AccueilQuand les pratiques des « makers, made in Africa » rencontrent le corpus des théories classiques

Quand les pratiques des « makers, made in Africa » rencontrent le corpus des théories classiques

When the practices of "makers, made in Africa" encounter bodies of classical theories

Deuxième édition des journées d’étude « Faire le développement, autrement ! Makers, made in Africa ! »

Faire le développement, autrement! Makers, made in Africa! - 2nd study day

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Publié le mardi 25 juillet 2017 par João Fernandes

Résumé

L’objectif des Journées d’étude « Faire le développement, autrement ! Makers, made in Africa » est de partir des initiatives et pratiques entrepreneuriales de praticiens individuels et collectifs du développement autrement désignés makers, pour construire une approche théorique du développement par les makers et formaliser leurs business models. Cette approche bousculera-t-elle « la théorie classique du développement » ? Les business models des makers, made in Africa apporteront-ils un nouveau regard sur les business models ? Les débats de la première édition s’étaient structurés autour du dialogue, de la déconstruction et des partages d’expériences sur les pratiques individuelles et collectives, formelles et informelles de ces entrepreneurs dits makers qui, dans un environnement de contraintes, font autrement du développement. Un dialogue interdisciplinaire s’est instauré entre praticiens, théoriciens, chercheurs en sciences de gestion et en économie du développement, historiens du développement, sociologues.

Annonce

2ème édition Journées d’étude « Faire le développement, autrement ! Makers, made in Africa ! », Salon d’honneur – 2, rue Conté, 75003 – Paris
  • Mardi 15 novembre 2017 de 09h à 17h : Journée d’étude
  • Mercredi 16 novembre 2017 de 09h à 16h : Atelier doctoral

Laboratoire interdisciplinaire de recherches en sciences de l’action – LIRSA (EA 4603) Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), Paris

Argumentaire

L’objectif des Journées d’étude « Faire le développement, autrement ! Makers, made in Africa » est de partir des initiatives et pratiques entrepreneuriales de praticiens individuels et collectifs du développement autrement désignés makers, pour construire une approche théorique du développement par les makers et formaliser leurs business models. Cette approche bousculera-t-elle « la théorie classique du développement » ? Les business models des makers, made in Africa apporteront-ils un nouveau regard sur les business models ?

Les débats de la première édition s’étaient structurés autour du dialogue, de la déconstruction et des partages d’expériences sur les pratiques individuelles et collectives, formelles et informelles de ces entrepreneurs dits makers qui, dans un environnement de contraintes, font autrement du développement. Un dialogue interdisciplinaire s’est instauré entre praticiens, théoriciens, chercheurs en sciences de gestion et en économie du développement, historiens du développement, sociologues.

Le choix était fait par l’organisation de ne pas proposer une définition de l’expression makers, made in Africa et de ne pas la circonscrire dans un champ spécifique. Il revenait à chaque intervenant d’aborder la question sous l’angle qui lui semblait le plus pertinent. Dans le cadre de la deuxième édition, même si une définition n’est toujours pas proposée, l’hypothèse suivante sera discutée et confrontée aux approches des intervenants :

« Les makers, made in Africa sont ceux qui, par l’entrepreneuriat, font du développement, autrement ! dans un environnement de contraintes. Ils évoluent moins dans une logique d’innovation que d’adaptation même si leur démarche entrepreneuriale, souvent spontanée, peut s’avérer, en elle-même, une innovation. Ils se confrontent aux réalités multiples de leurs conditions d’émergence (« faire mieux avec le moins – innovation frugale ? », « devoir-faire – innovation par nécessité ? », « pouvoir-faire », « savoir-faire ») auxquelles se soumettent leurs modèles d’affaires.

La littérature sur les makers parle de mouvement ou de culture pour les identifier. Même si les références historiques sont plus anciennes et variables selon les pays et les projets makers (Hussenot, 2017), Dale Dougherty identifie les makers « avant tout à un état d'esprit qui renvoie à la fois à un projet personnel, un projet social et parfois à un projet professionnel » (Douhherty, 2005 ; Hussenot, 2017). En d’autres termes, les makers se définissent par « une envie personnelle de se faire plaisir et de faire quelque chose de fun et de créatif ; une envie de partager et de participer à un projet social, et pour certains, un enjeu commercial ».

Influencés, en partie, par la culture Do It Yourself, les makers trouvent une légitimité dans la démocratisation du faire grâce au partage de connaissances, l'expérimentation et l'usage des technologies numériques. Dans ce sens, les makers n’ont pas nécessairement besoin d’être experts pour faire. Ils peuvent faire dès l’instant qu’ils ont accès aux ressources nécessaires (notamment, les outils technologiques) et grâce à la capacité d’auto-apprentissage individuel et/ou collectif, souvent informel et communautaire. Par conséquent, le mouvement makers crée une rupture avec l’expertise.

