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Les friches en montagne : un sujet peu étudié

Mountain fallow lands: a little-studied topic

Revue de géographie alpine

Journal of Alpine Research

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Publié le mercredi 13 septembre 2017 par João Fernandes

Résumé

L’idée d’un numéro sur les « friches en montagne » est venue en discutant les effets du changement climatique dans les Alpes, particulièrement dans les stations de moyenne montagne. Une friche, un terrain en friche (fallow land ou wasteland) ou zone en friche (brownfield), est généralement un objet laissé à l’abandon, sans entretien et sans une fonction précise : elle signale un changement, économique, politique ou culturel, tels les sanatoriums de la fin du XIXe siècle. On peut donc observer des friches comme les vestiges d’une vague d’urbanisation de la montagne (l’abandon des villages au profit de la ville de fond de vallée) ou alors comme témoignage d’une époque industrielle (par exemple les villages fantômes des Andes Chiliennes, suite à l’abandon de l’extraction du salpêtre ou les usines sidérurgiques abandonnées dans l’arc alpin) ou encore comme signal d’une situation politique révolue (par exemple casernes et forts abandonnés sur les frontières des Alpes italiennes). 

Annonce

Contexte

La proposition d’un numéro sur les « friches en montagne » s’inscrit dans la continuité du numéro sur les effets du changement climatique dans les Alpes[1], en particulier, changement semblant désormais condamner le ski et les sports de neige dans les stations de moyenne montagne et dont la presse s’est fait l’écho[2]. Une friche, un terrain en friche (fallow land ou wasteland) ou zone en friche (brownfield), est généralement un objet laissé à l’abandon, sans entretien et sans une fonction précise. Néanmoins du point de vue épistémologique l’expression « friche en montagne » n’est pas fixée. Non seulement il n’y a pas une littérature de référence, mais il n’y a pas non plus d’entente sur ce que « friche » veut dire. Il y a une douzaine d’années un groupe d’architectes bâlois de l’ETHZ (Studio Basel) dressaient un Portrait urbain de la Suisse dans lequel l’expression « friches alpines », (Alpine Brachen en allemand ou Alpine fallow lands en anglais) était utilisée pour signifier « (…) des régions en proie au déclin et à l’affaiblissement de leur substance [ayant] pour trait commun une émigration permanente. Il s’agit de régions qui ne sont pas raccordées à l’économie urbaine par l’intermédiaire d’un réseau de villes et qui n’ont pas pu développer une industrie touristique notable. L’effet d’aspiration des réseaux urbains y a déclenché une dynamique négative d’absorption des énergies » (Diener, Herzog, Mieli, de Mauron, Schmid, 2006, p. 930). En Suisse cette notion de friche fut immédiatement critiquée, entre autres dans le Programme National de Recherche (PNR) 48 sur les paysages et l’habitat en montagne : « La désignation de "friche" signifie qu’un espace n’est pas utilisable en tant que ressource économique aux yeux de la société urbaine. (…) Dans son étymologie agronomique, la notion de friche signifie aussi le repos et le renouvellement des ressources. Dans ce sens, la friche alpine peut être considérée comme un espace de compensation pour les espaces urbains, car la population urbaine recherche des lieux naturels pour se ressourcer. Parallèlement à l’utilisation directe, comportant une plus-value individuelle immédiate – comme c’est par exemple le cas pour le ski – les espaces offrent également des valeurs d’existence. Celles-ci s’expriment dans le souhait de conserver si possible des écosystèmes intacts et de préserver la nature pour les générations futures. » (Lehmann, Steiger, Weber, 2007, pp. 42-43). Le rapport concluait : « Il n’y a pas une friche alpine. L’espace alpin est très hétérogène. On ne peut donc pas traiter toutes les régions périphériques des Alpes de la même façon » (ibid., p. 76).

