Calenda - Le calendrier des lettres et sciences humaines et sociales

Les langues, le langage et la foi dans l'Europe des réformes

Languages and faith in reformist Europe

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Publié le vendredi 05 mai 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Luther a dénoncé le langage officiel de l’Église romaine non seulement comme un des signes de sa corruption, mais surtout comme la source d’un renversement du monde. Il accuse l’Église d’avoir élaboré, au gré de déformations successives, un langage qui, bien loin d’être un canal du « Verbe », s’est mu en un écran de fumée farcesque, rendant invisible Celui qui s’est rendu visible. Ainsi la question de la langue et du langage, par essence reliée à celle du salut, est bien un enjeu essentiel des Réformes.

Annonce

Argumentaire

« Puisque mon Seigneur Christ et sa sainte parole, si chèrement achetée par son sang, sont considérés comme raillerie et discours bouffon, force m’est (…) d’essayer si, moi aussi, j’ai appris à être bouffon et à railler »

Par ces paroles, Luther dénonce le langage officiel de l’Église romaine non seulement comme un des signes de sa corruption, mais surtout comme la source d’un renversement du monde. Il accuse l’Eglise d’avoir élaboré, au gré de déformations successives, un langage qui, bien loin d’être un canal du « Verbe », s’est mu en un écran de fumée farcesque, rendant invisible Celui qui s’est rendu visible. Ainsi la question de la langue et du langage, par essence reliée à celle du salut, est bien un enjeu essentiel des Réformes. La langue, en effet, moyen de communication et « système »  abstrait en attente de sa réalisation par l’entremise du langage, se veut au service de la parole, et de la « Parole ». Ainsi, dans la religion du « Verbe fait chair » où l’invisible s’est rendu visible par le langage total qu’est la personne du Christ, cette question engage une redéfinition du croire et du vivre chrétien au sein de projets réformateurs en concurrence. Qu’il s’agisse des réformes refondatrices « protestantes », de la réforme rénovatrice de l’humanisme évangélique, ou de la réforme catholique, les langages, y compris celui du silence sont autant d’instruments, de signes, de lieux, pour la restauration de la Parole de Vérité, la reformatio de la chrétienté, et par là l’expression de la confession et de la foi. En donnant la parole aux chercheurs venant des mondes latin, anglo-saxon et germanique, ce colloque se propose d’engager une réflexion diachronique et comparative sur le rôle du langage et des langues dans les processus de définition de la foi, de confessionnalisation et de divisions religieuses, dans l’Europe du XVIe siècle.

Programme

Vendredi 9 juin 2017,

Amphithéâtre Guizot

9h00 : Accueil des participants et introduction du colloque

Séance 1 – « Conquérir la parole d’autorité »,

sous la présidence de Caroline Callard (Université Paris-Sorbonne)

  • 9h20-9h45 : José E. Burucúa (Universidad Nacional de San Martín) et Santiago Francisco Peña (Université Paris-Sorbonne -Universidad de Buenos Aires Conicet) : « La poésie macaronique et l'esprit de réforme : le Baldus de Folengo »
  • 9h50-10h15 : Geneviève Gross (Université de Genève) : « Former un langage et éduquer la parole. Des fidèles à édifier, une communauté à construire à l'heure d'une Réforme en devenir dans l'espace francophone (France - Suisse) »

10h15-10h30 : Discussion

Pause café

  • 10h55-11h20 : Robin Briggs (All Souls College, Oxford) : « Catholiques et protestants : les langages du mal »
  • 11h25-11h50 : Tiphaine Guillabert (Universités de Neuchâtel et Paris-Sorbonne) : « Le langage carnavalesque de Luther : faux-pas hérétique ou jeu de masques prophétique ? »

11h50-12h05 : Discussion

Déjeuner

Séance 2 – « Réformer l’Eglise : discipliner le langage ou libérer la langue? »,

sous la présidence de Denis Crouzet (Université Paris-Sorbonne)

