendredi 31 mars 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Le symposium « Le rituel culinaire » est pensé comme une réflexion collective autour des approches des pratiques culinaires par les sciences sociales. En proposant l'entrée par la notion de « rituel », ils s'agit d'insister sur le fait que les pratiques culinaires associent des personnes, des gestes et des représentations sociales dans des cadres précis posés collectivement.

Annonce

Lyon, 29 juin 2017

Argumentaire

Si le champ de l’alimentation a mis du temps à intéresser les sciences humaines, il a fini par s’imposer depuis 20 ans comme un domaine à part entière, générant de nombreuses publications dans des disciplines variées (Albala, 2012; Murcott, Belasco & Jackson, 2013), y compris les sciences sociales longtemps réticentes à le considérer comme suffisamment sérieux pour être digne d’intérêt. Toutefois, parmi le large spectre de pratiques et de représentations que recouvre l’alimentation, les pratiques culinaires restent relativement peu présentes. En sociologie et en anthropologie, malgré quelques travaux précurseurs, les recherches concernant les pratiques culinaires restent rares et disparates (Sutton, 2016).

Il est vrai que l’objet est peu évident à aborder, ne serait-ce que par la difficulté de le définir. Qu’est-ce, en effet, que cuisiner ? De la préparation élaborée pendant plusieurs heures au mélange d’une salade en sachet et de maïs en boîte, le type d’opération et le niveau d’investissement diffère très largement selon le contexte et selon les acteurs. En outre, le lien entre le type de pratique et sa définition comme « pratique culinaire » est fortement dépendant de l’aire culturelle concernée (Fischler & Masson, 2008). Au-delà du problème de définition, se pose également la question de la façon d’aborder cet objet, tant il mobilise à la fois des dimensions matérielles, fonctionnelles, techniques, sociales et culturelles. Enfin, les pratiques culinaires, comme plus largement les pratiques alimentaires, sont fortement influencées par la mondialisation, connaissant de ce fait des évolutions, rapides et complexes.

Afin de rendre compte des dimensions sociales et culturelles des pratiques culinaires (qu’elles soient professionnelles ou domestiques) à partir d’une base commune de réflexion, il nous a semblé intéressant de les considérer comme des rituels – dans une approche du terme incluant les « rites profanes » (Rivière, 1995) ou « secular rituals » (Moore & Myerhoff, 1977) –, en considérant les arguments suivants :

  • Les pratiques culinaires sont exécutées dans un espace dédié, avec un matériel spécifique et selon une séquence de gestes précise.
  • Dans de nombreuses sociétés, les personnes habilitées à préparer le repas appartiennent à des groupes sociaux déterminés.
  • Cet ensemble de pratiques est répété régulièrement (quotidiennement) et varie selon le type de repas considéré (repas quotidien, réception d’invités, repas de fête, etc.)
  • Ces gestes répondent à un ensemble de fonctions symboliques, dont la première est de faire rentrer un ensemble d’ingrédients de base dans ce que Jean-Pierre Poulain nomme « l’espace du mangeable », à savoir l’ensemble des éléments ayant fait l’objet d’une sélection par un groupe humain déterminé, en fonction de critères pragmatiques et symboliques, pour pouvoir être ingérés (Poulain, 2002, p. 228-229). Les pratiques culinaires peuvent également avoir pour fonctions, entre autres, l’affirmation d’une identité culturelle spécifique ou la création d’une cohésion de groupe.   
  • L’efficacité des pratiques dépend non seulement de paramètres techniques en lien avec des dimensions physico-chimiques et sensorielles, mais également d’un ensemble de représentations sociales liées à la fois aux produits et aux procédés.

Les communications ne devront pas nécessairement explorer chacune de ces dimensions, mais contribuer à éclairer certains de ces aspects constitutifs de la définition du rituel. Ce faisant, elles pourront notamment aborder (si possible en reliant différents aspects) :

Les dimensions spatiales des pratiques culinaires.

  • Les dimensions matérielles (modalité de choix, équipements à portée symbolique ou identitaire, etc.).
  • L’investissement corporel qu’implique la pratique culinaire.
  • Les normes sociales et les usages conditionnant l’identité des cuisiniers.
  • Les revendications identitaires associées à certaines pratiques culinaires.
  • Les spécificités festives, saisonnières et calendaires des pratiques culinaires.
  • Les représentations sociales associées aux aliments conditionnant les pratiques culinaires.
  • Les évolutions et transformations des pratiques associées aux échanges mondialisés.

Les communications pourront venir de chercheurs en sciences humaines et sociales, mais également d’acteurs issus d’autres domaines (industries agro-alimentaires, ONG, politiques publiques, etc.) confrontés à ces thématiques.

Modalités de transmission des propositions

Les propositions de communication sont à envoyer

pour le 30 avril 2017

au plus tard à l’adresse symposium@institutpaulbocuse.com, avec pour objet « Call Symposium Cooking 2017 ».

Ces propositions (en français ou en anglais) doivent contenir :

  • Une présentation du ou des auteurs
  • Un résumé (300 mots maximum), précisant l’objet du travail présenté, les méthodes utilisées et les résultats obtenus.
  • La préférence des auteurs pour une communication orale ou une présentation sur poster.
  • Les auteurs seront informés de l’acceptation ou du refus de leur proposition le 12 mai 2017 au plus tard.

Comité scientifique

Le comité scientifique de sélection est présidé par Maxime Michaud et composé des chercheurs du Centre de recherche de l’Institut Paul Bocuse (Anestis Dougkas, Agnès Giboreau, Jérémie Lafraire, Maxime Michaud, Laure Saulais).

Informations pratiques

Le symposium se tiendra le 29 juin 2017 à l’Institut Paul Bocuse, Chemin de Calabert, 69130 Ecully (Plan d’accès).

Les frais d’inscription s’élèvent à 100€ (plein tarif) ou 50€ (tarif étudiants) et couvrent les repas et les pauses.

Plus d’informations sur cet événement sur : http://recherche.institutpaulbocuse.com/fr/evenements/, ou sur demande à symposium@institutpaulbocuse.com.

Références citées

Albala, K. (Éd.). (2012). Routledge International Handbook of Food Studies. London ; New York: Routledge.

Fischler, C., & Masson, E. (2008). Manger: Français, Européens et Américains face à l’alimentation. Odile Jacob.

Moore, S. F., & Myerhoff, B. G. (1977). Secular Ritual. Uitgeverij Van Gorcum.

Murcott, A., Belasco, W., & Jackson, P. (2013). The Handbook of Food Research. A&C Black.

Poulain, J.-P. (2002). Sociologies de l’alimentation : les mangeurs et l’espace social alimentaire. Paris: Presses universitaires de France.

Rivière, C. (1995). Les rites profanes. Presses universitaires de France.

Sutton, D. (2016). The Anthropology of Cooking. In J. A. Klein & J. L. Watson (Éd.), The Handbook of Food and Anthropology (p. 349‑369). New York: Bloomsbury Academic.

Lieux

  • Château du Vivier, Chemin de Calabert
    Écully, France (69130)

Dates

  • dimanche 30 avril 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • cuisine, culinaire, cooking, rituel, ritual, mondialisation, culture, globalization

Contacts

  • Maxime Michaud
    courriel : Maxime [dot] Michaud [at] institutpaulbocuse [dot] com

Source de l'information

  • Maxime Michaud
    courriel : Maxime [dot] Michaud [at] institutpaulbocuse [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le rituel culinaire », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 31 mars 2017, http://calenda.org/400895