On le voit, le mot peut être problématique et nous invitons les chercheurs à se poser la question, également du point de vue de la théorie. En ce qui nous concerne la catégorie « friche » ne nous semble pas pouvoir désigner des espaces périphériques, aussi marginaux soient-ils, mais plutôt des espaces obsolètes, qui n’ont pas ou plus une fonction dans la vie sociale et économique d’une collectivité de montagne (ville, vallée, région, etc.). Un espace en friche signale un changement – « la friche étant un statut temporaire de l’espace » (Lévy&Lussault, 2003) –, économique, politique ou culturel, tels les anciens sanatoriums, de la fin du XIXe, ou bien aujourd’hui le changement climatique qui met fin à l’exploitation des remontées mécaniques pour les sports d’hiver en moyenne montagne. La friche est donc plutôt liée au potentiel économique local ou régional : dans les Alpes et plus particulièrement en France depuis des années on s’inquiète pour le modèle économique alpin adossé pour partie aux retombées économiques des sports d’hiver (Gauchon, 1997 ; Vlès, 2014). Presque naturellement, la friche alpine est souvent une friche touristique aux multiples déclinaisons. Entre installations abandonnées – surtout dans les stations de moyenne montagne (Bachimon & alii 2014) – et dégradation de l’hébergement de loisir dans les grandes stations, dans de nombreuses régions des Alpes l’obsolescence menace la dynamique économique locale, souvent monofonctionnelle et à présent fragilisée par le changement climatique et l’évolution du mode de consommation du produit touristique.

On peut donc observer des friches comme les vestiges d’une vague d’urbanisation de la montagne (l’abandon des villages au profit de la ville de fond de vallée), ou alors comme témoignage d’une époque industrielle (par exemple les villages fantômes des Andes Chiliennes, suite à l’abandon de l’extraction du salpêtre ou les usines sidérurgiques abandonnées dans l’Arc alpin) ou encore comme signal d’une situation politique révolue (par exemple casernes et forts abandonnés sur les frontières des Alpes italiennes). Seulement ces quelques « cas » montrent que le sujet « friches en montagne » est très prometteur, non seulement parce qu’il n’y a pas de typologie et qu’il faudrait peut-être l’inventer, mais aussi parce qu’il rejoint une problématique jusque-là surtout urbaine (Clément, 1994) : celle de la valorisation des « biens communs » qu’ils soient d’ordre patrimonial, architectural, historique ou culturel (immatériel). La friche inscrit les territoires de montagne dans le temps long  embrassant tout à la fois leur histoire[3] et leur gouvernance déterminant  ainsi leur devenir.

Problématiques et thèmes potentiels d’articles

Si la question des friches en montagnes reste ouverte, voici quelques questions, absolument non exhaustives, qui pourraient constituer la matière d’un prochain numéro de la revue :

  • La friche comme marqueur de l'obsolescence de l’espace en montagne : les friches ne sont-elles  alors que des témoignages de modèles historiques d’exploitation de la montagne et, dans le cas de l’industrialisation et de la mise en tourisme, de la domination ville-montagne ?
  • Un phénomène processuel et cyclique ? Existe-t-il des différences régionales et des régularités dans les processus d’abandon de l’habitat / de l’activité en montagne au XXe siècle et en ce début du XXIe siècle ? La notion de friche climatique révèle-t-elle un nouveau type de friche spécifique aux espaces montagnards et si oui quelles en seraient les particularités infra montagnardes ?  Exemple et cas d’études. Études comparatives bienvenues !
  • Enfin la friche comme opportunité : comment sont réutilisés les espaces en friches ? Quels  changements de destination récents.  Sont-elles l’objet d’une identification et de propositions de valorisation culturelle / patrimoniale en montagne aussi ?  La valorisation des friches alpines, est-ce un   témoignage du passage des « communaux » aux « biens communs » ? Études comparatives bienvenues !

Calendrier 

Les propositions d’articles d’environ 1000 mots sont à envoyer en anglais pour le 15 décembre 2017 à Gian Paolo Torricelli (gianpaolo.torricelli@usi.ch) et Sylvie Duvillard (sylvie.duvillard@univ-grenoble-alpes.fr) ainsi qu'à la coordination éditoriale : Olivier Vallade, olivier.vallade@msh-alpes.fr. Les articles défintifs sont attendus pour avril 2018. L'article doit être soumis dans une des langues de la revue : langues alpines – français, italien, allemand –, espagnol ou anglais. L’auteur doit au préalable prévoir la traduction dans la seconde langue après expertise. L’une des deux versions doit être en anglais. Si l’article est proposé en anglais au départ, la traduction doit être faite en français. La publication est prévue pour mars 2019.

