AccueilPlanifier, combattre, occuper : Nouvelles perspectives en histoire des opérations militaires (XIIIe-XXe siècle)

Planifier, combattre, occuper : Nouvelles perspectives en histoire des opérations militaires (XIIIe-XXe siècle)

Planning, combat and occupation: New perspectives in the history of military operations (13th-20th centuries)

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Publié le vendredi 08 septembre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

La journée d’étude des doctorants du Service historique de la Défense (SHD) du 26 septembre 2017, qui s’intitule « Planifier, combattre, occuper : Nouvelles perspectives de l’histoire des opérations militaires (XIIIe-XXe siècle) », invite à s’intéresser au renouvellement des études dans le domaine de l’histoire militaire à travers une approche mélangeant les périodes historiques, du Moyen Âge à l’Époque contemporaine, et en mêlant les profils des intervenants : jeunes chercheurs et doctorants et chercheurs confirmés.

Annonce

Argumentaire

Profondément renouvelée ces cinquante dernières années, l’histoire militaire n’en souffre pas moins de la place ambiguë que lui conférèrent les Annales. Désavouant à la suite de Marc Bloch l’histoire-bataille, ce courant fondateur de la recherche historique jeta en France un durable discrédit sur la discipline. Soupçonnée de se cantonner à la description d’événements sortis de leur contexte[1], l’histoire des opérations militaires se heurtait à un double présupposé : elle servait d’exutoire aux historiens qui refusaient toute réflexion épistémologique et toute prise de distance avec leur objet d’étude, quand elle n’était pas simplement perçue comme l’expression de la réaction[2].

Pourtant, l’histoire du fait militaire et guerrier a considérablement évolué en quelques décennies, autant par le recours à des approches et méthodologies nouvelles que par l’analyse de sources tardivement ouvertes ou (re)découvertes. Elle a bénéficié de l’apport conceptuel d’autres sciences humaines aussi bien que d’autres champs de la recherche historique ou de sciences plus éloignées, comme la médecine et la psychiatrie. L’ensemble de ces démarches ouvre la voie d’une histoire totale et multiscalaire.

S’inscrivant dans cette perspective, cette journée d’étude organisée par les doctorants du Service historique de la Défense, sous la direction scientifique de Hervé Drévillon et de Thierry Widemann,  entend mettre à l’honneur l’actualité de la recherche en histoire des opérations militaires. Les thématiques et la chronologie choisies sont volontairement larges : la journée s’articulera autour des renouvellements portés par les travaux des intervenants. Au-delà des questions historiographiques, cette rencontre vise ainsi à mettre en évidence le renouveau des études dans cette branche de l’histoire militaire.

 Trois thématiques principales ont été retenues, qui décomposent le déroulement des opérations militaires : leur planification, la phase de combat et les modalités des occupations qui ont pu les suivre, ces trois temps étant perçus tant du point de vue des vainqueurs que des vaincus. Elles pourront être traitées de front, dans une perspective globale, ou au contraire séparément, pour faire l’histoire de tel ou tel moment du processus. Bien des éléments sont ainsi ouverts à l’étude, depuis la formation des hommes et les prises de décisions – militaires, politiques, diplomatiques – au sommet jusqu’à leurs conséquences concrètes sur la marche de la guerre et sur les individus pris dans les combats ou impliqués dans les occupations.

La planification des opérations militaires s’entend ici aussi bien au niveau de leur préparation concrète qu’en amont, dans la constitution d’une armée puissante et entraînée en vue de parvenir à la réussite d’un objectif précis. Il s’agit donc de s’intéresser aux armées et à leurs opérations depuis la formation des troupes jusqu’à leur mobilisation en vue de la guerre, en intégrant l’établissement d’objectifs stratégiques et les moyens mis en œuvre pour les réaliser. À la veille d’une nouvelle campagne, la mise en place d’une stratégie globale représente également un enjeu à définir.

Le second thème, « combattre », vise à observer les troupes en action : comment se déroule un combat, tant du point de vue du commandement que des hommes sur le terrain ? Il s’agit ainsi d’étudier ces batailles et sièges à différentes échelles, aussi bien dans leur globalité qu’au niveau des expériences combattantes. Les questions tactiques auront toute leur part dans cette étude.

Enfin, le dernier thème, qui concerne les occupations, cherche à comprendre l’après-combat et l’après-guerre, aussi bien sur le temps court que sur le long terme, du point de vue du vainqueur comme du vaincu, et ce aussi bien sur le champ de bataille après le combat que dans un territoire occupé ou annexé. Dans quelle mesure une armée victorieuse tire-t-elle profit du terrain gagné et en quoi cet espace acquis permet-il d’influer sur la suite de la campagne ? Une occupation militaire implique le contrôle territorial du champ de bataille ou des États du vaincu, et donc la création d’un dispositif militaire de défense et de présence marquée de la part du conquérant. Il s’agit ainsi d’étudier l’occupation à toutes les échelles, tant l’occupation du champ de bataille après les combats que l’occupation du territoire du vaincu et sa réaction défensive face à cette manœuvre.

