AccueilQuelles communications pour la gouvernance des institutions publiques au XXIe siècle ?

Quelles communications pour la gouvernance des institutions publiques au XXIe siècle ?

What communication for the governance of public institutions in the 21st century?

Modernisation, management et nouvelle représentation de l’action publique

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Publié le lundi 10 juillet 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Cet appel à articles est dédié à un ouvrage scientifique collectif à paraître fin 2018 intitulé Quelles communications pour la gouvernance des institutions publiques au XXIe siècle : modernisation, management et nouvelle représentation de l’action publique, dirigé par Elizabeth Gardère et Dominique Bessières.

Annonce

Direction

Sous la direction d’Elizabeth GARDERE* et de Dominique BESSIERES**

*Professeur des Universités, Université de Bordeaux
**Maître de Conférences, Université de Rennes 2

Ligne éditoriale

  • Introduction et conclusion du collectif rédigées par les coordinateurs
  • L’ouvrage comporte environ 250 à 300 pages
  • Il est composé de 15 articles, d’environ 15 pages chacun (dont bibliographie) qui sont évalués en double aveugle sur la base d’un projet de 5000 signes.

Les articles retenus s’inscrivent dans les 5 chapitres suivants du livre :

  • Chap. 1 : Médiation des réformes et modernisations : servuction et design ?
  • Chap. 2 : Gouvernance et Nouveau Management Public : de nouveaux modes d’action o Chap. 3 : Communication publique et politique : de quoi parle-t-on ?
  • Chap. 4 : Communication numérique, e-administration, Big Data, Open Source
  • Chap. 5 : Marketing territorial, e-reputation : des pratiques très récentes

Argumentaire

Plusieurs grandes opérations de « modernisation » de l’action publique se sont succédé et renforcées depuis les années 2000, RGPP (Révision générale des politiques publiques, 2007) puis MAP (Modernisation des politiques publiques, 2012), disqualifiant par la même le terme classique de « réforme », au profit d’une visée managériale jamais démentie depuis lors. Ainsi l’entreprise est prise en modèle. Mais celui-ci doit être adapté aux contextes spécifiques des organisations publiques. L’emprise du Nouveau Management Public (NMP) des années 1990 et du management public des années 1980 s’en trouve renforcée, parce que poursuivie et déclinée à des niveaux toujours plus fins.

Une nouvelle représentation des institutions et organismes publics, de l’Etat unitaire en France, est à l’œuvre. Elle est à la fois visible dans ces mutations gestionnaires englobantes, dont elle est un signe, et en même temps une mise en œuvre par des modalités précises qui conditionnent les changements concrets souhaités. Les motifs affichés reposent sur la recherche d’une plus grande efficacité et de résultat. Tout ceci témoigne d’un changement de paradigme évoluant d’un modèle bureaucratique vers un modèle managérial (Bessières, 2009, 2016), où la communication se voit convoquée par les acteurs comme support de légitimation des nouveaux enjeux gestionnaires globaux guides d’actions d’une part et d’accompagnement des changements opérationnels d’autre part.

L’injection de modèles gestionnaires et économiques suppose la mise en place d’objectifs, d’indicateurs de performance, d’économies d’échelle, de fusions à l’instar des Grandes Entreprises et Holding. Le marketing territorial, la communication publique sont désormais en bonne place dans les stratégies publiques. Quelle voie faut-il scientifiquement et institutionnellement suivre pour moderniser et transformer l'administration : une stratégie progressive et déterminée, des relations de confiance avec les partenaires, une expertise mise au service d'une vision définie par le pouvoir politique ? Quels sont les enjeux des débats et décideurs publics dans l’intérêt commun ?

La maitrise de la communication est devenue une exigence incontournable pour les acteurs publics et les organisations parapubliques. Au-delà de ce nouvel impératif, des enjeux méthodologiques et conceptuels sont à l’œuvre dans la mise à l’épreuve du réel. L’offre communicationnelle est pléthorique pour répondre à ce besoin émergeant : marketing territorial, publicité institutionnelle, relations publiques et presse, communication institutionnelle, corporate, interne, voire de crise. On peut même élargir aux outils du numérique comme le networking, le twitterring, l’e-reputation, le big data, l’open data, l’open source et au design des politiques publiques sensé intégrer et faciliter les usages et les usagers dès la phase de conception. A l’interstice des technologies de l’information et de la communication et des « usagers-citoyens », parfois considérés comme des « consomacteurs », on peut également penser la servuction à l’aune de la communication publique et politique. Cet ouvrage collectif a pour objectif de signaler et d’expliciter les mutations de l’Etat unitaire, de l’action publique contemporaine, au prisme des enjeux communicationnels qui en constituent à la fois des vecteurs d’image représentative et des enjeux de levier d’action. Il a pour ambition de collationner l’expertise théorique étayée d’études de cas, autour de cinq chapitres. Il est demandé à l’auteur de préciser dans son projet de contribution (rendu anonyme), quel est le chapitre dans lequel s’inscrit son article potentiellement retenu après une évaluation en double aveugle par un comité scientifique dédié.