Références bibliographiques indicatives

Bachimon P., Bourdeau P., Corneloup J., et Bessy O. (2014).– « Du tourisme à l'après-tourisme, le tournant d'une station de moyenne montagne : St-Nizier-du-Moucherotte (Isère) », Géoconfluences, mis en ligne le 15 avril 2014 ; URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/les-nouvelles-dynamiques-du-tourisme-dans-le-monde/articles-scientifiques/du-tourisme-a-l-apres-tourism

Bealu F., Clément G., (1994). – Éloge de la friche, Hors collection, 38 p.

Clément G., (1997).– « Jardins en mouvement, friches urbaines et mécanismes de la vie », Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 1997, Vol. 39, n°2 pp. 157-175,  numéro thématique : « Sauvages dans la ville. De l'inventaire naturaliste à l'écologie urbaine ».

Coriat B. (2013).– Le retour des communs. Sources et origines d’un programme de recherche, Revue de la régulation. Capitalisme, institutions, pouvoirs, ‎ 12 décembre 2013. (http://regulation.revues.org/10463)

Diener R., Herzog J., Meili M., de Meuron P., Schmid C. (2006).– Switzerland, An Urban Portrait, 3 vol., Birkhäuser Verlag, Basel.

Gauchon C. (1997).– « Anciennes remontées mécaniques dans les montagnes françaises : pour une géographie des friches touristiques/Old ski lifts and telphers in French mountains : for a geography of touristic waste lands. » In : Bulletin de l'Association de géographes français, 74e année, 1997-3 ( septembre). « Didactique de la géographie. Aménagement et moyennes montagnes. » pp. 296-310; doi : 10.3406/bagf.1997.1986
http://www.persee.fr/doc/bagf_0004-5322_1997_num_74_3_1986

Lehmann B., Steiger U., Weber M. (2007).– Paysages et habitats de l’arc alpin. Entre valeur ajoutée et valeur appréciée, FNRS / Rapport final du PNR 48, vdf Hochschulverlag AG, Ecole polytechnique fédérale, Zurich.

Moret, J.-P. (2013).– « Revitalisation d'un village alpin en friche, le cas de Mase, Val d'Hérens » (VS), Travail de Master, EPFL, Lausanne.

Vlès V., (2014).– « Mutations urbaines des stations de montagne, Pessac ». Presses universitaires de Bordeaux, 171 p. (mai 2014).


[1] Numéro 103-2 | 2015 Impact du changement climatique sur les dynamiques des milieux montagnards. Impact of climate change on mountain environment dynamics

[2] Articles parus successivement dans le quotidien Le Monde daté du 7 jnvier 2017 “A Borée (Ardèche) on pleure les neiges d’antan”, puis dans M Le magazine du Monde daté du 11 mars 2017 intitulé “Fausses pistes”

[3] Appel à article paru en mai 2017 intitulé  « Trajectoires de vulnérabilité des territoires de montagne face aux changements globaux ».

Comité de rédaction

Le Comité de rédaction se compose des co-directeurs(trices), des membres du comité et du secrétariat. Il se réunit en moyenne six fois par an à l’Institut de Géographie Alpine.

Co-directrices des publications

  • Dominique Baud, Maître de conférence en géographie et géomatique, Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS / Institut de Géographie Alpine / Université Grenoble Alpes, Grenoble, France

  • Sylvie Duvillard, Maître de Conférence, Université Grenoble Alpes, et chercheur au laboratoire PACTE, Grenoble, France

  • Coralie Mounet, Chargée de Recherches, CNRS, Laboratoire PACTE, UMR 5194, Grenoble.

