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« Dire presque la même chose »

"Saying nearly the same thing" - art history and its translations (19th-21st centuries)

L'histoire de l'art et ses traductions (XIXe -XXIe siècle)

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Publié le mardi 05 septembre 2017 par João Fernandes

Résumé

Interroger la relation histoire de l’art – traduction c’est interroger une pluralité de lectures et de récits. Où commence et où s’arrête la fidélité au texte d’origine ? Sommes-nous condamnés à un permanent acte de négociation (Eco, 2003) entre deux langues et deux cultures ? Une performance qui « rejoue » l’original (Pascal Griener, 1998) ? « Dire presque la même chose » : voilà comment Umberto Eco résumait l’acte de traduction. Ses multiples enjeux, qui tous tiennent dans ce « presque », touchent doublement l’histoire de l’art par le travail d’interprétation qu’elle engage et par la circulation des connaissances qu’elle implique. Cette journée d’étude entend porter un regard critique sur la diversité et l’internationalisation des discours historiques au prisme de la notion de transfert culturel et, plus largement, de l’histoire culturelle.

Annonce

Argumentaire

Interroger la relation histoire de l’art – traduction c’est interroger une pluralité de lectures et de récits. Où commence et où s’arrête la fidélité au texte d’origine ? Sommes-nous condamnés à un permanent acte de négociation (Eco, 2003) entre deux langues et deux cultures ? Une performance qui « rejoue » l’original (Pascal Griener, 1998) ? « Dire presque la même chose » : voilà comment Umberto Eco résumait l’acte de traduction. Ses multiples enjeux, qui tous tiennent dans ce « presque », touchent doublement l’histoire de l’art par le travail d’interprétation qu’elle engage et par la circulation des connaissances qu’elle implique. Peut-on ainsi voir dans l’histoire de l’art une « culture traductrice » (Michel Espagne, 2009) ? Peut-on envisager sa construction par les « traductions culturelles » (Peter Burke et R. Po-chia Hsia, 2007) ?

Cette journée d’étude entend porter un regard critique sur la diversité et l’internationalisation des discours historiques au prisme de la notion de transfert culturel et, plus largement, de l’histoire culturelle. Elle s’inscrit dans l’axe de recherche « Histoire de l’art : écrits, discours, langages » du centre F.-G. Pariset et fait suite au premier volet du programme, Une rhétorique de l’histoire de l’art ? Pratiques et dispositifs de l’écriture (novembre 2015).

Les historiens de l’art manifestent, depuis quelques années, un intérêt croissant pour les questions d’ordre linguistique, discursif et rhétorique appliquées à leur discipline. Qu’en est-il de la traduction interlinguistique de ces stratégies ?

Notre démarche s’inscrit dans la voie ouverte en France notamment en 2009 par trois journées d’études consacrées aux pratiques de la traduction dans le domaine de l’architecture (Traduire l’architecture, INHA, 2009, 2011, 2013) et élargie par le colloque Des mots pour la théorie, des mots pour la pratique. Lexicographie artistique : formes, usages et enjeux, organisé en 2016 à l’université Paul-Valéry de Montpellier dans le cadre du programme LexArt - Words for Art. 2009 a aussi vu la parution du premier numéro de la revue Art in Translation, alors qu’en 2010, à Reykjavik, se tenait le colloque L’art dans la traduction. L’article de Iain Boyd Whyte et Claudia Heide, Histoire de l’art et traduction (2010) mérite d’être signalé pour avoir posé des jalons et soulevé bien des questionnements sujets à débats. The Languages of Translation in Renaissance. France and Europe, journée d’études qui s’est tenue en février 2017 à l’institut Warburg, témoigne de l’actualité de ce type de préoccupations.

Suite à l’édition, au printemps 2017, d’un ouvrage intitulé Le Récit de l’histoire de l’art. Mots et rhétoriques d’une discipline (Éditions Esthétiques du Divers), notre souhait est d’explorer « la rhétorique à l’épreuve de la traduction », dans le sillage du colloque Rhétorique et traduction, publié par la SEPTET en collaboration avec le Laboratoire Ligérien de Linguistique de l’Université d’Orléans en 2012.