Chapitre 1 « Médiation des réformes et modernisations : servuction et design ? »,

Ce chapitre envisage les concepts sous l’angle des pratiques de communication et figures de médiation (Jouët, 1993). L’interaction et la médiation sociale et technique sont le foyer de dispositifs et artefacts. Issu du e-marketing, la servuction est un agrégat des mots «service» et « production ». Le concept a été développé par Pierre Eiglier et Éric Langeard (1987) et investit la sphère publique. Le service résulte de l’interaction de trois éléments de base : le client, le support physique et le personnel en contact qui subissent, en arrière-plan, la coordination du système d’organisation interne à l’entreprise et la présence des autres clients. Initialement dédiée au marketing des services, la servuction se fraye dans le paysage de la gouvernance publique où le citoyen est désormais invoqué au cœur des pratiques numériques. Le classique « usager », est parfois dénommé client, visant par là une focalisation sur une qualité de service rendu. Il peut être est tout à la fois producteur et consommateur du service produit (Kotler & Dubios). Sans transfert de propriété et majoritairement intangible, la servuction est la co-construction d’un service essentiellement intangible, car virtuel. Il s’agit d’un système entre relation, et support physique en vue de la dématérialisation. Anne Munos (2010) démontre en quoi la servuction technologique bouleverse les usages par l’automatisation. L’interface homme / machine est repensée et le contrôle par le prestataire perd en acuité, étant mis entre les mains du client. Gilles Jeannot (2013) fait une approche historique, voire anthropologique de la notion d’usagers du service public qui ne s’impose comme tel qu’après la seconde guerre mondiale, même s’ils étaient préfigurés auparavant, à savoir dès un arrêt fondateur de 1906. Aux origines de l’initiative post 39/45, se situe le besoin de rationaliser la reconstruction matérielle et économique des pays avec la participation du citoyen qui siège en lieu et place d’une nouvelle société de consommation de masse. L’affluence massive requière des procédures de rationalisation et l’implication de l’usager (EDF, RATP, SNCF, La Poste, etc.). L’ambition est d’avoir des méthodes de gestion et de communication plus réactives, voire pro actives. La notion d’accueil tombe en désuétude au bénéfice d’une relation interpersonnelle stratégique et hyper individualisée. La multiplication des réformes abonde dans ce sens. Plus encore, les dernières évolutions encore émergentes visent à se préoccuper des usagers dès la phase d’élaboration des politiques publiques. Très récemment, la terminologie de design institutionnel ou public est employée. Autrefois réservée à une conception esthétique et à une praticité (une forme adaptée à une fonction) pour vendre des objets pratiques, beaux et désirables, il semble qu’aujourd’hui ce vocable atteigne une dimension plus globale, le numérique, les services. L’objectif est d’anticiper et de répondre aux besoins des utilisateurs en matière de procédures, services, voire de fonctionnement des organisations. On peut y voir une volonté de rendre visible, compréhensible mais avec une recherche d’accessibilité. Les nouveaux mots d’ordre sont transparence et simplification. A l’opposé des classiques opacités et complexités de la vision Courtelinesque de l’administration. On parle de design des politiques publiques (Paul et al., 2000 ; 27e région, 2010 ; Weller, Pallez, 2017).

A tout cela s’ajoute les enjeux de communication interne, souvent parent pauvre de la communication des organismes publics, et les enjeux de la numérisation dans les processus de travail lié aux regroupements de personnels et de compétences ou de tendance à la réduction des effectifs. Comment les acteurs internes aux organisations publiques sont-ils intégrés aujourd’hui : se rapproche-t-on des politiques de communication et de RH des entreprises ou bien le caractère public des organisations continue-t-il de se manifester.

Un des enjeux de la communication interne est justement d’accompagner la réforme de l’État par une pédagogie de la réforme, ce qui peut passer par divers supports de communication notamment oraux, en expliquant pour intégrer (Kaciaf, Legavre, 2001).