Membres du comité

  • Anne-Laure Amilhat Szary, Professeure à l’Université Grenoble Alpes / Directrice du laboratoire PACTE / Membre de l'Institut Universitaire de France

  • Anouk Bonnemains, docteur en géographie, chercheur associé au Laboratoire EDYTEM

  • Jörg Balsiger, Professeur boursier FNS, Département de géographie et environnement et Institut des sciences de l’environnement, Université de Genève, Genève, Suisse

  • Jean-Baptiste Bing, Université de Genève, département de géographie et environnement

  • Winfried E. H. Blum, Professor Emeritus, Institute of Soil Research, University of Natural Resources and Life Sciences (BOKU),Vienne, Autriche

  • Sophie Bonin, Maître de conférences, École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles, France

  • Axel Borsdorf, Professeur à l’Université d’Innsbrück, Autriche

  • Philippe Bourdeau, Professeur à l’Université Grenoble Alpes / Institut de Géographie Alpine / UMR PACTE, à Grenoble, France

  • Federica Corrado, Politecnico di Torino, Italie

  • Anne Dalmasso, Professeure d'histoire contemporaine, Université Grenoble Alpes
    Responsable de l'axe Territoires, économie, enjeux sociétaux
    Axe(s) / transversalité(s) : Territoires, économie, enjeux sociétaux

  • Bernard Debarbieux, Professeur à l’Université de Genève, Suisse

  • Cristina Del Biaggio, chercheuse invitée (post-doc) à l’Instituts of European Studies de l’Université d’Amsterdam, Pays-Bas

  • Pierre Derioz, Maître de Conférences HDR en Géographie, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, UMR Espace-Dev 228 IRD (Maison de le télédétection), Montpellier, France

  • Marie Forget, Maître de Conférences en Géographie, Université Savoie Mont Blanc, laboratoire EDYTEM, France

  • Monique Fort, Professeure Émérite (Géographie, Géomorphologie), UFR de Géographie, Histoire, Économie et Sociétés, UMR 8586 PRODIG, Université Paris Diderot, France

  • Marie-Christine Fourny, Professeure à l’Université Grenoble Alpes, France

  • JC Gaillard, PhD, Associate Professor & Associate Dean (Postgraduate Taught and Masters), Faculty of Science, The University of Auckland / Te Whare Wānanga o Tāmaki Makaurau, New Zealand/Aotearoa

  • Stéphane Gal, Maître de conférences en histoire moderne, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA), Université Lumière Lyon 2.

  • Franck Giazzi, enseignant-chercheur au laboratoire PACTE territoires (UJF/CNRS) et à l’Institut de Géographie alpine, Grenoble, France

  • Emmanuelle George-Marcelpoil, Directrice de l’unité de recherche Développement des territoires Montagnards, Irstea Grenoble, Saint Martin d’Hères

  • Luc Gwiazdzinski, Université Grenoble Alpes / Institut de Géographie Alpine / UMR PACTE, Grenoble (France)

  • Stéphane Héritier, Maître de Conférences, Université Jean Monnet (Saint-Etienne) COMUE de Lyon / UMR Environnement, Ville, Société (5600), équipe ISTHME, France

  • Lauranne Jacob, Doctorante au Labex ITEM, laboratoire PACTE, Grenoble, France, et au Département de géographie et environnement et IGEDT, Université de Genève

  • Mari Oiry-Varacca, Maîtresse de conférence en géographie, Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Laboratoire Analyse Comparée des Pouvoirs

  • Martin Price, Professor of Mountain Studies, Director of the Centre for Mountain Studies, Chairholder, UNESCO Chair in Sustainable Mountain Development, Perth College, University of the Highlands and Islands, Royaume-Uni.

  • Manfred Perlik, Professeur, Centre pour le développement et l'environnement (CDE) de l’Université de Berne (Suisse) ; associé au Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS, Grenoble (France)

  • Léa Sallenave, Doctorante-Assistante, Université de Genève, Département Géographie et Environnement et IUFE (Institut universitaire de formation des enseignants).

  • Thomas Scheurer, Directeur de l’ISCAR (International Scientific Committee on Alpine Research) et de l’ICAS (Commission interacadémique recherche alpine des Académies Suisses des Sciences), Suisse.

