Página inicialBoris de Schlœzer, un intellectuel européen

Boris de Schlœzer, un intellectuel européen

Boris de Schlœzer, a European intellectual

Le philosophe, le traducteur, le musicologue, le critique

The philosopher, the translator, the musicologist and the critic

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Publicado Terça, 13 de Junho de 2017 por João Fernandes

Resumo

Boris de Schlœzer (1881-1969) n’a pas, jusqu’à présent, retenu autant qu’il le mérite l’attention des chercheurs. Il est aujourd’hui principalement connu comme l’auteur de l’Introduction à J.-S. Bach et comme traducteur des grands romanciers et dramaturges russes ; mais ce n’est là qu’une partie de son œuvre et de son activité. Les Presses Universitaires de Rennes ont entrepris la réédition de ses textes de théorie et de critique musicale les plus importants, quatre volumes (sur cinq prévus) ont déjà paru. Le moment paraît aujourd’hui venu d’envisager sous toutes ses facettes la personnalité et les travaux de Boris de Schlœzer.

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 Colloque International, Université Rennes 2, les 5-7 avril 2018

Argumentaire

Boris de Schlœzer (1881-1969) n’a pas, jusqu’à présent, retenu autant qu’il le mérite l’attention des chercheurs.  Né d’un père russe et d’une mère belge, beau-frère du compositeur Alexandre Scriabine, émigré en France en 1921, auteur d’une œuvre considérable et multiforme, Boris de Schlœzer est une figure typique d’intellectuel européen. Il est aujourd’hui principalement connu comme l’auteur de l’Introduction à J.-S. Bach et comme traducteur des grands romanciers et dramaturges russes ; mais ce n’est là qu’une partie de son œuvre et de son activité. Les Presses Universitaires de Rennes ont entrepris la réédition de ses textes de théorie et de critique musicale les plus importants, quatre volumes (sur cinq prévus) ont déjà paru. Le moment paraît aujourd’hui venu d’envisager sous toutes ses facettes la personnalité et les travaux de Boris de Schlœzer. Le colloque « Boris de Schlœzer, un intellectuel européen ; le philosophe, le traducteur, le musicologue, le critique » ne sera donc pas exclusivement centré sur les textes les plus connus et étudiés de l’œuvre de Boris de Schlœzer (ses livres et articles sur la musique), son ambition est d’envisager l’ensemble de sa production intellectuelle. Il ne s’agit pas d’écarter les textes portant sur la musique, mais de les relire dans un contexte intellectuel et historique plus exigeant, pour, peut-être, leur reconnaître des significations nouvelles, et plus riches.

Axes thématiques

Six thèmes sont proposés aux intervenants :

- « Boris de Schlœzer, un intellectuel européen ». Ce thème propose une approche biographique, centrée moins sur la vie personnelle de Schlœzer que sur le tissu très riche de ses relations amicales, musicales et intellectuelles. Une place pourrait être faite à la discrète figure de sa nièce Marina Scriabine (1911-1998), musicologue, avec qui il publia Problèmes de la musique moderne (1959) et entretint un dialogue constant. On envisagera les relations de Boris de Schlœzer avec des musiciens comme Stravinsky ou des musicologues comme André Souris, avec des critiques comme Georges Poulet et des écrivains comme Yves Bonnefoy, sans oublier bien sûr Léon Chestov. Boris de Schlœzer représente par ailleurs une figure sans doute typique de l’intellectuel russe en exil parisien dans les années d’entre deux guerres : les liens de Boris de Schlœzer avec l’émigration russe demanderaient à être pris en compte, comme, s’il est possible, ses positions politiques et religieuses.

- « Boris de Schlœzer traducteur, critique littéraire et écrivain ». Boris de Schlœzer a traduit non seulement de nombreux romans et nouvelles de Bounine, Dostoïevski, Gogol, Lermontov, Leskov, Tchekhov, Tolstoï, mais également ce livre inclassable qu’est Athènes et Jérusalem de Léon Chestov. Il a consacré une monographie à Gogol (Plon, 1932, entièrement réécrite pour la réédition, posthume, de 1972), et participé à l’important Colloque de Cerisy sur « Les Chemins actuels de la critique » (1966). Il a, ce qui est moins connu, écrit différents textes de fiction. Également éditeur, Boris de Schlœzer dirigea à partir de 1926 la collection « Jeunes Russes » chez Gallimard (15 titres parus, notamment deux livres d’Ilya Ehrenbourg), consacrée à des écrivains russes post-révolutionnaires (mais non pas anti-soviétiques). Que les traductions de Boris de Schlœzer soient aujourd’hui discutées, voire « dépassées » par les nouvelles traductions proposées ces dernières années, ne rend que plus nécessaire la réflexion sur son travail de traducteur et, plus généralement, de « passeur » de la littérature, de la culture et de la musique russe en France.

- « Boris de Schlœzer et ses correspondants ». La correspondance de Boris de Schlœzer est encore très peu explorée et étudiée. Une partie d’entre elle a été léguée par sa nièce Marina Scriabine à la Médiathèque de Monaco (bibliothèque Louis Notari), mais de nombreuses lettres se trouvent dispersées dans différentes collections publiques ou privées (ainsi deux lettres à Éric Weil sont déposées au Centre Éric Weil de l’Université de Lille, ou six lettres à Léon Chestov à la Bibliothèque de la Sorbonne). Une partie de cette correspondance est rédigée en langue russe. Le colloque sera l’occasion de mettre en lumière l’importance documentaire, culturelle et intellectuelle de ces différentes correspondances. Il ne s’agira pas seulement de lister et décrire les correspondances les plus marquantes, mais de mettre en lumière la dimension dialogique de la pensée de Boris de Schlœzer, et la façon dont elle s’est construite dans les échanges (parfois polémiques, toujours vigoureux) dont ces correspondances portent témoignage. Il peut être fructueux d’envisager la correspondance de Boris de Schlœzer comme un labo