Chapitre 2 « Gouvernance et Nouveau Management Public : de nouveaux modes d’action ». 

Quelle est la nouvelle conception de la démocratie à l’heure du numérique ? « La démocratie, c’est l’égalité de possibilité de chaque citoyen d’influencer la vie collective ». C’est ainsi que Loïc Blondeaux l’a défini sommairement en expliquant que l’idéal démocratique se traduit dans les institutions et dans la société. C’est un régime et un système d’institution, mais c’est aussi une forme de vie collective, un système humain régulant des acteurs et des groupes sociaux. Surtout elle organise la légitimité d’agir dévolue au pouvoir politique dans le respect de l’ordonnancement de l’Etat de droit. Une multitude de projets innovants vont dans ce sens, en expérimentant de nouvelles formes démocratiques pour compléter, amender, l’expérience démocratique des citoyens, des usagers. L’enjeu est celui d’un renouvellement institutionnel en accord avec les nouveaux enjeux de notre époque. Loïc Blondeaux explique que notre régime juridique, appelé démocratie représentative, est en fait imparfait. Le pouvoir perd de sa réalité d’après lui, puisqu’il règne une confusion entre les pouvoirs économique et politique.

Les gouvernements, administrations, institutions, collectivités et de manière plus générale, les organisations publiques s’appuient de manière croissante sur des processus d’action collective dans un contexte de crise de légitimité de la représentation politique en France. Les enjeux communicationnels sont prégnants. De la communication politique, publique, institutionnelle en passant par la communication locale, promotionnelle, voire marketing, l’étendue du champ lexical et des pratiques est vaste et trop d’amalgames sont encore au cœur de controverses.

Par ailleurs, le débat reste ouvert sur la représentation de l’institution communicante qui relève d’un artefact ou bien qui constitue un modèle valide pour analyser la communication des organisations publiques (Bonnet, Hélaine-Pinsard).

Mentionner la communication locale, c’est aussi considérer que toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, de sa ville, de son administration, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis. Dans la pratique, la représentation par mandat électif peut être doublée d’une concertation directe. En effet, si la communication locale donne aux citoyens les moyens de juger les actions et choix publics en faisant connaître les objectifs politiques des élus, a contrario, une communication définie a posteriori ne favorise pas l’intégration sociale dans l’espace local. Cela implique une réflexion a priori qui contribuera à l’organisation sociale de l’espace collectif. Toutefois, parler de démocratie participative, c’est remettre en cause le processus de démocratie représentative. La temporalité démocratique est alors reconsidérée. Elle n’est plus dédiée aux périodes électorales, mais s’inscrit dans des logiques de projet à moyen et long terme (Gardère, 2008).

Joseph Schumpeter mettait déjà en exergue dans son ouvrage Capitalisme, socialisme et démocratie une relation inversée : si l'élection est l’expression de la démocratie, alors le pouvoir n'est plus délégué, il est confié : « Il ne s'agit plus d'un gouvernement du peuple, mais d'un gouvernement approuvé par le peuple ».

C’est en ce sens qu’il faut comprendre le développement de la notion de gouvernance qui est d’abord d’origine européenne. Elle ajoute et tend à de substituer à la notion de gouvernement qui sous-tend l’idée de monopole, de hiérarchie, manifestant une conception classique du service public fondé sur la manifestation de la puissance publique (Chevalier, 2015). Aujourd’hui, la gouvernance implique la prise en compte d’une pluralité d’acteurs dans les processus de décision publique.

Face aux mutations de la communication publique, l'utilisation du dispositif de débat public participatif tend à montrer que l’enjeu n’est pas tant de faire connaître l'action publique à travers la communication territoriale mais davantage de faire admettre l'action publique en ayant recours à la communication (Romeyer).

Constat qui s’explique, entre autres, par une situation de crise où la visibilité de l’action publique est l’un des critères pour en assurer l’efficacité et l’efficience. C’est tout l’enjeu du développement du management public qui modifie le fonctionnement des organisations publiques (Laufer, Burlaud, 1980; Bartoli 2015). Les instruments informatifs et communicationnels (Lascoumes, Le Galès, 2004) renvoient au rôle de l’État et à des enjeux de légitimité révélateurs des transformations de l’action publique. En ce sens, la réflexion théorique pluridisciplinaire permet de relier « action », « institution » et « communication » (Bernard, 2010). Une stratégie d’alliance entre médias et acteurs politiques ouvre alors la voie à de nouvelles logiques d’action publique. L’information médiatique prend le relais des institutions normatives dont le rôle était davantage de cadrer les débats publics (Fallon, Joris).