  • Anne Sgard, professeure à l’Université de Genève, Suisse 

  • Gian Paolo Torricelli, Professeur (Géographie urbaine et  Développement territorial), Responsable de l’Observatoire du développement territorial du Canton du Tessin, Accademia di Architettura, Università della Svizzera italiana, Mendrisio, Suisse.

Secrétariat

Secrétariat d'édition : Olivier Vallade, Maison des Sciences de l'Homme-Alpes. olivier.vallade@msh-alpes.fr

Secrétariat de publication : Christine Hoyon christine.hoyon@orange.fr

Secrétariat de l’ADRA : Marina Soubirou, UMR PACTE - LabEx ITEM, Université Grenoble Alpes marina.soubirou@umrpacte.fr

Fonctions

Le Comité de rédaction reçoit tous les articles, les appels à avis, les comptes rendus détaillés des réunions.

Les membres du comité sont proposés par le bureau au Comité de rédaction, puis confirmés par le Conseil d’administration.

Les membres du Comité de rédaction assistent aux réunions, ou réagissent par voie de mail après réception de l’ordre du jour ou à l’occasion de sollicitations précises sur un article, un projet.

Ils se font le relais de la revue auprès de leur institution, réseau, région ou pays : faire connaître la revue, mettre en contact la rédaction avec des partenaires éventuels, solliciter des auteurs pour des articles, des expertises, des équipes pour des numéros thématiques.

Ils fournissent à la revue des informations susceptibles de figurer dans les rubriques : notes de lecture, informations sur la recherche, sur les programmes en cours, sur l’actualité, événements, publications.

Context

Having an issue of the RGA focused on “mountain fallow lands” is a continuation of the concerns raised in the issue regarding the effects of climate change in the Alps[1] in particular – change that appears to doom skiing and snow sports in mid-mountain resorts, on which the press has reported[2]. A fallow land, a wasteland or a brownfield is generally left derelict, not maintained and does not have a specific function. However, from an epistemological point of view, the expression “mountain fallow land” has not been properly defined. Not only is there no real reference literature, but there is no agreement on what “fallow land” even means. About 12 years ago, a group of architects from Basel’s ETHZ (Studio Basel) produced “an urban portrait” of Switzerland in which they used the expression “Alpine fallow lands” (Alpine Brachen in German, or friches alpines in French) to refer to zones “of decline and gradual recession. Their common feature is steady emigration. Alpine fallow lands comprise those areas of the Alps that have no urban networks and cannot establish a significant tourist industry of their own. The vortex effect of the urban networks has produced negative dynamic in these regions and is increasingly sapping their energy” (Diener, Herzog, Mieli, de Mauron, Schmid, 2006, p. 930).

In Switzerland, this concept of fallow land was immediately criticised, among others by the ‘National Research Programme (PNR) 48: Landscapes and habitats of the Alpine arc’: “Calling a particular space ‘fallow land’ means that, in the eyes of urban society, it cannot be used as an economic resource. (…) In its agronomic etymology, the notion of fallow land also means the repose and renewal of resources. In this sense, the Alpine fallow land can be considered a clearing space for urban spaces because urban dwellers seek out natural spaces where they can unwind. Along with its direct usage, which comprises an immediate and individual plus-value – as is the case with skiing, for example – the spaces also offer existence values. These values are apparent in the desire to keep, where possible, ecosystems intact and to preserve nature for future generations” (Lehmann, Steiger, Weber 2007, pp. 42–43). The report concludes as follows: “There is no Alpine fallow lands. Alpine space is very heterogeneous in nature, and thus, one simply cannot treat all the peripheral regions of the Alps in the same way” (ibid., p. 76).

It is clear that the term can be problematic, and we invite researchers to question it, including from a theoretical perspective. In our view, the category of fallow land does not appear to refer to peripheral spaces, however marginal they may be, but rather to obsolete spaces that do not or no longer have a function in a mountain community’s (town, valley, region, etc.) social and economic life. Fallow land marks a change – “fallow land is the temporary status of a space” (Lévy & Lussault, 2003) – that is economic, political or cultural, like sanatoriums at the end of the 19th century, or today as climate change hastens the end of ski lift operations for winter sports at mid-mountain resorts. Fallow land is therefore rather linked to economic potential at the local or regional level: In the Alps, and more specifically in France, there have been concerns over an economic model dependent in part on the economic benefits reaped by winter sports (Gauchon, 1997; Vlès, 2014). As expected, Alpine fallow land is frequently a kind of tourism-oriented fallow land. In several regions of the Alps, between abandoned installations, especially in mid-mountain resorts (Bachimon et al. 2014), and the disrepair of leisure accommodation in big resorts, obsolescence is threatening the local economic vitality that often has only one function and has been weakened by climate change and the development of the consumption pattern of the tourism product.