  • 14h15-14h40 : Julien Ferrant (Université de Paris-Sorbonne) : « L’Imitatio Christi comme langage : Noël Béda, mesure et démesure de la langue intransigeante»
  • 14h45-15h10 : Carine Skupien-Dekens (Université de Neuchâtel) : « Traduire pour le peuple de Dieu : La syntaxe française dans la traduction de la Bible par Sébastien Castellion, Bâle, 1555 »
  • 15h15-15h40 : Matteo Al Kalak (Università degli studi di Modena e Reggio Emilia) : « Retour à la Parole: philologues hérétiques et évêques conciliateurs (le cas de Modène, 1520-1570) »

15h40-16h00 : Discussion

Pause

  • 16h25-16h50: Xenia von Tippelskirch (Humboldt-Universität zu Berlin) : « Les théologiens luthériens, les injures et le diable (Saint Empire, deuxième moitié du XVIe siècle) »
  • 16h55-17h20 : Guillaume Alonge (Centre européen des études républicaines) : « La langue des évangéliques : du Dialogue en forme de vision nocturne (1524) au Beneficio di Cristo (1543) »

17h20-17h35 : Discussion

Samedi 10 juin 2017,

Amphithéâtre Guizot

9h00 : Accueil des participants

Séance 3 – « Dire sa confession : les langages de la différence »,

sous la présidence de Thomas Maissen (Deutsches Historisches Institut Paris)

  • 9h20-9h45 : Elena Bonora (Università degli Studi di Parma) : « Comprendre et décrire un autre monde. Le voyage de Giovanni Francesco Commendone (1560-62) dans l'Europe des confessions et du pluralisme religieux »
  • 9h50-10h15 : Jérémie Foa (Université Aix-Marseille) : « Ce que la guerre civile fait à la langue : le cas des guerres de Religion (1562-1598) »

10h15-10h30 : Discussion

Pause café

  • 10h55-11h20 : Laura de Mello e Souza (Université de Paris-Sorbonne) : « Malléables, récalcitrants, démoniaques : les images des indiens du Brésil dans les langages de la lutte religieuse au XVIe siècle ».
  • 10h25-11h50 : Nathalie Szczech (Université Bordeaux-Montaigne) : « Ravir les fidèles aux ténèbres. Langage et stratégies discursives au sein du groupe de Neuchâtel »
  • 11h55-12h20 : Massimo Firpo (SNS, Pisa) : « Il linguaggio delle immagini e l'eresia nel Cinquecento italiano. Propaganda e identità? »

12h20-12h35 : Discussion

Déjeuner

Séance 4 – « Exprimer sa foi : les langages de l’ineffable »,

sous la présidence d’Alain Tallon (Université Paris-Sorbonne)

  • 14h15-14h40 : Antoine Roullet (Fondation Thiers / CNRS) : « Dieu à l’exclamatif : usages de la parole, de l’écrit, posture dévote et fabrique de la foi dans les oraisons jaculatoires (Espagne, XVIe-XVIIe siècles) »
  • 14h45-1510 : Lucia Felici (Università degli Studi di Firenze) : « Le langage féminin de l’hérésie au XVI siècle »
  • 15h15-15h40 : Damien Tricoire (Martin Luther Universität – Halle, Wittenberg) : « Le langage du corps: théatralisations jésuites et la conquête des cœurs »

15h40-16hoo : Discussion

Pause

  • 16h25-16h50: Pierre Tenne (Université Paris-Sorbonne) : « Foi parlée et foi chantée à la cour de Henri III : la musique comme langage de l'ineffable ? »
  • 16h55-17h20 : Nicolas Richard (Université de Paris-Sorbonne) : « Des rêves mystiques en trois langues : le carnet d’Ernest Platejs  z Platenštejna (1586-1637) – autour du manuscrit VII G 11 du Klementinum  praguois »

17h20-17h35 : Discussion

Lieux

  • Paris-Sorbonne, Amphithéâtre Guizot - 1 rue Victor Cousin
    Paris, France (75005)

Dates

  • vendredi 09 juin 2017
  • samedi 10 juin 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • réforme, réformation, protestantisme, catholicisme, catholique, protestant, évangélisme, langue, langage, parole, europe, traduction, prédication, corps, foi, religion

Contacts

  • Julien Ferrant
    courriel : ferrantferrant [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Tiphaine Guillabert
    courriel : tiphaine [dot] guillabert [at] laposte [dot] net

Pour citer cette annonce

« Les langues, le langage et la foi dans l'Europe des réformes », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 05 mai 2017, http://calenda.org/404126