L’ensemble de ces pratiques interroge le rapport entre la communication et la participation. L’analyse repose sur les images et mots véhiculés par le concept de participation et sur leurs représentations dans le discours de l’homme politique local. L’hypothèse repose sur l’intérêt croissant accordé par les autorités publiques à l'implication des citoyens dans l'évaluation des politiques publiques. Intérêt qui tend à pervertir le sens de la participation. Mais dès lors que la communication est assimilable à de l’information, la pratique de la participation est réduite à sa plus simple expression (Huron, Spieth).

Chapitre 3 « Communication publique et politique : de quoi parle-t-on ? »

Ce chapitre s’inscrit dans le prolongement des travaux sur La communication publique qui possède des frontières poreuses avec la communication politique. Pierre Zémor (2008) tente d’établir une définition précise : pour lui « les finalités de la communication publique ne sauraient être dissociées de celles des institutions publiques, ses fonctions propres sont d'informer (faire savoir, rendre compte et faire valoir), d'écouter (les attentes, les interrogations et les apports du débat public), de contribuer à assurer la relation sociale (sentiment d'appartenance collectif, pris en considération du citoyen en tant qu'acteur) et d'accompagner les changements tant comportementaux que de l'organisation sociale ».

Aussi, la pérennisation de la communication institutionnelle publique questionne-t-elle la définition de cette même activité organisationnelle née dans un flou conceptuel en s’inspirant des modèles d'usage entrepreneuriaux, voire électoraux. Tandis que, dans la pratique, elle est connue et largement mise en œuvre, le concept tarde à être théorisé. Les postures varient entre les disciplines et auteurs. De l’association des termes à la distinction nette entre la communication politique et la communication publique, le concept n’est pas encore stabilisé. Pourtant un glissement de paradigme est déjà engagé et concerne l’impact organisationnel où la communication est intégrée par les acteurs comme élément de gestion des services publics (Bessières, 2009, 2016).

De nombreux auteurs tentent de fournir une définition, notamment en posant la communication institutionnelle comme une communication publique, en la différenciant d’une communication politique. Bernard Miège procède à une distinction, tout en admettant des débordements inévitables dans la recherche d'une adhésion à une politique menée par l'Etat par une campagne de communication : « Il faut d’abord distinguer la communication publique de la communication politique avec laquelle elle est souvent confondue ». « La communication publique est donc multiple, même si les effets qu’elle recherche se complètent plus qu’ils ne s’opposent ou se concurrencent ».

Caroline Olivier Yaniv évoque la communication publique comme un outil de gouvernement du social selon deux cas de figure : 1) Considérer la communication publique comme complémentaire d’une démarche de coercition de l’État ; 2) Considérer la communication publique comme un substitut aux formes classiques du contrôle de l’État sur les individus, là où l’État est dans l’impossibilité matérielle ou éthique de contrôler l’application effective d’une préconisation. Dès lors, pour la communication de l’Etat central, le triptyque de Michel Le Net (1993) : contraindre, contrôler, convaincre continue d’être opérant. La communication étant reconnue comme un levier d’action au service de la mission de la gestion étatique de la société, au même titre que la contrainte juridique et les contrôles administratifs. Mais s’y ajoute dorénavant la communication pour faire comprendre, accepter dans une recherche de consensus les décisions publiques.

Chapitre 4 « Communication numérique, e-administration, Big Data, Open Source »

C’est au travers du texte d’Éric Dacheux qu’une autre distinction est obligatoire entre les notions de marketing politique, propagande et communication politique, tout cela en gardant à l’esprit que la communication politique emprunte au marketing politique pour se mettre en œuvre. On pourrait parler d’une relation interdépendante entre ces deux notions. D’après lui, les trois expressions sont trois types de communication à part entière. Sa définition de la communication politique se rapproche de celle donnée par Dominique Wolton ; « [...] Or, dans l’idéal démocratique, la communication politique n’est ni une méthodologie rationnelle ni une manipulation, mais un processus qui dynamise l’espace public en permettant l’échange d’opinions contradictoires. [...]» (1999). Curieusement ici nous entendons que la communication politique serait l’apanage du bon fonctionnement d’un système démocratique. L’auteur, puisant son inspiration dans les écrits d’Hannah Arendt, révèle ainsi que « [...] La nécessite heuristique de distinguer action politique et communication politique se heurte, toutefois, à une grande difficulté épistémologique. [...] ». Il se rapproche ainsi de la philosophie de John Austin et de sa théorie des actes de langage, plus précisément de la dimension performative du discours – la performativité du discours est le fait qu’un discours est simultanément réalisé au moment même où il est prononcé.