One can see fallow lands as remnants of a wave of mountain urbanisation (withdrawing from smaller villages in order to move to the town at the bottom of the valley), or as testimony to an industrial era (for example, the ghost towns of the Chilean Andes, the result of halted saltpetre extraction, or the abandoned steel factories in the Alpine arc), or as an indication of a former political situation (for example, the abandoned barracks and forts on the borders of the Italian Alps). These few examples already show that the topic of “mountain fallow lands” is very promising – not only because there is no typology and it might have to be invented but also because it connects to an issue that until now has been mostly urban in nature (Clément, 1994), namely the valorisation of “common goods”, whether they relate to heritage, architecture, history or culture (immaterial). Fallow land inscribes the mountain territories in the long term by covering both their history[3] and the way in which they are governed, which also determines their becoming.

Potential topics for papers

While the issue of mountain fallow lands remains an open one, here are a few questions, absolutely non-exhaustive, that could inform the contents of the journal’s next issue:

  • Fallow land as a sign of the mountain space’s obsolescence. In other words, are fallow lands nothing but indications of historical operating models in the mountains and, in the case of industrialisation and the rise in tourism, of the city/mountain domination?
  • An ongoing and cyclical phenomenon? Are there regional differences in the way that people left behind their way of living or their activities in the mountain in the 20th century and at the beginning of the 21st?
  • The notion of a climatic wasteland: Is there a new type of fallow land peculiar to mountain spaces, and if so, what are its intra-mountain characteristics? Examples and case studies. Comparative studies are welcome!
  • Finally, fallow land as an opportunity: How are fallow land spaces reused? What has changed about the way they are used recently? Are they connected to – or form part of proposals for – the valorisation of culture and heritage in the mountain as well? Is the valorisation of Alpine fallow lands a sign of the transition from “communal” to “common goods”? Comparative studies are welcome!

Timeline

Article proposals, around 1,000 words in length, should be sent in English by 15 December 2017 to Sylvie Duvillard (sylvie.duvillard@univ-grenoble-alpes.fr) and Gian Paolo Torricelli (gianpaolo.torricelli@usi.ch) as well as the editorial team: Olivier Vallade, olivier.vallade@msh-alpes.fr.
Final articles are expected by April 2018.
The article must be submitted in one of the languages of the journal: Alpine languages (French, Italian, German), Spanish or English.
The author must commit to ensuring a translation of the article into a second language after review.
One of the two versions must be in English. If the article is submitted by a native English speaker, the second version must be in French.
Publication is scheduled for March 2019.

