AccueilL’innovation dans l’agrodéveloppement : approches et conditions de sa diffusion dans les pays en développement

L’innovation dans l’agrodéveloppement : approches et conditions de sa diffusion dans les pays en développement

Innovation in agrodevelopment - approaches and conditions of its spread in developing countries

Séminaire de l’École supérieure d’agro-développement international (ISTOM)

Seminar at the École supérieure d’agro-développement international (ISTOM)

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Publié le mardi 10 octobre 2017 par Elsa Zotian

Résumé

Dans le champ de l’agrodéveloppement, les innovateurs se situent avant tout dans les entreprises du secteur agroalimentaire ou dans les exploitations agricoles, ces dernières restant très dépendantes de l’environnement et de ses évolutions. Particulièrement dans les pays en développement et depuis longtemps, la réactivité de groupes sociaux et la maturation des dynamiques sociales qui s’emparent de l’innovation ont été identifiées comme des conditions de leur suivi et de leur diffusion. La capacité des nouvelles technologies à influer sur ces conditions et est appréciée de façon très variable. Dans les pays en développement, certaines innovations n’ont pas toujours eu autant d’effets bénéfiques qu’attendus, et il faut souligner les effets négatifs d’un développement trop uniquement conçu à l'aune de l’innovation. L’objectif de ce séminaire n’est pas de proposer des éléments de synthèse générale autour des innovations mais de partir de situations locales, singulières, pour illustrer l'intérêt de certaines approches plus particulièrement systémiques, qualitatives, pluridisciplinaires. Ces études de cas permettront de s’interroger sur les conditions de la diffusion d’une innovation, la production de normes au cours de ce processus ou même, plus en amont, sur des situations préalables susceptibles de favoriser leur émergence et leur adoption.

Annonce

Argumentaire

Les agents économiques des sociétés des pays en développement  mettent en œuvre de nombreuses innovations parfois présentées comme la condition de leur adaptation à un monde en pleine évolution. L’innovation et le développement ont fait l'objet de débats anciens et riches sur lesquels de nombreuses mises au point ont déjà été faites. Ce séminaire devra donc éviter de pâles redites de l’existant sans toutefois ignorer ce qui a déjà été produit.

Pour le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES, 2016), « (…) l’innovation est un processus créatif de transformation scientifique ou technologique qui a pour effet la modification partielle d’un état préalable des connaissances ou la rupture avec cet état. Cette transformation aboutit à une conception nouvelle pouvant concerner un cadre théorique, une méthodologie, un processus, une technique, un produit, etc.  »[1]. Dans le champ de l’agrodéveloppement, les innovateurs se situent avant tout dans les entreprises du secteur agroalimentaire ou dans les exploitations agricoles, ces dernières restant très dépendantes de l’environnement et de ses évolutions. Particulièrement dans les pays en développement et depuis longtemps, la réactivité de groupes sociaux et la maturation des dynamiques sociales qui s’emparent de l’innovation ont été identifiées comme des conditions de leur suivi et de leur diffusion. La capacité des nouvelles technologies à influer sur ces conditions et est appréciée de façon très variable. Dans son document de référence, l'HCERES mentionne d’ailleurs aussi le temps long nécessaire à d'une part l’évaluation de la recherche au service de l’innovation et d'autre part  à l’analyse des transformations qui les accompagnent. La dimension territoriale est aussi bien présente dans cette problématique d'ensemble avec notamment la notion d’ « éco systèmes favorables »[2] à l’innovation. 

Il parait donc logique d’affirmer que face à une telle complexité, l’exigence d’analyses in situ est irremplaçable. Celles-ci interrogent le terrain à la fois par les méthodes d’approches, de représentation, de collecte d’informations et se constituent également comme des leviers de production de connaissances et d’inclusion d’acteurs aptes à faciliter la mise au point d’innovations (Tonneau, 2016)[3]

L'ouvrage de synthèse (Chauveau et al. 1998) revenait sur la question de la méthode et soulignait l'utilité d'une mise en perspective des processus d'innovation par une approche historique et qualitative. Appréhendée ainsi, l'innovation qui est « toujours une préoccupation... » apparaît comme une entrée pour mieux comprendre les transformations en cours. Cet ouvrage se voulait une clarification conceptuelle utile pour une mobilisation de différentes disciplines.

Dans les pays en développement, certaines innovations n’ont pas toujours eu autant d’effets bénéfiques qu’attendus, et il faut souligner les effets négatifs d’un développement trop uniquement conçu à l’aune de l’innovation. 

