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Documenter ses traitements et analyses : quels outils, quelles pratiques ?

Documenting processes and analysis - tools and methods?

IVe journées annuelles du réseau « Méthodes, analyses, terrains, enquêtes en sciences humaines et sociales » (MATE-SHS)

4th annual study day of the (MATE-SHS) network - methods, analysis and fieldwork in the HSS

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Publié le vendredi 29 septembre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Dans le cadre de ses IVe journées annuelles, le réseau « Méthodes, analyses, terrains, enquêtes en sciences humaines et sociales » (Mate-SHS) organise une matinée de réflexion autour du thème « Documenter ses traitements et analyses : quels outils, quelles pratiques ? ». Comment documenter son traitement lorsqu’on analyse des entretiens avec un Caqdas (computer-assisted qualitative data analysis software) ? Comment être certain de pouvoir refaire à l’identique un traitement statistique plusieurs années après la publication d’un résultat ? Comment être certain de pouvoir répondre à la question d’un reviewer concernant le recodage d’une variable ou le traitement d’individus aberrants ? Comment documenter l’analyse d’une observation participante ?

Annonce

Argumentaire

Dans le cadre de ses IVe journées annuelles, le réseau « Méthodes, analyses, terrains, enquêtes en sciences humaines et sociales » (Mate-SHS) organise une matinée de réflexion autour du thème « Documenter ses traitements et analyses : quels outils, quelles pratiques ? ». Après avoir consacré deux actions nationales de formation à la production de données et une journée annuelle à la documentation et l’archivage des données, le CoPil de Mate-SHS a souhaité s’intéresser au traitement des données, notamment dans ses aspects de réplicabilité et de traçabilité.

Comment documenter son traitement lorsqu’on analyse des entretiens avec un Caqdas ? Comment être certain de pouvoir refaire à l’identique un traitement statistique plusieurs années après la publication d’un résultat ? Comment être certain de pouvoir répondre à la question d’un reviewer concernant le recodage d’une variable ou le traitement d’individus aberrants ? Comment documenter l’analyse d’une observation participante ?

Voilà autant de questions auxquelles nous aimerions par exemple apporter des réponses durant cette matinée. À notre connaissance, il s’agit là d’un point aveugle des formations universitaires ou professionnelles que seuls l’expérience et les collègues sont susceptibles de combler. Nous avons le sentiment que chercheurs comme ingénieurs ont pour la plupart mis en place des solutions ad hoc jusqu’à des “bricolages” qui sont peu discutés entre collègues et rarement présentés dans une publication.

Programme

8h15-9h00 : Accueil des participants 9h00-9h30 : Ouverture :

  • Anne-Laure Sorin (Ingénieure d’études, Université de Rouen-Normandie) Vice-Président de l’université de Rouen Normandie, en charge des SHS Katia Rovira (Professeur des Universités, directrice de l’IRIHS)
  • Franck Bailly (Maître de Conférences, directeur adjoint de l’IRIHS)

9h30-11h30 : Première partie : Documenter le traitement et l’analyse de données qualitatives

  • Thibaut Rioufreyt (chercheur post-doctorant en science politique à l’Institut de Sciences Politiques de Louvain Europe (ISPOLE) de l’Université catholique de Louvain (UCL) : « Documenter l’analyse des données qualitatives : enjeux et usages »

Parler de la documentation des différentes étapes de la chaîne interprétative par laquelle on passe des matériaux à des résultats, des hypothèses aux thèses, c’est ouvrir la boîte noire de l’analyse. Dans cette perspective, cette com- munication se propose de revenir sur les enjeux de la documentation analytique en recherche qualitative. Pourquoi s’engager dans un tel travail dont il faut dire le caractère chronophage ? Quelles informations, quelles traces con- vient-il de garder ? À l’inverse, quand doit-on s’arrêter avant de succomber à la codomanie ? Il s’agira de traiter ces questions en donnant à voir quelques manières de faire et exemples tirés d’enquêtes empiriques réalisées par l’intervenant.

