AccueilÉrotisme et radicalisation

Érotisme et radicalisation

Eroticism and radicalisation

*  *  *

Publié le mercredi 04 octobre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Alors que de nombreux travaux portent sur les origines rituelles du spectacle vivant, ses fondements érotiques restent le plus souvent ignorés ou sous-estimés. Quels sont les fondements qui dans toutes les sociétés associent les arts performatifs et spectaculaires à l'érotisme et à la sexualité aussi bien qu'au politique et aux croyances ? Comment les analyser à partir des trois notions clés de l'ethnoscénologie : la spectacularité, ou ce qui se passe dans la tête de celui qui regarde ; la performativité, ou ce qui relève de l'ordre des conduites motrices et des comportements de la personne qui vit le phénomène ; le rapport symbiotique, ou ce qui est de l'ordre de la relation ?

Annonce

Argumentaire 

Longtemps ignorée par les historiens des arts du spectacle vivant, cette thématique est aujourd’hui prise en considération dans le mouvement de renouveau de l’historiographie et de l’ethnoscénologie. Les théories du spectacle vivant constituent en elles-mêmes des objets anthropologiques. C’est ainsi qu’ont dominé en Europe une vision le plus souvent littéraire, philosophique et intellectualiste du spectacle vivant, aux dépens de l’analyse des modalités de leur mise en œuvre. Par exemple, l’idée d’un théâtre : art majeur, essentiellement textuel et respectable, s’est construite depuis la Renaissance. Qui plus est, la question du plaisir des performeurs et des spectateurs et rarement pris en compte. De même, il est à noter que les mouvements avant-gardistes d’un spectacle vivant radical en Europe, dans les Amériques avec des performances mythiques à l’image du Dionysus in 1969 de Richard Schechner, comme en Asie, mettent en scène un érotisme explicite, alors que la diffusion du modèle théâtral dans certaines sociétés s’est heurté à des interdits relatifs à la sexualité.

Les historiens, les anthropologues et les psychanalystes s’accordent pour constater que dans toutes les sociétés humaines le regard et les interactions visuelles sont très contrôlées. Ils jouent de plus un rôle majeur dans la vie sociale - les rapports hiérarchiques -, et le choix des partenaires sexuels. Les éthologistes ont mis en évidence l’importance de l’apparence – qualités physiques, état des caractères sexuels secondaires, « beauté » des plumages et de la fourrure. De tout temps ont existé des spectacles dans lesquels femmes et hommes se donnaient à voir comme objets sexuels. Si l’appétence sexuelle est une donnée biologique, un universel de l’espèce animale, l’érotisme est une variable aléatoire, une notion socialement, culturellement, définie. L’aisthésis est dans l’espèce humaine le moyen de transcender sa fatalité biologique. Tout art étant à la fois multifactoriel et multisensoriel, même si l’on dénote la prééminence d’un sens ou d’une instance biologique, le fatum biologique transformé en art implique l’ensemble de la sensorialité et par conséquent l’esthétique, au sens de plaisir né de la perception de la beauté.

Programme 

  • 8:30-8:45 : Accueil des participants
  • 8:45-9:00 : Ouverture par Pierre Philippe-Meden (Dr. Paris 8, Lyon 1, L-ViS, EA7428)

Session I - 9:00-11:00 

Modératrice, professeur Nathalie Gauthard (Sophia Antipolis)

  • 9:00-9:45 : « Entre asymbolie et déni érotique », professeur Jean-Marie Pradier (Paris 8)
  • 10:00-10:45 : « Le sexuel de Dieu », professeur Fehti Benslama (Paris Diderot)  

Pause

Session II - 11:00-13:00 

Modératrice, Sophie Rieu (Doctorante Montpellier 3)

  • 11:00-11:45 : « "Jouer" au pervers. Scénarios hentai et radicalité au Japon », Agnès Giard (Dr. Paris Nanterre)
  • 12:00-12:45 : « Bd-SM : au-delà du genre », professeur Bernard Andrieu (Pr. Paris Descartes)

13:00-14:00 : Repas

Session III 14:00-16:00 

Modérateur, Pierre Philippe-Meden (Dr. Paris 8, Lyon 1, L-ViS, EA7428)

  • 14:00-14:45 : « Les effets de la radicalisation sur les artistes en Inde : censure, résilience et résistance », Tiziana Leucci (Chercheuse, CEIAS, CNRS) 
  • 15:00-15:45 : « War Porn ! De Bush à DAECH, quand la radicalisé se met au porno » Michel Bondurand-Mouawad (Dr. Paris 3) 

Pause

Session IV 16:00-18:00 

Modératrice, Marie Boisseau (Doctorante, INHA)

  • 16:00-16:45 : « Radicalisation érotique dans les arts de la performance : Bob Flanagan, Ron Athey, Annie Sprinkel, Buck Angel » Philippe Liotard (MCF-HDR, Lyon 1, L-ViS, EA7428)
  • 17:00-17:45 : « Bodhi unbound - an artist’s journey from institutionalised fetish to sexualized religion », Damcho Dyson (Doctorante, Royal College pf Art, London)

Responsables scientifiques

  • Pierre Philippe-Meden (Lyon 1)
  • Jean-Marie Pradier (Paris 8)

Comité scientifique et d'organisation

  • Bernard Andrieu (Paris Descartes)
  • Fehti Benslama (Paris Diderot)
  • Marie Boisseau (INHA)
  • Agnès Giard (Paris Nanterre)
  • Tiziana Leucci (CEIAS, CNRS)
  • Vincenzo Mazza (Paris Nanterre, Montpellier 3)
  • Jean-Marie Pradier (Paris 8)
  • Sophie Rieu (Montpellier 3)

Inscription

Inscription obligatoire, et gratuite, sur : http://monintranet.univ-paris13.fr/inscription/erorad/

Informations pratiques

Maison des Sciences de l'Homme Paris Nord : Auditorium accessible aux personnes à mobilité réduite / 20 avenue Georges Sand, 93210 St-Denis la Plaine / Métro ligne 12 : Front Populaire, sortie n°3 MSH

Évènement scientifique en partenariat avec la Société française d'ethnoscénologie

Lieux

  • Auditorium - 20 avenue Georges Sand
    Saint-Denis, France (93210)

Dates

  • vendredi 27 octobre 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • ethnoscénologie, imaginaire, croyance, corps, esthétique, érotisme, sexualité, radicalisation

Contacts

  • Pierre Philippe-Meden
    courriel : pierre [dot] philippe-meden [at] mshparisnord [dot] fr

Source de l'information

  • Pierre Philippe-Meden
    courriel : pierre [dot] philippe-meden [at] mshparisnord [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Érotisme et radicalisation », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 04 octobre 2017, http://calenda.org/417029