Calenda - Le calendrier des lettres et sciences humaines et sociales

Critiques du dialogue

The criticism of dialogue - discussion, translation and participation

Discussion, traduction, participation

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Publié le lundi 03 avril 2017 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Le dialogue est-il au coeur de notre vie sociale ? Est-il aujourd’hui un pilier de la démocratie ? Un remède au conflit ou un rempart contre les passions et la violence ? Quels échanges permet-il entre élus et citoyens ou entre experts et profanes ? Le sémianire tente de répondre à ces questions par la critique des théories et des pratiques du dialogue et de leurs usages politiques. Il prend le parti d’explorer les points aveugles du dialogisme et de ses méthodes, de la logique à l’anthropologie, et de l’éthique à la politique, à partir d’auteurs tels que Habermas, Jacques, Latour, Callon, Mansbridge, Rosanvallon, Honneth. Il s’appuie en outre sur un ensemble de cas.

Annonce

Présentation

Nous proposons de mener l’enquête sur les conditions et les limites du dialogue et plus largement, du dialogique : quelle place donnons-nous à l’autre dans nos discours, textes ou paroles ? Mais aussi, quelle place donnons-nous à l’autre de nos discours - les creux, les silences, les non-dits, les implicites, les sujets tabous, mais aussi les émotions, les passions, les effets d’inclusion et d’exclusion, les postures de reconnaissance mutuelle ou de rejet, le conflit ouvert ou larvé, ou l’usage de la violence ? Comment les modèles, les procédures et les dispositifs qui se réclament du dialogisme rendent-ils compte de l’hétérologie - littéralement, de « l’Autre de la raison et du discours » ? D’un point de vue politique, comment un citoyen ou un profane peut-il s’engager dans un débat public, un jury citoyen, ou tout autre dispositif de médiation, de délibération ou de participation démocratique ? Comment peut-il au sein d’un dispositif, sous la contrainte d’une certaine procédure, monter en autonomie - en puissance, en compétence, en motivation et en réflexivité ? De façon plus large, quelles questions l’inclusion du public, du citoyen ou du profane soulève-t-elle dans la vie sociale, publique ou privée, et dans le rapport aux institutions et aux organisations ? Quelles sont les nouvelles formes et dispositifs de discussion, de traduction et de participation qui émergent, se développent, ou au contraire, sont dévoyées et s’étiolent ? Quels sont les attentes, les expériences et les jugements des simples profanes ou citoyens en la matière, à comparer avec ceux des élus et des experts, qu’il s’agisse de la sphère privée (notamment le lieu de travail) ou de la sphère publique ?

Il convient d'inscrire l’interaction dialogique dans son contexte afin de faire ressortir les «à côtés » et les «arrière-plans» de la délibération et de la participation. Le parti pris est de considérer les dispositifs participatifs comme des scènes et des cadres d’interaction spécifique, à la fois normés et bricolés, inscrits dans un contexte toujours spécifique où les participants cherchent à se conformer (ou non) aux rôles plus ou moins définis que l’on attend d’eux. Ainsi, les dispositifs participatifs gagnent à être analysés comme des scènes dont le degré de publicité est variable et où des acteurs en situation de co-présence interagissent et s’ajustent les uns aux autres.

On envisage la possible recomposition d’une forme de gouvernance démocratique qui intègre les dimensions de la conflictualité et pose la question de l’irréductibilité des intérêts en présence. Ainsi, l’enquête collaborative fonctionne moins comme un processus de capacitation que comme une interpellation des subjectivités pour qu’en résulte une «connaissance d’action » nouvelle face à l’environnement et à l’expérience. Il faut prendre en compte la tension entre les logiques individuelles et collectives, les différentes formes d’intérêts et leur éventuelle explicitation dans le déroulement des débats ou au sein des équipes de recherche et dans leur environnement. Cette tension concerne aussi les formes de décision basées sur des connaissances pratiques et l’irruption et le déplacement de normes portées par le dialogue participatif.

Le séminaire s'appuie sur l'ouvrage "critiques du dialogue", publié aux presses du Septentrion, 2016. http://www.septentrion.com/fr/livre/?GCOI=27574100417200

Inscription gratuite et obligatoire (Nom prénom institution) à mart.revel@gmail.com.

Programme

  • 14h30 introduction : L'hétérologie du discours

Sylvain Lavelle (EHESS), Martine Legris Revel (CERAPS)

  • 15h15 Variations sur la méthode : Saisir les à-côtés et les arrières plan de la délibération.

Rémi Lefebvre (CERAPS)

  • 15h45 : Appréhender les publics du débat par les dispositifs de médiation 

Clément Mabi (UTC)

Laurence Monnoyer-Smith (UTC)

  • 16h15 Le dialogisme avant le dialogue

Grégory Corroyer

  • 16h45 Dialogues à l'épreuve : Le débat dans la lutte.

Changement et « vérité » économique dans le conflit Lip (1973) 

Guillaume Gourgues (CRJFC)

  • 17h15 : Conclusion et verre de l'amitié

Lieux

  • Agroparistech - 16 rue claude Bernard
    Paris, France (75)

Dates

  • vendredi 28 avril 2017

Mots-clés

  • Dialogisme, participation, acteur réseau, médiation, grenelle, nanotechnologies, jury citoyen, conflit Lipp, débat public

Contacts

  • Martine Legris Revel
    courriel : mart [dot] revel [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Martine Legris
    courriel : mart [dot] revel [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Critiques du dialogue », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 03 avril 2017, http://calenda.org/401124