HomeFirst Letters

First Letters

Premières lettres

*  *  *

Published on Wednesday, June 07, 2017 by João Fernandes

Summary

Bien qu’abondantes, les études sur l’épistolaire ne semblent jamais s’être focalisées sur le concept de premières lettres, que ce colloque se propose d’interroger. L’idée même de premières lettres peut s’entendre de différentes manières : il peut s’agir des premières lettres rédigées par un individu, et se pose alors la question formelle du rapport au genre épistolaire, de l’apprentissage d’une écriture codifiée : nous pouvons penser aux lettres d’enfants, aux brouillons de lettres conservés, retouchés et recopiés. Mais la première lettre peut également s’écrire après des années de correspondance : il n’est pas impossible qu’on se soit essayé préalablement à la forme épistolaire quand on écrit ses premières lettres d’amour, sa première lettre à une personne de rang supérieur, sa première lettre de condoléance...

Announcement

Colloque international à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor-Segalen à Brest, les jeudi 24 et vendredi 25 mai 2018

Argumentaire

Bien qu’abondantes, les études sur l’épistolaire ne semblent jamais s’être focalisées sur le concept de premières lettres, que ce colloque se propose d’interroger.

L’idée même de premières lettres peut s’entendre de différentes manières : il peut s’agir des premières lettres rédigées par un individu, et se pose alors la question formelle du rapport au genre épistolaire, de l’apprentissage d’une écriture codifiée : nous pouvons penser aux lettres d’enfants, aux brouillons de lettres conservés, retouchés et recopiés. Mais la première lettre peut également s’écrire après des années de correspondance : il n’est pas impossible qu’on se soit essayé préalablement à la forme épistolaire quand on écrit ses premières lettres d’amour, sa première lettre à une personne de rang supérieur, sa première lettre de condoléance... Au sein d’une correspondance particulière, les premières lettres adressées à un nouveau correspondant, après des années d’échange avec d’autres destinataires, suggèrent encore qu’un épistolier puisse avoir plusieurs premières lettres. L’idée de premières lettres impose également une mise en perspective au regard de la correspondance qui suit : quel rapport existe-t-il entre la première lettre et les suivantes si l’on envisage la correspondance dans la perspective de la série ?

Au cours de ces deux journées de colloque, on pourra s’interroger notamment sur les points suivants :

 - Particularités rhétoriques et génériques des premières lettres : y a-t-il des constantes stylistiques, thématiques, des codes sociaux ou littéraires respectés dans les premières lettres qui permettent d’établir, sans même en connaître la date, qu’elles figurent parmi les premières dans une correspondance ? Quelle place occupent les manuels épistolaires dans l’élaboration de ces écrits ? Comment a évolué au fil de deux siècles la pratique de l’entrée en « épistolature » ?

Les premières lettres au regard de l’ensemble d’une correspondance : s’interroger sur ce qui caractérise les premières lettres, c’est poser la question de la genèse d’une écriture, tenter de mieux comprendre la manière dont une correspondance évolue, dont elle se fait le reflet des changements vécus par l’épistolier, par son destinataire, ou dont elle traduit les aléas de leur relation.

Les premières lettres sont-elles des ébauches, des esquisses, ou bien des matrices, le paradigme de la correspondance future ? En quoi portent-elles déjà les traces de l’échange à venir ? Déterminent-elles, par leur ton, les thèmes abordés ou le rôle qu’elles assignent d’emblée à chacun des épistoliers, l’ensemble de la correspondance entre deux écrivains ?

- Les fluctuations de la notion d’intimité au sein d’une correspondance : comment la notion d’intimité, inhérente à celle de correspondance, prend-elle progressivement place dans un échange épistolaire ? Les premières lettres peuvent-elles déjà être intimes ou sont-elles plus impersonnelles et formelles ?

Les rapports entre les premières lettres et l’œuvre d’un écrivain : que disent ces lettres sur l’écrivain, sur la représentation qu’il se fait de lui-même ou de ceux à qui il s’adresse, sur le contexte d’écriture, ou sur son œuvre à venir ? Ecrire pour la première fois à un écrivain reconnu, n’est-ce pas déjà revendiquer sa place sur la scène littéraire de son temps ? La première lettre connue d’un écrivain est-elle sa première lettre ? La première lettre d’une correspondance littéraire ou celle d’un roman épistolaire portent encore souvent en elles un contenu diégétique et informatif essentiel à la compréhension de l’œuvre, qu’il s’agira d’interroger.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

L’approche pourra être pluridisciplinaire (relation entre l’écrivain, le philosophe, l’artiste…) mais elle privilégiera les correspondances françaises et britanniques.

Les communications (20 minutes) se feront exclusivement en français ou en anglais. Les frais de logement des participants seront pris en charge par les organisateurs.

Les propositions (300 mots) ainsi qu’un titre et une brève note bio-bibliographique sont à envoyer à Catherine Thomas-Ripault (catherine.thomas@univ-brest.fr) et à Alain Kerhervé (alain.kerherve@univ-brest.fr)

avant le 30 juin 2017.