Le thème de cette journée d’étude demeure ample à dessein afin d’englober toute nouvelle recherche fondée sur des sources de première main.

Programme

09h00 : Accueil des participants

09h20 : Introduction : Hervé Drévillon (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – SHD) et Bertrand Fonck (SHD)

Session I – Choix et aspects tactiques de l’unité combattante

Présidence : Emmanuel Pénicaut (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine)

  • 09h50 : Julien Wilmart (Universités Paris-Sorbonne et Saint-Louis de Bruxelles – SHD), « Ils ont ébauché la victoire et donné le branle à toute l’affaire » (Monsieur) : l’utilisation militaire des Mousquetaires du roi, 1622-1775.
  • 10h10 : Laurent Veyssière (Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale), Combattre avec les Indiens durant la guerre de Sept Ans, « les plus redoutables à qui les craint » (Bougainville).
  • 10h30 : Questions et échanges
  • 10h50 : Pause 

Session II – Apprendre des batailles : organisation et structure martiale de la société

Présidence : Sébastien Dubois (Université Saint-Louis de Bruxelles – Archives de l’État)

  • 11h10 : Giovanni Cerino Badone (Università del Piemonte Orientale), The Tactical Planning in the Age of Reasons. The Sardinian Army military effectiveness during the Austrian Succession War (1740-1748) and the Italian Way of War.
  • 11h30 : Jean-Noël Grandhomme (Université de Lorraine), Du désastre au « Verdun roumain » (Marasesti). La réorganisation de l'armée roumaine par la mission militaire française en 1917, un exemple de transfert de technologie et d'expérience.
  • 11h50 : Clément Onimus (Université Paris 8), Mener la guerre dans le sultanat mamlouk (xiiie-xvie siècle).
  • 12h10 : Questions et échanges

12h30 : Déjeuner

Session III – La bataille et la conquête : des stratégies au terrain

Présidence : Jean-Vincent Holeindre (Université Paris II Panthéon-Assas – IRSEM)

  • 14h00 : François Cochet (Université de Lorraine), Planifier, occuper, combattre : approches comparées des batailles de Na San et Dien Bien Phu.
  • 14h20 : Claire Miot (SHD), Forcer la main ? L’armée française en Allemagne au printemps 1945, un fragile instrument diplomatique.
  • 14h40 : Questions et échanges

 15h00 : Pause

Session IV – Occuper et administrer des territoires conquis : les vainqueurs et les vaincus

Présidence : Olivier Wieviorka (ENS Cachan)

  • 15h20 : Xavier Hélary (Université Lyon 3 Jean Moulin), Philippe le Bel en Flandre (1297-1304).
  • 15h40 : François Pernot (Université Cergy-Pontoise), 1668 et 1674 : Les deux conquêtes de la Franche-Comté par Louis XIV.
  • 16h00 : Julie Le Gac (Université Paris X Nanterre), « She looks clean, but… » : Les armées alliées et la prostitution à Naples (1943-1944).
  • 16h20 : Questions et échanges
  • 16h40 : Conclusions : Hervé Drévillon (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – SHD)

Informations pratiques

Date : Mardi 26 septembre 2017, dès 9h

Lieu : Château de Vincennes, Pavillon du roi, Salle des Cartes

Inscription préalable obligatoire après du lieutenant Morgane Barey : morgane.barey@intradef.gouv.fr

Contacts et organisation

  • Raphaële Balu (Université de Caen) : raph.balu@wanadoo.fr
  • Alexandre Husson (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : nekrassovtsy@gmail.com
  • Julien Wilmart (Universités Paris-Sorbonne et Saint-Louis de Bruxelles) : julien_wilmart@yahoo.fr

Responsable scientifique

  • Prof. Hervé Drévillon (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - SHD)

Références

[1] Le Goff, Jacques, « Les  ‘’retours’’ dans l'historiographie française actuelle », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques [En ligne], 22 | 1999, mis en ligne le 17 janvier 2009, consulté le 30 décembre 2016. URL : http://ccrh.revues.org/2322 ; DOI : 10.4000/ccrh.2322

[2] Henninger, Laurent, « La nouvelle histoire-bataille » in Espaces Temps, 71-73, 1999. De la guerre. Un objet pour les sciences sociales, sous la direction de Jacques Lévy et Jean-Claude Ruano-Borbalan, p. 35-46.

Lieux

  • Pavillon du Roi - Salle des Cartes - Château de Vincennes
    Vincennes, France (94)

Dates

  • mardi 26 septembre 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • histoire, histoire militaire, armée, stratégie, tactique, opération militaire, bataille, siège, occupation, combat, soldat

Contacts

  • Julien Wilmart
    courriel : julien_wilmart [at] yahoo [dot] fr
  • Raphaële Balu
    courriel : raph [dot] balu [at] wanadoo [dot] fr
  • Alexandre Husson
    courriel : nekrassovtsy [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Julien Wilmart
    courriel : julien_wilmart [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Planifier, combattre, occuper : Nouvelles perspectives en histoire des opérations militaires (XIIIe-XXe siècle) », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 08 septembre 2017, http://calenda.org/415313