Le mouvement makers présente un grand intérêt pour les entreprises et est une tendance en matière d’innovation (Hussenot, 2017). Toutefois, il est un phénomène multiple qui échappe totalement aux critères classiques d’entreprise, de travail (Yohan Bazin, 2015) et d’innovation. Il ne peut être réduit à une entité juridique, sociale et économique. En effet, l’espace pour mener l’activité professionnelle n’est pas clairement identifié et peut être multiple (makerspaces, fablabs, cafémakers, domicile, fablabs internes des entreprises, …). En outre, la distinction entre travail et vie privée n’est pas nette et l’activité des makers ne peut être réduite à une simple activité de production matérielle (Hussenot, 2017). Par conséquent, « l’essentiel du corpus en théories classiques des organisations et en management, bâti sur l’idée selon laquelle l’organisation est une entité dont le fonctionnement serait défini a priori, se montre inopérant pour appréhender ce phénomène hétérogène » (Hussenot, 2017).

Qu’en est-il des makers, made in Africa ? Sont-ils influencés par ce mouvement des makers ? Rediscutent-ils leur vision du faire ?Sans orienter les débats futurs, les primo analyses identifient les makers, made in Africa à travers un processus entrepreneurial informel (frugal et/ou par nécessité) et déconnecté de pratiques entrepreneuriales classiques. Chez les makers, made in Africa, le « faire » prend un sens différent entre contraintes, initiatives, pouvoir-faire et devoir-faire ... En effet, il pose différemment le rôle et la place du travail dans la société. Les makers, made in Africa confondent activités professionnelles, familiales et personnelles, utilisent spontanément des boites à outils et des modèles d’affaires d’opportunités. Toutefois, comme pour le mouvement makers, l’essentiel du corpus en théories classiques des organisations et en management se montre inopérantpour appréhender ce phénomène multiple.

Axes thématiques

Dans la présente édition, nous souhaitons, ainsi, aborder ces différents axes (non exhaustifs) :

  1. Confronter le corpus en théories classiques des organisations et en management aux phénomènes des makers, made in africa sachant que ce corpus est inopérant pour appréhender le mouvement classique hétérogène des makers.
  2. Voir s’il n’y a pas de rupture entre Expert et Maker, apprentissage informel (individuel/collectif/communautaire) et expertise dans le Faire, sachant que le mouvement classique des makers prend ses distances avec l’expertise.
  3. Questionner expertise, savoir-faire, devoir-faire et pouvoir-faire chez les makers, made in Africa compte-tenu de l’essence « libérale » de la figure du Maker.
  4. Voir dans quelle mesure ces savoir-faire, pouvoir-faire et devoir-faire sont mobilisés par l’entrepreneuriat des makers (formel et/ou informel) dans une forme d’innovation (frugale et/ou par nécessité) pour faire du développement, autrement !
  5. Analyser les boites à outils telles que les business models ou les modèles d’affaires d’opportunités utilisés de manière spontanée par les makers, made in Africa :
  • Sont-elles innovantes par rapport aux boites à outils classiques ?
  • Relèvent-elles de règles universelles ad hoc au projet entrepreneurial ?
  • Relèvent-elles de règles spécifiques à l’initiative entrepreneuriale des makers, made in Africa ?
  • Posent-elles un nouveau regard sur les business models ou les modèles d’affaires ?
  • Posent-elles un nouveau regard sur les « nouveaux business models » ou « nouveaux modèles d’affaires » ?
  1. Discuter la référence au « bricolage entrepreneurial » (T. Baker & R. E. Nelson, 2005) comme dévoiement de l’effectuation.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Nous vous prions de nous faire parvenir un résumé d'une page de la proposition de communication à l’adresse mail : developpementmakers@gmail.com

au plus tard le 27 octobre 2017.

Les meilleures propositions seront ensuite sélectionnées pour la publication d'un ouvrage collectif (l'article complet sera à livrer plus tard).

Comité scientifique

  • Pascal Dauvin (Université Versailles Saint Quentin),
  • Pascale De Rozario (Cnam, Lise),
  • Speranta Dumitru (Université Paris Descartes),
  • Jean Lainé (Cnam, Lirsa),
  • Olivier Le Cour Grandmaison (Université d'Evry),
  • Anne Marchais Roubelat (Cnam, Lirsa),
  • Sonny Perseil (Cnam, Lirsa),
  • Yvon Pesqueux (Cnam, Lirsa),
  • Benoit Pigé (Université de Franche-Comté).

Comité d’organisation

  • Jacqueline Bobeche (Cnam, Lirsa),
  • Assia Mebbani (Cnam, Lirsa),
  • Malick Ndiaye (Cnam, Lirsa),
  • Augustin Kimbi (Cnam, Lirsa).