Après consultation d’un comité de lecture, les communications pourront faire l’objet d’une publication.

Organisation

  • Centre d’étude des correspondances et journaux intimes, CECJI-7289

  • Héritages et Constructions dans le texte et l’image, HCTI-EA4249

Comité scientifique international

  • Lorna Clark (Carleton University, Ottawa, Canada)
  • Annick Cossic (HCTI - UBO)
  • Pierre-Jean Dufief (CRP19 - Nanterre)
  • Eric Francalanza (CECJI - UBO)
  • Masha Hansen (Greifswald Universität, Allemagne)
  • Jean-Marc Hovasse (ITEM - CNRS ENS)
  • Emrys Jones (King’s College, Londres)
  • Alain Kerhervé (HCTI - UBO)
  • Clotilde Prunier (Paris Ouest Nanterre La Défense)
  • Catherine Thomas-Ripault (CECJI-UBO)

Bibliographie indicative

  • Altman, Janet G. Epistolarity: Approaches to a Form. Columbus: Ohio State UP, 1982. 235 pp.
  • Ambrière, Madeleine et Loïc Chotard, Nouvelles Approches de l'épistolaire. Lettres d'artistes. Archives et Correspondances, Paris, Champion, 1996. 204 pp.
  • Anderson, Howard, Philip B. Daghlian and Irvin Ehrenpreis, ed. The Familiar Letter in the Eighteenth Century. Lawrence: U of Kansas P, 1966. 306 pp.
  • Bannet, Eve Tavor. Empire of Letters: Letter Manuals and Transatlantic Correspondence, 1680-1820. Cambridge: Cambridge UP, 2006. 348 pp.
  • Bérubé, Georges et Marie-France Silver, La Lettre au XVIIIe siècle et ses avatars, Toronto, éditions du GREF, 1996. 420 pp.
  • Bossis, Mireille, L'Épistolarité à travers les siècles. Geste de communication et/ou d'écriture, Stuttgar,: Franz Steiner Verlag, 1990. 188 pp.
  • Brant, Clare. Eighteenth-Century Letters and British Culture. Basingstoke: Palgrave Macmillan, 2006. 432 pp.
  • Chartier, Roger, Alain Boureau, and Cécile Dauphin, ed. Correspondence. Models of Letter-Writing from the Middle Ages to the Nineteenth Century. Princeton: Princeton UP, 1997. 162 pp.
  • Chartier, Roger, La Correspondance: Les Usages de la lettre au XIXe siècle, Lille, Fayard, 1991. 462 pp.
  • Cook, Elizabeth Heckendorn. Epistolary Bodies: Gender and Genre in the 18th Century Republic of Letters. Stanford: Stanford UP, 1996. 237 pp.
  • Costantini, Mariaconcetta, Francesco Marroni, and Anna Enrichetta Soccio. Letter(s); Functions and Forms of Letter-Writing in Victorian Art and Literature. Rome: Aracne, 2009. 238 pp.
  • Decker, William Merrill. Epistolary Practices. Letter Writing in America before Telecommunications. Chapel Hill: U of North Carolina P, 1998. 286 pp.
  • Diaz, Brigitte, L'Épistolaire ou La Pensée nomade, Paris: PUF, 2002. 271 pp.
  • Grassi, Marie-Claire, Lire l'épistolaire, Paris, Dunod, 1998. xi + 194 pp.
  • Haroche-Bouzinac. Geneviève, L'Épistolaire, Paris, Hachette, 1995. 159 pp.
  • Hoock-Demarle, Marie-Claire, L'Europe des lettres. Réseaux épistolaires et construction de l'espace européen, Paris, Albin Michel, 2008. 493 pp.
  • Howland, John W. The Letter Form and the French Enlightenment: The Epistolary Paradox. New York: Peter Lang, 1991. 191 pp.
  • Hurel, Daniel-Odon, Correspondance et sociabilité, Rouen, PUR, 1994. 126 pp.
  • Kaufman, Vincent, L'équivoque épistolaire, Paris, Éditions de Minuit, 1990. 202 pp.
  • Redford, Bruce. The Converse of the Pen: Acts of Intimacy in the Eighteenth-Century Familiar Letter. Chicago: U of Chicago P, 1986. ix + 252 pp.
  • Siess, Jürgen, et Diaz, Brigitte, L'épistolaire au féminin : Correspondances de femmes XVIIIe-XXe siècle, Caen, PUC, 2006. 260 pp.
  • Whyman, Susan. The Pen and the People: English Letter Writers 1660-1800. Oxford: Oxford UP, 2009. 348 pp.

Places

  • Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor-Segalen
    Brest, France (29)

Date(s)

  • Friday, June 30, 2017

Keywords

  • premières lettres

Contact(s)

  • Alain Kerhervé
    courriel : alain [dot] kerherve [at] univ-brest [dot] fr

Information source

  • Alain Kerhervé
    courriel : alain [dot] kerherve [at] univ-brest [dot] fr

To cite this announcement

« First Letters », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, June 07, 2017, http://calenda.org/407166