Aujourd’hui, les différents réseaux sociaux, sites d’information et applications d’information fonctionnent sous un format défilement vertical des fenêtres, c’est ce que l’on appelle la « Timeline ». Ce mode de lecture est aujourd’hui le plus répandu sur tous les supports. Sur les réseaux sociaux, qui sont devenus aujourd’hui le premier canal d’information, tout se croise. L’État veut faire passer. L’accès à l’information a ainsi connu une de ses plus grandes révolutions dans un laps de temps relativement restreint. L’État cherche donc à s’adapter à ces nouveaux usages, à ces nouveaux outils afin d’informer au mieux les citoyens. On s’aperçoit que c’est particulièrement à une époque baignant dans une multitude de moyens de communication que l’État émetteur, qui a pendant longtemps été au centre de l’attention, devienne de moins en moins audible.

L’institution chargée de pallier ce déficit d’attention envers la parole publique est le Service d’Information du Gouvernement. Le SIG, tel qu’il se définit lui-même sur le site gouvernement.fr qu’il administre, est une Direction des services du Premier Ministre, placée sous l’autorité directe de celui-ci, dont les missions s’organisent autour de trois axes :

  • L’information du Premier Ministre sur l’évolution de l’opinion publique et le traitement médiatique de l’action du Gouvernement ;
  • La valorisation de l’action du Premier Ministre et du Gouvernement ;
  • La coordination interministérielle de la communication du Gouvernement.

Afin de bien comprendre le bouleversement que représente l’histoire de l’institution du SIG face à l’avènement du Web social, il convient de faire un rapide retour sur la genèse de cet organe et plus généralement des institutions mères de la communication publique en France. Début 1939, a été créé le Centre permanent de l’information générale, chargé de contrôler les informations à la radio mais aussi de planifier des informations en langue étrangère à l’attention des pays étrangers. En juillet 1939, un organe administratif a été mis en place, pour la propagande, c’est le Commissariat Général à l’Information qui aura pour mission d’animer et de coordonner tous les services d’information.

Le problème du positionnement de la marque gouvernement.fr est son identité hybride. La présence d’hommes politiques, en l’occurrence Premier Ministre et ministres, sur les pages de gouvernement.fr vient automatiquement connoter la marque. Le «cross-média» est le principe de la mise en réseau des medias. Dès lors, l’enjeu et l’intérêt des stratégies « cross- média » est de faire naître de ses interactions, des synergies générant des services à valeur ajoutée. Lorsque l’on reprend le profil des abonnés sur Twitter, on s’aperçoit quels sont leurs centres d’intérêt. Si on les met en rapport avec le centre d’intérêt majeur des utilisateurs sur l’ensemble du réseau, on se rend immédiatement compte qu’il s’agit d’un public acculturé à la politique qui suit gouvernement.fr. Ainsi la présence du politique sur de l’information publique vient freiner les utilisateurs hostiles à la politique ou simplement à ce gouvernement. La question est alors comment toucher un grand public, qui ne s’intéresse pas à la politique, mais qui peut être intéressé par le contenu de gouvernement.fr. Bon nombre d’opérations sont très « grand public » et représentent un potentiel de visibilité encore plus étendu.

On peut alors s’interroger sur la récupération politique de l’appareil d’État. Ainsi, héberger toute une information publique concernant l’intérêt général, au côté d’une information gouvernementale liée à l’activité des ministres, entraine une politisation de l’appareil d’État. Gouvernement.fr oscille entre différentes identités, ce qui le limite donc à un public restreint.

Chapitre 5, « Marketing territorial, e-reputation : des pratiques très récentes »

Ce chapitre consiste à répondre à nombre de questions :

L’existence théorique du marketing territorial pose des questions conceptuelles dans la mesure où celui-ci apparaît très, voire trop édulcoré, par rapport aux principes de la théorisation du marketing des entreprises, faute de pouvoir mobiliser l’ensemble du mix marketing. Les premières réflexions, issues de professionnels, émergent dans les années 90 (Sperling, 1991, 1995). Pour autant des acteurs se saisissent de son vocabulaire et mettent en œuvre certaines parties de celui-ci dans des versions allégées autour par exemple du développement d’usage des marques territoriales (Houiller-Guibert, 2012). Dans un ordre idée proche, on note l’accroissement des notions d’e-réputation, même si elles ne connaissent pas de définitions reconnues par tous, et semblent pour l’heure l’apanage de définitions réalisées par des prestataires de services qui monnayent leurs services spécifiques de mesure. Il serait intéressant de tenter de mesurer s’il s’agit d’effets de mode, ou bien si au contraire on peut noter des signes indiquant une dimension plus structurelle.

