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Travail et emploi à l’ère du capitalisme de plateforme

Work and employment in an era of platform capitalism

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Publié le lundi 02 octobre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Le débat sur les nouvelles formes de travail et d’emploi prend aujourd’hui une ampleur considérable. Pour nombre d’observateurs et de journalistes, les sociétés occidentales seraient en voie d’« ubérisation », néologisme dérivé du nom de la désormais célèbre plateforme de mise en relation de chauffeurs privés et de particuliers usagers. L’entreprise Uber symbolise en effet l’émergence d’un capitalisme de plateforme, qui bousculerait tant l’organisation collective du travail que les formes d’emploi. Derrière le cas d’Uber se profile plus largement un nouveau modèle économique dans lequel des entreprises ayant la forme de plateformes numériques jouent le rôle d’intermédiaires entre clients et prestataires de service, ainsi qu’entre demandeurs et offreurs de travail.

Annonce

5-6 juin 2018

Argumentaire

Le débat sur les nouvelles formes de travail et d’emploi prend aujourd’hui une ampleur considérable. Pour nombre d’observateurs et de journalistes, les sociétés occidentales seraient en voie d’« ubérisation », néologisme dérivé du nom de la désormais célèbre plateforme de mise en relation de chauffeurs privés et de particuliers usagers. L’entreprise Uber symbolise en effet l’émergence d’un capitalisme de plateforme, qui bousculerait tant l’organisation collective du travail que les formes d’emploi. Derrière le cas d’Uber se profile plus largement un nouveau modèle économique dans lequel des entreprises ayant la forme de  plateformes numériques jouent le rôle d’intermédiaires entre clients et prestataires de service, ainsi qu’entre demandeurs et offreurs de travail. Au-delà du secteur du transport de personnes, des plateformes se sont ainsi développées dans de multiples domaines, tels que la livraison à domicile (Deliveroo) ou la fourniture de logement (Airbnb). Certains de ces nouveaux acteurs économiques sont devenus en quelques années des firmes multinationales (Airbnb, Uber, etc.), affichant des chiffres d’affaires colossaux, et ont été érigés en emblèmes de la nouvelle économie numérique. Ce colloque international sera consacré à l’analyse des nouvelles pratiques économiques et de travail induites par ces plateformes numériques.

Le programme  de recherche transdisciplinaire CAPLA, financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) de 2016 à 2019, se propose d’étudier les effets sociaux du capitalisme de plateforme. Ce colloque sera l’occasion de mettre en perspective les résultats de cette vaste enquête empirique, principalement conduite en France, avec d’autres travaux de sciences sociales portant sur le cas français, mais aussi de donner une large place au dialogue avec des travaux menés dans d’autres pays.

A titre indicatif, les propositions de communication pourront explorer les thèmes suivants :

  • Structuration sociale du capitalisme de plate-forme : Quels sont les profils sociaux de ces nouveaux prestataires de services ? Dans quelles configurations de ressources (compétences professionnelles, capital économique, patrimoine) et de contraintes (difficultés d’accès à l’emploi, vie familiale) proposent-ils leurs services sur ces plateformes ? Par-delà l’idéal de « l’économie collaborative », comment se recomposent les inégalités dans ces nouvelles formes de mise au travail ? Entraînent-elles une nouvelle division internationale du travail ?
  • Marchandisation du « hors travail » : En quoi l’économie numérique redessine-t-elle une nouvelle fois les frontières entre travail professionnel, travail domestique et travail bénévole ? Comment participe-t-elle de la marchandisation d’activités jusque-là exercées hors du cadre du travail légalement rémunéré ? Certaines de ces activités peuvent-elles finir par être reconnues comme du travail ? Dans quelle mesure la marchandisation du « hors travail » peut-elle impulser un processus de professionnalisation ? Quelles en sont les répercussions sur les professions et les métiers existants ? Des processus de normalisation de la qualité des produits ou des services échangés se mettent-ils en place ?
  • Statuts d’emploi et modes de travail : Quelles sont les fonctions exactes exercées par l’intermédiaire ou la plateforme : mise en relation, coordination, contrôle de la qualité ? Par quels canaux et grâce à quels dispositifs la plateforme parvient-elle à organiser le travail ? Quelles en sont les conséquences sur le travail ? Les plateformes participent-elles de sa transformation? Sous quels statuts juridiques ces travailleurs exercent-ils ?
  • Régulations juridiques et politiques des nouveaux acteurs économiques : Comment les pouvoirs économiques, politiques, les juges et les autorités de régulations interviennent-ils pour encadrer et réguler l’activité de ces plates-formes selon les contextes nationaux ? Dans quelle mesure assurent-ils une protection des droits élémentaires des travailleurs ? De quelle protection sociale bénéficient ces travailleurs ? En quoi se différencie-t-elle de celle des salariés ? Quels rôles jouent les instances de protection plus habituelles des travailleurs (syndicats, organisations professionnelles) ? Les travailleurs des plateformes inaugurent-ils des modes de mobilisation spécifiques ?