  • Claudie Bobineau (ingénieure d’études en sciences de l’éducation, Cirnef, université de Rouen Nor- mandie) : « Les mémos dans NVivo »

Le logiciel NVivo met à disposition des chercheurs de nombreuses fonctionnalités. Parmi elles, le mémo peut être utilisé à différentes fins et accompagner le chercheur tout au long du processus d’analyse et d’interprétation de ses données qualitatives. La présentation se centrera sur l’intérêt d’utiliser des mémos liés aux nœuds thématiques, lors de l’analyse qualitative d’entretiens, dans le cadre de travaux collaboratifs, pour lancer le débat théorique et favori- ser l’émergence de nouvelles idées.

  • Émeline Juillard (Chargée de ressources documentaires, Centre de Données Socio-Politiques, Sciences Po Paris) : « Montrer et documenter l’analyse d’un terrain d’enquête en SHS : originali- té de la banque d’enquêtes qualitatives beQuali »

Sur le site de la banque d’enquêtes qualitatives (beQuali), la communauté scientifique accède au processus d’ana- lyse d’un terrain d’enquête en SHS. Après une présentation de la variété des formes et des supports que représente la phase d'analyse (synthèses, rédactions intermédiaires etc.), nous aborderons la documentation de cette étape de l’enquête, notamment dans une perspective de ré-utilisation.

  • François Féliu (ingénieur d’études en sociologie, Dysolab, Université de Rouen Normandie) :« Le parent pauvre des réflexions méthodologiques : La difficile rigueur de la recherche biblio- graphique »

Le travail bibliographique est souvent un impensé méthodologique comme si ce travail était "naturel" et "évident" alors même qu'il nécessite une (certaine) rigueur pour que les études et analyses qui suivront puissent être les plus complètes possible. Sans nous attarder sur les méthodes de recherches bibliographiques en elles-mêmes nous proposerons des réflexions sur le moyen de documenter (et de pouvoir reproduire) une recherche bibliographique. En partant d'un double constat nous essayerons de montrer en quoi le logiciel Zotero (et ses fonctionnalités) peut aider le chercheur à annoter son "parcours bibliographique". Cette documentation est souvent vue comme chrono- phage justifiant ainsi le côté artisanal, revendiqué par certains chercheurs, de la recherche bibliographique en SHS.

  • Nadine Mandran1, Vanda Luengo2, Boris Bruyère3, Tom Koskas1 (1/ LIG/CNRS, Université Grenoble- Alpes, Grenoble France, 2/ LIP6/MOCA, Paris 6., 3/ Freelance Web, Grenoble) : « Raconter des scénarios d’analyse pour le learning analytics »

Partager des scénarios d'analyse de données pour qu'ils soient réutilisables est d'une part important pour capitaliser des expériences, des savoirs faire et des connaissances et d'autre part pour que les travaux réalisés soient véri- fiables. Cependant la documentation formelle (i.e. par des formulaires contraints) des scénarios d'analyse, comme tous documents à capitaliser, est souvent une tâche ingrate et difficile. Le plus souvent c'est une tâche de spécia- listes d'un domaine dont les informations sont réutilisables par des spécialistes du même domaine. Pour pallier ce problème, la plateforme Hubble s'est lancé le défi de faire narrer le travail effectué sans contraintes de formalisation et ensuite de passer à une phase de formalisation. Hubble pose la question de savoir si la narration est suffisante et utilisable pour la documentation de scénarios d'analyse.