Pour certains auteurs, il existe parfois une dépendance sociotechnique si prégnante qu’elle devient exclusive de propositions alternatives. Par exemple, dans un contexte certes occidental, en France dans le Bassin Parisien, la promotion de l’agroécologie voulue par la puissance publique marque le pas, et de fait, ce sont des innovations non souhaitées comme l’augmentation du rôle des désherbants dans la conduite des cultures, la tendance à la monoculture du blé qui progressent[4]

Objectifs généraux du séminaire

L’objectif de ce séminaire n’est pas de proposer des éléments de synthèse générale mais de partir de situations locales, singulières, pour illustrer l'intérêt de certaines approches plus particulièrement systémiques, qualitatives, pluridisciplinaires. Ces études de cas permettront de s’interroger sur les conditions de la diffusion d’une innovation, la production de normes au cours de ce processus ou même, plus en amont, sur des situations préalables susceptibles de  favoriser leur émergence et leur adoption.  

Ce séminaire sera ainsi l’occasion de dresser un panorama de quelques exemples de réussites méthodologiques.

La question des effets et impacts de ces innovations ne pourra pas être traitée à l’occasion de ce séminaire. Elle restera néanmoins en ligne de mire de cette réflexion  (notamment au regard de la responsabilité sociétale des ingénieurs). 

Objectifs spécifiques à l'Istom

Dans le contexte propre à l’ISTOM, ce séminaire a également deux autres objectifs: répondre à l’exigence de formation sur l’innovation de nos étudiants et conforter la création d'une UR, dont la thématique de recherche portera sur l'innovation dans l'agrodéveloppement.

Pour la CTI (Commission des Titres d'Ingénieur), les écoles d’Ingénieur doivent produire une formation qui suscite ou valorise les qualités entrepreneuriales des étudiants, parmi lesquelles la capacité d'innover et de conduire le changement demeurent premières. Cette conception  incite les écoles à former de multiples manières aux innovations et à préparer les élèves ingénieurs à être acteurs de celles-ci, ainsi qu'à en comprendre les méandres et les dimensions sociales en même temps que les dimensions techniques.[5]  Pour l’ISTOM, l’exigence d’analyses in situ qui permettent de se confronter à la complexité de cas singuliers constitue un jalon incontournable dans le parcours de formation des élèves ingénieurs.

Dans le cadre de la construction en cours de l’UR « Agrodéveloppement et innovations dans les pays en développement » au sein de l’ISTOM, un autre objectif de ce séminaire est de renforcer les outils et méthodes de l'équipe d'enseignants-chercheurs et de construire une passerelle entre l’approche systémique (mobilisée en recherche comme en  pédagogie) et l’analyse des processus d’innovation. Ce séminaire a enfin pour objectif d’animer une réflexion collective et fédératrice à l’échelle de l’ISTOM, sur l’approche de l’innovation, l’inclusion d’acteurs aptes à faciliter sa mise au point et les modalités d’étude de sa diffusion et de ses impacts

Déroulement prévisionnel du séminaire

Des scientifiques de différentes disciplines ayant un bon recul sur ces questions accompagneront la réflexion ; il leur sera proposé de discuter de certaines situations.

A côté des séances plénières, trois ateliers seront organisés en parallèle :

  • Exemples d’approches pluridisciplinaires incarnées par des situations de terrain autour de questions d’innovation, montrant l’intérêt de la mobilisation de champs disciplinaires différents pour la compréhension des conditions de son émergence et de sa diffusion.
  • Prise en compte du temps long dans la compréhension de la diffusion d'une innovation, temps long qui est susceptible de créer des conditions favorables au changement ou d'expliquer au contraire certains facteurs de blocage, et qui rattrape souvent par surprise ceux qui essayent de comprendre les logiques récentes de changement.
  • Limites et apports de l’approche systémique par rapport à l’appui et l’évaluation des innovations.       

Modalités de soumission

Les propositions de communications seront envoyées en format PDF/Word énonçant, en deux pages maximum, le titre, le nom de l’auteur, l’affiliation et le contact email, et précisant la problématique, la principale revue de la littérature, la méthodologie appliquée et les principaux éléments de bibliographie à seminaire.istom@istom.net

au plus tard le 04 décembre 2017

Calendrier du séminaire

 

02 octobre 2017

Lancement de l’appel à communication

04 décembre 2017            Date limite de soumission des résumés de communications

15 décembre 2017

 

Sélection et communication des propositions retenues

15 janvier 2018

 

Soumission de la version complète des communications retenues

 

25 janvier 2018

 

Séminaire : «L’innovation dans l’agrodéveloppement : approches et conditions de sa diffusion dans les pays en développement» »

Le séminaire aura lieu le jeudi 25 janvier 2018 – 10h00-18h00 à l'ISTOM, 32, boulevard du port, 95094 Cergy-Pontoise Cedex. 