En dépit de la jeunesse de ces dimensions, plusieurs questions peuvent être posées :

  • Comprendre ce qu'est l'e-réputation territoriale et qui en sont les acteurs ?
  • Identifier les réseaux sociaux existants et l'opportunité d'y positionner son territoire, quel type de réseau pour quoi faire ?
  • Etre en capacité d'animer et de gérer une communauté et être en mesure de surveiller l'e- réputation territoriale
  • Etre capable de rédiger un cahier des charges territorial qui synthétise les attentes du territoire et de ses acteurs en termes de réseaux-sociaux et de marketing territorial
  • Etre en capacité de mesurer l'impact des outils mis en place
  • Avoir un regard critique sur les offres de services proposées par les prestataires présents sur ces marchés.

Communes, Départements, Régions, Métropoles ou autres, se définissent comme une « personne morale de droit public qui exerce sur son territoire certaines compétences qui lui sont dévolues par l’État », selon l’article 72 de la Constitution de la Cinquième République. Longtemps spectatrices de l’avènement de Twitter ou de Facebook, beaucoup d’entre elles apprennent désormais à maitriser leur e-réputation. « Elles ne peuvent plus rester dans leur citadelle dorée et doivent proposer une communication directe avec le citoyen ». D’autres, par manque de temps, de moyen, ou encore par manque de conviction, ne réalisent pas encore l’importance de maîtriser leur e-réputation. Pourtant, avec l’avènement du Web 2.0, les blogs, les réseaux sociaux ou les sites Internet sont devenus des caisses de résonance très puissantes pour des internautes mécontents, qui peuvent profondément endommager l’image d’une collectivité, et freiner par exemple l’installation de nouvelles sociétés ou de nouveaux habitants sur son territoire.

Les réseaux sociaux, l’identité numérique... Autant d’enjeux pour la maitrise de leur e- réputation. Pour cela, elles doivent trouver une voie entre une communication institutionnelle et les exigences du Web 2.0. Quels sont les pièges à éviter pour les collectivités territoriales, afin qu’elles deviennent maître de leur e-réputation ? Autant de questions auxquelles les auteurs devront répondre.

Modalités de soumission

Projet d’article à envoyer à :

  • elizabeth.gardere@u-bordeaux.fr
  • dominique.bessieres@univ-rennes2.fr

Un accusé de réception sera retourné par mail aux auteurs pour l’envoi de leur projet d’article

Date d’envoi des projets d’articles : le 15 octobre 2017

selon les recommandations ci-après Projet d’article ANONYME d’environ 5000 signes à évaluer en double aveugle en comité scientifique

  • Titre et chapitre parmi les 5 mentionnés ci-dessus dans lequel l’article s’inscrit o Cadre conceptuel (méthodologie et hypothèses)
  • Etude de cas
  • Esquisse de bibliographie

Objectifs finaux rédactionnels pour la publication :

Les auteurs retenus rédigeront un article final de 10 à 15 pages (20 000 à 30 000 signes) et soumis à relecture pour révision, selon les attentes de présentation suivantes :

  • Abstract en anglais + résumé en français
  • Introduction : cadrage conceptuel, problématique, postulats à vérifier
  • Etat de l’art, théorie vs pratique, analyse de l’existant, méthodologie, etc. o Etude de cas et résultats
  • Conclusion
  • Bibliographie (ancrage significatif en 71° section)

Catégories

Dates

  • dimanche 15 octobre 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • communication, communication publique, gouvernance, management, modernisation, numérique, marketing

Contacts

  • Dominique Bessières
    courriel : dominique [dot] bessieres [at] univ-rennes2 [dot] fr
  • Elizabeth Gardère
    courriel : elizabeth [dot] gardere [at] u-bordeaux [dot] fr

Source de l'information

  • Dominique Bessières
    courriel : dominique [dot] bessieres [at] univ-rennes2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Quelles communications pour la gouvernance des institutions publiques au XXIe siècle ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 10 juillet 2017, http://calenda.org/411285