Bibliographie indicative.

1.     Makers / Innovation (frugale, par nécessité) / Développement.

  • Anderson C. (2012),Makers. The New Industrial Revolution, New York, Random House.
  • Baker T. et Nelson R.E. (2005), Creating Something from Nothing: Resource Construction through Entrepreneurial Bricolage, Administrative Science Quarterly, vol. 50, n° 3, 2005, pp. 329-366.
  • Bazin Y. (2015), Des ouvriers travailleurs aux makers créatifs. Fin du travail ou cécité partielle ? La Revue des Sciences de Gestion 2015/3 (N° 273 - 274),p. 133-139.DOI 10.3917/rsg.273.0133.
  • Bosqué C (2016), « Réparer plus que répliquer. Les imprimantes 3D, des machines opérables », Techniques & Culture 2016/1 (n° 65-66), p. 220-235.
  • Chia R. (2003), Organization theory as postmodern science, in Tsoukas H. et Knudsen C. (dir.), The Oxford Handbook of Organization Theory, Oxford, Oxford University Press.
  • Dou H., Koné H. (2016), L’innovation frugale dans les pays en développement et la nécessité d’une protection intellectuelle appropriée, Mondes en développement 2016/1 (n° 173), p. 29-45.DOI 10.3917/med.173.0029.
  • Entreprendre & Innover 2015/4 (n° 27) Sept ans de réflexion sur l’entrepreneuriat et l'innovation, Collector Volume I, De Boeck Supérieur.
  • Goyon M. (2016), L’obsolescence déprogrammée : Fablabs, makers et repair cafés. Prendre le parti des choses pour prendre le parti des hommes, Techniques&Culture 65-66 « Réparer le monde. Excès, reste et innovation », p. 236-239.
  • Haudeville B., Le Bas C. (2016), L’innovation frugale : une nouvelle opportunité pour les économies en développement ? Mondes en développement 2016/1 (n° 173), p. 11-28.DOI 10.3917/med.173.0011.
  • Hussenot A. (2017), Le faire pour repenser le travail : les leçons du mouvement des makers, L’état des entreprises 2017, Coll. Repères – La Découverte.
  • Le Bas C. (2016), « Frugal innovation, sustainable innovation, reverse innovation: why do they look alike? Why are they different? », Journal of Innovation Economics & Management 2016/3 (n°21), p. 9-26.DOI 10.3917/jie.021.0009.
  • Joseph V. Sinfield, Edward Calder, Bernard McConnell and Steve Colson, “How to Identify New Business Models”, MIT Sloan Management Review, 2012. 
  • Tanenbaum J.G., Williams A.M., Desjardins A., Tanenbaum K. (2013), Democratizing technology: pleasure, utility and expressiveness in DIY and maker practice, ACM-Digital Library, 2013, pp. 2603-2612.
  • Perseil S. et Pesqueux Y. (2014), L’organisation de la Transgression – Formaliser l’informel, Editions L’harmattan.
  • RADJOU N., PRABHU J., AHUJA S. (2012), Jugaad Innovation, Think Frugal, Be Flexible, Generate Breakthrough Growth, London, John Wiley & Sons.
  • Radjou N, Prabhu J (2015), Frugal Innovation: How to do more with less, The Economist, Public Affairs, New-York.
  • Robbins P. S., DeCenzo A. D. (2008), Fundamentals of Management. Essential Concepts and Applications, Londres, Pearson.

2.     Business Models.

  • « Quelques recherches et publications sur les business models », Question(s) de management 2013/1 (N° 2), p. 105-111. DOI 10.3917/qdm.131.0105.
  • Regards croisés sur les « Business models ». Les nouveaux « business models », Question(s) de management 2013/1 (N° 2), p. 97-104. DOI 10.3917/qdm.131.0097.
  • Verstaete T. et Jouison-Lafitte E. (2009),Business Model pour entreprendre- Le modèle GRP : théorie et pratique, Paris, De Boeck, Coll. Petites Entreprises et Entrepreneuriat.
  • Verstraete T., Kremer F. et Jouison-Laffitte E. (2012), Le business model : une théorie pour des pratiques, Entreprendre et Innover, n° 13, 2012/.
  • Warnier V., Lecocq X. et Demil B. (2012), « Le business model : un support à la créativité de l’entrepreneur », Entreprendre et Innover, n° 13, 2012/1.

3.     Sur le Web.

Lieux

  • Salon d’honneur - 2, rue Conté
    Paris, France (75003)

Dates

  • vendredi 27 octobre 2017

Mots-clés

  • développement, maghreb, Afrique, makers

Source de l'information

  • Moon Ben
    courriel : developpementmakers [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Quand les pratiques des « makers, made in Africa » rencontrent le corpus des théories classiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 25 juillet 2017, http://calenda.org/412224