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Critiques sociales du langage

The social criticism of language

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Publié le jeudi 19 octobre 2017 par João Fernandes

Résumé

Le séminaire Critiques sociales du langage propose un espace interdisciplinaire de réflexions théoriques, méthodologiques et politiques sur les articulations possibles entre « langage » et « société ». Partant du constat que toute relation sociale est constituée de pratiques communicatives et que toute pratique langagière s’actualise au sein de rapports sociaux, nous souhaitons nous interroger sur ce à quoi pourrait renvoyer « l’épaisseur sociale » du langage et réciproquement, « l’épaisseur langagière » du social.

Annonce

Argumentaire

Le séminaire Critiques sociales du langage propose un espace interdisciplinaire de réflexions théoriques, méthodologiques et politiques sur les articulations possibles entre « langage » et « société ». Partant du constat que toute relation sociale est constituée de pratiques communicatives et que toute pratique langagière s’actualise au sein de rapports sociaux, nous souhaitons nous interroger sur ce à quoi pourrait renvoyer « l’épaisseur sociale » du langage et réciproquement, « l’épaisseur langagière » du social. Pour ce faire, nous nous pencherons, pour les commenter et les travailler, sur certaines notions circulant en sociologie et en anthropologie du langage, en sociolinguistique et en analyse du discours (catégorisations, dialogisme, performativité, formation discursive, indexicalité, interaction verbale, métapragmatique, etc.), et nous discuterons de leur pertinence dans le champ des sciences humaines et sociales mais également au dehors du champ universitaire, en termes de transformation sociale. D’un point de vue méthodologique, il s’agit également de penser le poids de la dimension langagière dans nos manières de faire de la recherche. L’idée est ainsi de confronter différentes manières d’envisager l’activité de parole du chercheur, depuis son statut d’interlocuteur particulier dans le cadre de son enquête jusqu’à celui de producteur de discours dits « savants ». Pour répondre à ces interrogations, le séminaire s’organise autour de lectures de textes et de présentations de travaux de doctorants ou d’étudiants de master intéressés par les enjeux sociaux de toute activité langagière.

Programme

Séance du 27 octobre 2017

Lors de cette séance nous aborderons l’implication d’organisations religieuses dans les questions linguistiques. A partir de son expérience au sein de cours de linguistique dispensés par le Summer Institute of Linguistics (SIL) et des Traducteurs Bibliques de El Salvador (TRES), Quentin Boitel explorera la fabrication d’une linguistique missionnaire contemporaine et les enjeux géopolitiques, éthiques et épistémologiques qui en découlent.

Séance du 24 novembre 2017

Comment des pratiques langagières hétérogènes sont-elles transformées en objets de discours mobilisables politiquement ? Partant de leurs expériences auprès de militants pour la revitalisation linguistique et de locuteurs minorisés dans deux régions montagneuses d’Europe occidentale (Vallées occitanes, Italie & Montagne bourbonnaise, France), Silvia Chiarini et Félix Danos proposeront une réflexion sur la place du territoire dans la nomination de « langues imaginées ».

Séance du 21 décembre 2017

Dans cette séance Suzie Telep s’intéressera au rôle du langage dans la construction de la subjectivité en contexte post-colonial, en analysant la pratique du « whitisage » chez des migrants camerounais à Paris, qui consiste à « parler comme un blanc », c’est-à-dire, à imiter l’accent des « Français ». Elle montrera comment les sujets parlants manifestent leurs désirs ambivalents d’identification à l’autre, entre désir de résistance à la domination symbolique qui résulte de l’histoire coloniale, et désir de réussite sociale au sein d’une économie capitaliste globalisée.

Séance du 26 janvier 2018

À l’occasion de cette séance, Clémence Léobal et Isabelle Léglise discuteront des catégories utilisées pour dire les classements sociaux en Guyane,  notamment les catégories ethniques qui bien souvent couvrent des hiérarchies de classe et de race. Cette réflexion permettra également d’aborder la racialisation des rapports sociaux et la question des discriminations et des rapports de pouvoir dans les pratiques langagières.

Séance du 23 février 2018

Passer du temps avec des gens qui nous intéressent, essayer de les comprendre ou de comprendre les malentendus : c’est une définition possible du terrain ethnographique, mais c’est aussi une définition possible de la vie. On propose d’analyser les processus discursifs qui, dans certains textes ethnographiques, justifient leur discrimination entre les vraies données du vrai terrain et tout le reste – et pourquoi ça pose problème.

Séance du 30 mars 2018

Pourquoi et comment des humains s’assemblent-ils et pour faire quoi ? Comment se réunir pour décider ensemble de la vie d’un collectif ? A partir de l’exemple des AG anarchistes ou autonomes, Manon Him-Aquilli discutera des tensions et des contradictions propres à ce « speech event » particulier : principe antiautoritaire et inégale distribution des ressources langagières valorisées génèrent en effet une grande réflexivité saisissable dans les discours et les pratiques langagières militantes qui font advenir l’assemblée.

Séance du 27 avril 2018

Après avoir discuté des convergences et divergences entre le champ des études linguistiques sur la sexualité et celles sur le genre,  Noémie Marignier présentera une recherche exploratoire concernant les discours de la sélection sexuelle et du choix de partenaire. Il sera plus précisément question de la manière dont les discours de vulgarisation sur l’évolution humaine naturalisent ou au contraire dé-naturalisent les pratiques sexuelles et, ce faisant, s’inscrivent dans les idéologies du genre.

Séance du 25 mai 2018

On peut retourner la question de l’origine des langues, et la quête de la « langue-mère ». Il est ainsi possible de se demander, non plus « d’où vient telle ou telle langue ? quelle en est l’origine ? » mais plutôt : « d’où vient que les locuteurs attribuent plutôt telle ou telle origine à leurs manières de parler ? ». En effet, les processus de définition de groupes sociaux passent par une attribution d’ancêtres, qui prend appui sur des reconstitutions de l’histoire des langues: on parlera alors de leur « origination » discursive.

Lieux

  • Salle F673, Sorbonne, Galerie Gerson escalier G2 - 1, rue Victor Cousin
    Paris, France (75005)

Dates

  • vendredi 27 octobre 2017
  • vendredi 24 novembre 2017
  • jeudi 21 décembre 2017
  • vendredi 26 janvier 2018
  • vendredi 23 février 2018
  • vendredi 30 mars 2018
  • vendredi 27 avril 2018
  • vendredi 25 mai 2018

Mots-clés

  • critique sociale, anthropologie linguistique, sociolinguistique, analyse du discours, sociologie du langage, sémiotique

Contacts

  • Manon Him-Aquilli
    courriel : manon_himaquilli [at] yahoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Manon Him-Aquilli
    courriel : manon_himaquilli [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Critiques sociales du langage », Séminaire, Calenda, Publié le jeudi 19 octobre 2017, http://calenda.org/418565