Au-delà des questions d’ordre lexical ou terminologique, en lien avec la diffusion des traductions, questions préalablement étudiées, nous invitons les historiens de l’art à réfléchir aux mutations, transferts et transmissions discursives qui concernent notre discipline, dans les multiples facettes qu’impose la traduction. Appliquée à l’histoire de l’art, cette dernière n’est pas qu’une affaire de mots, mais une affaire de langage au sens large du terme. Dans son ouvrage consacré à la traduction, dont nous empruntons le titre, Umberto Eco évoquait d’ailleurs le lien entre le voir et le dire en nous rappelant que la signification d’origine de translatio est « changement » mais aussi « transport », tandis que « traducere signifie ‘’conduire au-delà’’ »[1]. Le travail d’interprétation qu’appelle l’histoire de l’art donne en effet sa spécificité à la traduction de textes eux-mêmes voués à l’explication des œuvres.

La traduction est-elle une continuation du texte original et le traducteur un créateur et un continuateur de la pensée de l’auteur, comme le proposait Benjamin ? Est-elle, au contraire, un processus servile et imitatif ? Ou serait-elle un « acte de négociation » comme envisagé par Umberto Eco ? Plusieurs axes de recherche peuvent d’ores et déjà être proposés : l’historien de l’art en tant que traducteur, l’historien de l’art face à ses sources en langues étrangères et à la disponibilité de leur traduction, les enjeux éditoriaux des traductions, l’absence de traduction.

Programme

9h30 Accueil des participants

Ouverture

10h  

Mot de bienvenue, Pascal Bertrand, directeur du Centre F.-G. Pariset (Université Bordeaux Montaigne)

Introduction, Adriana Sotropa et Myriam Metayer (Université Bordeaux Montaigne) Traduire l’histoire de l’art : dans le sillage des transferts culturels ?

Conférence 

  • 10h30 Dana Arnold (University of East Anglia, UK) Lost in Translation? Negotiating Foucault Between Two Linguistic Realms

11h PAUSE

Traducteurs / traductrices, interprètes ? enjeux et responsabilités

Présidente de séance : Adriana Sotropa

  • 11h30 Pascale Dubus (Paris 1 Panthéon Sorbonne) De la récréation à la souricière : traduire le Dialogo di pittura de Paolo Pino
  • 12h Charlotte Foucher Zarmanian (CNRS), Émilie Oléron Evans (Université de Strasbourg) Figures de l’ombre ? La place des traductrices dans l’historiographie de l’art en Europe (XIXe – XXe siècles)

13h Déjeuner

Internationalisation des discours : traduction et histoire culturelle

Présidente de séance : Myriam Metayer

  • 14h30 Julie Lageyre (Université Bordeaux Montaigne) L’intrusion dans l’œuvre : la traduction des écrits de Joshua
  • 15h Pauline Michaud (chercheure indépendante) Quelle(s) langue(s) pour la muséographie ? Réflexions sur la place de la traduction au sein de l’Office International des Musées et sa revue Mouseion

15h30 PAUSE

  • 16h Émilie Passignat (Université de Pise) Traductions, transferts méthodologiques et construction d’une histoire de l’art internationale : quelques cas français et italiensReynolds et de John Ruskin au début du XXe siècle
  • 16h30 Adriana Sotropa et Myriam MetayerL’histoire de l’art et ses traductions : les stratégies éditoriales comme exercice de pouvoir ?

17h  Conclusion et clôture


[1] Umberto Eco, Dire presque la même chose. Expériences de traduction, Paris, Le Livre de Poche, 2013, p. 297.

Lieux

  • MSHA, Salle Jean Borde - Université Bordeaux Montaigne - 10, esplanade des Antilles
    Bordeaux, France (33)

Dates

  • vendredi 22 septembre 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • traduction, histoire de l'art, transfert culturel

Contacts

  • Adriana Sotropa
    courriel : adriana [dot] sotropa [at] u-bordeaux-montaigne [dot] fr

Source de l'information

  • Adriana Sotropa
    courriel : adriana [dot] sotropa [at] u-bordeaux-montaigne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« « Dire presque la même chose » », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 05 septembre 2017, http://calenda.org/414980