AccueilLa fabrique interactive des analyses qualitatives

La fabrique interactive des analyses qualitatives

The interactive creation of qualitative analysis

« Recherches qualitatives » volume 37, numéro 2, automne 2018

Recherches qualitatives journal volume 37, issue 2, autumn 2018

*  *  *

Publié le jeudi 15 juin 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Au cours des dernières années, les démarches analytiques menées dans le cadre de recherches qualitatives ont fait l’objet de descriptions minutieuses soulignant qu’elles ne sauraient s’accommoder de procédures standardisées, indépendante des contextes étudiés (Denzin & Lincoln, 2011 ; Paillé & Mucchielli, 2013). Notre projet s’inscrit dans cette mouvance, tout en visant plus particulièrement la pratique « ordinaire » des rencontres de travail entre collègues chercheurs, étudiants-chercheurs et même parfois acteurs sociaux.

Annonce

Responsables du numéro

Joëlle Morrissette et Annie Malo, professeures, Département des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal.

Argumentaire

Au cours des dernières années, les démarches analytiques menées dans le cadre de recherches qualitatives ont fait l’objet de descriptions minutieuses soulignant qu’elles ne sauraient s’accommoder de procédures standardisées, indépendante des contextes étudiés (Denzin & Lincoln, 2011 ; Paillé & Mucchielli, 2013). Notre projet s’inscrit dans cette mouvance, tout en visant plus particulièrement la pratique « ordinaire » des rencontres de travail entre collègues chercheurs, étudiants-chercheurs et même parfois acteurs sociaux. Ce travail collaboratif est souvent passé sous silence, voire occulté dans les publications, et ce numéro vise donc à interroger et à expliciter les interactions qui participent de la production des données, des « obtenues » dirait Latour, afin de produire du sens à partir des matériaux étudiés.

Ancrée dans des expériences de recherche empirique, les propositions pourront s’inscrire dans l’un ou l’autre de ces axes:

  • la division du travail. La production des analyses qualitatives implique une organisation sociale, la coordination de personnes se livrant à des activités différentes : appropriation de textes pour se donner un angle d’analyse, repérage dans des verbatim pour répondre aux questions de recherche, processus de catégorisation, de conceptualisation, de validation. L’ensemble de ces opérations met en œuvre une « division du travail » (Demazière & Gadéa, 2009), impactée par divers enjeux. Comment ces enjeux agissent-ils sur la configuration du travail, sur la distribution des tâches nécessaires à la fabrique des analyses qualitatives ?
  • la négociation des positions de savoir. Si la production des analyses qualitatives implique une complémentarité entre acteurs, elle questionne d’emblée le statut accordé au savoir de chacun et la négociation des « positions de savoir » (Darré, 1999; Morrissette & Desgagné, 2009). La question soulevée est celle de la reconnaissance qu’ils accordent au savoir de l’autre et à leur propre savoir. Comment se passe la négociation de leurs positions de savoir compte tenu que les statuts dissymétriques des partenaires peuvent engendrer différentes tensions et affecter le jeu d’équilibre ?
  • les médiations du chercheur. Les analyses qualitatives sont souvent produites à l’intersection des univers scientifiques, professionnels et sociaux, ce qui nécessite de développer une culture de travail reposant sur des « compréhensions partagées » (Becker, 2006). À cet égard, le chercheur déploie des efforts de traduction du savoir théorique et méthodologique. Quelles médiations met-il en œuvre pour créer cette culture de travail ? Utilise-t-il des « objets frontières » (Trompette & Vinck, 2009), des artéfacts concrets (classifications, cartes, dessins, etc.) ou abstraits pour provoquer l’émergence et la mobilisation de connaissances distribuées au sein de l’équipe ?
  • la pensée plurielle en tant que potentiel d’innovation. La divergence de points de vue en recherche peut favoriser l’émergence de nouvelles manières d’analyser (Star & Griesemer, 1989). L’implication de collègues se rattachant à d’autres traditions, d’étudiants formés à d’autres sensibilités et d’acteurs sociaux impliqués dans les phénomènes étudiés peut permettre de (ré)inventer de nouveaux modes d’analyse, de créer de nouveaux savoirs et d’en favoriser la circulation, la traduction (Grosjean, 2011). Comment l’intersubjectivité d’un collectif favorise-t-elle l’émergence d’innovations analytiques pour une compréhension renouvelée de l’objet ?

Télécharger la version longue de l'appel

Modalités de soumission

Les textes sont attendus pour le 30 octobre 2017.

Ils devront être conformes aux normes de la revue.

Les auteurs intéressés sont invités à soumettre leur texte à Joëlle Morrissette (joelle.morrissette@umontreal.ca) et Annie Malo (annie.malo@umontreal.ca).

Dates

  • lundi 30 octobre 2017

Mots-clés

  • analyse qualitative, recherche collaborative

Contacts

  • Joëlle Morrissette
    courriel : joelle [dot] morrissette [at] umontreal [dot] ca
  • Annie Malo
    courriel : annie [dot] malo [at] umontreal [dot] ca

Source de l'information

  • Association pour la recherche qualitative (ARQ)
    courriel : info [at] recherche-qualitative [dot] qc [dot] ca

Pour citer cette annonce

« La fabrique interactive des analyses qualitatives », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 15 juin 2017, http://calenda.org/408871