Langue : Les présentations sont communiquées en français et en anglais

Inscription

inscription obligatoire, avant le 12/01/2018, en remplissant le formulaire. 

Contact

Inès Shili-Touzi, seminaire.istom@istom.net, tél : 01 30 75 62 79 

Comité d’organisation

(administratifs et enseignants-chercheurs ISTOM)  

  • Inès SHILI-TOUZI,
  • Marc OSWALD, 
  • Yaya KOLOMA,
  • Adrian COSTERA, 
  • Sylvain HALFTERMEYER,
  • Marie-Hélène PARDIES, 
  • Tatiana DE OLIVEIRA,
  • Michel VAILLANT,
  • Gérald LISCIA,
  • Magali ROCQUIN,
  • Christine ETIENNE.

Sous la supervision du conseil scientifique de l’ISTOM dont les membres sont :

  • Jacques MAILLET (SupAgro)
  • Jean-Philippe TONNEAU (CIRAD)
  • Jean-Philippe COLIN (IRD)
  • Michel BERTRAND (INRA)
  • Emmanuel PERRIN (Danone)
  • Pascal CLOUVEL (CIRAD)
  • Christian FUSILLIER (AFD)
  • Benoît LAIGNEL (Université de Rouen)
  • Jean-Marc LlORENZ (DAISY LOVE)

Pour plus d’information, vous pouvez visiter notre site en cliquant ici.  Informations pratiques, cliquez ici.

Notes

[1] Il convient de souligner que ce document s’oriente ensuite sur l’innovation dans le « domaine industriel », où ce « terme […] désigne plus précisément l’utilisation des transformations opérées sur un processus, une technique, ou un produit. »[…] «Elle induit alors fréquemment un changement de comportement des individus, et se trouve associée à des valeurs liées à la performance, à l’amélioration ou à la simplification d’une activité ou d’un ensemble d’activités. En ce sens, l’innovation est souvent associée à la notion d’efficience (par exemple, un avantage compétitif résultant de ce processus de transformation) ». Document de référence de l’HCERES 2016, http://www.hceres.fr/content/download/23376/363449/file/S2_0_1_presentation_generale_evaluation03-12.pdf. 

[2] D’ailleurs l’agence s’interroge à la suite sur l’étendu de cet impact  « Ce critère analyse les différentes activités et réalisations par lesquelles la recherche contribue aux processus d’innovation et conduit à des impacts sur l’économie, la société ou la culture. »

[3] Cadre stratégique proposé au CA de l’ISTOM le 30 mai 2016. 

[4] J.M. Meynard, A. Messéan, A. Charlier, F. Charrier, M. Fares, M. Le Bail, M.B. Magrini, I. Savini, 2013. Freins et leviers à la diversification des cultures. Etude au niveau des exploitations agricoles et des filières. Synthèse du rapport d'étude, INRA, 52 p. http://inra.dam.front.pad.brainsonic.com/ressources/afile/223799-6afe9-ressource-etude-diversificationdes-cultures-synthese.html

[5] CTI, 2016. «  Références et orientations de la CTI, références et critères majeurs d’accréditation ». Fichier pdf en ligne 77P. https://api.cti-commission.fr/uploads/documents/backend/document_15_fr_references-et-orientationslivre-1_30-11-2015.pdf

Lieux

  • ISTOM - 32, boulevard du port
    Cergy-Pontoise, France (95)

Dates

  • lundi 04 décembre 2017

Mots-clés

  • approches pluridisciplinaires, approches systémiques, situations de terrain,innovations, conditions d'émergence, diffusion

Contacts

  • Ines Shili-Touzi
    courriel : seminaire [dot] istom [at] istom [dot] net

URLS de référence

Source de l'information

  • Ines Shili-Touzi
    courriel : seminaire [dot] istom [at] istom [dot] net

Pour citer cette annonce

« L’innovation dans l’agrodéveloppement : approches et conditions de sa diffusion dans les pays en développement », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 10 octobre 2017, http://calenda.org/418148