Some references

  • Bachimon P., Bourdeau P., Corneloup J., et Bessy O. (2014).– « Du tourisme à l'après-tourisme, le tournant d'une station de moyenne montagne : St-Nizier-du-Moucherotte (Isère) », Géoconfluences, mis en ligne le 15 avril 2014 ; URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/les-nouvelles-dynamiques-du-tourisme-dans-le-monde/articles-scientifiques/du-tourisme-a-l-apres-tourism
  • Bealu F., Clément G., (1994). – Éloge de la friche, Hors collection, 38 p.
  • Clément G., (1997).– « Jardins en mouvement, friches urbaines et mécanismes de la vie », Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 1997, Vol. 39, n°2 pp. 157-175,  numéro thématique : « Sauvages dans la ville. De l'inventaire naturaliste à l'écologie urbaine ».
  • Coriat B. (2013).– Le retour des communs. Sources et origines d’un programme de recherche, Revue de la régulation. Capitalisme, institutions, pouvoirs, ‎ 12 décembre 2013. (http://regulation.revues.org/10463)
  • Diener R., Herzog J., Meili M., de Meuron P., Schmid C. (2006).– Switzerland, An Urban Portrait, 3 vol., Birkhäuser Verlag, Basel.
  • Gauchon C. (1997).– « Anciennes remontées mécaniques dans les montagnes françaises : pour une géographie des friches touristiques/Old ski lifts and telphers in French mountains : for a geography of touristic waste lands. » In : Bulletin de l'Association de géographes français, 74e année, 1997-3 ( septembre). « Didactique de la géographie. Aménagement et moyennes montagnes. » pp. 296-310; doi : 10.3406/bagf.1997.1986
  • http://www.persee.fr/doc/bagf_0004-5322_1997_num_74_3_1986
  • Lehmann B., Steiger U., Weber M. (2007).– Paysages et habitats de l’arc alpin. Entre valeur ajoutée et valeur appréciée, FNRS / Rapport final du PNR 48, vdf Hochschulverlag AG, Ecole polytechnique fédérale, Zurich.
  • Moret, J.-P. (2013).– « Revitalisation d'un village alpin en friche, le cas de Mase, Val d'Hérens » (VS), Travail de Master, EPFL, Lausanne.
  • Vlès V., (2014).– « Mutations urbaines des stations de montagne, Pessac ». Presses universitaires de Bordeaux, 171 p. (mai 2014).

[1] Issue 103-2 | 2015: Impact of climate change on mountain environment dynamics

[2] Articles appeared first in the daily Le Monde on 7 January 2017 (“A Borée (Ardèche) on pleure les neiges d’antan”) and then in M Le magazine du Monde on 11 March 2017 (“Fausses pistes”).

[3] Call for articles, published in May 2017, entitled “Mountain areas’ trajectories of vulnerability amidst global change”.

Editorial commitee

The Editorial Committee (co-directors, members and secretariat) meet about 6 times a year (on average) at the Institut de Géographie alpine, Grenoble. H

Co-directors of publications

  • Dominique Baud, Senior Lecturer in geography and geomatics, Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS / Institut de Géographie Alpine / Université Grenoble Alpes, Grenoble, France

  • Sylvie Duvillard, Senior Lecturer, Université Pierre Mendès-France, Grenoble II et chercheuse au laboratoire pacte, Université Grenoble Alpes, France

  • Coralie Mounett, CNRS, Laboratoire Pacte UMR 5194, Grenoble

Members

  • Anne-Laure Amilhat Szary, Full Professor at Grenoble-Alpes University / Head of PACTE research center / Member of the "Institut universitaire de France"

  • Anouk Bonnemains, docteur en géographie, chercheur associé au Laboratoire EDYTEM

  • Jörg Balsiger, Swiss National Science Foundation Professor, Department of Geography and Environment and Institute for Environmental Sciences, University of Geneva, Geneva, Switzerland

  • Jean-Baptiste Bing, Université de Genève, département de géographie et environnement

  • Winfried E. H. Blum, Professor Emeritus, Institute of Soil Research, University of Natural Resources and Life Sciences (BOKU),Vienne, Autriche

  • Sophie Bonin, Maître de conférences, École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles, France

  • Axel Borsdorf, Professeur à l’Université d’Innsbrück, Autriche

  • Philippe Bourdeau, Professeur à l’Université Grenoble Alpes / Institut de Géographie Alpine / UMR PACTE, à Grenoble, France

  • Federica Corrado, Politecnico di Torino, Italie

  • Anne Dalmasso, Professeure d'histoire contemporaine, Université Grenoble Alpes
    Responsable de l'axe Territoires, économie, enjeux sociétaux
    Axe(s) / transversalité(s) : Territoires, économie, enjeux sociétaux

  • Bernard Debarbieux, full professor in geography and regional and urban planning, Geneva School of Social Sciences, University of Geneva

  • Cristina Del Biaggio, chercheuse invitée (post-doc) à l’Instituts of European Studies de l’Université d’Amsterdam, Pays-Bas

  • Pierre Derioz, Maître de Conférences HDR en Géographie, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, UMR Espace-Dev 228 IRD (Maison de le télédétection), Montpellier, France