11h30-11h50 : Pause

11h50-13h00 Deuxième partie : Documenter le traitement et l’analyse de données quantitatives

  • Laurent Beauguitte (ingénieur de recherche, UMR IDEES, Université de Rouen Normandie) : « Docu- menter ses traitements, un investissement non rentable sur le marché académique ? »

La recherche ouverte et reproductible est un idéal scientifiquement et éthiquement louable. Documenter ses don- nées et les rendre disponible en accès libre, utiliser des logiciels open source, fournir des scripts commentés, per- mettre aux pairs de reprendre et de contrôler ses résultats sont des principes de bonne conduite difficilement con- testables, que ce soit dans le cadre de méthodes quantitatives ou qualitatives. Pourtant, ces démarches restent exceptionnelles en SHS. Deux raisons au moins peuvent expliquer cette situation : le temps long nécessaire pour accomplir correctement ces tâches, le manque de rentabilité académique de ces démarches. Écrire un article de plus, monter un projet de recherche supplémentaire sont des actes valorisés au niveau institutionnel ; documenter un jeu de données ne l'est toujours pas.

  • Pierre Blavier (doctorant, Paris School of Economics / EHESS) : « Documenter ses traitements : In- térêt, évolutions rapides, et insatisfactions à partir d’un retour d’expériences »

Avant, les traitements opérés sur les données étaient quasi toujours inaccessibles. Maintenant, on dénombre plu- sieurs tentatives de les rendre accessibles, grâce à internet et en particulier aux sites des auteurs d’une publication qui peuvent héberger des scripts à faire tourner sur tel ou tel logiciel. Cette solution pose certains problèmes : durée de vie limitée des pages internet et parfois coûts monétaires et de compétences des logiciels à utiliser. Il en va de même pour tous les recodages de variables « simples » initialement disponibles dans une base de données (par exemple établir la PCS à partir d’une déclaration de profession …). Ces doutes n'ont pour l'instant pas de réponses claires à nos yeux, et nous souhaiterions donc pouvoir bénéficier des retours d'expérience d'autres équipes et en- quêtes, et mettre en commun nos façons de faire. Nous évoquerons quelques cas pratiques à partir de certaines expériences récentes.

  • Damien Cartron (ingénieur de recherche, Epidapo, CNRS) : « Comment apprendre de ses erreurs ou être capable, plusieurs années après, de refaire un traitement statistique tout en obtenant les mêmes résultats ! »

Refaire tourner ses programmes SAS 5 ans après la publication d’un rapport et obtenir les mêmes résultats au cen- tième, voilà une reproductibilité scientifique qui ne devrait pas poser de problème. Sauf que… cela ne peut fonction- ner qu’avec un peu d’ordre et de méthode, surtout lorsqu’on travaille à plusieurs. Une technique très rudimentaire sera présentée avec pour objectif principal de lancer le partage de méthodes entre les participants pour que chacun puisse s’inspirer des méthodes des autres.

  • Alina Danciu et Simon le Corgne (Ingénieurs en production et analyse de données, Centre de Don- nées Socio-Politiques, Sciences Po Paris) : « Documenter des enquêtes quantitatives en prenant en compte le cycle de vie des données »

Depuis 2005, le Centre de données socio-politiques (CDSP) documente des enquêtes quantitatives et les met à disposition de la communauté scientifique. Dans cette présentation, nous aborderons la documentation du proces- sus de traitement des enquêtes longitudinales et la prise en compte de leur cycle de vie dans ce processus.

13h00-13h30 : Clôture : Discussion générale 

Conclusion par Viviane le Hay (ingénieure de recherche CNRS, Centre Émile Durkheim, Bordeaux)

Comité d’organisation           

Contact : mate-ja2017@services.cnrs.fr

Informations
http://mate-shs.cnrs.fr/?JA2017

Catégories

Lieux

  • Maison de l’Université Université de Rouen Normandie - Place Emile Blondel
    Mont-Saint-Aignan, France (76130)

Dates

  • mardi 14 novembre 2017

Mots-clés

  • traitement, analyse

Contacts

  • François Féliu
    courriel : engagementsef17 [at] sciencesconf [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • François Féliu
    courriel : engagementsef17 [at] sciencesconf [dot] org

Pour citer cette annonce

« Documenter ses traitements et analyses : quels outils, quelles pratiques ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 29 septembre 2017, http://calenda.org/416767