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Le temps long des réseaux sociaux numériques

Digital social networks in the long term - Le Temps des Médias. Revue historique journal

Dossier pour «Le Temps des Médias. Revue historique »

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Publié le jeudi 11 mai 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Ce dossier du Temps des médias souhaite mettre au centre de sa démarche une série de questionnements touchant à l’interaction entre (nouvelles) technologies, rythmes ou formats de l’information et (nouveaux) acteurs. Comment et sous quelles conditions l’émergence de nouvelles technologies ou la transformation de technologies existantes agissent-elles sur les rythmes de l’information et font-elles apparaître de nouveaux acteurs ?

Annonce

Argumentaire

Le 15 janvier 2009, un avion de l’US Airways amerrit en urgence au large de New York. Parmi les passagers et l’équipe de bord, tous sains et saufs, plusieurs ont, encore depuis les bateaux de secours, publié leurs photographies sur Twitter ou Flickr. Ainsi, les membres de ces plateformes « sociales » en ligne ont-ils pu être informés de l’événement avant que presse et télévision ne puissent le relater.

Dans ce cas symbolique, les réseaux sociaux numériques ont favorisé la diffusion d’informations. Leur orientation de plus en plus affirmée vers la circulation de l’information transforme ces réseaux en médias, avec des moyens et une infrastructure techniques (Internet, le web et les réseaux sociaux numériques eux-mêmes) qui permettent à leurs membres de participer non seulement à la diffusion mais également à la création et à la mise en forme de ces informations.

Les aspects massifs des réseaux sociaux numériques en ligne – Facebook compte 1,5 milliard d’« utilisateurs » – d’une part et la rapidité de circulation de l’information que Dominique Boullier a décrit comme des « vibrations » intenses et brèves d’autre part poussent des utilisateurs et observateurs de ces plateformes à verser dans le vocabulaire révolutionnaire, coutumier des entreprises de nouvelles technologies. Si la (relative) nouveauté des technologies utilisées par les réseaux sociaux numériques est bien documentée, celle, souvent implicitement considérée comme évidente, des pratiques des utilisateurs/acteurs – réseaux, collectifs ou communautés – de ces services dans les modes d’émergence et de circulation de l’information l’est moins.

Ce dossier du Temps des médias souhaite mettre au centre de sa démarche une série de questionnements touchant à l’interaction entre (nouvelles) technologies, rythmes ou formats de l’information et (nouveaux) acteurs.Comment et sous quelles conditions l’émergence de nouvelles technologies ou la transformation de technologies existantes agissent-elles sur les rythmes de l’information et font-elles apparaître de nouveaux acteurs ? Pour répondre à ces questions, et si le cas des réseaux sociaux numériques est considéré comme emblématique de nouveaux modèles de production et de circulation des informations, ce dossier s’appuiera sur une démarche qui accordera une attention particulière aux approches diachroniques en interrogeant d’autres médias, d’autres technologies, d’autres réseaux, d’autres communautés d’hier et aujourd’hui. À titre d’exemple, nous pouvons évoquer le rôle de l’invention et, surtout, du perfectionnement de l’imprimerie conjugué au rôle de membres du clergé dans la diffusion des 95 thèses de Martin Luther qui, d’après Elizabeth Eisenstein, a pu atteindre 300 000 personnes en trois ans.

Cette approche diachronique nous permettra de réintroduire le temps long dans l’étude des réseaux sociaux numériques, sans nécessairement négliger des temporalités plus courtes.

Il s’agira donc d’analyser des moments de transformation et/ou d’accélération de la circulation de l’information, avec production massive ou significative (relativement à la configuration technologique et culturelle d’une époque) de nouvelles, à des moments où les destinataires de l’information collaborent ou participent à son élaboration ou à sa circulation, à des moments où ces mutations exercent un rôle plus ou moins déterminant dans les modes de fonctionnement des médias. Dans quelle mesure l’émergence d’une technique a-t-elle déjà favorisé la mise en place de médias dits sociaux ? L’histoire d’Internet et surtout celle du web devront également être pris en compte, tout comme la place et le rôle de Facebook ou Twitter. Les années 2000 – l’éclatement de la bulle spéculative des « dotcom » suivie de l’émergence de la notion de web 2.0 – sont empreintes d’une narration de la rupture lorsque l’on parle, notamment, du web. Cette rupture-là devra aussi être discutée, non nécessairement pour la mettre en cause, mais aussi pour, comparée au temps long, en faire émerger les principales caractéristiques.

Modalités pratiques

Les propositions devront être adressées à frederic@clavert.net

avant le 15 juin 2017

(titre, mots-clés, résumé en 3 000 signes maximum, affiliation) ; les réponses seront adressées aux auteurs dans la première quinzaine du mois de juillet. Les articles (35 000 signes) devront être remis le 31 octobre 2017 pour expertise et relecture. La publication est prévue pour le mois de juin 2018.

Coordinateurs du numéro

  • Frédéric Clavert, frederic@clavert.net
  • Martin Grandjean, martin.grandjean@unil.ch
  • Cécile Méadel, cecile.meadel@u-paris2.fr

Catégories

Dates

  • jeudi 15 juin 2017

Mots-clés

  • réseau social numérique, web, diffusion de l'information

Contacts

  • Frédéric Clavert
    courriel : frederic [at] clavert [dot] net

Source de l'information

  • Frédéric Clavert
    courriel : frederic [at] clavert [dot] net

Pour citer cette annonce

« Le temps long des réseaux sociaux numériques », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 11 mai 2017, http://calenda.org/404455