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Méditerraner

What the Mediterranean means to us?

Revue « Tête-à-tête » n°9 (automne 2018)

Tête-à-tête journal n°9 (Fall 2018)

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Publié le lundi 03 juillet 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Dire de la Méditerranée qu’elle est un creuset est un poncif ; dire qu’elle est un carrefour une évidence. Et pourtant, depuis que son nom même convoque dans la conscience collective les bateaux échoués ou la paupérisation croissante de pays déchirés par la guerre ou ravagés par la crise, elle semble avoir changé de visage. En quoi la Méditerranée résonne-t-elle en nous ? Comment pouvons-nous incorporer son legs pour construire une relation au monde actuel. Plutôt que d’en faire un concept ou une marque, que la langue en fasse un verbe.

Annonce

Argumentaire

méditerraner : vb. intr. 

  1. Ressentir un attachement profond aux rivages méditerranéens, s’y sentir chez soi, vivre de cette contemplation, en éprouver la nostalgie. C’est sa façon de faire du tourisme, il revient chaque année et passe ses étés à méditerraner.
  2. Faire l’expérience conjointe de l’altérité et de la proximité, bricoler des identités mouvantes. Habiter l’espace même de la frontière, le rendre perméable. Mar. Caboter d’une culture à l’autre. Pour rejoindre Ithaque, Ulysse a longuement méditerrané. Spé. Traverser, placer tous ses espoirs sur l’autre rive, migrer.
  3. Fig. Penser le monde comme archipel. Refuser l’homogène, le rectiligne, préférer le complexe, le discontinu. P. ext. Incarner ou propager cette pensée indépendamment de son ancrage géographique.

Dire de la Méditerranée qu’elle est un creuset est un poncif ; dire qu’elle est un carrefour une évidence. Et pourtant, depuis que son nom même convoque dans la conscience collective les bateaux échoués ou la paupérisation croissante de pays déchirés par la guerre ou ravagés par la crise, elle semble avoir changé de visage. En quoi la Méditerranée résonne-t-elle en nous ? Comment pouvons-nous incorporer son legs pour construire une relation au monde actuel ?

Plutôt que d’en faire un concept ou une marque, que la langue en fasse un verbe…

Méditerraner désigne un ethos, une manière d’être, une façon d’agir. À travers l’ancrage dans un lieu, il définit les modalités d’une construction, intime et partagée. Il s’agit de vibrer, de s’agrandir de tout un paysage, de questionner un attachement – se connaître soi-même. Mais aussi de mettre en pratique des valeurs communes, des solidarités actives – se reconnaître. L’immersion esthétique et sensorielle qui s’exprime chez Camus ; l’intériorisation nostalgique que Barbara Cassin peint sous les traits d’un chez-soi ; le tissage figuré par des voies maritimes qui, en écho à la pensée d’Édouard Glissant, fonde l’identité sur la relation plus que sur les racines ; la pensée méridienne (lenteur, rencontre, mesure) qu’associe à ce territoire le sociologue Franco Cassano, tout cela définit un être au monde apte à cristalliser en d’autres points du globe. Méditerraner est une discipline qui ne se pratique pas seulement à Tanger, Athènes, Barcelone, Larnaca, Marseille, Tel Aviv ou Tripoli.

Méditerraner, c’est porter en soi une pensée-archipel. Aux visions globalisées, uniformisées, préférer l’écho d’aventures individuelles, le parcours irrégulier que dessinent les rivages. Au clivage des identités, préférer le continuum de la relation, la mosaïque et la complexité. Reprendre la main, redevenir sujet, acteur. Fonder un réseau d’affinités, créer de l’espace commun, changer l’échelle des distances. L’archipel rend la cartographie hasardeuse, la frontière peu saisissable – la Méditerranée est une île qu’entourent des territoires flottants.

Méditerraner, c’est accepter le tangage, rouler bord sur bord, se passer des certitudes. Faire siennes les tempêtes soudaines, accepter de dévier sa route, comprendre l’appel incessant de la traversée et combattre l’absurde naufrage. Méditerraner devient une urgence dans un monde chaotique où chacun doit serrer son trésor et courir son risque.

Cette définition doit encore s’enrichir des cartographies que dresseront les entretiens de ce numéro à partir des œuvres que ses auteurs proposeront d’explorer.

Modalités de soumission

Les projets seront rédigés selon les modalités suivantes :

  1. Une proposition d’entretien argumentée, en relation directe avec le thème du numéro, ne dépassant pas 3000 signes ;
  2. Un aperçu du questionnaire comportant une dizaine de questions donnant les principales orientations de l’entretien ;
  3. Deux courtes bio-bibliographies (vous et la personne avec laquelle vous voulez faire l’entretien).

Les projets sont à envoyer par mail à l’adresse suivante : revuetat@gmail.com

Date limite de réception du projet : 18 septembre 2017

Date limite de réception de l’entretien définitif après acceptation du projet : 8 janvier 2018

Comité de rédaction

  • Karim Charredib,
  • Christèle Couleau,
  • Camille Deltombe,
  • Julie Fabre,
  • Katrin Gattinger,
  • Frédéric Leval,
  • Jocelyn Maixent.

Dates

  • lundi 18 septembre 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Méditerranée, esthétique, art, littérature, culture, entretien

Contacts

  • Anna Guilló
    courriel : revuetat [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Anna Guilló
    courriel : revuetat [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Méditerraner », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 03 juillet 2017, http://calenda.org/410780