  • Marie Forget, Maître de Conférences en Géographie, Université Savoie Mont Blanc, laboratoire EDYTEM, France

  • Monique Fort, Professeure Émérite (Géographie, Géomorphologie), UFR de Géographie, Histoire, Économie et Sociétés, UMR 8586 PRODIG, Université Paris Diderot, France

  • Marie-Christine Fourny, Professeure à l’Université Grenoble Alpes, France

  • JC Gaillard, PhD, Associate Professor & Associate Dean (Postgraduate Taught and Masters), Faculty of Science, The University of Auckland / Te Whare Wānanga o Tāmaki Makaurau, New Zealand/Aotearoa

  • Stéphane Gal, Maître de conférences en histoire moderne, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA), Université Lumière Lyon 2

  • Franck Giazzi, enseignant-chercheur au laboratoire PACTE territoires (UJF/CNRS) et à l’Institut de Géographie alpine, Grenoble, France

  • Emmanuelle George-Marcelpoil, Directrice de l’unité de recherche Développement des territoires Montagnards, Irstea Grenoble, Saint Martin d’Hères

  • Luc Gwiazdzinski, Université Grenoble Alpes / Institut de Géographie Alpine / UMR PACTE, Grenoble (France)

  • Stéphane Héritier, Maître de Conférences, Université Jean Monnet (Saint-Etienne) COMUE de Lyon / UMR Environnement, Ville, Société (5600), équipe ISTHME, France

  • Lauranne Jacob, Labex ITEM, PACTE, University of Grenoble-Alps, Department of Geography and environment, IGEDT, University of Geneva

  • Mari Oiry-Varacca, Maîtresse de conférence en géographie, Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Laboratoire Analyse Comparée des Pouvoirs

  • Martin Price, Professor of Mountain Studies, Director of the Centre for Mountain Studies, Chairholder, UNESCO Chair in Sustainable Mountain Development, Perth College, University of the Highlands and Islands, Royaume-Uni

  • Manfred Perlik, Associated professor, Centre for Development and Environment (CDE), University of Bern (Switzerland) ; associated at Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS, Grenoble (France)

  • Léa Sallenave, Doctorante-Assistante, Université de Genève, Département Géographie et Environnement et IUFE (Institut universitaire de formation des enseignants)

  • Thomas Scheurer, Directeur de l’ISCAR (International Scientific Committee on Alpine Research) et de l’ICAS (Commission interacadémique recherche alpine des Académies Suisses des Sciences), Suisse

  • Anne Sgard, professeure à l’Université de Genève, Suisse 

  • Gian Paolo Torricelli, Professeur (Géographie urbaine et  Développement territorial), Responsable de l’Observatoire du développement territorial du Canton du Tessin, Accademia di Architettura, Università della Svizzera italiana, Mendrisio, Suisse

Secretariat

Functions

The editorial committee receives all articles, calls for articles, and detailed reports of meetings.

Committee members are proposed by the bureau of the editorial committee, then confirmed by the Board of Directors.

Members of the editorial committee attend meetings or participate by mail after reception of the agenda or when their expertise is sought concerning an article or project.

They act as representatives for the journal with regard to their institution, network, region or country: publicising the journal, putting the editorial office in contact with possible partners, seeking authors for articles, seeking expertise or teams for special issues on specific themes.

They provide the journal with information suitable for inclusion in the different columns: reviews, information on research, ongoing programmes, news, interesting events, publications.

Dates

  • vendredi 15 décembre 2017

Mots-clés

  • montagne, friche, changement climatique, bien commun, patrimoine

Contacts

  • Olivier Vallade
    courriel : olivier [dot] vallade [at] msh-alpes [dot] fr
  • Sylvie Duvillard
    courriel : sylvie [dot] duvillard [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr
  • Gian Paolo Torricelli
    courriel : gianpaolo [dot] torricelli [at] usi [dot] ch

Source de l'information

  • Christine Hoyon
    courriel : christine [dot] hoyon [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les friches en montagne : un sujet peu étudié », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 13 septembre 2017, http://calenda.org/416019