Modalités de soumission

Les communications pourront avoir lieu en français ou en anglais.

Date limite de proposition de communication : 27 octobre 2017.

Les propositions, d’une page et rédigées en français ou en anglais, devront expliciter le thème de la communication, les questions qu’elle propose de traiter, la méthodologie adoptée et le matériau mobilisé.

Les propositions doivent être soumises sur Sciencesconf : https://capla2018.sciencesconf.org/

  • Examen des propositions et retour sur les propositions : 8 janvier 2018.
  • Envoi du support de la communication : 4 mai 2018.

Comité d’organisation

  • Sarah Abdelnour,
  • Pauline Barraud de Lagerie,
  • Sophie Bernard,
  • Julien Gros,
  • Dominique Méda,
  • Arnaud Mias,
  • Luc Sigalo Santos.

Comité scientifique

  • Sarah Abdelnour (sociologue, Université Paris Dauphine, IRISSO)
  • Pauline Barraud de Lagerie (sociologue, Université Paris Dauphine, IRISSO)
  • Sophie Bernard (sociologue, Université Paris Dauphine, IRISSO)
  • Françoise Carré (économiste, University of Massachusetts Boston, Center for Social Policy)
  • Guillaume Compain (sociologue, Université Paris Dauphine, IRISSO)
  • Julien Gros (sociologue, Université Paris Dauphine, IRISSO)
  • Anne Jourdain (sociologue, Université Paris Dauphine, IRISSO)
  • Christian Lévesque (relations industrielles, HEC Montréal)
  • Dominique Méda (sociologue, Université Paris Dauphine, IRISSO)
  • Arnaud Mias (sociologue, Université Paris Dauphine, IRISSO)
  • Gregor Murray (relations industrielles, Université de Montréal, Canada Research Chair in Globalization and the Work word)
  • Sidonie Naulin (sociologue, Sciences Po Grenoble, PACTE)
  • Diane Rodet (sociologue, Université de Lyon, Centre Max Weber)
  • Luc Sigalo Santos (politiste, Université Paris Dauphine, IRISSO)
  • Morgan Sweeney (juriste, Université Paris Dauphine, Cr2D)
  • Chris Tilly (économiste, University of California Los Angeles, Institute for Research on Labor and Employment)
  • Hélène Tissandier (juriste, Université Paris Dauphine, Cr2D).

Lieux

  • Université Paris-Dauphine, Métro Porte Dauphine, RER avenue Foch - Place du Maréchal de Lattre de Tassigny
    Paris, France (75016)

Dates

  • vendredi 27 octobre 2017

Mots-clés

  • capitalisme, plateforme, travail, emploi, ubérisation, indépendance, salariat, flexibilité

Contacts

  • ANR Capla
    courriel : capla2018 [at] sciencesconf [dot] org

Source de l'information

  • Luc Sigalo Santos
    courriel : lucsigalosantos [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Travail et emploi à l’ère du capitalisme de plateforme », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 02 octobre 2017, http://calenda.org/416825